Authors Posts by Mohamed Lahmar

Mohamed Lahmar

1434 POSTS 0 COMMENTAIRES

par -

Partie pour devenir une Nation normalement constituée, avec un Etat ordonnateur de la vie en société, garant des libertés, dépositaire de la conscience nationale, bâtisseur de bien-être et moteur de développement, La Tunisie se retrouve 61 après dans la condition d’un pays qui a pulvérisé bien des opportunités de l’être et de tenir le rang auquel le destinaient ses pionniers.

Le constat, quasi unanime, est triste et interpelle sur la manière dont le pays a été gouverné en chemin, mais surtout sur le mode sur lequel ont été gérées les six années qui ont suivi la Révolution censée délivrer les Tunisiens d’un longue ère de dérives de diverses natures et ponctuées de choix d’autant plus hasardeux et de pratiques si malsaines que leurs retombées sont funestement ressenties par le grand nombre.

Si des acquis évidemment majeurs ont été bon an mal an sauvegardés comme l’école pour tous, l’accès à la santé, l’émancipation de la femme pour ne citer que ceux-ci, bien d’autres ont été littéralement dilapidés pour ramener le pays à des décennies en arrière. C’est principalement le cas de l’Etat dont l’autorité n’a de cesse de s’effriter au fil des jours voire des heures, un Etat qui a laissé filer entre les doigts l’essentiel de ce qui le fondait à être le pouvoir qui se fait respecter par la force de la loi, qui a l’autorité de rendre opposables à tout le monde les décisions qu’il est appelé à prendre, un Etat qui rétropédale chaque fois qu’il fait ce qu’il a à faire. Et les exemples font florès qui abîment cette vocation de puissance publique reconnue à ceux qui ont mission de l’exercer. Tous les gouvernements qui se sont succédé depuis la Révolution, singulièrement le dernier en date d’entre eux, en ont fourni les exercices les plus patents. L’affaire Petrofac, la loi des finances 2017, la longue liste des grèves et autres mouvements sociaux dont les auteurs finissent par obtenir gain de cause, les bras de fer avec les syndicats et les corporations, tout cela a révélé au grand jour l’impotence de l’Etat et son évidente incapacité à gérer la chose publique comme l’y autorisent son statut et les attributions qui sont les siennes.

Un Etat déficient

Pourtant, il est établi, notamment dans une démocratie telle que comprise par la majorité silencieuse  des  Tunisiens, qu’un gouvernement ne peut avoir d’autre autorité que celle qu’il puise dans la volonté générale et qu’il exerce sous sa responsabilité contrôlée. Mais ce n’est pas à dire qu’il ne doit être que l’instrument passif des caprices populaires et des poussées de l’opinion. Mieux encore, et comme communément admis, la démocratie, dans ce qu’elle a de plus légitime, ne peut fonctionner au service des citoyens que si elle est un régime d’autorité, c’est-à-dire où un Etat suffisamment fort fait respecter l’équilibre des pouvoirs et la mise en œuvre de ses orientations. Sinon, l’Etat se trouve rapidement prisonnier des factions qui, à leur tour, imposent au peuple leurs diktats.

Ostensiblement, le pouvoir en Tunisie n’est pas dans cette logique. Et ceci induit forcément des effets destructeurs sur l’ordonnance économique et sociale du pays comme en témoignent le rachitique taux de croissance en constante dégringolade, l’endettement stratosphérique, le chômage endémique, les inégalités sociales et régionales, la pauvreté qui fait tâche d’huile pour toucher même une partie de la classe moyenne.

La Révolution est passée par là, diraient d’aucuns. Certes l’explosion des revendications y est pour quelque chose, celle des libertés, peut-être. Mais ce sont les politiques qui assument une large responsabilité dans les affres qui minent le pays. Les gouvernements ont été incapables de prendre la mesure des défis et des enjeux, il est vrai extrêmement difficiles, qui assaillent le pays, ils ont manqué d’imagination et de vision, se bornant à expédier les affaires courantes, sans s’engager dans les « mesures douloureuses » dont il est constamment question sans jamais voir le jour. En cause, un lamentable déficit de gouvernance, et l’absence d’une équipe au pouvoir qui ose prendre le taureau par les cornes et aller au charbon.

On est dès lors à mille lieues des premiers commencements de l’ère de l’Indépendance, au sortir d’une colonisation prédatrice, époque à laquelle, l’autorité alors au pouvoir, a su mettre le pays sur les rails dans bien des domaines, nonobstant l’absence de cadres adéquats et préparés à la tâche, mais dont le sens patriotique et celui de l’Etat ont fait ce qui est regardé comme des miracles avec des moyens inexistants, et au mieux insuffisants. Le tout à l’enseigne d’une vision bien ancrée dans l’acharnement à délivrer la Tunisie de sa condition post-coloniale. C’est là l’enseignement majeur qu’il importe de tirer de ce 61ème anniversaire de l’Indépendance. La Tunisie est capable de voir le bout du tunnel pour peu que ses citoyens et ses gouvernants s’y emploient.

par -

Intervenant quelques semaines après l’entretien téléphonique entre le président américain Donald Trump et son homologue tunisien Béji Caïd Essebsi, la visite que vient d’effectuer à Washington le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, ne semble pas avoir permis de décrypter ce que la nouvelle Administration américaine réserve à la Tunisie même si le ministre a déclaré ce vendredi à BCE qu’il a le « sentiment que [ cette dernière] a la volonté de continuer à renforcer les capacités de la Tunisie notamment dans les domaines économique et sécuritaire ».

