Tunisie : Après la croissance, le chômage. Serait-il en train de réussir ?

Tunisie : Après la croissance, le chômage. Serait-il en train de réussir ?

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Les premiers résultats de l’enquête-emploi menée au 1er trimestre 2017 dégagent un léger recul du taux de chômage de 15,5% au 4ème trimestre à 15,3% actuellement. «Le nombre de chômeurs estimé pour le premier trimestre 2017 s’établit à 625.6 mille du total de la population active, soit un taux de chômage de 15.3% et ce, contre 632.5milles chômeurs pour le quatrième trimestre 2016 et un taux de chômage de 15.5%». C’est ce qui ressort des résultats de l’enquête nationale de l’emploi de l’INS.
Les demandes additionnelles ont en effet été de 7 900 alors que les créations nettes d’emplois se sont élevées à 14 800 postes, d’où un taux de satisfaction de la demande additionnelle de 187% au 1er trimestre 2017 contre 81% au 4ème trimestre 2016 et seulement 77% au 1er trimestre 2016.

Selon l’INS (Institut national de la statistique), «la répartition des occupés selon les secteurs d’activités est de 51.9% dans le secteur des services, 18.3% dans le secteur des industries manufacturières, 15.0% dans le secteur agriculture et pêche et 14.8% dans le secteur des industries non manufacturière». Par genre, il est de 12,4 % chez les hommes et de 22,7 % chez les femmes.

L’universitaire et spécialiste du monde du travail Mongi Chaabane [Ndlr : Nous reprenons ci-dessus ses graphiques] relativise certes en disant que «le taux de chômage au niveau des diplômés du supérieur reste relativement élevé (+31%), [Ndlr : Il aura quand même baissé de 0,4 point]», et explique que «les créations se font plutôt au niveau de la main d’œuvre peu qualifiée (surtout que la croissance du 1er trimestre a été générée par le secteur agricole et le tourisme)».

Cette bonne nouvelle, même relative, sur le plan du chômage, qui recule un tant soit peu, s’ajoute à celle révélée hier quant à un rebond de la croissance à 2,1 % contre 1 % seulement pour tout l’exercice 2016 et même 0,7 % pour le 1er semestre 2016. Une nouvelle qui a fait certes le bonheur de plus d’un membre du gouvernement de Youssef Chahed, même si la croissance n’était due principalement qu’au secteur agricole (+4,9 % de valeur ajoutée), alors que la contribution du secteur des industries mécaniques, traditionnellement créateur d’emplois, baissait de 1,1 %.
Mais ne boudons pas ce plaisir de voir enfin s’inverser certaines courbes de l’économie et ne soyons pas plus grincheux qu’il n’est permis pour un pays qui avait connu deux importants attentats terroristes qui ciblaient directement son économie et qui en était arrivé à importer ses légumes frais d’une Libye en guerre et qui en est à s’endetter auprès du FMI pour payer ses salaires !

On pourrait, à ces deux chiffres et à d’autres comme ceux du tourisme et du commerce extérieur où le déficit de la balance revient en avril à 1.271,7 MDT après les 1.368,3 de mars, ne pas donner la paternité de cette amélioration à Youssef Chahed et son GUN. Il reste tout de même indéniable que l’économie tunisienne confirme sa résilience et affirme son rebond.

Ce rebond économique reste certes léger, mais il n’en est pas moins un rebond et qui est, à ne pas en douter, le fait de toutes les forces vives du pays et qui se fait malgré les énergies amorphes et dont certaines essaient même de tirer le pays et son économie vers l’arrière.

Cette amélioration des ratios économiques de la Tunisie demandera certainement confirmation et consolidation et non destruction, même si elle intervient pendant le mandat d’un Youssef Chahed que beaucoup veulent descendre du fauteuil de La Kasbah.
L’UGTT [Ndlr : Croisons les doigts pour qu’elle ne revienne pas sur sa position] l’a compris et ne demande plus qu’il parte, elle appelle plutôt les partis politiques qui s’étaient mobilisés pour demander son départ à assumer leurs responsabilités et à pousser vers ce qui contribue au retour de la croissance, seule créatrice des richesses que tout le monde veut partager avant terme, et à la pérennisation des résultats de ces toutes premières années de démocratie.

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