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Khadija Taboubi

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« La  croissance  économique devrait se maintenir sur une trajectoire ascendante quoiqu’à un rythme plus lent que celui  estimé en juillet dernier. Les récentes projections tablent sur une progression  du  PIB,  aux  prix  constants de  2010, de 1,4% en 2016,  2,2%  en  2017 et  2,8%  en 2018. Hors agriculture, la croissance s’établirait autour de 1,8% en 2016, 2,2% en 2017 et 2,6% en 2018 ». C’est ce qu’a été indiqué dans une note récente publiée par la Banque Centrale de Tunisie (BCT).

La faible croissance économique attendue s’explique, selon la BCT, par les perspectives sectorielles disparates. La production agricole serait freinée par la baisse de la récolte des olives en 2017.
La production des industries exportatrices se maintiendrait sur une tendance haussière, sans pour autant revenir à son potentiel passé, en relation avec les   perspectives modérées de l’activité dans la Zone Euro.
Le redressement de la production minière et chimique serait modéré et fortement tributaire de  l’apaisement des troubles sociaux dans le bassin minier. Le redressement des activités  dans le secteur des services  marchands serait  plus  lent  qu’attendu précédemment en raison, notamment, de la faiblesse  de  la  demande  de  consommation. En revanche, le renforcement graduel de l’activité touristique devrait contribuer à un rétablissement progressif des activités    de services d’hôtellerie et  des activités connexes.
La  contribution  de l’administration publique à la croissance du PIB devrait baisser sur l’horizon de prévision, vu l’orientation du Gouvernement vers plus  de
maîtrise  de son  équilibre budgétaire  à travers, notamment, la compression des dépenses de fonctionnement. Après une contribution historique moyenne  de l’ordre 0,8-1% à la croissance annuelle du PIB, on s’attend à une contribution avoisinant 0,2% entre 2017 et 2018.

La croissance potentielle a été revue légèrement à la baisse pour 2017 (de -0,1%), pour se  situer au même niveau estimé pour 2016,  soit  2,5%, avant de passer à 2,6% en 2018. Les perspectives d’une croissance du PIB  hors agriculture au-dessous de la croissance potentielle, entre 2016 et 2017, impliquent un élargissement  de  l’écart  de  production négatif durant ladite période, avant de se stabiliser et se serrer très graduellement, en 2018, lorsque la croissance réelle dépasserait la croissance potentielle..Les risques adverses pouvant affecter négativement les prévisions semblent s’intensifier, tant au niveau international  que national. Au rang des risques extérieurs, la dégradation du contexte géopolitique, demeurerait à la tête des facteurs de risques aussi bien pour la Tunisie que pour ses partenaires commerciaux. Également, le ralentissement de l’économie de la Zone Euro fait  peser énormément  d’incertitudes sur la croissance des exportations tunisiennes. Une détérioration de l’activité économique de nos principaux partenaires dans la Zone Euro pourrait avoir des  effets de contagion sur notre production industrielle.

A  l’échelle  nationale,  les  facteurs  de  risques internes  sont multiples (anciens  et  nouveaux), dont les plus importants, pour les dernières prévisions  économiques, sont résumés dans les quelques axes suivants :

– La    persistance du risque sécuritaire et terroriste, en relation avec la poursuite de la crise libyenne;
– Les retards accusés dans la mise en place des réformes administratives et fiscales;
-La  récurrence  des  grèves  et  troubles  sociaux dans  les  zones  de  production, et leur impact négatif sur l’activité à court terme (baisse de la production  et  perte de  parts de  marché)  et  à moyen et long terme (dégradation du climat des affaires et baisse de l’investissement)

-La  baisse  de la pluviométrie et le creusement du déficit hydrique  pèsent sur les perspectives de la production agricole et les exportations ;
-Les  pressions sur la balance des  paiements et sur le taux de change du dinar demeurent importantes;
-L’affaiblissement du potentiel de la croissance économique dû au prolongement de la période de désinvestissement;
-La  détérioration de la situation des finances publiques.

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Spontané, courageux et enthousiaste… C’est le moins qu’on puisse dire d’un homme d’affaires qui ne cesse d’investir, de donner de l’espoir et de la couleur à un pays qui voit ses principaux indicateurs économiques virer au rouge depuis 6 ans. Oui! C’est Bassem Loukil, le PDG du groupe Loukil. C’est cet homme qui n’a cessé de lancer des projets, même en temps de crise. C’est aussi cet homme qui ne croit ni à l’échec ni à la paralysie à cause de la sinistrose ambiante. Les obstacles ne lui sont pas étrangers, certes mais ils n’ont jamais freiné ses investissements et ses projets. Le plus récent c’est Unionaire, un méga projet qui fera bientôt son entrée en Tunisie grâce au groupe Loukil.

L’homme d’affaires, qui a misé sur l’Afrique depuis un bon bout de temps, commence aujourd’hui à récolter les fruits de ses initiatives. Leader du marché au Moyen-orient et en Afrique dans la fabrication d’appareils électroménagers (cuisinières à gaz, TV, machines à laver, réfrigérateurs, congélateurs, téléviseurs à écrans LCD, chauffe-eau et petits appareils électroménagers…), Unionaire vient de jeter son dévolu sur la Tunisie. Il a été séduit par le Groupe Loukil, qui l’a convaincu de l’existence d’opportunités dans le pays, notamment dans la perspective de son expansion en Afrique. L’annonce a été faite, jeudi 16 mars 2017, lors d’une cérémonie organisée dans l’un des hôtels de la banlieue de Gammarth.

Bassem Loukil a fait savoir, lors de cette rencontre, que ce projet n’est pas le fruit du hasard et qu’il a fait l’objet de négociations et de concertations entre les deux parties, et ce afin de convaincre le partenaire égyptien sur le fait que la Tunisie pourrait être un hub pour l’expansion africaine.

Profitant de cette occasion, Loukil a déploré le manque de subvention de la part du gouvernement tunisien, contrairement à ce qui se fait dans d’autres pays comme la Turquie où le taux de la subvention a atteint 18% ou encore la Chine avec un taux dépassant les 40%. « Le gouvernement tunisien n’est pas encore convaincu de l’importance de la subvention« , a expliqué Loukil, appelant ainsi l’État à réviser la politique d’exportation afin de permettre aux investisseurs de pénétrer de nouveaux marchés. « Si le gouvernement tunisien veut de la croissance et mettre la machine économique en marche, il doit consacrer une partie du budget à la subvention des exportateurs« , a argué le patron du Groupe Loukil. Le gouvernement tunisien doit aussi, selon lui, traiter à égalité les exportateurs étrangers et tunisiens.
Et Bassem Loukil de rajouter : « On ne veut pas d’une administration qui prend des mesures et qui met en place des lois sans concertation avec les personnes concernées ».

Quant à lui, Mohamed Fethi, propriétaire de la marque Unionaire, s’est réjoui de ce partenariat avec le Groupe Loukil, affichant ainsi son optimisme pour réussir ce projet, soulignant que la Tunisie a été choisie pour abriter ce programme grâce à ses compétences notamment linguistiques ainsi que la qualité de la main d’oeuvre.
En outre, il a annoncé le transfert du bureau régional de l’exportation actuellement domicilié au Caire (Égypte) en Tunisie. Il a par ailleurs estimé que la nouvelle société offrira en Tunisie plus de 400 emplois dans trois ans.

De par son positionnement, cette unité, dont les produits seront proposés aux meilleurs prix, ne manquera pas de jouer un rôle central dans la rationalisation des coûts et le raccourcissement des délais de livraison pour servir essentiellement les marchés de l’Afrique du Nord, Centrale et Subsaharienne.
Avec un capital social de 5 MDT, cette nouvelle usine, dont la structure est déjà en place, est dédiée à la fourniture de produits de haute qualité, au développement de produits GEM & PEM sous la marque Unionaire et différentes marques OEM pour la gamme de produits de climatisation, TV, appareils frigorifiques, cuisinières, machines à laver, chauffe-eau…

Unionaire Tunisie compte employer, dans sa première année d’activité, 200 personnes et projette, au bout de 3 ans, d’atteindre un effectif de 400 employés. Le total de ses ventes annuelles est estimé à 50 millions DT pour l’année 2018. Quant à l’exportation de ses produits au cours de la première année, elle est estimée à 50% pour atteindre 70% au bout de 2 ans.
A noter que le projet Unionaire Tunisie prévoit une capacité de production au démarrage de 100 mille pièces (toutes références confondues) pour atteindre 500 mille pièces au bout de 5 ans.