Par-delà cet état d’âme qui en toute rigueur diplomatique n’engage que celui qui l’éprouve et surtout tente de le faire partager, il s’y attache un reproche que le chef la diplomatie tunisienne a formulé dans une longue interview au « Washington Times » en invitant l’Administration Trump à « aller un peu plus vers la Tunisie dans le renforcement de ce fragile îlot de la démocratie que les Tunisiens s’échinent à sauvegarder dans le monde arabe », mais aussi en poussant la collaboration pour lutter contre la menace croissante de Daech. « Nous avons un exemple à montrer, non seulement à nos amis américains, mais partout dans le monde », a-t-il enchaîné tout en exprimant l’espoir que Trump tiendra sa promesse de vaincre le groupe terroriste. Au demeurant, il a dit avoir retiré de ses entretiens à Washington la certitude que les efforts tuniso-américains en matière de lutte antiterroriste qui se sont accrus de « façon spectaculaire » sous l’Administration Obama, vont connaître un nouveau regain sous celle de Trump.

Enchaînant optimisme et candeur, comme l’a noté le Washington Times, le ministre Jhinaoui a affirmé qu’il n’avait rien contre la décision de Trump d’interdire l’accès au territoire américain de ressortissants originaires de plusieurs pays musulmans, malgré, a-t-il expliqué, le fait que la Tunisie soit un pays voisin de la Libye, un des pays visés par cette interdiction. «Nous n’avons aucun problème avec cette décision souveraine prise par le nouveau président », a-t-il dit. Et « il lui appartient de décider ce qu’il juge bon pour la sécurité des États-Unis ». Il n’en a pas moins adressé une critique voilée à la rhétorique de la politique étrangère US « l’Amérique d’abord » en estimant que dans le monde globalisé de nos jours, « je ne vais pas décréter que je vais fermer mes frontière et me focaliser sur un seul pays », expliquant que « L’Amérique a un rôle important à jouer dans le monde et elle l’a joué pendant longtemps, et nous pensons que le monde sans l’Amérique ne serait pas le même ». Il a souligné que les enjeux sont particulièrement considérables en Afrique du Nord, appelant les responsables américains à attacher une attention majeure au danger que va représenter la Libye entant que principal foyer extrémiste dès lors que Daech sera chassé de la Syrie et de l’Irak.

La Tunisie sur le fil du rasoir !

« Personne n’est en train d’attacher de l’importance aux terroristes qui se regroupent [en Libye] venant de partout dans le monde et en particulier des pays en guerre comme l’Irak et la Syrie », s’est-il irrité. Se référant aux frappes aériennes de l’aviation américaine contre les extrémistes en Libye au cours des dernières années, Jhinaoui s’est élevé contre la politique « hit and run » (attaque éclair) en vertu de laquelle Washington et ses alliés ont renversé le dictateur libyen Mouammar Kadhafi en 2011. Un des «principaux messages» qui doit être envoyé à l’Administration Trump est que Washington a maintenant un rôle vital à jouer dans la stabilisation de ce pays divisé et déchiré par la guerre, a-t-il dit.

Largement considérée comme le bateau-amiral de la vague démocratique du printemps arabe malheureuse qui a secoué la région il y a six ans, la Tunisie cultive aussi la troublante singularité d’être la plus importante source de combattants étrangers pour Daech. On estime que 5.000 à 7.000 Tunisiens ont quitté le pays pour rejoindre l’Etat islamique, soit plus que le double de n’importe quel autre pays fournisseur de terroristes Et au regard des défaites successives essuyées par Daech en Irak et en Syrie, les inquiétudes se font très vives de voir les Tunisiens radicalisés chercher à rentrer chez eux.

Les analystes estiment que la Tunisie est sur le fil du rasoir, créant un précédent pour les libertés politiques dans le monde arabe tout en s’employant à établir un état de sécurité post-dictature qui peut défendre le pays           sans retomber dans les schémas traditionnels des régimes autoritaires.

