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Khadija Taboubi

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La nouvelle loi portant sur la révision des avantages fiscaux qui vient réformer et compléter le dispositif incitatif régi par le nouveau code d’investissement a été sous la loupe de l’observatoire tunisien de l’économie. Dans une note récente, il a été indiqué que le nouveau projet portant révision des avantages fiscaux reconduit globalement une politique incitative fort généreuse impliquant des pertes de recettes considérables pour l’Etat. « Malgré le constat d’échec établi par le gouvernement concernant la politique incitative en place, le projet s’inscrit davantage dans la continuité de celle-ci. Le ciblage, la simplification et la réduction des avantages fiscaux sont peu significatifs. La politique  incitative  proposée s’appuie sur la logique suivant laquelle plus elle est généreuse, plus les investisseurs investiront. Le bénéfice de ce « manque à gagner » pour l’Etat est plus qu’incertain au regard du rôle secondaire des incitations fiscales dans l’attractivité des investissements, de l’absence de préalables plus déterminants à l’image de la qualification de la main d’œuvre et la qualité des infrastructures, et compte tenu également du contexte régional et mondial de concurrence fiscale ». C’est ce qu’on peut lire dans cette note.

Cette équation, selon l’observatoire tunisien de l’économie, est en réalité plus complexe et l’adoption d’une politique fiscale généreuse se traduit non seulement par des dépenses fiscales importantes mais opère également une redistribution de la pression fiscale préjudiciable à l’équité et à la justice fiscale.

C’est ainsi qu’il a été recommandé dans cette note, sur le plan méthodologique, de réformer la loi sur les incitations fiscales qui devrait se faire dans le cadre de la réforme fiscale. En effet, la discussion du projet de loi portant révision des avantages fiscaux anticipe la réforme de l’une des composantes du système  fiscal.  Le  sort  de  la  réforme  fiscale  en  question reste  inconnu.  « L’adoption  anticipée  d’une  loi  régissant les  avantages  fiscaux  condamnera  la  réforme  fiscale  soit à  l’amendement  de  ces  derniers,  peu  de  temps  après  leur adoption et enverra par conséquent un message d’instabilité et de manque de crédibilité de la législation fiscale ou alors elle liera les mains du législateur aux choix adoptés dans le cadre de ce projet. Il aurait été nécessaire d’accélérer le processus de la réforme fiscale et de discuter les avantages fiscaux dans ce cadre qui aurait fourni l’occasion d’enclencher les réformes portant refonte des paramètres de la compétitivité fiscale ».

Toujours sur le plan méthodologique, il a été aussi appelé à l’adoption du plan de développement quinquennal et la fixation d’objectifs et obligations de résultats précis qui doit précéder l’adoption de la loi portant révision des avantages fiscaux.

Sur les dispositions de la nouvelle loi, l’observatoire de l’économie a recommandé d’instaurer un mécanisme de renouvellement conditionné des avantages fiscaux lié à la réalisation d’objectifs préalablement fixés par l’Etat en termes de postes d’emplois crées, transfert de technologie, réserve-devise. La non-satisfaction des objectifs impliquera le non renouvellement des avantages fiscaux à ses bénéficiaires.

Bien encore, dans le cas de sa condamnation par un jugement définitif tenant à des actes de fraude fiscale, il est nécessaire de prévoir dans  le  cadre  de  cette  loi,  non  seulement  la  privation  des avantages  fiscaux  mais  également  leur  remboursement intégral, à côté des sanctions prévues dans le droit commun.

L’observatoire a aussi appelé à supprimer  le  recours  aux  décrets  et  revenir  à  un  droit incitatif législatif dans le but de simplifier et de stabiliser la norme fiscale incitative, évaluer les avantages fiscaux sur le plan de la relation coût/bénéfice dans le cadre d’un rapport annuel et public afin d’ajuster et rationaliser les incitations fiscales  et initier  une  véritable  rationalisation  visant  la  suppression et  la  réduction  de  la  portée  excessivement  généreuse  des incitations fiscales.

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« L’examen des résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat, à fin novembre 2016,  fait apparaître une détérioration du déficit budgétaire (4.058  MDT contre 1.865 MDT au cours de la même période de l’année 2015), suscitée par l’accélération des dépenses hors principal de la dette à un rythme plus élevé que celui des recettes propres », c’est ce qu’a été révélé dans une note de conjoncture qui vient d’être publiée par la Banque centrale de Tunisie (BCT). En effet, les dépenses de fonctionnement se sont accrues de 9,7%  durant cette période (contre -0,1% une année auparavant), portant la marque de l’accélération  des dépenses de rémunération (+16,8% contre +12,7%).

Quant aux dépenses de subvention, elles se sont établies à un niveau nettement inférieur à celui de 2015. Par ailleurs, on notera une nette reprise des dépenses en   capital qui est due, principalement, à l’accélération de l’exécution des projets d’investissement qui a atteint presque 82% du montant programmé dans la LF2016.

S’agissant des ressources propres de l’Etat, elles se sont accrues durant les onze premiers mois de 2016  (+5,3%  contre  +1,1%)  tout  en  demeurant en deçà du taux de progression prévu dans la loi des  finances  2016  (LF2016),  soit  12,4%  pour l’ensemble de l’année. Leur évolution est due à une hausse considérable et exceptionnelle des recettes non fiscales (cession de la licence 4G et dinarisation de la dernière tranche des recettes de privatisation de 35%  du  capital  de  Tunisie Télécom). En revanche, les recettes fiscales n’ont progressé que très modérément (0,5% comparé au taux de 11,4% prévu  dans  le  cadre de la LF2016). Traduisant une conjoncture économique morose, les recettes au titre d’impôts directs se sont inscrites, au cours des onze premiers  mois  de 2016, en baisse de 3,7% par rapport à la même période de l’année précédente, reflétant une évolution contrastée de leurs composantes. En  effet,  la  hausse de 19,6% des impôts sur le revenu a été plus que neutralisée par l’effet de la baisse des impôts sur les  sociétés  (-43,1%), laquelle baisse  a  touché aussi bien les compagnies pétrolières que les sociétés non-pétrolières. Cependant, les recettes d’impôts indirects ont enregistré une hausse de 3,6  %, grâce à la progression des droits de consommation (+23,4%) qui a compensé la baisse des droits de douane (- 24,8%) et la faible performance de la TVA (+0,7%).

Toujours selon le même rapport, le financement du déficit durant les  onze premiers mois de 2016  a été,  principalement, assuré grâce à un recours  intensif au financement intérieur pour combler le gap dû à la non mobilisation de certaines ressources extérieures prévues dans le cadre de la LF 2016.

Par ailleurs, l’évolution  des  paiements  extérieurs en 2016 s’est fortement ressentie de la poursuite de la morosité de la conjoncture économique, de la persistance  d’un climat social tendu et des incertitudes  entourant  le rétablissement de la stabilité sécuritaire.  Ainsi, les pressions sur le solde des opérations courantes se sont poursuivies en  2016 avec un déficit  légèrement supérieur à celui de l’année  précédente, soit 8,9% du PIB contre 8,8% en 2015. Cette contre performance porte la marque du creusement, en niveau, du solde commercial qui, en dépit de la reprise de la demande en provenance de la Zone Euro, demeure fortement fragilisé par la persistance du déficit énergétique (qui  semble désormais revêtir un caractère « structurel  »)  et par la  hausse  des  importations de biens de consommation face à des exportations très vulnérables.

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L’affaire, depuis son annonce, n’a cessé de faire l’objet d’une grande polémique. À peine quelques jours  après son lancement officiel, le premier projet immobilier récemment lancé par le chef du gouvernement, Youssef Chahed a causé une totale déception. Le « premier logement » n’a pas plu à ceux qui voulaient acquérir un logement et échapper à la hausse vertigineuse des prix des loyers. Pour la plupart, le projet n’est pas de nature à profiter à la classe moyenne puisque le prix unitaire des logements dépasse sa capacité de remboursement. Il profitera plutôt aux banquiers et aux promoteurs immobiliers. Face à une telle situation, les promoteurs immobiliers se heurteront à des difficultés de commercialisation des logements construits. Du coup, ils ne pourront pas rembourser leurs dettes aux banques. C’est à partir de ce constat que l’idée de ce programme immobilier avait émergé. Le chef du gouvernement n’a fait qu’approuver l’idée pour en faire un projet.

Pour les Tunisiens c’est le projet des promoteurs immobiliers qui attendent avec grande impatience de trouver des clients à leur projet en vue de payer leurs dettes auprès des banques. On a eu déjà la confirmation de l’un des promoteurs immobilier et expert en la matière. Dans une interview récente à Africanmanager, Faouzi Ayadi a tenu à préciser qu’historiquement, cette initiative du « premier logement » est venue des promoteurs immobiliers, expliquant toutefois que « cela ne veut pas forcément dire qu’elle est contre le client. « Cette action est certes destinée  pour le promoteur autant que pour le client. Moi personnellement,  je ne vois pas de contradiction même si je savais que cette initiative provient de la chambre syndicale des promoteurs, mais ce n’est pas un problème. Il faut comprendre aussi que le promoteur immobilier construit  pour le client,  et sans lui,  il ne peut rien faire, et même les clients s’il n y a pas de promoteurs,  il ne trouve pas  où acheter », avait-il assuré.

