Dépréciation du dinar : Experts, politiques et patrons montent au front

Dépréciation du dinar : Experts, politiques et patrons montent au front

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Le dinar tunisien a atteint, depuis la deuxième semaine du mois d’avril 2017, son plus bas niveau enregistré depuis des années. Une dépréciation qui ne peut pas être expliquée par le seul fait que l’argent est injecté dans une économie ou un système à faible productivité, citant le cas de la masse salariale dans la fonction publique qui absorbe chaque année des dizaines de milliards. L’accentuation du déficit de la balance commerciale suite à la baisse de l’exportation au détriment de l’importation explique aussi et en grande partie cette dévaluation. Une des raisons qui ont poussé le chef du gouvernement, Youssef Chahed, à intervenir en urgence et annoncer comme première mesure draconienne la réduction des importations anarchiques. Pendant ce temps sur la place financière de Tunis, le dinar tunisien continue de plonger face aux principales devises, l’euro passe à 2.5800 dt et atteint un nouveau record à 2.600 dt ; le dollar américain s’échange à 2.4150 dt contre 2.4100 dt le mercredi 19 avril 2017. Sur le marché de change international, l’euro remonte face au dollar dans un marché prudent avant l’élection présidentielle française ; la devise européenne valait 1,0750 dollar, après avoir atteint vers 08H45 GMT son plus haut niveau en trois semaines à 1,0776 dollar, contre 1,0708 dollar mercredi.

C’est ainsi que l’UTICA a exprimé sa profonde préoccupation suite à la chute de la valeur du dinar ces deux derniers jours. L’organisation a considéré la dévaluation du dinar comme un danger réel qui menace l’économie tunisienne et qui aura des conséquences négatives sur l’investissement, la compétitivité des entreprises et aggravera le déficit et le volume de la dette.
Dans un communiqué rendu public jeudi 20 avril 2017, l’UTICA a appelé le gouvernement et la Banque Centrale à fournir une explication rapide à la situation actuelle et à dévoiler la stratégie qui sera adoptée pour stopper l’hémorragie de la baisse de la valeur du dinar, qui risque d’affecter la continuité de l’entreprise, sa compétitivité et sa capacité d’investissement pour soutenir la création d’emplois.

L’expert en économie Mourad Hattab a déclaré, à l’agence TAP, que la situation du dinar tunisien face aux devises de référence sur le marché du change est devenue catastrophique. Il a rappelé que l’Euro s’est échangé ce mercredi à 2.55 dinars. Et que cette tendance à la baisse n’est pas près de se stabiliser. Il a annoncé que dans quelques semaines, il est quasiment certain que l’euro vaudra trois dinars, et même plus. La chute du dinar est essentiellement causée par le surendettement du pays qui devient tributaire des nations donatrices et de la conjoncture internationale. Il a ajouté que cette chute va s’accentuer car les instances financières internationales (FMI, BM) trouvent que la valeur du dinar est surestimée, et elles exigent une dévalorisation de près de 10% de sa valeur actuelle.

Quant à lui, le député Mongi Rahoui (Front populaire) a mis en garde contre le danger de la dépréciation du dinar, considérant que ses répercussions seront catastrophiques sur l’économie et le citoyen tunisien, notamment les personnes à faible revenu.

Selon ses déclarations, la dépréciation du cours du dinar engendrera une hausse de la valeur des crédits contractés par la Tunisie ainsi qu’une augmentation du taux de l’endettement.

De son côté, la ministre des Finances, Lamia Zribi, a promis de réduire progressivement la marge d’intervention de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sur le marché de change et déprécier de manière progressive le dinar, soulignant que sa valeur réelle par rapport l’euro est estimée à 3.

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