A noter qu’Unionaire est une marque d’origine américaine qui a été rachetée à 100% par Mohamed Fethi pour l’implanter en Égypte en 1995 et qu’il est aujourd’hui un leader dans la fabrication de climatiseurs et autres appareils électroménagers dans la zone MOA (Moyen-Orient/Afrique). A présent, le groupe compte 17 usines (dont 12 en Egypte et 5 en zone MENA & Canada) et plus de 6 mille employés. Unionaire Group exporte directement ses produits vers plus de 51 pays à travers le monde, dont l’Arabie Saoudite, l’Iraq, la Jordanie, la France, la Turquie, le Liban, l’Allemagne, le Canada, Les Émirats, l’Australie…

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Après avoir inauguré en décembre 2015 l’un des plus grands centres commerciaux du pays et d’Afrique, « Tunisia Mall », un autre projet similaire verra prochainement le jour à Tunis. C’est l’homme d’affaires et propriétaire de Tunisia Mall, Meher Chaâbane, qui en a fait l’annonce.

Lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi 15 mars 2017 par Amen Bank pour le lancement de sa nouvelle identité visuelle, Meher Chaâbane a annoncé l’ouverture, dans les prochaines semaines, d’un deuxième Mall aux berges du Lac II, pas loin du premier Mall. Le coût global de cet investissement est estimé à 58 Millions de dinars, ajoutons à cela les frais des commerces qui avoisinent, selon lui, les 20 MDT. Tunisia Mall II offrira près de 500 emplois.

Interrogé sur le nombre de personnes ayant visité Tunisia Mall, Meher Chaâbane a annoncé que durant l’année 2016, 5 millions de visites ont été enregistrées, soit près de 15 mille visites par jour.

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Le ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale Fadhel Abdelkefi a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs questions dont les déclarations de la ministre des Finances, Lamia Zribi sur le gel des 2ème et 3ème tranches du crédit du FMI et la cession de certaines parts de l’État dans les banques publiques et les banques à participation non stratégique. Interview:

La ministre des Finances a récemment annoncé le gel par le FMI des 2ème et 3ème tranches du crédit qui seront accordées à la Tunisie, qu’est ce que vous en pensez?

Je pense que le discours de la ministre des Finances a été écarté de son contexte. Ce n’est pas cela qu’elle voulait dire. Elle voulait dire que nous sommes en train de continuer à négocier avec le FMI et que les négociations avec le FMI sont des discussions dont relèvent  tous les autres crédits, avec la Banque mondiale, la Banque Européenne de l’Investissement (BEI) et la Banque Africaine de Développement (BAD).

Nous espérons que ces pourparlers aboutiront  le plus tôt possible.

Mais la date précise pour le versement de cette tranche de crédit était prévue pour décembre 2016?

Oui, justement! Il y a ce décalage parce que nous sommes en train de continuer à négocier avec le FMI et que nous allons accélérer le rythme de quelques mesures que nous avons analysées à l’intérieur et sur lesquelles nous sommes d’accord. Il  n’y a pas de différences de vue. La question des diktats imposés de l’extérieur n’est pas vraie du tout. Ce sont des discussions qui se font à l’intérieur de l’administration tunisienne et nous sommes convaincus de les mettre en place pour corriger et rattraper les choses.

Le FMI n’a rien exigé, il est en train de négocier sur beaucoup de dossiers et de dialoguer avec nous pour trouver des solutions à un certain nombre de problèmes.

Et sur les banques publiques?

Plusieurs scénarios possibles  sont sur le tapis  et nous nous n’avons pas encore tranché. Nous sommes encore en train de réfléchir, mais comme la a dit le chef du gouvernement,  que se soit pour les banques publiques ou pour celles mixtes, il y a des mesures qui vont être prises mais qui sont en phase d’étude.

Et quelle été votre position par rapport au dernier remaniement ministériel?

j’ai deux attitudes. Si je vais répondre à titre personnel, Abid Briki est un collègue. On a travaillé ensemble durant six mois. C’est un ami et quelqu’un qui a aidé le gouvernement. Briki est aussi militant et une personnalité publique connue. Je l’apprécie énormément.

Maintenant le chef du gouvernement a pris sa décision. Je n’ai pas à la commenter.  c’est le chef du gouvernement qui a pris une décision vis-à-vis de l’un  de ses ministres.

Khalil Gheriani est aussi une personnalité connue dans le monde des affaires sociales et des négociations.

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Sotudis, la société du groupe Zouari a procédé, vendredi  à l’inauguration d’un nouveau centre de formation et service après vente destiné aux véhicules roulants sur le site de Rmila à Sousse. La cérémonie s’est déroulée en présence d’un grand nombre d’hommes d’affaires, de clients, de partenaires et de spécialistes du secteur de l’automobile.

La nouvelle plate-forme s’étale sur une surface de 6 hectares dont 13 mille m2 couverts dédiés aux ateliers et à l’administration. Elle a été repensée pour intervenir sur tous les véhicules de la marque. Elle comprend deux fosses , un banc d’essai de freinage, un atelier de soudure, un atelier de peinture, une station de lavage ainsi qu’une aire de repos pour les chauffeurs. Le nouveau « services center » dispose aussi d’un magasin pour stockage des pièces de rechange à même de réduire la durée d’immobilisation des véhicules. Ce nouvel investissement va non seulement permettre d’accompagner les clients existants et leur croissance, mais aussi de créer la capacité requise pour développer les activités commerciales de l’entreprise sur le marché.


Dans une déclaration exclusive à Africanmanger, Hafedh Zouari, président et fondateur du Groupe Zouari a tenu à préciser qu’il s’agit d’un projet d’infrastructure pour l’entretien de véhicules industriels  et de bus.  Il s’agit aussi d’un projet qui s’inscrit dans le cadre de la démarche d’expansion de son activité  et de promotion de la flotte de la marque Hyundai en Tunisie pour l’après vente. « Le nouveau centre se situe à 150 km de la Tunisie. Le coût global de cet investissement a dépassé 14 MDT et pourrait atteindre 20 MDT. Il offre actuellement 70 emplois  et pourrait atteindre entre 120 ou 140 emplois dans la période à venir.

Interrogé sur les prévisions du groupe en termes de projets, Zouari nous a indiqué qu’il pensait aux entrées des autoroutes pour lancer des projets similaires à celui qui vient d’être inauguré à Sousse. Des projets pourraient avoir lieu à Mateur ou à Skhira.

Concernant le système de quotas d’importation des véhicules légers en Tunisie, Hafedh Zouari a fait remarquer qu’il s’agit d’un vrai problème :  » L’administration exerce une politique excessive contre les concessionnaires. D’une part, l’État applique le système des quotas sur les importateurs et d’autre part, il ne réagit pas face au marché parallèle », a-t-il ajouté.

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‘université Montplaisir Tunis a organisé, le mercredi 8 mars 2017, en partenariat avec la bourse de Tunis, une conférence de presse sous le thème « La culture boursière et son impact sur le développement du marché financier », et ce à l’occasion de l’inauguration de la salle de marché destinée à ses étudiants, notamment du master Ingénierie, actuariat et finance. L’objectif est de permettre aux étudiants de ladite université d’allier la pratique à la théorie et d’exécuter les métiers de la bourse sur place, où ils seront formés et peuvent eux-mêmes lancer les ordres de vente et d’achat sur le marché boursier en temps réel. La mise en place d’une salle de marché au sein de l’université est aussi une première en Tunisie et constitue également une source de revenus pour les étudiants qui peuvent dégager des bénéfices sur les transactions financières.

Le directeur général de la Bourse de Tunis, Bilel Sahnoun, a indiqué, dans une déclaration à la presse, en marge de cette rencontre, que la contribution de la bourse dans l’économie nationale demeure très faible, voire insignifiante vu qu’elle n’a pas encore dépasse les 10%, comparée à l’Europe et ses 40% ou les États-Unis, 60%.
Il a expliqué cela par le faible niveau de l’épargne nationale qui ne dépasse pas actuellement 11% du PIB, contre 22% en 2010. Ajoutons à cela la difficulté de la bourse à attirer de nouvelles sociétés et de grandes entreprises représentant les différents secteurs d’activités et l’absence de plusieurs secteurs de la cote de la bourse, notamment l’énergie, le transport, les télécommunications, le tourisme, l’agriculture. L’absence de culture chez les entrepreneurs, les investisseurs et les particuliers explique aussi, selon lui, la baisse de la contribution de la bourse dans l’économie du pays, et ce malgré son rôle déterminant dans le développement du marché financier.

Bilel Sahnoun a toutefois indiqué que pour instaurer une culture boursière, il faut avant tout mettre en place les mécanismes et les législations adéquates, et ce dans l’objectif de garantir une meilleure contribution des grands secteurs dans l’indice boursier et par la suite dans le PIB du pays.