« Nous pensons que nous créons une expérience unique, qui, si elle va être couronnée de succès, aura un impact sur la région », a affirmé le ministre tunisien des AE ajoutant que la Tunisie est « unique parmi les pays arabes musulmans» parce qu’elle a décidé  » avec détermination de s’ancrer dans le concert des nations démocratiques « . C’est quelque chose d’une extrême importance pour le peuple américain et l’establishment américain, a-t-il dit.

par -

Hypothétique destin que celui de ces élections municipales dont tout le monde parle, chacun à son gré, mais tel un serpent de mer, on ignore quand elles vont finalement avoir lieu et comment. Pourtant, leur urgence est dans toutes les bouches et l’instance qui est chargée de les organiser et veiller à leur régularité n’a de cesse de s’égosiller à sommer les uns et les autres à trancher le nœud gordien. Des injonctions qui laissent de marbre la classe politique toujours et indûment occupée à traîner les pieds et à laisser pourrir encore plus la situation malgré ses effets dévastateurs sur la commodité des citoyens autant que sur l’ordonnance générale de la vie dans la cité confiée à cette monstruosité que sont les délégations spéciales.

Il n’y a qu’à voir cette insalubrité ambiante, et pas que cela, pour s’en offusquer davantage. Un attelage commis d’autorité par le pouvoir central, et qui, gangrené par l’incurie autant que par une évidente incapacité à gérer la chose publique et territoriale, a transformé les communes en un véritable margouillis d’autant plus exécrable que chacun y met du sien, et d’abord le citoyen, stricto sensu l’habitant de la cité, qui, la Révolution aidant, s’investit du pire qu’il peut dans la déprédation du bien public s’il lui arrive de ne pas s’en emparer, ne paie pas ses impôts, et fulmine contre les misères qui sont faites à son environnement et bien plus contre le laisser-aller des autorités municipales associées à un Etat qui ne fait rien non plus.

Un état des lieux qui ne semble interpeller personne, surtout pas les partis politiques, maîtres dans l’art du moratoire, et qui rechignent à voir le scrutin municipal se tenir dans les délais proposés par l’ISIE qui pense pouvoir l’organiser le 26 novembre 2017, au pire au cours de la première quinzaine de décembre de la même année. Pourtant, le calendrier suggéré par l’Instance, de par la cohérence de son articulation et de l’opportunité de sa mise en œuvre, n’a pas de quoi pécher par des inconvénients insurmontables. Ainsi, aux termes de cet échéancier, les opérations d’inscription sur le registre électoral démarreront le 12 juin prochain, les candidatures aux conseils municipaux (365 sièges) seront ouvertes le 30 août et la campagne électorale sera lancée le 4 novembre. Et pour ce qui est du vote des sécuritaires et des militaires, il se déroulera en une seule journée entre le 19 et le 23 novembre.

Manœuvre dilatoire !

Si, cependant et a priori, Nidaa Tounès, Ennahdha, Afek Tounes et Al-Irada n’objectent pas que le scrutin ait lieu en décembre 2017, les autres partis, nommément le Courant populaire, Al-Jomhouri, l’Union patriotique libre, Ettakatol, le Courant Al-Mahaba, le Parti des travailleurs et Machrou Tounès, penchent, et avec insistance, pour mars 2018. Une proposition qui prendrait racine dans le degré d’impréparation de ces formations politiques, manifestement soucieuses de mettre à profit ce moratoire pout tenter, comme ce fut le cas pour les législatives, de s’organiser et de convenir de listes communes que, entretemps, elles n’arriveront sans doute pas à mettre en place de sitôt, ni réussiront à aplanir les sérieuses divergences qui les opposent, selon maints observateurs.

A cet atermoiement à se jeter dans la bataille électorale municipale, on pourrait aisément trouver une explication qui colle mieux à la réalité politique de ces partis. Elle tient à un déficit d’assise populaire qui pèsera de tout son poids sur les prochaines échéances électorales de 2019. Si bien que le scrutin municipal a valeur d’un test décisif donnant la mesure de leurs chances dans les législatives et les présidentielles. C’est là que réside tout l’enjeu de ces Municipales, et il requiert que les candidats en sortent avec un minium de crédit qui les fondent à embrayer pour les compétitions suivantes. Or, ce ne semble â être le cas, les choses étant actuellement ce qu’elles sont avec un poids politique et électoral de si peu d’importance rapporté à celui d’Ennahdha et de Nidaâ Tounès. Un camouflet pulvériserait toutes leurs chances de pouvoir défendre leurs couleurs dans une consultation électorale regardée comme essentielle et cruciale pour leur survie.