Tenus à l’écart, les Tunisiens ont dénoncé la hausse des prix des logements proposés à la vente, la complexité des procédures, la longueur des délais d’attente et la non adéquation entre l’offre et la demande. D’autres ont critiqué le fait de se limiter à une liste bien déterminée de promoteurs immobiliers. S’y ajoute l’impact de ce programme sur le budget de la classe moyenne qui  se trouve aujourd’hui dans l’incapacité de répondre à ses principaux besoins financiers et remplir son couffin de tous les jours. Alourdir la classe moyenne et forcer le citoyen à rembourser deux crédits à des taux d’intérêt élevés voire le double du montant du crédit a été fortement critiqué par les Tunisiens qui ont exigé un seul crédit assuré à 100% par les banques. L’expert en risques financiers Mourad Hattab, a dans ce sens affirmé, dans une déclaration à la Tap, que la couverture de l’autofinancement (20% du montant du logement) sous forme de crédit, est en contradiction avec les normes internationales. Pour lui, ce modèle de financement ” est erroné “.
Et d’ajouter  que les risques financiers ne peuvent être supportés uniquement par les banques mais une partie même minime doit être prise en charge par le demandeur de crédit, a-t-il indiqué. C’est pour cette raison que l’autofinancement ne doit pas être assuré à travers un crédit, a-t-il encore expliqué.

S’agissant des objectifs recherchés à travers ce programme, il a souligné que le citoyen ” est la dernière personne à laquelle on a pensé en mettant en place ce programme “. Consacrer 200 millions de dinars seulement pour le secteur immobilier, sur un total de 30 mille milliards (budget de l’Etat), est une preuve que le logement ne constitue pas une priorité pour le gouvernement, d’autant moins que le programme ne peut cibler que 9000 familles, alors que 20% des Tunisiens n’ont pas les moyens d’acquérir un bien immobilier, 50% n’ont aucune chance d’en avoir un et 37% possèdent déjà leurs propres logements.

Ce programme, a ajouté Hattab à la même source, servira les intérêts des promoteurs immobiliers, d’autant plus qu’un nombre important d’entre eux fait face à l’accumulation des dettes qui pourront être remboursées grâce à ce projet.
Au sujet de la catégorie ciblée, il a rappelé que ce programme est destiné aux familles aux revenus moyens oscillant entre 4,5 et 10 fois le SMIG (entre 1600 et 40 mille dinars), tandis que le revenu moyen de la majorité des familles tunisiennes est de 1100 dinars.

Ce programme vise donc essentiellement la classe moyenne supérieure et non la classe moyenne, et n’a pas  de vocation sociale; le gouvernement ne dispose pas d’une approche du secteur de l’habitat, vu que le niveau de la mensualité à payer est élevé, assure Hattab.

Pour rappel, le programme du premier logement dont le coup d’envoi a été donné le 3 février dernier concernera tous les gouvernorats de la République et devra profiter à quelque 200 mille familles tunisiennes et permettra aux familles issues de la classe moyenne qui désirent acquérir un premier bien immobilier d’obtenir en guise d’un autofinancement qui peut aller jusqu’à 20% de la valeur totale du bien. Environ 1012 logements répartis sur 15 régions, sont mis à la disposition du programme à des prix oscillant entre 110 mille dinars et 200 mille dinars. Ces logements sont cédés aux bénéficiaires après la signature d’un document de réservation (entre le promoteur immobilier et le client), dans un délai ne dépassant pas 45 jours.

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Achraf Ayadi, expert financier résident en France a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points. il a parlé de la situation économique actuelle du pays, l’économie informelle, la dette extérieure, le chômage, la détérioration du pouvoir d’achat et de plusieurs autres questions . Il a aussi évoqué le problè du déficit budgétaire qui ne cesse de plomber l’activité économique mais aussi la baisse de la notation de la Tunisie par Fitch Ratings et le dernier rapport du Fonds Monétaire International (FMI) sur la Tunisie. Interview:

Comment vous  voyez la situation économique actuelle du pays?

Compliquée. La dégradation du pouvoir d’achat, l’explosion de l’économie informelle, l’incapacité de l’administration à assurer un service de qualité aux citoyens et aux investisseurs, la déliquescence des hôpitaux publics, de l’école publique, la détresse de la jeunesse,… L’économie est un tout qui ne se résume pas à quelques indicateurs macroéconomiques. C’est parfois à se demander si la Tunisie fait encore rêver, y compris ses propres enfants. C’est dommage car nous avons l’un des potentiels économiques les plus élevés d’Afrique et du mondearabe.

La Tunisie pourra-t-elle facilement maîtriser le déficit budgétaire qui ne cesse de se creuser au fil des années?

Le déficit budgétaire et la dette extérieure sont des maladies incurables pour un pays incapable d’augmenter les recettes sans plomber l’activité économique, ou de baisser les emplois sans causer de crise sociale. En la matière, nos gouvernants successifs n’ont fait que fuir leurs responsabilités et faire de la politique sur le dos de l’argent public. Fuir l’austérité est une chose, fuir ses responsabilités face aux déséquilibres macroéconomiques en est une autre. Notre économie n’est pas pilotée car, tout simplement, il n’y a pas d’autres projets économiques pour nos gouvernants que d’arriver avec le moins de dégâts possibles aux prochaines élections. Pas de cap, pas de stratégie, pas de vision et fort probablement pas les bons profils aux affaires pour faire face aux challenges immenses auxquels la Tunisie fait face.

Fitch Ratings a abaissé la note de la dette, quel effet sur la Tunisie? Et si notre pays sort sur le marché international, quel sera la réponse, selon vous? Est-il toujours simple pour la Tunisie de mobiliser des ressources de l’étranger?

La notation attribuée par les agences internationales à la Tunisie a valeur d’indice de crédibilité pour les bailleurs de fonds internationaux. Plus cette notation est favorable, plus la Tunisie serait capable de lever des montants significatifs à un coût soutenable. Le taux d’intérêt à servir aux investisseurs dans la dette tunisienne irait crescendo avec chaque dégradation de cette note. Il est certain que l’exercice budgétaire 2017 sera affecté par cette dégradation.

Les déséquilibres macroéconomiques actuels sont intenables à moyen terme : un accroissement non maîtrisé des dépenses publiques, une croissance économique faible, des déficits jumeaux chroniques, et une part significative de l’économie qui échappe à la contribution fiscale. Une augmentation des taux d’intérêts sur les levées de fonds en devises aggraverait la situation du service de la dette et pourrait, potentiellement, hypothéquer les possibilités futures de croissance.

Que proposez-vous pour sortir de cette situation ?

Pour moi, il y a deux urgences absolues : recrédibiliser l’Etat et rendre l’espoir à la jeunesse. Ce ne sont certes pas des choses faciles à faire, mais celui qui s’attend à ce que la tâche soit aisée ne devrait pas accepter de gouverner. Premièrement, redécrédibiliser l’Etat nécessiterait de porter plusieurs coups de taille à des cas avérés de corruption et de les utiliser pour donner l’exemple. Depuis les hauts fonctionnaires véreux qui ont pillé l’argent public, aux oligarques du stockage et de la distribution des produits frais qui font flamber les prix, en passant par quelques têtes de pont de la contrebande frontalière. L’État devrait également démontrer sa capacité à réformer et à se transformer. Il y a des entreprises publiques dans le secteur financier, dans celui des transports et de l’énergie qui attendent des décisions pas évidentes lorsqu’on n’a pas le courage politique de décider. Il y a un moment où les finances publiques ne peuvent plus se contenter de constater les pertes puis d’emprunter pour les éponger. Pour ce qui est de la jeunesse, l’autre urgence absolue, l’accélération du départ massif des plus qualifiés et dynamiques d’entre eux sous d’autres cieux, devrait nous interpeller fortement. Notre pays doit continuer à nous faire rêver et à nous dire que nous avons un avenir sur son sol auprès des nôtres. Il nous faut repositionner les programmes de formations pour donner plus de place à l’anglais et aux soft skills. Rapprocher les universités des entreprises est un impératif. Si on veut que le chômage devienne l’exception, il faut que la formation par alternance devienne la norme. Notre pays doit continuellement remobiliser ses compétences à l’étranger et leur proposer une voie de retour aux sources. Ils sont l’investissement de la société dans son propre avenir. Avec ce qu’ils ont appris, avec leurs réseaux, ce qu’ils peuvent apporter au quotidien ressemblerait, à mon sens, à un forum d’investissement permanent qui coûterait zéro au contribuable. Ne pas être capable de donner un nouvel espoir pour la jeunesse, c’est condamner la croissance économique et l’innovation de demain, et peut-être, l’incapacité de payer les retraites de ceux qui sont aujourd’hui en activité.

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« Les agences de notation (Rating) jouent un rôle très important dans l’orientation de la décision des investisseurs sur la place mondiale (crédits, private equity et investissements publics). En accordant une note à un pays membre, l’agence évalue le potentiel économique et la solvabilité du pays en le classant par rapport à ses pairs. Ainsi, les bailleurs de fonds sauront choisir leurs clients les moins risquées possibles ». C’est ce qu’a indiqué Mohamed Jarraya, expert en économie et président de l’Observatoire Tunisia Progress dans une interview accordée à Africanmanager.