De son côté, Ahmed El Karam, directeur général d’Amen Bank, a souligné la nécessite de garantir une harmonie, voire une complémentarité entre les banques et la bourse dans le financement de l’économie. Du coup, la bourse permettra aux PME d’accéder à l’auto-financement et augmenter par conséquent leurs fonds propres.
Le DG d’Amen Bank a toutefois indiqué que cette complémentarité doit être basée sur 4 piliers fondamentaux, à savoir la bonne gouvernance, la transparence, la crédibilité et l’efficacité. « La crédibilité est une composante fondamentale qui se gagne progressivement, sinon on ne pourrait pas être accrédités auprès de nos partenaires étrangers », a-t-il assuré.
En outre, il s’est réjoui du lancement de cette salle de marché à l’université de Tunis, une initiative qui permettra aux étudiants d’exercer les métiers de la bourse sur place.

Quant à lui, l’ancien ministre des Finances Jalloul Ayed a affirmé que le lancement d’une salle de marché est une bonne décision, soulignant qu’une telle initiative a été lancée au Maroc depuis longtemps et a contribué un an après à hauteur de 30% des revenus de la Banque marocaine du  commerce extérieur (BMCE). « Il ne faut jamais dire qu’on n’est pas prêt. il faut foncer », a indiqué Ayed, soulignant toutefois que la bourse n’est qu’une petite partie du marché financier.

Un marché financier équilibré doit, selon lu, répondre aux besoins de toutes les entreprises (micro-entreprises, moyenne et grandes). « L’une des choses qu’on avait faites lorsqu’on était au pouvoir est la mise en place d’un cadre capital pour encourager les créateurs des fonds d’investissement et c’était par là que le fonds des dépôts et des consignations avait émergé », a-t-il dit.

Jalloul Ayed a par ailleurs critiqué l’absence d’investisseurs institutionnels à la bourse de Tunis, « il n’ y a que les particuliers », a-t-il assuré, avant d’ajouter :  » Notre bourse est mignonne mais petite, il y a encore du chemin à faire. il faut valoriser la bourse avec de gros investisseurs, des gestionnaires de fonds, des compagnies d’assurances et des investisseurs institutionnels », a-t-il ajouté.

Concernant la culture boursière, Jalloul Ayed a appelé à instaurer en premier lieu cette culture chez les investisseurs institutionnels, les hauts cadres et le gouvernement avant même les particuliers, et c’est là où il faut vraiment faire un effort, a-t-il dit.

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L’Association « Féminin by UIB » a célébré, mercredi 8 mars 2017, la Journée internationale de la femme. C’est dans une ambiance chaleureuse et conviviale, en présence d’un grand nombre de femmes travaillant dans la banque, que l’événement a eu lieu. Rendre hommage aux femmes combattantes de l’UIB était le premier objectif de cette association dont le lancement remonte à l’année 2015. L’ancienne doyenne de l’UIB, Zouhir Mounira, a été la première femme a être honorée à cette occasion. Fatma Khedher, 19 ans, une passionnée de peinture, a été aussi honorée. Ainsi, l’UIB a décidé d’acheter certains de ses tableaux. En outre, un grand tableau mentionnant les noms de 700 femmes parmi les anciennes de la banque a été présenté. L’initiative a été très appréciée par l’assistance, qui a chaudement applaudi.

Les actions de ladite association ne se sont pas arrêtées là, un hymne spécialement composé pour l’établissement par le célèbre chanteur lyrique Hassan Doss, a été aussi dévoilé. La cérémonie a vu aussi la signature d’un accord entre l’UIB et l’association SOS Villages d’enfants Tunisie, il porte sur le prolongement du contrat de ladite association pour une durée de 5 ans. En vertu de cette convention, la banque s’engage également à soutenir les projets de création et d’innovation élaborés par cette association.

Dans un discours plein d’émotion, le directeur général de l’UIB, Kamel Nèji, a dit ceci : « Vous les femmes… vous êtes un atout non seulement pour la banque mais aussi pour la Tunisie… Vous avez fait de l’UIB une banque séduisante et bien classée… Aujourd’hui l’UIB est au podium des banques avec ses fonds propres… ».

« Depuis 2008 tout progrès de la banque porte l’empreinte d’au moins une collaboratrice. Vous êtes la couronne de l’UIB. J’aime votre efficacité, j’aime votre vivacité, j’aime votre intelligence, votre courage et j’apprécie votre délicatesse ! », a-t-il ajouté.

Parlant chiffres, 55% de l’effectif de l’UIB sont des femmes et 57% des cadres de la banque sont des femmes. Par ailleurs 472 employées sont diplômées de l’enseignement supérieur et 348 sont recrutées depuis 2008.

A noter que la première association de femmes dans le paysage bancaire tunisien, « Féminin by UIB », a été lancée en novembre 2015. Une initiative qui traduit la volonté assumée et la vision partagée avec le management de l’UIB. Son présent s’agrémente d’initiatives, mais aussi d’interactions et de synergies pour accompagner au mieux chacune des 733 collaboratrices dans leur ascension professionnelle.

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 « La cession de certaines parts dans les banques publiques peut avoir un impact positif sur le plan financier du moment que les nouveaux participants vont renflouer le capital desdites banques ». C’est ce qu’a indiqué Mohamed Salah Ayari, conseiller fiscal, enseignant universitaire dans une interview accordée à Africanmanager, soulignant toutefois que l’idée principale consiste à ouvrir le capital à de nouveaux actionnaires dont l’apport financier peut aider à la restructuration de ces banques. Mais l’idéal, selon lui, serait de fusionner les trois banques publiques, à savoir la BNA, la STB et la BH, afin d’avoir une banque très solide et d’une dimension plus importante.

En outre, l’expert en fiscalité a estimé qu’il demeure convaincu que l’existence d’une importante banque publique peut aider énormément à l’exécution de la politique de l’État pour promouvoir l’investissement dans certains secteurs clés et surtout pour aider les PME et les nouveaux promoteurs.
Évoquant le scénario du gouvernement de faire partir volontairement 10 mille emplois de la fonction publique, il a tenu à préciser qu’on parle de la libération de 50.000 employés de la fonction publique dont 10.000 emplois durant l’année 2017. « En réalité, la libération de ces employés est dictée par l’obligation de comprimer le nombre important des fonctionnaires de l’Etat dont le nombre total avoisine les 650.000 fonctionnaires pour une population globale de l’ordre de 11 millions d’habitants, alors qu’au Maroc, par exemple,  le nombre des fonctionnaires est de l’ordre de 370.000 emplois pour une population globale de 30 millions d’habitants », a-t-il expliqué.

Cette situation a engendré, selon lui, une masse salariale s’élevant à 13.700 MD au titre de l’année 2017, ce qui représente 42,54% de l’ensemble des recettes budgétaires qui s’élèvent à 32.200 MD et avoisine les 14% du PIB. « A mon avis, le gouvernement est obligé de suivre cette politique consistant à alléger le poids de la masse salariale dans la fonction, afin d’atténuer son impact sur le Budget de l’Etat d’un côté, et de respecter ses engagements vis-à-vis du FMI, d’un autre côté, surtout que celui a bloqué la 2ème tranche du prêt accordé à la Tunisie qui s’élève à 350 MD  et ce, en attendant l’octroi de la troisième tranche d’égal montant ».

Concernant les  déclarations de certains experts qui ont alerté sur la disparition des compétences des institutions de l’État, Mohamed Salah Ayari a indiqué qu’au contraire, cette mesure va alléger le budget de l’État, tel qu’indiqué ci-dessus. « Mais pour ce qui est du risque qui peut affecter les compétences au sein de la fonction publique, je demeure persuadé que la fonction publique regorge de compétences, surtout que la libération du nombre déclaré peut être bien étudiée pour ne toucher que les employés qui ne jouent pas un rôle prépondérant dans l’Administration », a-t-il dit.

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Les mauvaises nouvelles sur la corruption continuent de nous parvenir sans relâche. Après le dossier des 55 sociétés impliquées dans la falsification de documents et les 3000 millions de dinars partis en fumée, une autre grosse affaire vient d’être révélée. Le président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), Chawki Tabib, a jeté un autre pavé dans la marre ce jeudi 03 mars 2017. Lors de son intervention en marge d’une rencontre organisés au siège du Centre de l’Islam et de la Démocratie, Tabib a pointé du doigt les corrompus.
« Des cadres de la douane reçoivent mensuellement des salaires » de la part de dizaines de commerçants ou de personnes impliquées dans la contrebande. Cela se passe dans des rendez-vous bien calés, dans des cafétérias ; ces responsables de la douane reçoivent des sommes d’argent dépassant parfois les 3 mille dinars. La mission est simple : il faut juste étouffer une affaire de corruption, éviter une amende ou un procès aux businessmen indélicats. Idem pour les chefs de poste de la Garde routière et sécuritaire, qui eux aussi reçoivent mensuellement des pots-de-vin de la part des chauffeurs de taxis collectifs.
En outre, le responsable a déclaré que la corruption se propage toujours en Tunisie à cause principalement de l’absence de sanctions. Selon lui, ce qu’on appelle « la petite corruption » coûte à l’État entre 400 et 500 Millions de dinars (MD). Le pire c’est cette « petite corruption, légitime », selon ses déclarations, qui engendre le risque de faire entrer le pays dans un cercle infernal qui aura cerainement plusieurs effets néfastes. Le président de l’INLUCC a déjà mis en garde contre la chute de l’État tunisien à cause de la corruption. « On n’a ni du pétrole ni du gaz et nos ressources sont principalement basées sur les services, l’agriculture et le tourisme, des secteurs lesquels s’ils sont touchés par le virus de la corruption, vont disparaître », a-t-il expliqué.