On comprendrait dès lors l’ardeur que ces partis sont en train de mettre pour renvoyer à une date qui leur serait « idoine » ces Municipales, le temps de mettre en place des coalitions et des stratégies à la faveur desquelles ils s’arrogeraient des bastions qui leur procureraient un poids d’autant plus précieux qu’il leur permettraient, pensent-ils, de tenir la dragée haute aux partis prépondérants, et d’affirmer une présence sur un échiquier politique âprement disputé et dans une configuration électorale qui ne le sera pas moins.

par -

Signe des temps ou d’essoufflement, les deux partis prépondérants de la scène politique en Tunisie, Nidaâ Tounès et Ennahdha, donnent la très nette impression qu’ils sont exposés à des trous d’air et sont en panne d’inspiration et de mobilisation alors qu’ils sont pratiquement à mi-mandat, électoral, cela s’entend. Sortis auréolés des urnes suite à une victoire, pourtant, dans un mouchoir, voici bientôt deux ans et demi, les deux formations politiques sont aux prises, chacune à son échelle, à des convulsions qui pourraient sérieusement affecter leur pérennité et même leur existence. Si pour le parti fondé par le président de la République, la bataille des chiffonniers qui le traverse depuis un bail s’est soldée par le démembrement que l’on sait, le mouvement débaptisé islamiste se heurte à une dissidence feutrée dont l’enjeu est de mettre fin aux velléités « présidentialistes » de son chef historique, autrement dit à sa dérive d’exercice solitaire du pouvoir.

Sommairement dit, ce parallèle a ceci de significatif qu’il accable l’une et l’autre formation politique du grief de ne pas avoir su tenir le rang que leur a conféré l’urne. Et elles n’ont pas mis beaucoup de temps pour commencer à dysfonctionner, chacune à sa manière, sous la houlette de deux patriarches, jadis ennemis mais assez espiègles pour enterrer contre toute attente la hache de guerre, dans l’intérêt bien compris des deux parties, de toutes les parties, en fait, car les bienfaits de ce « gentleman’s agreement » ont rejailli sur des tiers, et ils sont nombreux. Max Weber ne définit-il pas le parti politique comme une « formation reposant sur un engagement libre ayant pour but de procurer à [ses] chefs le pouvoir au sein d’un groupement et à [ses] militants actifs des chances – idéales ou matérielles – de poursuivre des buts objectifs, d’obtenir des avantages personnels ou de réaliser les deux ensemble ».

Béji Caïd Essebsi est, visiblement, celui qui a le mieux tiré son épingle du jeu. Le palais de Carthage, c’est, pour lui, la suprême des magistratures et des récompenses, tout en ne s’accommodant que peu des pouvoirs que lui reconnaissent la Constitution. Ses conseillers comme ses partisans plaident pour une révision de la Loi fondamentale de façon à conférer au chef de l’Etat des attributions voisines de celles d’un régime présidentiel. Au demeurant, BCE ne s’est pas exempté, lors d’une apparition télévisée, de s’irriter de ne pas disposer de plus larges prérogatives pour mener à bien ses missions et ses politiques. En tous cas, en migrant à Carthage, il a laissé derrière lui une formation politique qui s’est vite dépecée en autant de clans que d’ex-lieutenants, dont le controversé fils du fondateur de ce parti « attrape-tout », prenant sous son aile une myriade de fugaces ex-militants d’autres formations qui meublaient alors l’échiquier politique. Une macédoine regroupant sous une même enseigne des hommes et des femmes politiques de tous bords mais unis dans l’unique objectif de se tailler une place et un statut politique nouveau et reconnu. Un assortiment qui a été prompt à voler en éclats et à donner lieu à d’autres reconversions sous de différentes appellations.

La dissidence mine Ennahdha

L’itinéraire suivi par l’autre parti prépondérant, Ennahdha, est sensiblement différent, mais réunit les ingrédients d’une rébellion qui couvait sans doute depuis des mois et ayant pour cible le chef du mouvement, Rached Ghannouchi. Les langues, au sein de ce parti, commencent à se délier pour reprocher au patriarche son penchant prononcé pour l’exercice « présidentialiste » du leadership et de la direction du parti. Des dirigeants comme Abdellatif Mekki, Samir Dilou, et sans doute Ali Laarayedh, ne voient pas d’un mauvais œil que le chef soit déboulonné pour imprimer une touche nouvelle et des orientations en prise directe avec la réalité politique. C’est dire combien Ghannouchi peut être ouvertement contesté malgré la mainmise qu’il exerce sur l’appareil du parti dont il est l’un des fondateurs. Dans cette configuration, le changement envisagé dans le dogme d’Ennahdha est perçu par de nombreux militants comme une vue de l’esprit, d’autant que la décision de séparation entre la prédication et l’action politique n’a reçu qu’un très timide début d’application, demeurant pour l’essentiel à l’état de profession de foi. En attendant, le leader du mouvement s’emploie à museler ses boutefeux avant peut-être de s’en débarrasser. Mais, il est de plus en plus clair que le parti qu’il a fondé et qu’il continue de diriger a cruellement besoin de changer… avec ou sans lui !