Et Jarraya d’ajouter dans le même contexte qu’en dégradant la  note de BB- à B+, Fitch donne, après un répit depuis 2014, un indicateur moins favorable et envoie un message d’alerte aux décideurs. « Cette notation est importante pour la Tunisie car, d’une part, c’est la troisième agence mondiale (après Standard and Poor’s et Moody’s), et d’autre part, cette dégradation tombe tout juste avant l’échéance d’avril pour laquelle le gouvernement s’apprête à sortir sur le marché international des capitaux pour lever les fonds nécessaires au budget », a-t-il expliqué, faisant toutefois remarquer que, dans ce cadre, même si on peut trouver des bailleurs, on risque de payer un peu plus cher nos crédits (taux d’intérêt plus élevé).  Cependant, il faut, selon ses déclarations, relativiser un peu quand on se rappelle que ces agences viennent  d’être condamnées par la justice américaine à dédommager les victimes pour leur responsabilité dans la crise des subprimes 2007/2008.

S’agissant du dernier rapport du FMI, l’expert en économie a fait savoir que le FMI s’y est montré plus stricte en exprimant son inquiétude concernant l’évolution de l’économie tunisienne considérant que les défis macroéconomiques comme redoutables. « Les deux reproches, récurrents, sont le taux d’endettement (+60%) et le poids de la masse salariale publique (6,5% du PIB : parmi les plus élevées au monde) », a-t-il assuré.

« A mon avis, il faut prendre au sérieux les constats et les recommandations de ce rapport car ce sont des faiblesses réelles de notre gouvernance et système économique : un bon diagnostic vaut 50% de la réussite des remèdes. En l’absence d’autres choix, pour le moment, il faut préserver une bonne relation avec le fonds pour espérer un certain soutien indispensable pour les quelques années à venir, a indiqué Mohamed Jarraya, appelant, en même temps, à prendre les décisions vitales et urgentes pour relancer l’économie et la productivité. C’est l’unique bonne approche pour redresser notre économie et retrouver petit à petit,une bonne partie de son indépendance.

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Les crimes de vol de fonds publics ne cessent de prendre de l’ampleur en Tunisie. Malgré l’absence de chiffres précis ou officiels sur le volume des fonds publics détournés des caisses de l’État, plusieurs experts en la matière s’accordent à dire que la masse globale des fonds détournés est estimée à près de 20 Millions de dinars par an. Les experts s’accordent également à dire que l’absence de contrôle continu et l’inefficacité des dispositifs et des systèmes de surveillance des institutions financières sont parmi les principales raisons derrière l’augmentation du phénomène de détournement des fonds dans les institutions bancaires, notamment publiques.

Selon les mêmes estimations des experts, la Tunisie a perdu 7 millions de dinars en l’espace de 90 jours suite à des opérations de détournement de fonds dans plusieurs institutions bancaires réparties sur tout le territoire tunisien. Brahim Missaoui, président de l’Association tunisienne pour la lutte contre la corruption, a fait remarquer dans une déclaration à Africanmanager que le phénomène de détournement des fonds a augmenté en Tunisie d’une manière flagrante pour n’épargner aucun secteur. Ce fléau a touché, selon lui, aussi bien l’argent que les biens d’équipement.

Brahim Missaoui a dans le même cadre indiqué que la faiblesse de nombreux points du texte juridique réglementant l’affaire a conduit à l’augmentation des opérations et des tentatives de détournement des fonds publics. Il a indiqué au passage que le cadre juridique ne va pas avec l’évolution du nombre et des types de crime. Il a par ailleurs appelé à la nécessité de renforcer les sanctions contre les contrevenants. Il est déraisonnable, selon lui, que les personnes impliquées dans les affaires de vol bénéficient, tout comme les ayant-droit, de la pension de retraite et des différents privilèges financiers. Et Missaoui de souligner que la longueur des procédures disciplinaires permet souvent à l’auteur du crime de se débarrasser de tout ce qui peut être un moyen pour la justice de condamner les accusés.

Missaoui a, sur un autre volet, indiqué que 3 Millions de dinars sont dérobés chaque jour dans les caisses de l’État. Toujours selon ses déclarations, chaque employé vole quotidiennement, que ce soit intentionnel ou non, la valeur de 5 dinars à travers l’utilisation du téléphone ou le vol de fournitures de bureau, les absences ou l’utilisation excessive des voitures de service. Il a expliqué cela par l’absence d’un système d’information complet dans les institutions publiques et privées.

Quant à lui, Wajdi Ben Rejab, expert en économie, il a indiqué que le volume du détournement des fonds des institutions publiques en Tunisie est estimé à près de 20 millions de dinars par an (chiffre approximatif). Le volume des malversations (trafics, corruption, abus et détournements) dans les marchés publics s’élève par ailleurs à 3 Milliards de dinars par an, soit à peu près 10% du budget de l’État.

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« On n’a pas de chiffres définitifs mais les résultats en termes d »investissement étranger seront certainement meilleurs qu’en 2015″, a indiqué Khalil Laâbidi, directeur général de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA). Dans une interview accordée à Africanmanager, il a dans le même ordre d’idées signalé que le taux de fermeture des entreprises étrangères en Tunisie est naturel et s’inscrit dans la logique de mortalité de l’entreprise. « On n’a pas vu un taux de fermeture alarmant ou spécifique. L’entreprise c’est comme un être humain, elle vit puis elle meurt après un certain temps. C’est un taux normal », a-t-il assuré. Cette déclaration vient suite à plusieurs déclarations stipulant la hausse du nombre des entreprises étrangères ayant quitté la Tunisie suite à la Révolution. Par ailleurs, selon les informations dont nous disposons, la moyenne de fermeture des entreprises étrangères en Tunisie est estimée à 120 sociétés par an. Les secteurs les plus touchés sont le textile, l’habillement, la mécanique et l’électrique.

Prenant le contrepried de cette impression de départs massifs, Khalil Laâbidi a fait remarquer l’existence de nouvelles implantations dans plusieurs secteurs d’activité dont principalement l’industrie et les nouvelles technologies : « De grandes marques étrangères s’intéressent encore à la Tunisie et viendront y investir, comme Peugeot », a-t-il dit.

Évoquant le bilan de l’investissement étranger durant l’année 2016, le DG de la FIPA a déclaré que la Tunisie est en train de se rattraper :  » On a dépassé les 2000 Millions de dinars et on sera peut-être dans la limite de 2300 MD d’investissement à fin 2016. On est en attente des chiffres définitifs, lesquels devraient être dévoilés à la fin du mois en cours », a expliqué Laâbidi, avant d’ajouter :  » On commence à sentir qu’il y a une reprise, surtout dans deux secteurs stratégiques,  à savoir l’industrie et l’agriculture. Ce sont deux secteurs qui se sont bien défendus en 2016″, a-t-il assuré.

S’agissant du nouveau code de l’investissement, il a dit :  » On n’a jamais eu de prétention et on ne peut jamais avoir un code parfait, mais c’est un code qui répond à certains objectifs de l’économie tunisienne et qui avait été influencé par la situation politique dans le pays, surtout avec la succession de 5 gouvernements. Aujourd’hui on a un code qui reflète des équilibres. Il n’est pas à 100% extraordinaire mais il comporte les éléments essentiels pour  encourager l’investissement. On a entre les mains un très bon outil, il faut l’implémenter de la meilleure des manières. Il est à mon avis meilleur que les codes de tous les pays arabes concurrents », a précisé Laâbidi, appelant ainsi à appliquer le nouveau code de l’investissement avant de le juger. « C’est de cette manière là qu’on peut connaître les points faibles et les carences de cette loi », a-t-il souligné.

Concernant la séparation des mesures fiscales et financières, le DG de la FIPA a tenu à préciser qu’il s’agit là d’une décision purement technique. « C’est une organisation qui aurait pu être faite autrement, mais ça ne change rien puisque demain on va sortir un manuel où on mettra les deux mesures fiscales et financières ensemble pour que l’investisseur l’exploite de manière optimale ».

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Le secteur du numérique, bien qu’il représente un important gisement de croissance pour l’économie tunisienne, se trouve aux prises avec plusieurs problèmes dont personne ou quasiment ne parle. C’est le cas de « la stratégie nationale de la numérisation », un des projets qui devrait se déployer dans trois ou quatre ans mais qui peine à avancer devant les obstacles auquels fait face le secteur. C’est un des constats confirmés par le ministère des TICs.
« La Tunisie va témoigner des transformations majeures d’ici trois ou 4 ans ». C’est ce qu’a indiqué le ministre des Technologies, Anouar Maârouf, lors d’un point de presse, tenu, jeudi, sur « la stratégie Tunisie Digitale 2020 ». Avec l’arrivée de l’internet, tout va changer; d’où la mise en place d’une nouvelle structure chargée de suivre les projets inscrits dans le cadre de cette stratégie. Pour cette nouvelle instance qui bien qu’elle ait obtenu l’accord du conseil stratégique de l’économie numérique et du chef du gouvernement, Youssef Chahed, beaucoup de travail reste à faire pour achever l’ensemble des projets inscrits dans le cadre de cette stratégie. Le ministre a, à ce propos, évoqué plusieurs obstacles dont principalement l’absence de dynamique autour de cette stratégie.