« Non pour des instances de contrôle sous la tutelle… »

Sur un autre volet, Chawki Tabib a fait part de son espoir de voir les instances de contrôle et de supervision se débarrasser de la tutelle, accusant certains responsables de manipulation : « Certains ministres ont gardé le silence sur des dossiers de corruption et ont caché certains rapports dans les tiroirs. Éviter le chaos et le désordre et préserver la paix sociale était leur fameux slogan », a-t-il précisé.

C’est ainsi que le responsable a appelé à valoriser le travail de ces instances dont la majorité n’a pas les moyens, ni techniques, ni logistiques ou encore en ressources humaines, pour accomplir les missions qui lui ont été confiées. Selon ses déclarations, ces instances sont au nombre de 450 et sont en train de contrôler le 1/3 du budget de l’État et des dizaines de milliers des opérations et des infractions qui viennent de part et d’autre.

« Chacun veut prendre sa part… »

Il a par ailleurs estimé que la Tunisie a perdu 4 points de croissance à cause de la corruption, accusant ainsi certains Tunisiens de faire la sourde oreille devant la propagation de ce fléau qui ne cesse de frapper fort en Tunisie. « Chacun veut prendre sa part… », a-t-il dit.
Chawki Tabib a dans le même ordre d’idées indiqué que le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sortent sur le marché international pour avoir un crédit de 500 MD avec des taux d’intérêt très élevés alors qu’on a perdu la même somme dans la contrebande des médicaments, sans compter les 800 MD perdus à cause de la contrebande des produits subventionnés. « Des camions chargés de produits tunisiens subventionnés entrent quotidiennement en Libye et passent par la suite au Niger et au Mali sans que personne ne réagisse. 1700 MD d’impayés à la douane. Sur les 100 infractions douanières seules une fera l’objet d’un procès, sans compter la suppression des amendes et des infractions dans les recettes fiscales et les tribunaux », a assuré Tabib, ajoutant que la corruption a également qempêche l’État tunisien de récupérer 3000 MDT d’impayés provenant des procès.

« Un budget annuel de 100 MDT »

Évoquant les solutions, le président de l’INLUCC a fait part de son optimisme de voir les choses s’améliorer au cours de la prochaine période, et ce grâce à l’effort des médias, de la société civile mais aussi du gouvernement, rappelant le projet de loi sur la dénonciation de la corruption et la protection des dénonciateurs, le projet de loi sur la lutte contre l’enrichissement illicite, la loi relative à la déclaration de patrimoine ainsi que celle relative au droit d’accès à l’information.

Il a par ailleurs qualifié le projet de loi sur la dénonciation de la corruption et la protection des dénonciateurs de très mauvais : « Il y a des lobbies qui ne veulent pas que les gens qui dénoncent la corruption soient protégés mais au contraire sanctionnés », a-t-il expliqué, appelant ainsi à valoriser le travail du gouvernement en matière de lutte contre la corruption, tout en l’incitant à faire encore plus.

La meilleure solution, selon ses dires, est que le gouvernement consacre annuellement un budget de 100 MDT pour lutter contre la corruption, un budget qui devrait être équitablement redistribué aux différentes instances qui se chargent de l’affaire. « Le responsable qui n’a pas le courage éthique et politique et qui n’est pas capable d’exécuter les décisions attendues doit laisser sa place… », a-t-il conclu.

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C’est dans une ambiance conviviale et chaleureuse que la Banque d’affaires de Tunisie (BAT) a fêté, le mardi 28 février 2017, à son siège, son 20ème anniversaire. Un événement auquel ont assisté bon nombre de politiciens, de syndicalistes et des représentants des institutions financières, à l’instar de la présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui, du secrétaire général de l’UGTT, Nourredine Taboubi et du ministre du Développement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi.

Lors de cette rencontre, Habib Karaouli, PDG de la Banque, a annoncé que son institution vient de changer d’identité visuelle et de nom. Désormais elle se nomme « Capital African Partners Bank (CAP Bank).

Dans une déclaration à Africanmanager, Karaouli a confié ceci :  » Après 20 ans d’existence et après avoir consolidé notre position à l’échelle domestique et réalisé plusieurs succès sur un certain nombre d’opérations multi-sectorielles et après une analyse macro-économique, nous avons pensé qu’il est temps de nous repositionner à l’échelle nationale et internationale »…

Habib Karaouli a, dans le même cadre, indiqué qu’après des analyses confirmées par plusieurs experts en la matière, il est clair que le 21ème siècle sera le siècle où le relais de croissance sera en Asie et en Afrique.

« Nous avons aussi pensé qu’on devrait se repositionner dans notre marché naturel qui est l’Afrique avec les atouts dont nous disposons, les expériences cumulées, avec nos histoires de réussite mais aussi avec nos échecs pour pouvoir établir des partenariats gagnant-gagnant et avec un transfert de technologie et de croissance », a expliqué Karaouli, soulignant que l’objectif est d’instaurer un partenariat organique et pas d’une manière ponctuelle.

Après avoir félicité le PDG de ladite banque pour son 20ème anniversaire et les efforts consentis en matière d’accompagnement des investisseurs, la présidente de l’UTICA a fait part de son espoir d’arriver au cours de cette semaine à une solution au sujet des négociations sociales, indiquant que sa rencontre avec le secrétaire général de l’UGTT a été très positif.

Au sujet de la proposition de cession des parts de l’État dans certaines banques publiques et à participation non stratégique, la présidente de l’UTICA a rappelé des « success stories » de la privatisation.

En outre, elle a assuré que le patronat avait accepté l’augmentation de la taxe exceptionnelle de de 7,5% pour offrir un climat social favorable non seulement pour les entreprises tunisiennes mais aussi étrangères, notamment les nouveaux investisseurs et donner par conséquent de la valeur au travail.

« On sera, moi et Nourredine Taboubi, les nouveaux ambassadeurs de la Tunisie. Notre bataille est la lutte contre le terrorisme, la pauvreté et les déséquilibres régionaux, mais aussi encourager les jeunes entrepreneurs à investir et prendre le risque », a-t-elle dit.

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La décision du Fonds Monétaire International (FMI) de geler une partie du crédit réservé à la Tunisie a poussé le gouvernement à étudier la possibilité de vendre des parts dans certaines banques publiques ou à participation non stratégique, au cours de l’année 2017. Une proposition qui a été à l’origine d’une grosse polémique dans le pays. Certains experts en la matière ont considéré que la privatisation de ces banques est une ligne rouge alors que d’autres se réjouissent de cette orientation, estimant qu’une telle décision serait bénéfique pour l’État, notamment dans le renflouage des caisses et la réduction, entre autres, du déficit des finances publiques. Nous apprenons toutefois d’une source proche du dossier que le gouvernement de Chahed s’apprête à lancer officiellement la décision de privatiser prioritairement les banques à participation non stratégique, mais attend le moment opportun pour l’annonce. Il semble que le dernier remaniement ministériel ait bouleversé les choses, surtout avec le changement du ministre de la Fonction publique. Une décision n’a pas plu à la partie syndicale, qui a accusé Chahed de ne pas respecter l’esprit du pacte de Carthage, alors imaginez la réaction de l’UGTT avec une annonce officielle de privatisation!

Le député du Front populaire (FP) et président de la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) Mongi Rahoui a affirmé, dans une déclaration,ce lundi 27 février 2017 à Africanmanager, que l’affaire de la privatisation des banques publiques ne date pas d’aujourd’hui, mais a été de nouveau mise sur la table à cause de l’énorme pression que subit Youssef Chahed de la part du FMI.

Il a par ailleurs indiqué que l’ARP s’opposera à cette orientation, avant de souligner que la privatisation des banques publiques est une ligne rouge. Dans une déclaration faite aux médias, il a en outre indiqué que le gouvernement n’a fourni aucun effort pour atteindre ses objectifs : « Qu’attendez-vous d’un gouvernement qui sert les intérêts des lobbies ? », s’est-il interrogé, avant de lancer qu’il est persuadé que l’État pourra céder des parts dans les banques publiques.