par -

Le report du déboursement de la 2ème tranche du prêt du Fonds monétaire international souligne les défis induits par la mise en œuvre des réformes, auxquels fait face le gouvernement tunisien, a affirmé vendredi l’agence de notation Fitch. Les risques de financement de proximité d’échéance ont été atténués par l’émission sur le marché Eurobond d’un emprunt obligataire de 850 millions d’euros en février, mais de nouveaux retards sur les réformes pourraient accroître l’incertitude sur la perspective du financement de la Tunisie. Un décaissement d’un montant d’environ 320 millions de dollars devait intervenir suite à la revue du programme du FMI en novembre dernier. Mais les autorités tunisiennes ont confirmé que le paiement de la deuxième tranche a été reporté en raison de retards dans un certain nombre de domaines, notamment la fonction publique et la réforme fiscale. L’opposition politique a entraîné en 2016 le retrait du gel des salaires du secteur public prévu par la loi des finances 2017. Fitch prévoit que la masse salariale atteindra près de 15% du PIB à la fin de l’année en cours. Les autorités tunisiennes sont engagées dans un plan de départs volontaires pour les fonctionnaires, avec la suppression d’au moins 10.000 postes d’ici 2020. Le gouvernement envisage également la vente de ses participations dans les banques publiques.

Si la revue du programme du FMI se conclut positivement lors de la visite en Tunisie d’une mission du Fonds, avant fin mars, cela se traduirait par le décaissement de ladite tranche avant la fin du premier semestre 2017. Fitch prévoit un déficit d’environ 6% pour cette année, contre un déficit budgétaire de l’exercice 2016, estimé à 6,4% du PIB. L’agence de notation pense que la Tunisie devra emprunter l’équivalent de 7% du PIB en devises étrangères pour répondre à ses besoins budgétaires et d’amortissement en 2017.

Risques financiers liés au retard de décaissement

Sur le plan intérieur, Fitch souligne que la Tunisie emprunte l’équivalent de 2,8% de son PIB. L’émission d’un emprunt obligataire de 850 millions d’euros sur le marché financier le mois dernier facilite la satisfaction des besoins de financement étrangers à court terme. L’Eurobond de 7 ans a été obtenu au taux de rendement de 5,75%, et représente la première émission sur le marché, faite de façon autonome par la Tunisie depuis plus de deux ans. Il est estimé que le produit net de l’emprunt de 842 millions d’euros couvrira environ 60% des principaux paiements d’amortissement et d’intérêts en devises en 2017. Cette estimation implique l’extension du prêt qatari de 500 millions de dollars qui tombe à échéance en avril, conformément à un accord conclu par le gouvernement tunisien avec les autorités qataries.

La Tunisie compte à titre principal sur le financement multilatéral pour couvrir le déficit restant, notamment le FMI (environ 640 millions $), la Banque mondiale (environ 500 millions de dollars), la Banque africaine de développement (environ 300 millions de dollars), et l’Union européenne (500 millions d’euros). Fitch s’attend à ce que les bailleurs de fonds multilatéraux demeurent engagés à la transition en cours en Tunisie. Mais comme le montre le retard vis-à-vis du FMI, les risques financiers liés aux retards de décaissement (en raison de non –respect des engagements) ne peuvent pas être exclues. Cela rendrait la Tunisie dépendante des financements de marché moins prévisibles ou plus chers. Fitch a dégradé la note souveraine de la Tunisie de ‘BB-‘ à ‘B +’ en février au motif que la croissance économique a été plus faible en  raison du contexte des risques sécuritaires accrus et des retombées pour les finances extérieures et publiques. Les améliorations introduites au niveau de l’appareil de sécurité du pays pourraient contribuer à une normalisation de la situation économique. Le PIB a augmenté de 1,2% en 2016, et Fitch prévoit son accélération à environ 2,5% au cours des deux prochaines années, grâce à une hausse de la consommation privée et à une reprise prévue des investissements suite à l’adoption d’une nouvelle loi sur l’investissement en septembre 2016 et à l’élan positif généré par la conférence « Tunisie 2020», en novembre 2016.

par -

La sécurité est en tête des critères qui président au choix d’une destination touristique par le vacancier européen, dépassant de loin le risque de maladie, la criminalité locale et les catastrophes naturelles, selon un rapport de recherche publié mercredi par l’Université de Bournemouth et le site d’offres voyages en ligne Travelzoo.

“Depuis l’entrée en lice de la Tunisie, la sécurité a été propulsée au sommet des priorités », a déclaré le président européen de Travelzoo, Richard Singer, ajoutant que la sécurité est maintenant la préoccupation numéro un des voyageurs. Un coroner britannique a critiqué, la semaine dernière, le dispositif de sécurité mis en place par l’hôtel tunisien où 38 touristes dont 30 britanniques ont été tués par un terroriste en 2015. Tout au long de l’enquête, des familles des victimes ont affirmé que leurs proches ne seraient pas allés en Tunisie s’ils avaient été au courant des avertissements du Foreign Office après l’attaque du Musée du Bardo trois mois plus tôt.

Le site a effectué des recherches auprès d’un échantillon de 6000 personnes à travers toute l’Europe pour les besoins d’un Livre blanc sur la sécurité Voyage, dont les résultats ont montré que la sécurité est une préoccupation majeure au moment de choisir une destination de vacances pour 97% de personnes.