Le ministre a en outre indiqué qu’il est impossible d’atteindre les objectifs escomptés à ce rythme- là, faisant savoir que l’état des lieux de quatre ans fait ressortir un faible taux de réalisation des 72 projets identifiés dans le cadre de cette stratégie, alors que 20% sont en cours et 75% au stade de l’idéation.
> Anouar Maârouf a, dans le meme ordre d’idées, signalé que « la stratégie Tunisie Digitale 2020 » porte plusieurs ambitions : une valeur ajoutée du numérique de 13500 MD, des exportations en numérique de 5000 MD et la création de 80.000 emplois, estimant toutefois qu’à cette cadence, les objectifs escomptés restent difficile à atteindre.
Le ministre a dans le même cadre indiqué que les principaux freins auxquels se heurte le développement de « la stratégie Tunisie Digitale 2020 » sont à trois niveaux de problématiques : la gouvernance ( responsabilité diluée, absence de légitimité transverse, instance de pilotage inefficace) , la non disponibilité des ressources financières (il y a de l’argent mais il n’y a pas une bonne gestion des ressources, ne vont pas pour le développement) et les ressources humaines.

C’est ainsi que le ministre a appelé à mettre au point une solution pour résoudre les trois problèmes ensemble, et une stratégie capable de lever les obstacles et mettre en place la stratégie numérique.

Il a fait par ailleurs remarquer que le ministère ne peut pas recevoir des dons ou des prêts pour financer les projets numériques nationaux. « On ne peut pas recevoir des dons parce que notre ministère n’a pas une propre identité », a fait savoir le ministre, appelant ainsi à plus de souplesse et de rapidité dans la conclusion des marchés non soumis à la loi 85-78 portant statut général des agents des offices et établissements publics à caractère industriel et commercial et à la loi 89-9 relative aux participations et entreprises publiques.

Anouar Maârouf a toutefois estimé qu’il demeure confiant en la possibilité de la Tunisie d’y arriver sachant que le digital est aujourd’hui au cœur de la transformation au monde.

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L’expert en immobilier, Faouzi Ayadi a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il évoqué plusieurs sujets dont la situation actuelle du secteur, les prix et la tendance pour les années prochaines. Il a également passé en revue le programme du « premier logement », l’initiative récemment annoncée par le chef du gouvernement, Youssef Chahed. Interview:

Quel état des lieux dressez-vous du  secteur de l’immobilier en Tunisie?

C’est le statu quo. Il y a une stagnation au niveau des prix et des ventes. Pas de vente importante en termes de volume. La baisse des prix attendue par tout le monde n’a pas eu lieu, et si elle existait, elle est partielle et ne concerne que quelques zones.
Avez-vous des chiffres sur les ventes qui ont eu lieu?
A vrai dire, il n’y a pas beaucoup de ventes presque partout dans le pays. Bien qu’il n’y ait pas d’estimations scientifiques des ventes, on peut noter que les ventes du secteur durant l’année 2016 ont chuté de moitié par rapport à l’année 2015. Mais la différence entre les deux années, c’est qu’en 2016, le prix catalogue est devenu négociable et par rapport à l’année 2015, les prix n’ont pas changé sauf quelques ajustements dans certains endroits.
Une baisse des prix a été toutefois remarquée depuis la fin de l’année 2015 à Sfax. Cette baisse a été également constatée dans certaines régions de Sousse à Hergla et Mrezgua.
À quoi est due cette baisse alors ?
À Sfax, la baisse s’explique par le fait que l’offre est plus importante que la demande, et ce suite au grand nombre de promoteurs immobiliers actifs dans ce gouvernorat. Pour Hergla, c’est une zone touristique caractérisée par une demande importante de la part des expatriés tunisiens ou des étrangers.
Contrairement à ce gouvernorat, d’autres zones ont vu les prix se gonflerpar rapport à l’année 2015, notamment le Lac, Soukra et Choutrana.
Quelle sera la tendance des prix pour les deux prochaines années?
Cela dépend de la situation économique du pays. Si la situation économique s’améliore, les prix vont certainement baisser sinon la tendance du marché va vers l’économique et le social. Il est fort probable aussi de trouver des constructions écologiques, créneau qui doit avoir prochainement du poids sur le marché.
Actuellement, on peut parler de constructions économiques?
Oui, mais la demande est encore plus grande que l’offre. Mais cela n’empêche qu’il existe pas mal de projets économiques lancés par la SPROLS et la SNIT et les projets achevés se vendent en un temps record. Les promoteurs immobiliers sont appelés à lancer des projets qui correspondent au pouvoir d’achat du Tunisien qui ne dépasse pas généralement les 200 mille dinars.
Nombreux sont ceux qui reprochent aux promoteurs immobiliers de ne pas présenter des solutions pour les acheteurs potentiels. Et même le projet du « premier logement », il servira, selon eux, l’intérêt du promoteur plus que le client, qu’est ce que vous en pensez?
On veut que tout le monde soit satisfait, le client et le promoteur. Le promoteur immobilier est un acteur économique et son opération doit être rentable et l’inverse pour le client. On est à la recherche de cette équilibre promoteur-client.
Et c’est vrai que ce projet va vers l’intérêt du promoteur?
Historiquement, cette initiative du « premier logement » est venue des promoteurs immobiliers, mais cela ne veut pas forcément dire qu’elle est contre le client. Cette action est certes pour le promoteur autant que pour le client. Moi personnellement,  je ne vois pas de contradiction même si je savais que cette initiative provient de la chambre syndicale des promoteurs, mais ce n’est pas un problème.
Il faut comprendre aussi que le promoteur immobilier construit  pour le client,  et sans lui il ne peut rien faire, et même les clients s’il n y a pas de promoteurs,  il ne trouve pas  où acheter. C’est un mariage positif. On ne doit pas anticiper les événements. il faut tout d’abord vivre l’expérience et laisser le jugement pour plus tard. Actuellement, il a près de mille logements disponibles pour les budgets de moins de 200 mille dinars. Ces logements sont concentrés dans la capitale, ou à 20 ou 25 kilomètres.
Quel rôle pour les banques?
Les banques sont toujours trop prudentes à l’exception de deux ou trois banques bien engagées dans le secteur immobilier. Aujourd’hui, pour avoir un crédit bancaire, ce n’est pas facile, il y a beaucoup de conditions à remplir et même le produit offert par la banque demeure encore classique. La marge qu’elle prend est très grande. Si tu prendra 100 mille dinars,  tu payera 150 mille dinars. C’est énorme. Et malgré le coût élevé exigé par les banques, elles demeurent réticentes. De plus,  l’assurance qui pourra jouer le rôle d’un bailleur de fonds n’est pas encore intégrée.
Y-a-il de solutions ou de propositions dans ce sens?
Dans le monde entier, on ne peut pas parler de solutions et d’alternatives dans une crise immobilière.

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Les journées de l’éco-construction et de l’économie d’énergie des bâtiments ont démarré le mardi 31 janvier 2017 au siège l’Utica et se sont poursuivies hier mercredi 1er février. Organisé par Invest Consulting, c’est un évènement majeur de la construction écologique et de l’innovation en Tunisie réunissant tous les corps de métiers de la filière du bâtiment durable, fournisseurs, décideurs, prescripteurs, porteurs de projets innovants, architectes, bureaux d’études et prestataires de services. L’objectif est de favoriser le développement du bâtiment écologique et les investissements des différentes entreprises dans l’éco-construction. 35 exposants et près de 3 mille exposants étaient attendus à ce salon.

Amel Jrad, directeur général du Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (CITET), a fait remarquer que le type de construction en vogue en Tunisie n’est pas du tout écologique. « Nous sommes très portés sur la conception de matériaux qui sont à l’origine de plusieurs types de pollution avec un gros impact environnemental, notamment les polluants de l’atmosphère et les gaz à effet de serre (GES) ». C’est pourquoi il faut, selon ses déclarations, accélérer et avancer dans les recherches appliquées et l’innovation. « Il est vrai que le pays dispose d’un potentiel énorme, mais qui reste inexploité ». C’est ainsi qu’elle a appelé à accélérer la recherche et l’innovation comme moyen de valorisation d’un certain nombres de produits qui sont moins énergivores dans la fabrication.

Quant à lui, Nabil Azzouz, président du Groupement professionnel des promoteurs immobiliers, CPPI, relevant de la Conect, il a confié que  le volet de la sensibilisation et la communication  demeure un axe très important pour le développement de l’éco-construction en Tunisie. « Le citoyen, qui est le consommateur final, doit être conscient de l’importance de cette notion protectrice de l’environnement et des ressources naturelles. Le jour où il la réclame, la machine va se tourner différemment, et aller vers  un axe plus écologique et des produits plus durables pour la Tunisie et pour l’univers en général », a-t-il dit.

Le chef de cabinet du ministre de l’Equipement de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Khaled Dridi, a indiqué que la construction écologique est devenue une nécessité et non pas un choix pour le secteur des bâtiments et travaux publics (BTP), appelant ainsi à sensibiliser les citoyens à l’importance de l’isolation thermique dans le secteur BTP, sachant qu’elle permettra d’économiser de 15 à 40%.

Le salon de l’éco-construction est aussi l’occasion de réunir les décideurs et experts de la construction et du bâtiment et les représentants des différentes entreprises dans le but de stimuler la réalisation de futurs projets économiques et écologiques. Il s’adresse aux professionnels de l’immobilier mais il est également ouvert aux particuliers avertis.

Avec l’organisation de ces journées, Invest Consulting souhaite contribuer à faire découvrir aux différents intervenants le potentiel du bâtiment à la fois économique et écologique, à travers des expositions & démonstrations, startup éco, éco forum, rencontres VIP et rendez-vous business one-to-one.