Et Rahoui de rajouter que les banques publiques appartiennent au peuple tunisien et que la décision de privatiser ces banques revient exclusivement à l’ARP.

De son côté, l’expert en économie et ancien ministre des Finances Houcine Dimassi a, dans une déclaration à Africanmanager, indiqué que la privatisation des banques publiques n’est pas la bonne décision et que cela aura certainement des effets négatifs. Et de préciser que les banques publiques appliquent les politiques et les stratégies financières et économiques que l’État a élaborées pour un certain nombre de secteurs dont le tourisme et l’agriculture, et que si elles sont privatisées, on ne peut plus parler de plan d’action.

Pour dépasser la crise financière des banques publiques, Dimassi a appelé à revoir la relation entre l’État et ces institutions financières à travers la signature d’un accord définissant les prérogatives de chaque partie. Les rapports actuels entre l’État et les institutions financières sont à caractère administratif, ce qui a aggravé, selon ses déclarations, la crise des banques publiques.

Il a fait savoir, en outre, que le FMI ne va pas encore accorder de crédit à la Tunisie parce qu’elle n’a pas tenu ses promesses et ses engagements en termes de réformes, rappelant l’augmentation récente des salaires dans le secteur public, une décision contraire à ce qui a été convenu entre le gouvernement tunisien et le FMI, qui a exigé la réforme de l’administration tunisienne, de la fonction publique et de la fiscalité. « La décision du gel des crédits aura certainement un impact négatif sur les autres bailleurs de fonds, telles que la Banque Mondiale ou encore la Banque africaine de développement (BAD) », a assuré Dimassi.

Quant à lui, l’ancien ministre du Commerce Mohsen Hassan a indiqué, dans un statut posté sur sa page Facebook, que la privatisation (totale ou partielle) des trois banques publiques, STB, BNA et BH, qui accaparent 40% des actifs bancaires en Tunisie, est un dossier épineux à gérer par le gouvernement de Youssef Chahed. « Beaucoup d’arguments plaident en faveur de ce désengagement de l’État de ce secteur vital pour l’économie tunisienne. Gain immédiat pour le gouvernement qui va trouver des ressources indispensables pour réduire le déficit des finances publiques », a-t-il expliqué.

De plus, un business model a été mis en place afin « d’améliorer leur compétitivité, de renforcer leur notoriété et de faciliter l’accès à de futurs partenaires stratégiques ou techniques privés »
La privatisation pourrait, ainsi, selon ses déclarations, encourager les partenaires de la Tunisie et être un facteur de dynamisation de la croissance. « Cela dit, la partie n’est pas gagnée. les partenaires sociaux et les employés de ces institutions, estimés à 6000, ont besoin d’être sensibilisés et impliqués dans cette grande reforme », a-t-il dit.

Et Mohsen Hassan d’ajouter que la situation économique et sociale dans le pays et le manque de visibilité de la classe politique risquent de constituer des handicaps qui empêcheraient l’opération d’aboutir dans des délais rapides.

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En dépit des messages alarmants des économistes et des institutions financières internationales, à l’instar du FMI, sur la dégradation des indicateurs économiques du pays, les députés de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) font toujours la sourde oreille, comme si de rien n’était. Ils font semblant d’être là pour servir les intérêts du peuple, mais en réalité ils ne perdent jamais de vue leurs propres préoccupations. Ils courent toujours derrière les avantages matériels, de tous ordres, gracieusement offerts pas des caisses publiques vides et des contribuables essorés par les ponctions fiscales. Un plan de travail récemment approuvé par le bureau de l’ARP ouvrira la porte à différentes interprétations, mais celle qui va les supplanter toutes c’est que les représentants du peuple veulent avant tout se servir, au détriment de l’intérêt supérieur du pays. Le document démontre, si besoin en est, que nos très « chers » députés sont en train de traquer toutes les voies et moyens pour s’offrir un train de vie confortable dont le citoyen lambda a fait le deuil depuis la dite Révolution. Dans un pays qui peine à sortir d’une crise économique aiguë sévissant depuis plusieurs années, l’affaire fait tâche et doit forcément indigner des citoyens qui tirent le diable par la queue…

Le bureau de l’ARP a récemment approuvé la feuille de route proposée par le vice-président du Parlement chargé des affaires des députés, Ghazi Chaouachi. Il s’agit d’un dispositif qui donnera droit aux députés à de nouveaux avantages. Il contient 20 mesures qui devraient être mises en place prochainement. C’est ce qui a été indiqué dans un article de presse paru ce jeudi 23 février 2017 dans le journal arabophone « Achourouk« .

Ladite feuille de route stipule la création d’une académie parlementaire dans l’objectif d’assurer des sessions de formation aux députés et aux conseillers ; une autre mesure permettra aux députés de se soigner à l’hôpital militaire, et ce à travers une convention avec le ministère de la Défense nationale…

Il a été également recommandé de coordonner avec les services du ministère des Affaires étrangères afin de permettre aux conjoints et aux enfants des députés de bénéficier d’un passeport diplomatique, comme c’est déjà le cas pour les ministres. Le document comporte aussi la signature d’une convention avec la compagnie aérienne Tunisair qui permettra aux députés, notamment ceux à l’étranger, des réductions et des facilitations sur les billets d’avion. A cela s’ajoutent des conventions avec des banques, des sociétés de leasing, de télécommunications, des agences de voyages, des établissements hôteliers, etc). Avec ce texte, les députés pourront bénéficier de réductions et de facilitations de paiement.

Un système informatique dédié aux missions des élus à l’étranger a été aussi inscrit dans cette note, et ce dans l’objectif de garantir une meilleure réactivité, faciliter les procédures administratives et réduire les délais d’attente dans l’accomplissement des tâches qui lui sont attribuées. Une correspondance devrait être aussi envoyée au chef du gouvernement, à tous les services et institutions de l’État, centrales ou régionales, pour faciliter le travail des députés et leur bon accueil dans toutes les administrations.

Une autre correspondance devrait être envoyée aux services relevant du ministère des Affaires sociales pour conclure une convention, et ce dans l’objectif de faire bénéficier aux députéx d’un identifiant à la CNAM afin que le médecin de l’Assemblée puisse signer une convention de remboursement des frais médicaux au profit des élus, en plus de la possibilité de création d’une mutuelle.

Il convient de rappeler à ce propos qu’un accord a été déjà trouvé avec le ministère de la Défense nationale afin de permettre aux députés de se soigner à l’hôpital militaire. Un accord final devrait être signé dans les prochains jours. Il est signaler aussi qu’une salle de sport serait ouverte dans l’annexe de l’ARP, et ce pour permettre aux députés de se sculpter un corps de rêve et de se détendre, notamment après la fin des séances houleuses, où même le spectacle des insultes et des coups de poing ne nous a pas été épargné…

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Bien que le dernier rapport mondial « Transparency International » sur la perception de la corruption classe la Tunisie dans la rubrique «The Good» ou «les bons» dans toute la région du Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, une amélioration par rapport à l’année 2015, la corruption n’a cessé de prendre de l’ampleur et de frapper fort en Tunisie. Cela au point que plusieurs experts en la matière ont accusé le chef du gouvernement, Youssef Chahed, de ne pas prendre une position ferme et résolue face à ce fléau et de ne pas tenir les promesses qu’il a faites lors de sa prise de fonction à la primature en matière de lutte contre la corruption.

La corruption n’a cessé de se propager dans notre pays et de gangrener notre économie, qui peine à sortir de la crise dans laquelle elle se débat depuis plus de six ans. Il semble en effet qu’aucun secteur n’a échappé à la corruption. Santé, éducation, douane, sécurité et la police municipale sont les secteurs où la corruption sévit le plus. C’est ce qu’on a pu conclure des baromètres politiques, des rapports et des déclarations de certains responsables de l’État bien informés sur le sujet.

La falsification des documents pour ne pas payer les impôts et les taxes fait légion. Dans une interview accordée à Assabahnews et parue dans son édition de ce mercredi 22 février, le président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption, Chawki Tabib a indiqué que les pertes dues à la manipulation des documents relatifs aux permis d’exportation sont estimées à 3000 millions de dinars. Il a expliqué à ce propos que plusieurs entreprises de commerce international s’installent en Tunisie, se font passer pour des sociétés exportatrices et obtiennent les autorisations juridiques nécessaires pour acheter les produits de consommation (eau, jus, boisson gazeuses, thon…) sans payer les impôts puisqu’ils sont destinés à l’exportation. Il s’est avéré par la suite que ces sociétés ne vendent leurs produits que sur le marché local et elles ont manipulé les documents y afférents pour échapper à l’impôt.