La sécurité, d’abord et avant tout

Pour les Britanniques couverts par l’enquête, 68% sont plus préoccupés qu’ils ne l’étaient il y a deux ans par le risque d’une attaque terroriste, avec 75% invoquant le fait que le monde est devenu un endroit plus dangereux. Environ 40% des Britanniques disent qu’ils se sentent comme étant la nation la plus visée à l’étranger.

Intitulé «  Etat des lieux : L’impact des événements géopolitiques sur le tourisme international en 2017 », le Livre blanc plaide pour la mise en place du système de sécurité « kitemark », un marquage de certification déposé détenu et exploité par le BSI (British Standards Institute), qui est un des symboles de qualité et de sécurité les plus reconnus au monde en apportant une réelle valeur ajoutée aux clients et entreprises.

«Le système kitemark que nous proposons est un moyen rapide et simple de voir si un aéroport ou un hôtel est en conformité avec une batterie des normes de sûreté et de sécurité requises, à l’instar des kitemarks de la cyber-sécurité du gouvernement, ou des systèmes régissant les aliments et d’autres produits », a expliqué l’auteur principal du Livre blanc, Yeganeh Morakabati, professeur agrégé à l’Université de Bournemouth. Il ajoute que « l’idéal serait que le système fonctionne de pair avec l’amélioration des conseils émis sur la destination touristique aux voyageurs sur les sites Web du gouvernement, autant qu’une meilleure réactivité de l’industrie Voyage en informant le consommateur bien avant le point de vente »

« De même que les drapeaux bleus servent pour signifier que les plages sont propres, ou d’autres signalisations indiquent que la destination est respectueuse de l’environnement, un système kitemark est certainement possible pour montrer qu’une destination, un hôtel ou un aéroport sont sûrs », a-t-il souligné.

« Cependant, si ces normes étaient en place, il serait important que la mise en œuvre ne se limite pas à un simple exercice consistant à cocher des cases; par exemple, il faudrait des politiques gouvernementales pour soutenir tous les critères énoncés dans les kitemarks », a-t-il recommandé.

Personnel hôtelier dédié à la sécurité

Les touristes britanniques sont beaucoup plus enclins à faire une recherche générale sur Internet sur une destination plutôt qu’à consulter des sources officielles telles que le site Web du ministère des Affaires étrangères dès lors qu’il s’agit de s’instruire de la sécurité d’une destination. «  Nous avons besoin d’informations de meilleure facture et plus faciles à comprendre émises via des sites tels que ceux du foreign Office et de ses homologues d’autres pays », affirme le président européen de Travelzoo, qui fait remarquer que « les vacances, pour la plupart, sont vendues en l’absence de la moindre information sur le niveau de sécurité de la destination, alors même qu’une communication plus proactive sur les conseils du Foreign Office avant l’achat aurait le mérite de renforcer la confiance » .

Un tiers des 35 hôtels européens de Travelzoo estiment qu’un système de kitemark devrait être mis en œuvre, et ce taux s’élève à 50% chez les hôteliers britanniques. Mieux, de nombreux établissements hôteliers en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni disposent d’un personnel dédié à la sécurité des clients. C’est le cas de la moitié des hôtels au Royaume-Uni et de 80 pour cent de ceux d’Allemagne.

Enfin, 43% des hôtels britanniques interrogés déclarent avoir mis à jour leurs processus de sécurité ces dernières années pour mieux se préparer à une attaque terroriste et la moitié des employés d’hôtels britanniques reçoivent une formation spécifique pour gérer un incident terroriste.

par -

Entre la Tunisie et le Fonds monétaire international, l’épisode de la 2ème tranche semble approcher de sa fin. Une mission de l’institution de Bretton Woods est attendue à Tunis dans une dizaine de jours. Fin mars ou début avril, les 350 millions de dollars au titre de cette 2ème tranche seront déboursés au profit de l’Etat tunisien, a assuré le conseiller économique du chef du gouvernement, Ridha Saïdi qui espère ainsi que l’hypothèque sur ce déboursement gelé depuis décembre 2016, sera levée, pour remettre les pendules à l’heure entre les deux parties.

Accordé au titre du mécanisme élargi de crédit, ce crédit d’environ 2,9 milliards $ sur 48 mois, a vocation à soutenir les réformes économiques et financières du pays pour l’aider à promouvoir une croissance économique plus vigoureuse et mieux partagée en consolidant la stabilité macroéconomique, en réformant les institutions publiques — notamment la fonction publique —, en facilitant l’intermédiation financière et en améliorant le climat des affaires. La Tunisie s’y est engagée le plus solennellement du monde, mais à l’exercice, il a été constaté par les experts du FMI que la cadence des réformes n’allait pas de pair avec celle convenue. D’où la décision du gel du déboursement, interprétée comme un coup de semonce que l’échéancier fixé doit être strictement respecté et conduit au prorata des réformes indiquées, que d’aucuns assimilent à des « diktats ».