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Après un retard incontestable qui a pris plusieurs années, le projet de loi relatif aux élections municipales et des référendums a été adopté, lors d’une séance plénière, tenue ce mardi 31 janvier 2017, à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) avec 139 voix. Lors de cette plénière, les députés y présents ont applaudi très fort l’approbation du projet de loi en question. En effet, bien que les députés de l’ARP aient entamé l’examen de cette loi depuis le mois de juin de l’année dernière, les discussions y afférentes ont été bloquées en raison de plusieurs différends entre les groupes parlementaires concernant certaines questions dont le fameux article autorisant les agents de sécurité et les militaires à participer à ces élections. C’est une des questions ayant causé un litige au sein de l’ARP avant d’être adopté, aujourd’hui, en plénière.

Les divergences d’opinion entre les blocs parlementaires qui datent déjà depuis une longue période, avaient entravé la tentative de trouver une solution à ce litige. Aujourd’hui,  c’est le ministre des Affaires locales, Riadh Mouakher qui a présenté un article supplémentaire, indépendamment de l’article 3, incluant le droit de vote des sécuritaires et des militaires pour les prochaines élections municipales.

Un article, bien que contesté par certains partis politique, a été adopté aujourd’hui avec une majorité confortable. Les membres des blocs parlementaires se sont unanimement  mis d’accord sur l’octroi aux militaires et aux sécuritaires du droit de vote pour les municipales.Même le mouvement Ennahdha était de la partie pour agréer la participation des sécuritaires et des militaires au vote, et ce après avoir estimé que l’expérience tunisienne en matière de démocratie est encore récente et fragile.

Quant au Front populaire , il s’est attaché à la participation des militaires et sécuritaires aux élections dans la mesure où leur participation ne signifie pas leur engagement dans la vie politique. Afek Tounes s’est également prononcé contre l’exclusion des forces de l’Armée et de la sécurité de participer aux élections régionales et municipales.

Force est de constater aussi que le retard accusé dans l’adoption de ladite loi a un grand impact sur le calendrier électoral. Dans une déclaration récente, le président de l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), Chafik Sarsar a estimé que la retard considérable pris dans l’adoption de la loi relative aux élections municipales et locales va entraîner la révision de la totalité du calendrier électoral établi par l’ISIE dont principalement la date des élections municipales initialement fixée pour le 26 mars prochain.

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« Le déficit budgétaire est en train d’évoluer à des niveaux importants. Il est  devenu,  aujourd’hui,  le  défi  le  plus  urgent  et  le  plus  difficile  que  la
Tunisie  devra  relever.  Les  recettes  fiscales  diminuent  et  les  dépenses  publiques surtout improductives augmentent. Les protestations contre la  collecte  des  taxes  additionnelles  et  les  difficultés  de  réduire  les  dépenses publiques obligent le gouvernement à s’endetter de plus en plus. Dans  ce  contexte  difficile,  le  nouveau  statut  de  la  Banque  Centrale  (2016) interdit les avances monétaires au gouvernement pour financer une partie du déficit budgétaire. En effet, selon l’article 25, la BCT interdit de fournir des facilités et des crédits au trésor public sans proposer une politique alternative ». C’est ce qu’a été indiqué dans le billet économique de l’intermédiaire en bourse, Mac Sa  intitulé : « Coordination entre la politique monétaire et la politique budgétaire : Pistes de réflexion ».

Toujours selon cette note de conjoncture, la BCT finance le déficit budgétaire indirectement en prêtant aux banques et en les «forçant» par la suite à acheter des bons du Trésor à  des  taux  relativement  élevés  comparés  aux  taux  des  prêts  étrangers. Cette pratique a engendré, selon l’étude, des effets pervers importants grevant davantage le déficit budgétaire, augmentant le service de dette intérieure et engendrant des sorties additionnelles de devises. Ces effets sont résumés comme suit :

Un accroissement du portefeuille titres des banques (privées- nationales et étrangères- et publiques) aux dépens des crédits à l’économie. Du coup, les banques se sont orientées vers l’activité de placement pour préserver  un  niveau  de  revenu  stable  et  moins  risqué.  En  2015,  les  encours de crédits des banques ont enregistré une hausse de seulement 4,8% par rapport à 2014, alors que les portefeuilles titres d’investissement et commercial ont connu une progression importante de l’ordre de 19,5%. La part du portefeuille  titres dans les crédits est passée de 17. 63% à 20.1%. Cette évolution a réduit le rôle d’intermédiation des banques et a créée une situation de rente.

Cela a aussi un effet sur l’augmentation  du  service de la dette intérieure.  Le  trésor vend les BTA à un  taux  entre  6  et  7%,  un  taux  considéré  très  élevé  estimé entre 2 à 3 fois plus élevé que celui de la Banque mondiale par exemple. Une estimation du coût annuel moyen de la dette intérieure payé par la Tunisie par rapport à l’encours de la dette intérieure, et une   réduction  des  ressources  allouées  à  l’investissement  privé  c’est-à-dire  un  effet  d’éviction  important. Les Bons du Trésor sont des titres émis par l’État tunisien  en  représentation  d’emprunts  dans  le  cadre  de  l’équilibre  budgétaire.  Ils  sont  négociables  auprès  de  l’ensemble  des  banques  intervenant  sur  le  marché  monétaire.  On  distingue  trois  types  de  bons  de  trésor:  Les  Bons  de  Trésor  à  Court  Terme  (BTCT). Les   Bons  de  Trésor  Assimilables  (BTA)  et  les  Bons  de  Trésor  à  Coupon  Zéro  (BTZC), sachant que les BTA constituent le principal instrument de la gestion de la dette publique utilisé. Lorsque les Bons de  Trésor  augmentent,  les  crédits  accordés  à  l’économie  et  l’investissement privé baissent.

Pour  limiter  les  conflits,  l’étude affirme qu’il est  important  d’assurer  la  coordination  entre le gestionnaire de la dette publique qui est le ministère des Finances qui est mandaté pour minimiser les coûts de financement du gouvernement et la BCT  qui assure l’objectif de stabilité des prix. La BCT devra réfléchir à développer une politique monétaire qui permet au  gouvernement  d’avoir  des  revenus  supplémentaires  à  moindre  coût  pour  financer  en  partie  le  déficit  budgétaire  et  pour  améliorer  son  efficacité.  Elle  doit  nécessairement  être  associée  étroitement  à  la gestion de la dette publique et à la politique budgétaire.

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Le programme « Premier logement » récemment lancé par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, comme solution au problème de l’habitat pour la classe moyenne entrera en vigueur le mois de février prochain. C’est ce qui a été indiqué par le président de la Chambre syndicale nationale des promoteurs immobiliers, Fehmi Chaâbane. Dans une interview accordée à Africanmanager, il a par ailleurs assuré que le décret relatif à ce programme devrait être publié au JORT, la semaine prochaine au plus tard, et c’est à partir de cette date qu’on va, selon lui, ouvrir les candidatures pour ceux qui souhaitent acquérir un logement. L’opinion publique sera informée à travers des communiqués publiés sur différents supports médiatiques mais aussi via les sites web du ministère de l’Équipement et de la Chambre des promoteurs immobiliers, nous a confié Chaâbane.

Le président de la Chambre des promoteurs immobiliers a, dans ce sens, annoncé la sélection de 1008 appartements conformes à la spécificité du programme « Premier logement ». Ces appartements sont répartis principalement dans le Grand Tunis (Tunis, Ariana, Ben Arous et Manouba) et dans les gouvernorats à forte densité, à l’instar de Sfax, Mahdia, Médenine, Gabes, Sousse, Nabeul et Bizerte. Il est aussi prévu que les prix varient entre 80 et 200 mille dinars, selon la déclaration faite par Ferhmi Chaâbane.

Le programme s’adresse à toutes les personnes (du secteur privé et étatique) désireuses d’acquérir un premier bien immobilier. Pour être éligible, le couple doit satisfaire à un certain nombre de conditions, à savoir le revenu, lequel doit être égal ou supérieur de 4,5 fois le SMIG (soit entre 1600 et 2900 dinars).

Le bien immobilier doit être aussi nécessairement acheté auprès d’un promoteur. De même, le demandeur de crédit bénéficiera d’un autofinancement de 20% octroyé par l’État, remboursable sur 12 ans dont 5 années de grâce et à un taux d’intérêt estimé à 2%.

Interrogé sur les prix de l’immobilier, Fehmi Chaâbane a fait remarquer que les prix ont doublé durant ces dernières années ; il a attribué cela à la hausse des prix des matériaux de construction, le manque de terrains pour y construire et la complexité des procédures et des délais d’attente d’octroi des autorisations. A cela s’ajoute l’effet de la dépréciation du dinar vis-à-vis de la monnaie internationale et la cherté de la main d’œuvre . « Ce sont les principales raisons expliquant la flambée des prix de l’immobilier », a précisé Chaâbane.

Il a par ailleurs annoncé que 9500 appartements (dont 8000 par le biais des promoteurs immobilier) seront annuellement construits.

A noter que le programme du premier logement constitue la principale mesure prise par le gouvernement d’union nationale dans le domaine social, en dépit de la conjoncture économique difficile.