Tabib a, dans ce cadre, indiqué que l’instance a au début cru que ce phénomène n’a touché que le gouvernorat de La Manouba, mais in fine plusieurs autres gouvernorats sont concernés. Selon ses déclarations, l’instance a recensé 55 sociétés impliquées dans la manipulation des documents, expliquant toutefois que cela ne serait possible qu’avec la complicité des employés de la direction générale de la collecte et le contrôle de l’impôt, de la Douane et des Banques.

Et Chawki Tabib de rajouter, dans le même cadre, que l’instance a reçu des informations en provenance de Libye sur l’existence d’expéditions de marchandises qui entrent dans le pays, mais à la fin il s’est avéré que les conteneurs sont entrés vides, une affaire qui a nécessité, selon lui, l’intervention du ministère public et la commission des analyses financières relevant de la Banque centrale de Tunisie (BCT) pour traquer les personnes impliquées.

Le président de l’Instance de lutte contre la corruption a en outre indiqué que plusieurs autres affaires font aujourd’hui l’objet de recherches douanières, et cela va, selon lui, faire du bruit et faire tomber, d’ici quelques semaines, de grosses têtes.

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Le sort des banques publiques, les difficultés auxquelles elles font face et le dernier rapport de Fitch Rating ont été les principales questions soulevés dans l’interview accordée à Africanmanager par l’expert en économie et président de l’Observatoire « Tunisia Progress », Mohamed Jarraya.

Quelle est l’importance du rapport de Fitch, quel impact sur la Tunisie ?

Cette notation est importante pour la Tunisie, car d’une part c’est la troisième agence mondiale (après Standard and Poor’s et Moody’s), et d’autre part cette dégradation tombe tout juste avant l’échéance d’avril pour laquelle le gouvernement s’apprête à sortir sur le marché international des capitaux pour lever les fonds nécessaires au budget. Et même si on peut trouver des bailleurs, on risque de payer un peu plus cher nos crédits, soit à un taux d’intérêt plus élevé que l’habituel.

Quel avenir pour les banques publiques en Tunisie?

A l’aube de l’indépendance, alors que l’initiative privée était « nourrissante », il était du devoir du jeune État tunisien de jouer son rôle d’Etat-providence. C’est ainsi qu’un tissu d’entreprises publiques a vu le jour dans les secteurs stratégiques et de première utilité économique pour le citoyen, entre autres les banques qui ont bien joué leur rôle social.

Aujourd’hui le secteur des banques est de plus en plus concurrentiel et l’État n’a plus de place dans le capital des banques. Ainsi, la banque publique n’a plus d’avenir et c’est au privé de prendre la relève. Pour le contrôle et la régulation, l’État dispose des lois et des organes : BCT, CMF, Cours spécialisées, etc. Ainsi, l’intérêt national sera bien protégé.

Où résident, selon vous, les difficultés de ces banques?  

Les grands handicaps de ces banques publiques sont notamment les créances irrécouvrables, la masse salariale et par conséquent l’accumulation des déficits. Les raisons profondes sont bien connues. Il n’est plus judicieux d’utiliser les fonds du contribuable pour essuyer les abus des barons profiteurs. La recapitalisation ne pourra plus sauver ces banques.

Quel est le meilleur plan de sauvetage, selon vous?

A mon avis, le meilleur plan de sauvetage (restructuration) de ces banques doit prévoir l’allègement des charges, le développement de la productivité (efficience) et la transmission au privé.

Et quels sont les avantages de cette privatisation?

De façon générale la privatisation comporte deux avantages évidents pour le gouvernement : faire entrer des fonds (aident à réduire le déficit budgétaire) et se débarrasser de la gestion des services concurrentiels.

Dans la mesure où la privatisation ne crée pas de monopole susceptible de nuire à un développement économique et social harmonieux, qu’elle favorise la concurrence et le meilleur fonctionnement des marchés, elle peut avoir des effets positifs.

Ainsi, nous avons besoin de développer la privatisation sous les conditions suivantes, à assurer par l’Etat : Instaurer et garantir une bonne transparence dans l’étude des dossiers et la transmission, progressive, des entreprises aux privés, imposer et garantir de bonnes règles de concurrence et de compétitivité évitant tout monopole et réserver à l’Etat le pouvoir de re-nationaliser l’entreprise ou le secteur à tout moment, en cas de dérapage.

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Début d’année morose pour les investissements déclarés dans le secteur de l’industrie. Les chiffres rendus publics récemment par l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII) le confirment. Ces données montrent clairement le recul de l’investissement déclaré par rapport à l’année écoulée. Un recul qui s’explique, en grande partie, par la dégradation du climat des affaires en Tunisie, la situation économique précaire, l’échec des différents gouvernements qui se sont succédé après la Révolution à regagner la confiance des investisseurs et le retard accusé dans l’adoption du nouveau code d’investissement. Durant le mois de janvier 2017, l’investissement déclaré dans le secteur industriel a atteint le montant de 203.9 MD, contre 223 MD lors du mois de janvier 2016, enregistrant ainsi une baisse de 8.6%.  C’est ce qu’on a pu lire dans le bulletin mensuel de l’APII.

En effet, le nombre des projets déclarés a atteint 298 au cours du mois de janvier 2017 contre 291 en janvier 2016, soit une hausse de 2.4%. Ces projets permettront la création de 4071 postes d’emplois, contre 3812 au mois de janvier 2016, soit une augmentation de 6.8%. Le secteur des industries chimiques a affiché un taux d’accroissement positif de 31.7% et les investissements déclarés pour le secteur des industries diverses ont connu une augmentation de 29.8%. Il en est de même pour le secteur des industries du cuir et de la chaussure, dont les investissements déclarés ont évolué de 180%.

En contrepartie, le reste des secteurs a enregistré des résultats négatifs durant le mois de janvier 2017, à savoir les industries agroalimentaires, mécaniques et électriques, les matériaux de construction, la céramique et le verre, le textile et l’habillement. Les investissements déclarés dans les industries totalement exportatrices ont par ailleurs enregistré une baisse de 40.1% passant de 67.8 MD à 40.6 MD durant le mois de janvier 2017. Les industries dont la production est orientée vers le marché local ont enregistré une hausse de 5.2% passant de 155.2 MD à 163.3 MD en janvier 2017.

Les investissements relatifs aux projets dont le coût est supérieur à 5 MD ont enregistré une baisse de 9.6%, passant de 99.1 MD au cours du mois de janvier 2016 à  89.6 MD en janvier 2017. Ces projets permettront la création de 350 postes d’emplois, contre 425 au mois de janvier 2016,
soit une régression de 17.6%. Il est à signaler que les projets de 5 MD et plus qui ne représentent que 3.0% du nombre des projets déclarés et 8.6% du nombre des emplois totalisent 43.9% de l’ensemble des investissements déclarés.

S’agissant des régions, il ressort que le mois de janvier 2017 a été caractérisé par une baisse au niveau de l’investissement déclaré dans les zones de développement régional de 24.2% avec 77.8 MD contre 102.6 MD en janvier 2016. La part de ces zones dans l’ensemble des gouvernorats est passée de 46.0% à 38.1% durant le mois de janvier 2017. La baisse ainsi enregistrée au niveau des investissements déclarés dans les zones de développement régional est imputable essentiellement au gouvernorat de Zaghouan, Kairouan, Jendouba et Gabes. Le nombre des projets bénéficiaires de la prime d’investissement au titre du développement régional est passé de 16 (pour un investissement total de 19.6 MD) à 12 (pour un investissement total de 11.0 MD) durant au mois de janvier 2017. Ces projets devraient permettre la création de 266 postes d’emplois, contre 337 postes d’emplois durant le mois de janvier 2016. La prime d’investissement accordée a atteint 2.2 MD contre 3.7 MD en janvier 2016, soit une baisse de 41.9%.

En revanche, le nombre des projets bénéficiaires de la participation de l’Etat et des primes d’investissement au titre des nouveaux promoteurs et des PME est passé de 1 (pour un investissement de 0.3 MD) à 3 (pour un investissement total de 9.9 MD) durant le mois de janvier 2017. Ces projets vont permettre la création de 156 postes d’emplois, contre 5 postes d’emplois durant le mois de janvier 2016. La participation de l’Etat et les primes d’investissement accordées ont atteint 1.9 MD contre 0.1 MD au mois de janvier 2016.

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La nouvelle loi portant sur la révision des avantages fiscaux qui vient réformer et compléter le dispositif incitatif régi par le nouveau code d’investissement a été sous la loupe de l’observatoire tunisien de l’économie. Dans une note récente, il a été indiqué que le nouveau projet portant révision des avantages fiscaux reconduit globalement une politique incitative fort généreuse impliquant des pertes de recettes considérables pour l’Etat. « Malgré le constat d’échec établi par le gouvernement concernant la politique incitative en place, le projet s’inscrit davantage dans la continuité de celle-ci. Le ciblage, la simplification et la réduction des avantages fiscaux sont peu significatifs. La politique  incitative  proposée s’appuie sur la logique suivant laquelle plus elle est généreuse, plus les investisseurs investiront. Le bénéfice de ce « manque à gagner » pour l’Etat est plus qu’incertain au regard du rôle secondaire des incitations fiscales dans l’attractivité des investissements, de l’absence de préalables plus déterminants à l’image de la qualification de la main d’œuvre et la qualité des infrastructures, et compte tenu également du contexte régional et mondial de concurrence fiscale ». C’est ce qu’on peut lire dans cette note.