Le fait est que l’institution financière internationale, tout en réitérant sans relâche son soutien à la Tunisie, a été comme obligée de noter que le pays n’a pas fait assez de progrès sur les réformes prescrites pour être éligible à cette fameuse 2ème tranche, alors que son gouvernement était censé opérer des changements positifs sur la masse salariale du secteur public, les finances publiques et le secteur bancaire. Mais en décidant de dépêcher une délégation à Tunis, le FMI donne l’impression de prévoir une éclaircie. D’ailleurs, la ministre tunisienne des Finances, Lamia Zribi, en a tiré la conclusion que « si le Fonds n’était pas convaincu des progrès sur les réformes attendues, il aurait choisi de ne pas envoyer de délégation. Et au cas où il le ferait, il forcerait les autres bailleurs de fonds internationaux à reconsidérer leurs propres arrangements et accords financiers avec la Tunisie ».

Une autre grille de lecture

Mais, manifestement, les conjoncturistes du FMI ont une autre grille de lecture de ce qui attend la Tunisie en 2017 et au-delà. Ils prévoient une remontée de la croissance à 2,5% cette année, contre 1% en 2016. Le chef de la mission du FMI pour la Tunisie, Björn Rother, a estimé que «  l’économie tunisienne a bien résisté dans un environnement national et international difficile, et ceci va à l’encontre de tout ce qui évoque un « péril économique ». Pourtant, le FMI affirme que les défis macroéconomiques de la Tunisie sont « notables ». La dette publique du pays se situait à plus de 60% du PIB (produit intérieur brut) en 2016. L’institution a également noté que, même si la loi de finances 2017 peut aider à réduire le déficit budgétaire à 5,6 % du PIB cette année, contre 6% en 2016, le taux projeté est encore plus élevé que celui ciblé.

Pour combler son déficit budgétaire ou du moins l’atténuer, la Tunisie n’a d’autre choix que de sortir sur les marchés obligataires internationaux, avec à la clé, un passage des prêts libellés en dollars à ceux en euros, comme ce fut le cas en février dernier pour un Eurobond de 850.000.000 € sur 7 ans avec un rendement de 5,75%. Il n’en demeure pas moins que les bailleurs de fonds internationaux, emboîtant le pas au FMI, trouvent que la Tunisie ne va pas comme il se doit sur la voie des réformes. Et ce constat, retenu dans la notation des agences comme Fitch, n’est pas pour arranger la démonstration des Tunisiens. D’autant que, selon Bloomberg, la Tunisie figure parmi les quatre pays les plus susceptibles de faire défaut sur leurs paiements en Afrique. Selon le modèle de risque de crédit souverain de Bloomberg, qui intègre « les déficits budgétaires, les réserves de change, les prêts bancaires non performants et l’instabilité politique », la probabilité de défaut de la Tunisie est de 3,5%, le troisième taux le plus élevé en Afrique.

par -

D’inégale importance, trois développements risquent d’entacher la reprise de l’activité touristique en Tunisie alors qu’en Europe, il est de plus en plus envisagé d’assouplir les avis déconseillant les voyages vers cette destination nord-africaine qui continue de se ressentir sérieusement des retombées des attentats terroristes perpétrés sur son sol en 2015.

D’abord, il y a eu ce malencontreux jugement du coroner britannique qui a qualifié la gestion de l’attentat de Sousse par les forces de sécurité tunisiennes de « au mieux chaotique, au pire lâche », ce qui apporte de l’eau au moulin du Foreign Office, toujours chevillé à ses avertissements à répétition contre tout voyage non essentiel en Tunisie, malgré les pressions et les exhortations lui demandant d’atténuer les rigueurs de cette mesure. D’ailleurs, des sources londoniennes citées par le quotidien « The Telegraph » estiment que la levée de cette interdiction de voyage est encore plus improbable, du moins sur le court terme, donc pour la haute saison dont les réservations sont en cours ou en voie d’achèvement.

Encore plus fâcheux est l’avis émis par le ministère australien des Affaires étrangères et du commerce déconseillant les voyages de ses ressortissants en Tunisie. Si peu important soit-il en termes d’impact sur le négligeable flux de touristes australiens vers la Tunisie, cet avertissement, calqué dans ses grands traits sur celui du Foreign Office, n’en souligne pas moins que « les terroristes sont à un stade avancé dans la planification d’attaques dans des endroits susceptibles d’être fréquentés par les touristes en Tunisie ». Le gouvernement australien demande à ses citoyens de « faire preuve d’une vigilance particulière, et de reconsidérer le besoin de voyager en Tunisie en raison d’une forte menace d’attaques terroristes qui peuvent se produire partout et à tout moment, notamment dans certaines régions du pays ».