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Les statistiques dévoilées au début de ce mois par l’Institut National des Statistiques (INS) et selon lesquelles le taux de pauvreté a baissé de 5 points entre les années 2010 et 2015 ne cesse de soulever un tollé. Aujourd’hui, c’est au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) que l’affaire a été de nouveau évoquée.

Le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, a démenti en bloc toutes les accusations contre l’INS au sujet des chiffres qu’il avait récemment publiés et selon lesquels le taux de pauvreté en Tunisie a baissé de 5 points entre 2010 et 2015. « On ne peut pas mettre en doute la performance et les compétences de cet institut qui emploie 1050 personnes dont 60 ingénieurs », a-t-il dit.

Lors d’une séance plénière, ce mardi 24 janvier à l’ARP, consacrée aux questions orales à 5 ministres, Abdelkefi a fait savoir que l’INS n’a pas changé de stratégie et de méthode :  » On n’a pas changé de méthode (…). C’est la même stratégie qu’on a adoptée en 2010 (…) Ce sont aussi les mêmes techniques convenues à l’échelle internationale », a–t-il précisé.

Le ministre a en outre assuré que l’INS travaille dans l’indépendance totale et que la dernière enquête a été réalisée en collaboration avec plusieurs parties dont l’UGTT, l’Utica et l’ODC, avant d’expliquer que les chiffres de la pauvreté ont été calculés par rapport à la consommation et non par rapport aux revenus comme certains le pensent, et c’est pour la première fois, selon ses déclarations, que l’enquête prend en considération toutes les régions du pays.

Il a par ailleurs indiqué que plusieurs facteurs expliquent la baisse du taux de la pauvreté en Tunisie dont l’accroissement des prêts à la consommation, la baisse de l’épargne nationale, l’augmentation de la prime accordée aux familles nécessiteuses et l’effet de la contrebande sur certaines régions.

Quant à lui, le directeur général de l’INS, Hédi Saïdi, a fait remarquer que l’INS est un institut indépendant et que son directeur général n’est qu’un membre parmi l’équipe qui s’est chargée de ce travail.

Dans une déclaration à la presse en marge de cette plénière, Hédi Saïdi a tenu également à préciser que l’INS a fourni toute l’assistance logistique pour faire réussir cette enquête, qui a été faite dans les bonnes conditions, selon ses dires : « Lors de notre mission, aucun problème technique ou logistique n’a été constaté », a indiqué le DG de l’INS, soulignant que l’Institut a déjà entrepris la même stratégie, la même technique et les mêmes méthodes adoptées en 2010.

Ces  deux déclarations viennent en réponse aux accusations du député de Nidaa Tounes à l’ARP Mohamed Fadhel Ben Omrane lancées contre l’INS, mettant en cause les statistiques et les chiffres récemment communiqués sur le taux de pauvreté, l’accusant ainsi de publier des chiffres erronés et d’induire l’opinion publique en erreur. Selon ses déclarations, il est très improbable que le taux de pauvreté baisse en Tunisie de 5 points entre 2010 et 2015.

Le député de Nidaa Tounes a appelé à mettre en place un comité d’audit composé de plusieurs responsables et de parties gouvernementales pour enquêter sur les chiffres communiqués par cet institut au sujet de la pauvreté. Il a également appelé l’UGTT à dévoiler sa position par rapport à ce sujet.

Il est à noter par ailleurs que les résultats de l’enquête quinquennale sur la consommation présentés au début de ce mois en Tunisie ont révélé que le taux de pauvreté en Tunisie s’est inscrit à la baisse de 5% pour atteindre 15,2% en 2015 contre 20,5% en 2010 et 23,1% en 2005. En outre, l’enquête a indiqué que le taux de pauvreté “qualifié de sévère ou extrême” est estimé à 2,9% en 2015 contre 6% enregistré en 2010 et 7,4% en 2005, a-t-il souligné, lors d’une conférence de presse à Tunis.
Les résultats de l’enquête par région ont également montré que le taux de pauvreté se concentre particulièrement dans les régions de l’Ouest et certains gouvernorats du Sud, dépassant ainsi la moyenne nationale, à l’instar de ce qui se passe au Kef, Kasserine et Béja, où la pauvreté atteint respectivement 34,2%, 32,8% et 32%.

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La stratégie énergétique de la Tunisie à l’horizon 2030 a fait l’objet d’un débat organisé, ce jeudi, à Tunis, à l’initiative de la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (CTFCI). Dans son mot d’ouverture, la ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies Renouvelables, Hela Cheikhrouhou, a affirmé l’existence d’un grand potentiel dans le secteur de l’énergie et que plusieurs acteurs lui accordent un grand intérêt. Elle a toutefois souligné la nécessité de faire revenir l’investissement dans le secteur des hydrocarbures, notamment en matière de prospection et de recherche.

La ministre a dans le même contexte indiqué que la production nationale en hydrocarbures a été réduite de 10% par an, et ce suite à l’absence d’activités d’investissement et de forage, appelant ainsi à reconstituer les capacités de production de la Tunisie et à relancer l’octroi des permis d’exploration, de prospection et de recherche, dans l’objectif au moins d’atteindre un rythme de production similaire à celui des années précédentes.

Elle a sous un autre angle appelé à l’amélioration de l’infrastructure, notamment pour le transfert et le stockage des hydrocarbures, à ajuster les importations de cette matière, même en ce qui concerne le gaz naturel et à maîtriser, entre autres, l’utilisation de l’énergie tout en stimulant l’investissement dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

S’agissant des décrets d’application relatifs aux énergies renouvelables, la ministre a tenu à préciser que la commission de la concurrence relevant du ministère de l’Industrie les a déjà approuvés et qu’ils vont être publiés dans le JORT dans les semaines à venir.

S’agissant de la stratégie de son ministère, Hela Chikhrouhou a assuré qu’une équipe d’assistance technique, en collaboration avec la Banque Mondiale, est en train de mener une réflexion sur plusieurs axes en rapport avec le secteur, dont le nouveau code des hydrocarbures et le rôle futur de l’Etap. Sur ce dernier point, la ministre a appelé à mettre en place une réflexion, à retenir les compétences et à renforcer ses activités. Autre point : Elle a appelé à faire connaître le domaine minier. « Il faut une approche plus active pour faire connaître nos ressources et le cadre réglementaire et par conséquent attirer les investissements et développer les ressources nationales.

En outre, la ministre a annoncé qu’une réunion de la commission mixte tuniso-algérienne sera tenue au début du mois de février prochain pour voir les orientations et les différentes facettes de la collaboration avec ce pays, notamment en ce qui concerne le gaz naturel. Elle a par ailleurs annoncé que des études et des réflexions portant sur l’extension de la raffinerie de Bizerte sont en cours au niveau de son ministère.

Elle a fait remarquer que bien que la Tunisie soit un pays importateur d’hydrocarbures, elle n’est pas efficace dans sa façon de consommer l’énergie, d’où la nécessité de renforcer le rôle de l’ANME, qui peine à retenir ses compétences. Il faut que cette structure puisse développer ses compétences pour pouvoir agir de la meilleure façon, a dit Mme Cheikhrouhou.

De son côté, Fouad Lakhoua, le président de la CTFCI, a mis en garde contre la détérioration du secteur des hydrocarbures en Tunisie, soulignant que le déficit énergétique en Tunisie ne cesse de se creuser au fil des années.  Il est aujourd’hui primordial de relever le défi de l’efficacité énergétique, sinon c’est la pénurie qui va s’installer à l’horizon 2020.

Il a par ailleurs appelé à faire réussir ce processus de transition qui mise sur le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergique. Pour ce faire, le président de la CTFCI a appelé à stimuler l’investissement dans les énergies renouvelables pour créer de l’emploi et améliorer le secteur industriel.

Selon ses déclarations, la part des énergies renouvelables dans la production nationale est estimée entre 5 et 7%. « Nous avons besoin d’un cadre juridique plus approprié et des procédures plus simples », a-t-il ajouté.

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Une convention de partenariat a été signée, aujourd’hui, lundi 16 janvier 2017, entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et le groupe italien pour le développement « Umbria ». Cette convention s’inscrit dans le cadre d’un programme « de renforcement du système d’appui à la PME et Support aux start-up » Il s’agit de l’une des composantes du « projet d’appui au secteur privé », objet du protocole d’accord entre la Tunisie et l’Italie, signé le 14 avril 2010 et prorogé jusqu’au 31 décembre 2018.

L’objectif aussi est de promouvoir les relations d’amitié et de coopération entre la Tunisie et l’Italie, essentiellement dans le domaine industriel. Cette convention vient aussi renforcer les compétences techniques des structures d’appui destinées aux petites et moyennes entreprises, tout en assurant l’accompagnement nécessaire pour les jeunes entrepreneurs.

Placé sous la tutelle de la direction générale de la promotion des PME (DGPPME), relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce, ce programme s’articule autour de trois principaux axes, à savoir : le renforcement des compétences de la DGPPME et des structures régionales d’appui à la PME, la mise en place d’un système de coordination entre ces structures, la conception et la mise en place d’un observatoire des PME, l’assistance technique et l’accompagnement personnalisé de 50 start-up tunisiennes déjà installées ou en phase d’accompagnement par les structures d’appui régionales.

Le convention signée avec la partie italienne s’étale en effet sur trois ans à compter du mois de janvier 2017. Le budget alloué par l’Italie s’élève à 1,628 Million de dinars. Il s’agit d’un don. Le coût global de ce programme, destiné au développement du secteur privé, s’élève à 9 Millions d’euros.

