Tunisie-France : Elkabbach torche Chahed à cause des médecins et des avocats...

Tunisie-France : Elkabbach torche Chahed à cause des médecins et des avocats (Vidéo)

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La visite en France de Youssef Chahed, alors que son budget était passé au crible par une ARP décidée à le plumer et que le principal pourvoyeur de fonds (le FMI) auscultait une économie malade pour décider de l’opportunité de continuer à la mettre sous perfusion, avait suscité de vives critiques, notamment des puritains qui demandent toujours plus d’argent à un Etat aux caisses vides tout en voulant l’endetter ou lui demander d’aller trouver de l’aide auprès des occidentaux.

Oublié par les médias français, sa visite ayant souffert d’une mauvaise organisation dans le temps, le chef du gouvernement tunisien a fini par revenir dans leur focus. Devant la presse française, le chef du gouvernement tunisien a ainsi essayé de « vendre » l’idée de la jeune démocratie à aider. Les faiseurs d’opinion français ont cependant vite fait de le rappeler à l’ordre et lui ont donné la leçon qu’il fallait éviter, mais que mérite bien cette Tunisie de la révolution qui refuse de s’aider avant de demander l’aide des autres.

Sur les ondes d’Europe 1, compatissant d’abord, le journaliste vedette Jean-Pierre Elkabbach lui fait remarquer qu’il n’est à la tête du gouvernement que depuis 2 mois et demi. «Et avec ça, vous devez changer toute la Tunisie [ndlr : Sourire gêné de Chahed derrière ses lunettes], la transformer, la moderniser et développer son économie», lui lance Elkabbach. Et Chahed d’esquisser un sourire qui tranche avec sa mine renfermée du début, avant d’ajouter «tout à fait. Et surtout la protéger» en assurant, de sa voix grave et ferme, qu’il reste optimiste.

  • «Nous avons stabilisé la situation sécuritaire»

 «Nous avons stabilisé la situation sécuritaire depuis un an», affirme-t-il ensuite, sûr et rassurant, mettant en exergue les efforts «exceptionnels», pour ce faire, en ressources et en équipements en triplant le budget du ministère de l’Intérieur, ce qui a permis de «réaliser des succès importants durant les 3 derniers mois». Et Elkabbach de lui tendre la perche pour mettre plus l’accent sur le sens de la lutte tunisienne contre le terrorisme et bien mettre ses propos dans le contexte de cette visite en France, un des piliers de l’Europe qui promet des aides qui tardent, en l’interpellant par un «vous protégez la Tunisie, mais vous gardez aussi la frontière Sud, à la fois de la France et de l’Europe». Et le chef du gouvernement tunisien de rebondir et certainement de répondre à ceux qui l’accuseraient d’aller quémander de l’aide : «j’ai voulu transmettre un message, à la France et à la communauté internationale, que la Tunisie ce n’est pas une question économique [ndlr : Financière, voulait-il ne pas dire], d’arithmétique et de comptabilité. C’est un enjeu géopolitique (…) et avons beaucoup dépensé, en termes de temps et d’argent, pour mettre en place cette jeune démocratie et sa consolidation par la relance de l’économie». Suivez donc son regard du côté du 29 novembre où la Tunisie est en droit d’attendre une grande délégation d’investisseurs et d’industriels français, premiers partenaires économiques de cette Tunisie.

Chahed bottera en touche lorsque le journaliste d’Europe 1 lui pose la question sur les intentions du nouveau président américain de ne pas soutenir l’Islam politique et les frères musulmans, préférant rester dans les généralités des bonnes relations tuniso-américaines. Elkabbach le tacle, en lui rappelant que l’allié américain ne fait pas de cadeaux et vend les armes aux Tunisiens au prix du marché, Chahed ne pouvait que s’en désoler et confirmer les dires du journaliste. Titillant, Elkabbach fait «tourner le couteau dans la plaie» et lui rappelle que le G7 de Deauville avait promis à la Tunisie d’Essebssi 25 milliards DT et de demander «combien vous en avez reçu ? On dit que c’est un milliard». Souriant jaune, du sourire de celui qui ne se veut plus dupe, Chahed précise, avec une moue des lèvres qui en dit long sur le peu d’aides reçues : «nous avons reçu beaucoup moins. Un milliard probablement», avant de revenir à son «vade mecum». «Il y a des pays, de taille comparable à la Tunisie, qui ont reçu mille fois plus. Mais ce n’est pas uniquement une question d’argent. C’est une jeune démocratie dans la rive Sud de la méditerranée. C’est cela l’enjeu».

  • Aidez-vous vous-mêmes, les autres vous aideront !

Incrédule et manifestement bien au fait de ce qui se passe en Tunisie et des facéties du contribuable tunisien, J.-P. Elkabbach, qui en a torché plus d’un, le tance. Gêné aussi aux entournures de devoir recadrer son interlocuteur [Ndlr : Remarquez bien le geste d’Elkabbach de la main sur le cou], le journaliste français lance : «vous convaincrez d’abord les médecins et les avocats chez vous de payer plus d’impôts, il paraît qu’ils refusent». Et Vlan … ! Chahed encaisse le coup, non sans gêne.

Et Elkabbach d’enfoncer le clou en insistant sur le fait que «les gens ont envie de dire que c’est d’abord les Tunisiens qui, chez eux, doivent commencer par donner l’exemple de la justice sociale». Interloqué par ce donneur de leçon d’Elkabbach et presque bredouillant, Chahed admet que «la conduite du changement est difficile, le coût des réformes est important. Il y a une résistance au changement, mais nous nous sommes engagés et nous avons été courageux d’aller dans des réformes profondes». L’explication du chef du gouvernement tunisien ne semblait cependant pas convaincre le journaliste français, qui interrompt Chahed pour l’admonester d’un «j’ai noté, pour vous avoir lu, que vous admettez vous-même que les déficits publics ont explosé, que les salaires ont beaucoup augmenté, surtout dans la fonction publique qui est pléthorique, sans oublier le chômage».

Beaucoup d’observateurs et de professionnels tunisiens, comme le PDG de la BAT, avaient pourtant essayé de faire entendre raison à Youssef Chahed à propos de cette même problématique et d’essayer, d’abord, de racler nos propres fonds de caisses, avant d’aller demander de l’aide. Aidez-vous, Dieu vous aidera !

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