Cette équation, selon l’observatoire tunisien de l’économie, est en réalité plus complexe et l’adoption d’une politique fiscale généreuse se traduit non seulement par des dépenses fiscales importantes mais opère également une redistribution de la pression fiscale préjudiciable à l’équité et à la justice fiscale.

C’est ainsi qu’il a été recommandé dans cette note, sur le plan méthodologique, de réformer la loi sur les incitations fiscales qui devrait se faire dans le cadre de la réforme fiscale. En effet, la discussion du projet de loi portant révision des avantages fiscaux anticipe la réforme de l’une des composantes du système  fiscal.  Le  sort  de  la  réforme  fiscale  en  question reste  inconnu.  « L’adoption  anticipée  d’une  loi  régissant les  avantages  fiscaux  condamnera  la  réforme  fiscale  soit à  l’amendement  de  ces  derniers,  peu  de  temps  après  leur adoption et enverra par conséquent un message d’instabilité et de manque de crédibilité de la législation fiscale ou alors elle liera les mains du législateur aux choix adoptés dans le cadre de ce projet. Il aurait été nécessaire d’accélérer le processus de la réforme fiscale et de discuter les avantages fiscaux dans ce cadre qui aurait fourni l’occasion d’enclencher les réformes portant refonte des paramètres de la compétitivité fiscale ».

Toujours sur le plan méthodologique, il a été aussi appelé à l’adoption du plan de développement quinquennal et la fixation d’objectifs et obligations de résultats précis qui doit précéder l’adoption de la loi portant révision des avantages fiscaux.

Sur les dispositions de la nouvelle loi, l’observatoire de l’économie a recommandé d’instaurer un mécanisme de renouvellement conditionné des avantages fiscaux lié à la réalisation d’objectifs préalablement fixés par l’Etat en termes de postes d’emplois crées, transfert de technologie, réserve-devise. La non-satisfaction des objectifs impliquera le non renouvellement des avantages fiscaux à ses bénéficiaires.

Bien encore, dans le cas de sa condamnation par un jugement définitif tenant à des actes de fraude fiscale, il est nécessaire de prévoir dans  le  cadre  de  cette  loi,  non  seulement  la  privation  des avantages  fiscaux  mais  également  leur  remboursement intégral, à côté des sanctions prévues dans le droit commun.

L’observatoire a aussi appelé à supprimer  le  recours  aux  décrets  et  revenir  à  un  droit incitatif législatif dans le but de simplifier et de stabiliser la norme fiscale incitative, évaluer les avantages fiscaux sur le plan de la relation coût/bénéfice dans le cadre d’un rapport annuel et public afin d’ajuster et rationaliser les incitations fiscales  et initier  une  véritable  rationalisation  visant  la  suppression et  la  réduction  de  la  portée  excessivement  généreuse  des incitations fiscales.

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« L’examen des résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat, à fin novembre 2016,  fait apparaître une détérioration du déficit budgétaire (4.058  MDT contre 1.865 MDT au cours de la même période de l’année 2015), suscitée par l’accélération des dépenses hors principal de la dette à un rythme plus élevé que celui des recettes propres », c’est ce qu’a été révélé dans une note de conjoncture qui vient d’être publiée par la Banque centrale de Tunisie (BCT). En effet, les dépenses de fonctionnement se sont accrues de 9,7%  durant cette période (contre -0,1% une année auparavant), portant la marque de l’accélération  des dépenses de rémunération (+16,8% contre +12,7%).

Quant aux dépenses de subvention, elles se sont établies à un niveau nettement inférieur à celui de 2015. Par ailleurs, on notera une nette reprise des dépenses en   capital qui est due, principalement, à l’accélération de l’exécution des projets d’investissement qui a atteint presque 82% du montant programmé dans la LF2016.

S’agissant des ressources propres de l’Etat, elles se sont accrues durant les onze premiers mois de 2016  (+5,3%  contre  +1,1%)  tout  en  demeurant en deçà du taux de progression prévu dans la loi des  finances  2016  (LF2016),  soit  12,4%  pour l’ensemble de l’année. Leur évolution est due à une hausse considérable et exceptionnelle des recettes non fiscales (cession de la licence 4G et dinarisation de la dernière tranche des recettes de privatisation de 35%  du  capital  de  Tunisie Télécom). En revanche, les recettes fiscales n’ont progressé que très modérément (0,5% comparé au taux de 11,4% prévu  dans  le  cadre de la LF2016). Traduisant une conjoncture économique morose, les recettes au titre d’impôts directs se sont inscrites, au cours des onze premiers  mois  de 2016, en baisse de 3,7% par rapport à la même période de l’année précédente, reflétant une évolution contrastée de leurs composantes. En  effet,  la  hausse de 19,6% des impôts sur le revenu a été plus que neutralisée par l’effet de la baisse des impôts sur les  sociétés  (-43,1%), laquelle baisse  a  touché aussi bien les compagnies pétrolières que les sociétés non-pétrolières. Cependant, les recettes d’impôts indirects ont enregistré une hausse de 3,6  %, grâce à la progression des droits de consommation (+23,4%) qui a compensé la baisse des droits de douane (- 24,8%) et la faible performance de la TVA (+0,7%).

Toujours selon le même rapport, le financement du déficit durant les  onze premiers mois de 2016  a été,  principalement, assuré grâce à un recours  intensif au financement intérieur pour combler le gap dû à la non mobilisation de certaines ressources extérieures prévues dans le cadre de la LF 2016.

Par ailleurs, l’évolution  des  paiements  extérieurs en 2016 s’est fortement ressentie de la poursuite de la morosité de la conjoncture économique, de la persistance  d’un climat social tendu et des incertitudes  entourant  le rétablissement de la stabilité sécuritaire.  Ainsi, les pressions sur le solde des opérations courantes se sont poursuivies en  2016 avec un déficit  légèrement supérieur à celui de l’année  précédente, soit 8,9% du PIB contre 8,8% en 2015. Cette contre performance porte la marque du creusement, en niveau, du solde commercial qui, en dépit de la reprise de la demande en provenance de la Zone Euro, demeure fortement fragilisé par la persistance du déficit énergétique (qui  semble désormais revêtir un caractère « structurel  »)  et par la  hausse  des  importations de biens de consommation face à des exportations très vulnérables.

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L’affaire, depuis son annonce, n’a cessé de faire l’objet d’une grande polémique. À peine quelques jours  après son lancement officiel, le premier projet immobilier récemment lancé par le chef du gouvernement, Youssef Chahed a causé une totale déception. Le « premier logement » n’a pas plu à ceux qui voulaient acquérir un logement et échapper à la hausse vertigineuse des prix des loyers. Pour la plupart, le projet n’est pas de nature à profiter à la classe moyenne puisque le prix unitaire des logements dépasse sa capacité de remboursement. Il profitera plutôt aux banquiers et aux promoteurs immobiliers. Face à une telle situation, les promoteurs immobiliers se heurteront à des difficultés de commercialisation des logements construits. Du coup, ils ne pourront pas rembourser leurs dettes aux banques. C’est à partir de ce constat que l’idée de ce programme immobilier avait émergé. Le chef du gouvernement n’a fait qu’approuver l’idée pour en faire un projet.

Pour les Tunisiens c’est le projet des promoteurs immobiliers qui attendent avec grande impatience de trouver des clients à leur projet en vue de payer leurs dettes auprès des banques. On a eu déjà la confirmation de l’un des promoteurs immobilier et expert en la matière. Dans une interview récente à Africanmanager, Faouzi Ayadi a tenu à préciser qu’historiquement, cette initiative du « premier logement » est venue des promoteurs immobiliers, expliquant toutefois que « cela ne veut pas forcément dire qu’elle est contre le client. « Cette action est certes destinée  pour le promoteur autant que pour le client. Moi personnellement,  je ne vois pas de contradiction même si je savais que cette initiative provient de la chambre syndicale des promoteurs, mais ce n’est pas un problème. Il faut comprendre aussi que le promoteur immobilier construit  pour le client,  et sans lui,  il ne peut rien faire, et même les clients s’il n y a pas de promoteurs,  il ne trouve pas  où acheter », avait-il assuré.