Après avoir procédé à la signature de ladite convention, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Zied Laâdhari, n’a pas manqué d’exprimer son enthousiasme, affichant ainsi son espoir de prolonger ce partenariat avec l’Italie pour toucher d’autres secteurs d’activité à forte valeur ajoutée.

Laâdhari a en outre indiqué que son département veillera à donner au maximum le soutien aux PME tunisiennes, et ce, dans l’objectif de faire face aux défis auxquels elles sont confrontées.

De son côté, le directeur général de la promotion des PME auprès du ministère de l’Industrie, Sadok Bejja, a fait savoir que cette convention vient comme un appui aux start-up et aux PME tunisiennes . Il s’est réjoui de la mise en place d’un observatoire pour les PME, estimant qu’il s’agit d’une excellente initiative qui va permettre le suivi des différents acteurs liés aux activités des PME.

Selon ses déclarations, en vertu de cette convention, son département pourra fournir un accompagnement personnalisé des start-up tunisiennes. Dans une déclaration à Africanmanager, il a indiqué qu’il y a une autre convention similaire portant sur l’équipement des structures d’appui dont principalement les pépinières d’entreprises et les centres d’affaires, au niveau régional, par le matériel informatique. La convention y afférente sera signée avant la fin de l’année 2017 et portera sur un don de l’Italie de 1 Million d’euros, indique la même source. 

Quant à lui, le directeur général du programme d’appui au secteur privé, Mauro Agostini, a souligné le bon accueil de la délégation italienne en Tunisie ainsi que le respect des délais relatifs à ce programme. Il a par ailleurs assuré que son programme participera également à d’autres projets en Tunisie, notamment en matière de développement des régions.  » Nous voulons que notre présence en Tunisie soit durable et pas limitée dans le temps. Nous espérons aussi développer nos rapports dans la période prochaine », a-t-il ajouté.

L’Ambassadeur d’Italie à Tunis, Raimondo De Cardona a, quant à lui, appelé à valoriser au maximum le potentiel et les perspectives de coopération possibles entre les deux pays. Et de préciser, dans le même cadre, que la Tunisie a pu gagner la confiance des Italiens à travers la réussite de sa transition démocratique, d’où la nécessité de réussir sa transition économique, selon ses dires.

Il a par ailleurs indiqué que des financements supplémentaires seraient mis à la disposition de la Tunisie, notamment pour son développement économique, mais l’annonce sera faite prochainement. « Nous devons juste identifier les secteurs que nous devons soutenir », les choses vont s’affiner prochainement  » et nous donnerons plus de détails », a-t-il dit.

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Les entreprises allemandes membres de l’AHK Tunisie se sont réunies, samedi 14 janvier, avec le chef du gouvernement , Youssef Chahed pour un échange sur différents thèmes relatifs aux relations économiques tuniso-allemandes et une discussion sur  l’ensemble des problèmes et des handicaps rencontrés par les entreprises allemandes installées en Tunisie. Cette rencontre visait dans un premier temps à intensifier le contact direct entre les plus hauts représentants politiques et les entreprises allemandes en Tunisie dans la situation actuelle.

Plusieurs représentants des entreprises présentes ont abordé le besoin essentiel de fixer un cadre juridique approprié pour l’investissement dans les plus brefs délais, évoquant notamment les décrets relatifs à la loi de l’investissement et la loi sur les avantages fiscaux qui tardent à paraître. Dans ce contexte, ils ont exprimé leur souci quant à la contribution conjoncturelle exceptionnelle, adoptée dans le cadre de la loi des finances 2017, qui porte atteinte au climat d’investissement. La taxe est en effet appliquée rétroactivement et va à l’encontre des règles de la loi de l’investissement. «Les entreprises en Tunisie ont besoin de visibilité et de sécurité juridique», a déclaré Raouf Ben Debba, président de l’AHK Tunisie, « c’est est une condition clé pour promouvoir l’esprit d’entreprise dans le pays. ».

Raouf Ben Debba a en outre affirmé que d’une manière générale, les entreprises allemandes sont restées fidèles à la Tunisie tout au long des années et même durant la période difficile post-révolutionnaire. Les relations intenses entre ces deux pays ne peuvent pas être brisées par l’action d’un individu isolé. En effet, les 250 entreprises allemandes présentes en Tunisie emploient, d’une part 55 000 personnes, et ont , d’autre part, investi 51 millions d’Euros entre 2011-2015.  De plus, les exportations de la Tunisie vers l’Allemagne ont augmenté de 10% entre 2013 et 2015.

Enfin, en se basant sur les chiffres de la FIPA, il a relevé l’existence de 54 nouveaux projets de création allemands entre 2011 et 2015 et 81 projets d’extension durant cette même période. Il est existentiel, selon lui, que les inquiétudes des entreprises allemandes installées en Tunisie et qui participent effectivement au développement de la Tunisie, soient encouragées davantage.

Le président de l’AHK a de même évoqué la loi relative aux incitations fiscales qui n’est pas encore adoptée par l’ARP. Selon ses déclarations,  il est primordial, la Conférence Tunisia 2020 ayant été très bien organisée et bien réussie, qu’un suivi constant et régulier soit assuré.

Quant à lui, Martin Henkelmann, directeur général de l’AHK Tunisie, a souligné que le succès de la conférence de l’investissement Tunisia 2020 témoigne du soutien international dont jouit la Tunisie. Il serait primordial, selon Dr. Henkelmann, de continuer sur cette lancée, notamment avec la réalisation rapide de grands projets.

Youssef Chahed a saisi cette occasion pour appeler les entreprises allemandes en Tunisie, qui emploient ensemble environ 55 000 personnes, à la compréhension et la confiance.  » Les acquis démocratiques devraient aller de pair avec le développement économique. Le gouvernement travaillerait inlassablement pour mettre en œuvre les réformes économiques dont le pays a besoin », a-t-il dit.

Dans son réponse aux revendications évoquées par les entreprises allemandes, le chef du gouvernement a tenu à préciser que le code de l’investissement ainsi que les incitations fiscales entreront en vigueur avant le mois d’avril prochain en attendant  la mise en place des décrets d’application relatifs aux incitations fiscales non encore approuvés.

Il a fait savoir que la situation sociale et économique du pays explique en grande partie les mesures douloureuses incluses au titre de la loi de finances 2017 dont précisément la contribution conjoncturelle exceptionnelle imposée ausecteur privé, soulignant toutefois que les grandes réformes verront prochainement le jour. « L’année 2017 sera l’année des réformes et de l’amélioration du climat des affaires, et ce dans l’objectif de faire passer un message positif aux entreprises étrangères.

S’agissant de la taxe de 7,5% imposée sur le entreprises privées y compris les entreprises étrangères installées en Tunisie, Chahed a indiqué que cela a été instaurée au titre de la solidarité : « C’est en collaboration avec les entreprises allemandes qu’on peut vaincre le terrorisme, le marché parallèle, reprendre la croissance et créer de la richesse », a indiqué Chahed, rappelant que la Tunisie traverse une crise des finances publiques avec des contraintes imposées par le FMI et les syndicats. En effet, pour les entreprises allemandes installées en Tunisie, cette contribution conjoncturelle porte atteinte à la compétitivité du site tunisien.

Le chef du gouvernement a cependant relevé des signes de reprise dans le secteur des phosphates, soit une production mensuelle supplémentaire de 70 mille tonnes. Un grand potentiel d’investissement est prévu dans les prochains jours (…) Nous devons préparer le chemin et améliorer le climat des affaires », a indiqué Chahed avant d’ajouter : « L’investissement est la seule solution », a-t-il dit.

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Malgré une stabilisation face aux principales devises qui a duré près de 4 jours, le dinar tunisien a reculé e nouveau, enregistrant ainsi une nouvelle baisse par rapport aux devises étrangères. L’euro est passé de 2.4650 dt à 2.4700 dt, alors que le dollar américain s’est échangé à 2.3380 dt contre 2.3350 dt le lundi, 11 janvier 2017. Les raisons de la baisse du dinar par rapport aux monnaies étrangères sont multiples et cette dégringolade pourra  facilement accentuer l’inflation,  réduire les réserves en devises du pays et alourdir la charge budgétaire destinée  au remboursement de la dette publique. La crise économique, la rareté des ressources financières du pays, l’endettement extérieur, la baisse de la productivité, la hausse de la masse salariale dans la fonction publique, l’accentuation du déficit budgétaire et la chute des entrées du secteur touristique et des mines ainsi que la détérioration du climat des affaires sont les principales causes derrière la dépréciation du dinar.

« La chute du dinar se poursuit inexorablement. Et c’est normal. Cette chute s’explique par deux phénomènes au moins: la situation, déjà difficile, de l’économie et des finances publiques tunisiennes s’aggrave. Tous les indicateurs se détériorent. Le Dinar n’est qu’un miroir qui reflète la situation économique et financière du pays. » c’est ce qu’a écrit Ezzedine Saidane dans un statut posté ce mercredi 11 janvier 2017 sur sa page Facebook officielle.

Cela s’explique également par le fait que la Banque Centrale n’a plus, ou presque, les moyens d’intervenir pour réguler, en essayant de lisser, le taux de change du Dinar. Chaque intervention coûte en effet cher à la BCT, et donc à la Tunisie, en termes de réserves de change et de pertes de change. Les réserves de change qui baissent sans cesse sont souvent alimentées par des emprunts extérieurs.

En fuise de  solutions, Saidane a appelé à redresser l’économie et les finances publiques pour redresser le Dinar. « Il n’ y pas d’autres solutions.
Si l’on n’arrive pas à redresser rapidement notre économie, la BCT pourrait se trouver dans l’obligation de laisser flotter le Dinar et ce serait dommage. Il suffit de voir ce qui s’était passé en Égypte il y a juste quelques semaines pour comprendre l’ampleur des dégâts que cela peut causer », a alerté Ezzedine Saidane.

Pour rappel, l’Egypte a décidé, durant le mois de novembre de l’année 2016, de laisser flotter sa devise pour répondre à la crise monétaire aiguë qui affecte son économie et menace de relancer l’instabilité politique, plus de cinq ans après la révolution de 2011. Cette décision devrait provoquer de fait une forte baisse, de près de 50%, de la valeur de la livre égyptienne face au dollar.

Dans sa dernière note portant sur la conjoncture économique (novembre),  la Banque centrale de Tunisie (BCT) a par ailleurs relevé la persistance des pressions sur les réserves en devises qui pèsent  sur  le  taux  de  change du  dinar  vis-à-vis  des  principales  devises.
Sur  le marché  interbancaire,  et  depuis fin  décembre 2015,  le  dinar s’est déprécié de 9,4%  vis-à-vis du  dollar américain et  de 10,5% vis-à-vis  de l’euro. Les  tensions  sur  la  liquidité  bancaire,  observées au  cours  de  la période  (juillet  2016-septembre 2016) se   sont   quelque   peu   desserrées en octobre  2016, à  la  faveur  de l’atténuation  de l’effet  restrictif  des  Billets  et  Monnaie  en Circulation  (BMC). Cette situation s’est traduite par une   baisse des   opérations   de   politique monétaire  de la Banque  centrale à 7.184 MDT, en  moyenne, contre  7.404 MDT en  septembre dernier.

La BCT a noté que la  réduction  de  la  part  de l’intervention de la Banque centrale sous forme d’appels d’offres a  engendré un recours accru des  banques à la  facilité  permanente  de  prêt  à 24H (avec  un  taux  de  4,5%), ce  qui a exercé des pressions à la hausse sur le taux du marché monétaire (TMM).  Ce  dernier s’est  établi,  en octobre  2016, à 4,33% contre  4,26%  un  mois auparavant.

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La corruption frappe encore fort en Tunisie. Les indices y afférents sont toujours alarmants et la Révolution n’a pas réussi à mettre un terme à ce fléau qui au contraire a atteint un stade « épidémique » ; le gouvernement fait ce qu’il peut, mais si c’est si peu au regard de l’ampleur du phénomène. En effet, selon des chiffres publiés par des organisations nationales et internationales, 35% des Tunisiens seraient impliqués, au moins une seule fois, dans des affaires de « pots-de-vin ». Des citoyens ont, durant l’année 2013, versé 450 Millions de dinars pour faciliter des affaires. Brahim Missaoui, président de l’Association tunisienne pour la lutte contre la corruption, a assuré, dans une interview accordée à Africanmanager, que ce phénomène a pris des proportions alarmantes en Tunisie jusqu’à devenir une menace pour sa stabilité économique et sociale. Et de préciser, dans le même cadre, que les promesses faites par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, en matière de lutte contre la corruption, lors de sa prise de fonction, n’ont pas été honorées jusqu’à ce jour et demeurent de simples slogans. Il a accusé ainsi Chahed de tenir un discours populiste juste pour convaincre l’opinion publique que la Tunisie est à l’avant-garde dans la lutte contre la corruption.

Brahim Missaoui a, dans le même ordre d’idées, indiqué que plusieurs hommes d’affaires ont adhéré à des partis politiques et veilleront à retarder et bloquer l’avancement du processus de lutte contre la corruption, selon ses déclarations. C’est ainsi qu’il a appelé à investir en masse en matière de lutte contre la corruption, la seule solution pour remédier à ce fléau. Selon ses déclarations, un recul de 1 point dans l’indice de corruption permettra à la Tunisie de récupérer un point de croissance supplémentaire et de pourvoir 16 mille nouveaux emplois.

Le responsable à ce propos appelé à accélérer l’examen et par la suite l’adoption du projet de loi sur la lutte contre l’enrichissement illicite, faisant remarquer qu’il est inconcevable de trouver en Tunisie, dont la population ne dépasse pas 12 millions de personnes, plus de 6500 millionnaires et environ 70 milliardaires à un moment où l’économie nationale vit depuis plusieurs années une crise. Cette loi vise aussi, selon lui, à promouvoir la transparence, l’intégrité et la lutte contre la corruption conformément aux normes internationales. Cette loi va aussi permettre, d’après lui, de traquer les grands corrompus qui ont réalisé de gros bénéfices durant ces dernières années.

Il a par ailleurs exprimé son étonnement de voir la Tunisie être classée première en Afrique du Nord et septième en Afrique pour les grosses fortunes, soulignant que ce classement soulève de nombreuses questions sur les sources de cette richesse.

S’agissant des secteurs les plus corrompus, Missaoui a assuré que la corruption est largement répandue dans le secteur des marchés publics, faisant savoir que la mauvais état des routes et des autoroutes dans les différentes régions du pays est une preuve de la manipulation des marchés publics. Par ailleurs, selon les déclarations du président de la Commission nationale de lutte contre la corruption, Chawki Tabib, la corruption dans les marchés publics engendre pour l’État des pertes de près de 25% du volume global des marchés publics, estimé à 8 milliards de dinars. Le secteur de la sécurité ainsi que celui de la douane sont aussi les plus corrompus, selon notre interlocuteur.

Poursuivant ses propos, Missaoui a en outre assuré que la corruption n’a épargné secteur, accusant ainsi les gouvernements qui se sont succédé depuis la Révolution d’échouer en matière de lutte contre la corruption…

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Selon le classement des meilleurs et pires pays où faire des affaires, la Tunisie a été classée 87ème, sur un total de 139 pays. Dans cette enquête, qui vient d’être publiée par le magazine Forbes, le pays a reculé de 5 places par rapport au classement de l’année dernière. Bien que la baisse soit très importante, ce recul n’était pas très surprenant vu le contexte économique, social et politique difficile que vit la Tunisie depuis la Révolution. Tout cela ne peut pas passer inaperçu. Victime de sa Révolution, la Tunisie n’a cessé depuis cette année de connaître des échecs, de reculer dans les classements internationaux et d’afficher des résultats négatifs dans plusieurs domaines d’activités. Preuve à l’appui : Une situation économique si mauvaise et une dégradation sans précédent dans les principaux secteurs économiques dont les mines, les phosphates, le tourisme et les investissements, confirme d’ailleurs la ministre des Finances. Dans une déclaration récente en marge de sa présence à l’ARP, Lamia Zribi  a dressé un tableau sombre de l’économie tunisienne. Selon elle, le déficit budgétaire devrait enregistrer à la fin de 2016 une hausse de 1555 MD en raison des changements des hypothèses sur lesquelles se basait le budget de l’Etat pour l’année 2016, pour atteindre 5219 MD, soit 5,7% du PIB contre 3664 MD, soit 3,9% selon les estimations de la LF initiale.

Les ressources d’emprunt passeront ainsi en 2016 à environ 7813 MD contre 6594 MD prévus dans la loi initiale, ce qui engendrera une augmentation du taux de l’endettement de 8 points pour s’établir aux alentours de 61,8% contre 53,4% dans la première mouture de la loi de finances. Ce sont les principaux indicateurs derrière la dégradation de la place de la Tunisie dans les classements mondiaux. 

Le célèbre classement de Forbes a quant à lui expliqué que « la Tunisie fait face à toute une série de défis à la suite de la Révolution du printemps arabe en 2011 », a précisé le magazine, rappelant que la Tunisie s’est lancée, durant les dernières décennies, « dans une stratégie fructueuse axée sur le renforcement des exportations, des investissements étrangers et du tourisme, qui sont maintenant au cœur de l’économie du pays ».

Toujours selon le même rapport, la Révolution de janvier 2011 a entraîné une chute brutale de l’économie tunisienne, le tourisme et l’investissement ayant fortement baissé. « En 2015, les attaques terroristes successives contre le secteur du tourisme et les grèves des travailleurs dans le secteur du phosphate, qui représentent ensemble près de 15% du PIB, ralentissent la croissance du PIB à moins de 1% ».
Par ailleurs, sur un échantillon de 137 économies, le Maroc a enregistré une légère amélioration grimpant à la 51ème position, soit 11 places de mieux par rapport à l’édition 2015 où il se situait à la 62ème position et de 28 places de plus par rapport à l’année 2014 où il occupait le 79ème rang.

Quant à l’Algérie, elle arrive 131ème sur un total de 139 pays. Selon le même classement, l’économie algérienne est 133ème pour la protection des investisseurs, 131ème pour la liberté de commerce, 123ème pour la liberté monétaire et 115ème pour le poids de la fiscalité.

Pour rappel, le classement de Forbes porte sur 11 indicateurs qui sont : les droits de propriété, l’innovation, les taxes, la technologie, la corruption, la liberté (personnelle, commerciale et monétaire), la bureaucratie, la protection des investisseurs et la performance du marché boursier.

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