Tenus à l’écart, les Tunisiens ont dénoncé la hausse des prix des logements proposés à la vente, la complexité des procédures, la longueur des délais d’attente et la non adéquation entre l’offre et la demande. D’autres ont critiqué le fait de se limiter à une liste bien déterminée de promoteurs immobiliers. S’y ajoute l’impact de ce programme sur le budget de la classe moyenne qui  se trouve aujourd’hui dans l’incapacité de répondre à ses principaux besoins financiers et remplir son couffin de tous les jours. Alourdir la classe moyenne et forcer le citoyen à rembourser deux crédits à des taux d’intérêt élevés voire le double du montant du crédit a été fortement critiqué par les Tunisiens qui ont exigé un seul crédit assuré à 100% par les banques. L’expert en risques financiers Mourad Hattab, a dans ce sens affirmé, dans une déclaration à la Tap, que la couverture de l’autofinancement (20% du montant du logement) sous forme de crédit, est en contradiction avec les normes internationales. Pour lui, ce modèle de financement ” est erroné “.
Et d’ajouter  que les risques financiers ne peuvent être supportés uniquement par les banques mais une partie même minime doit être prise en charge par le demandeur de crédit, a-t-il indiqué. C’est pour cette raison que l’autofinancement ne doit pas être assuré à travers un crédit, a-t-il encore expliqué.

S’agissant des objectifs recherchés à travers ce programme, il a souligné que le citoyen ” est la dernière personne à laquelle on a pensé en mettant en place ce programme “. Consacrer 200 millions de dinars seulement pour le secteur immobilier, sur un total de 30 mille milliards (budget de l’Etat), est une preuve que le logement ne constitue pas une priorité pour le gouvernement, d’autant moins que le programme ne peut cibler que 9000 familles, alors que 20% des Tunisiens n’ont pas les moyens d’acquérir un bien immobilier, 50% n’ont aucune chance d’en avoir un et 37% possèdent déjà leurs propres logements.

Ce programme, a ajouté Hattab à la même source, servira les intérêts des promoteurs immobiliers, d’autant plus qu’un nombre important d’entre eux fait face à l’accumulation des dettes qui pourront être remboursées grâce à ce projet.
Au sujet de la catégorie ciblée, il a rappelé que ce programme est destiné aux familles aux revenus moyens oscillant entre 4,5 et 10 fois le SMIG (entre 1600 et 40 mille dinars), tandis que le revenu moyen de la majorité des familles tunisiennes est de 1100 dinars.

Ce programme vise donc essentiellement la classe moyenne supérieure et non la classe moyenne, et n’a pas  de vocation sociale; le gouvernement ne dispose pas d’une approche du secteur de l’habitat, vu que le niveau de la mensualité à payer est élevé, assure Hattab.

Pour rappel, le programme du premier logement dont le coup d’envoi a été donné le 3 février dernier concernera tous les gouvernorats de la République et devra profiter à quelque 200 mille familles tunisiennes et permettra aux familles issues de la classe moyenne qui désirent acquérir un premier bien immobilier d’obtenir en guise d’un autofinancement qui peut aller jusqu’à 20% de la valeur totale du bien. Environ 1012 logements répartis sur 15 régions, sont mis à la disposition du programme à des prix oscillant entre 110 mille dinars et 200 mille dinars. Ces logements sont cédés aux bénéficiaires après la signature d’un document de réservation (entre le promoteur immobilier et le client), dans un délai ne dépassant pas 45 jours.

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Achraf Ayadi, expert financier résident en France a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points. il a parlé de la situation économique actuelle du pays, l’économie informelle, la dette extérieure, le chômage, la détérioration du pouvoir d’achat et de plusieurs autres questions . Il a aussi évoqué le problè du déficit budgétaire qui ne cesse de plomber l’activité économique mais aussi la baisse de la notation de la Tunisie par Fitch Ratings et le dernier rapport du Fonds Monétaire International (FMI) sur la Tunisie. Interview:

Comment vous  voyez la situation économique actuelle du pays?

Compliquée. La dégradation du pouvoir d’achat, l’explosion de l’économie informelle, l’incapacité de l’administration à assurer un service de qualité aux citoyens et aux investisseurs, la déliquescence des hôpitaux publics, de l’école publique, la détresse de la jeunesse,… L’économie est un tout qui ne se résume pas à quelques indicateurs macroéconomiques. C’est parfois à se demander si la Tunisie fait encore rêver, y compris ses propres enfants. C’est dommage car nous avons l’un des potentiels économiques les plus élevés d’Afrique et du mondearabe.

La Tunisie pourra-t-elle facilement maîtriser le déficit budgétaire qui ne cesse de se creuser au fil des années?

Le déficit budgétaire et la dette extérieure sont des maladies incurables pour un pays incapable d’augmenter les recettes sans plomber l’activité économique, ou de baisser les emplois sans causer de crise sociale. En la matière, nos gouvernants successifs n’ont fait que fuir leurs responsabilités et faire de la politique sur le dos de l’argent public. Fuir l’austérité est une chose, fuir ses responsabilités face aux déséquilibres macroéconomiques en est une autre. Notre économie n’est pas pilotée car, tout simplement, il n’y a pas d’autres projets économiques pour nos gouvernants que d’arriver avec le moins de dégâts possibles aux prochaines élections. Pas de cap, pas de stratégie, pas de vision et fort probablement pas les bons profils aux affaires pour faire face aux challenges immenses auxquels la Tunisie fait face.

Fitch Ratings a abaissé la note de la dette, quel effet sur la Tunisie? Et si notre pays sort sur le marché international, quel sera la réponse, selon vous? Est-il toujours simple pour la Tunisie de mobiliser des ressources de l’étranger?

La notation attribuée par les agences internationales à la Tunisie a valeur d’indice de crédibilité pour les bailleurs de fonds internationaux. Plus cette notation est favorable, plus la Tunisie serait capable de lever des montants significatifs à un coût soutenable. Le taux d’intérêt à servir aux investisseurs dans la dette tunisienne irait crescendo avec chaque dégradation de cette note. Il est certain que l’exercice budgétaire 2017 sera affecté par cette dégradation.

Les déséquilibres macroéconomiques actuels sont intenables à moyen terme : un accroissement non maîtrisé des dépenses publiques, une croissance économique faible, des déficits jumeaux chroniques, et une part significative de l’économie qui échappe à la contribution fiscale. Une augmentation des taux d’intérêts sur les levées de fonds en devises aggraverait la situation du service de la dette et pourrait, potentiellement, hypothéquer les possibilités futures de croissance.

Que proposez-vous pour sortir de cette situation ?

Pour moi, il y a deux urgences absolues : recrédibiliser l’Etat et rendre l’espoir à la jeunesse. Ce ne sont certes pas des choses faciles à faire, mais celui qui s’attend à ce que la tâche soit aisée ne devrait pas accepter de gouverner. Premièrement, redécrédibiliser l’Etat nécessiterait de porter plusieurs coups de taille à des cas avérés de corruption et de les utiliser pour donner l’exemple. Depuis les hauts fonctionnaires véreux qui ont pillé l’argent public, aux oligarques du stockage et de la distribution des produits frais qui font flamber les prix, en passant par quelques têtes de pont de la contrebande frontalière. L’État devrait également démontrer sa capacité à réformer et à se transformer. Il y a des entreprises publiques dans le secteur financier, dans celui des transports et de l’énergie qui attendent des décisions pas évidentes lorsqu’on n’a pas le courage politique de décider. Il y a un moment où les finances publiques ne peuvent plus se contenter de constater les pertes puis d’emprunter pour les éponger. Pour ce qui est de la jeunesse, l’autre urgence absolue, l’accélération du départ massif des plus qualifiés et dynamiques d’entre eux sous d’autres cieux, devrait nous interpeller fortement. Notre pays doit continuer à nous faire rêver et à nous dire que nous avons un avenir sur son sol auprès des nôtres. Il nous faut repositionner les programmes de formations pour donner plus de place à l’anglais et aux soft skills. Rapprocher les universités des entreprises est un impératif. Si on veut que le chômage devienne l’exception, il faut que la formation par alternance devienne la norme. Notre pays doit continuellement remobiliser ses compétences à l’étranger et leur proposer une voie de retour aux sources. Ils sont l’investissement de la société dans son propre avenir. Avec ce qu’ils ont appris, avec leurs réseaux, ce qu’ils peuvent apporter au quotidien ressemblerait, à mon sens, à un forum d’investissement permanent qui coûterait zéro au contribuable. Ne pas être capable de donner un nouvel espoir pour la jeunesse, c’est condamner la croissance économique et l’innovation de demain, et peut-être, l’incapacité de payer les retraites de ceux qui sont aujourd’hui en activité.

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Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le PDG de la Poste Tunisienne, Moez Chakchouk, a mis l’accent sur les efforts fournis par l’entreprise pour...

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