Les évidentes améliorations enregistrées dans la situation sécuritaire en Tunisie ne semblent pas lui valoir une réaction positive de la part de pays émetteurs majeurs comme la Grande-Bretagne dont, pourtant, les tour-opérateurs tirent une large part de leur chiffre d’affaires de leurs activités en Tunisie. Seul, semble-t-il, le caractère technique de l’évolution de la situation sécuritaire est pris en compte, et ce n’est que sur la foi des conclusions des experts britanniques que sera décidé le sort des conseils de voyage sur la Tunisie, et rien d’autre, comme le dicte la rigueur toute britannique s’agissant surtout de questions de sécurité.

L’attentat de Sousse, bis repetita !

La Tunisie, aux yeux de Londres, ne serait pas encore un pays totalement sûr. Cette vision des choses vient d’être étayée par le consultant en sécurité, Andy Hughes, ancien directeur adjoint de la sécurité intérieure de l’Etat de l’Alabama, aux États-Unis. Dans des déclarations au « Sun », il n’a pas écarté une réédition de l’attentat de Sousse qui avait fait, faut-il le rappeler, 30 tués parmi les touristes britanniques en juin 2015, affirmant que « très peu pourra être fait pour empêcher pareil massacre qui est très probable». Il estime que « le manque de renseignements sur l’éventuel auteur de l’attentat pose problème dès lors qu’il agit seul, tel un le loup solitaire », expliquant que « généralement, les terroristes [appartenant à cette catégorie] n’ont nulle partie liée avec un réseau ou d’autres dont ils sont tributaires pour leur aide ».

«  Même s’il y a d’autres personnes qui prêtent main forte au terroriste, l’absence d’une agence de renseignement fiable, comme la CIA, la NSA (Agence nationale américaine de la sécurité) ou le MI6 (Service du renseignement britannique) va inhiber la collecte de renseignements exploitables qui pourraient être utilisés pour prévenir une attaque », a-t-il dit.

Et d’ajouter : « « Pour empêcher une autre situation comme celle-ci de se produire, plusieurs garanties doivent être mises en œuvre. Hautement formés, motivés et dignes de confiance, les personnels de sécurité devraient être déployés dans une zone touristique comme la plage / hôtel où cela se produirait ». « Même si vous aviez mis en place ces personnels, vous ne pouvez être en mesure de limiter les pertes car il est extrêmement difficile d’arrêter un assaillant déterminé, surtout s’il s’agit de quelqu’un qui croit dans sa cause et est prêt à mourir pour elle ».

par -

La justice britannique a rendu mardi son verdict dans l’affaire dont elle a été saisie par les familles des victimes de l’attentat de Sousse. Elle a écarté le chef de négligence plaidé par la partie civile dédouanant ainsi le tour-opérateur TUI et l’hôtel Imperial Marhaba, tout en qualifiant les faits d’homicide volontaire.

Les familles des victimes britanniques tuées ou blessées lors cette attaque perpétrée en juin 2015 ont annoncé aussitôt qu’elles vont poursuivre en justice la société de voyages TUI, maison-mère de Thomson Holidays.

Le juge Nicholas Loraine-Smith a rendu son verdict à l’issue d’une enquête de sept semaines sur la mort des 30 touristiques britanniques. Kylie Hutchison, avocate au cabinet Irwin Mitchell, a déclaré que « il est maintenant crucial que toute l’industrie du Voyage s’instruise de ce qui est arrivé à Sousse pour réduire le risque de semblables incidents catastrophiques ». Pour sa part, l’avocat de TUI Royaume-Uni, Nick Longman, a indiqué que la société est « sincèrement désolée » pour la douleur des proches des victimes, ajoutant que « en tant qu’industrie, nous nous sommes adaptés et nous devrons continuer à la faire ».

Dans les attendus du jugement, le magistrat a souligné avoir constaté que TUI n’avait pas informé ses clients où trouver les conseils émis suite à une précédente attaque, celle du Musée du Bardo qui avait fait 22 tués. Il a ajouté que les clients croyaient qu’ils avaient reçu l’assurance de la part de TUI qu’il était alors sûr de voyager en Tunisie, ce qui a été contesté par le tour-opérateur. En outre, il a qualifié la réaction de la police tunisienne de «  au mieux chaotique, au pire lâche »

Les avocats représentant les familles avaient demandé au juge de décider que la négligence a joué un rôle dans la mort de leurs proches en plus du constat convenu qu’il s’agissait d’un homicide volontaire.

Beaucoup de « si » autour de l’affaire

Mais le magistrat a jugé que la jurisprudence n’applique pas cette conclusion aux touristes en vacances au motif qu’ils ne sont pas «dépendants» pour leur sécurité de la société de voyage ou de l’hôtel. Se référant aux précédents judiciaires en la matière, il a affirmé qu’ils « restreignent considérablement les circonstances dans lesquelles la négligence peut figurer dans les conclusions ». Il n’en a pas moins fait savoir qu’il était d’accord avec l’avocat de TUI pour estimer que ce serait une « avancée décisive » en termes de Droit de considérer les vacanciers comme étant «dépendants», sans omettre de noter qu’il y avait beaucoup de «si» autour de l’affaire.

Alors que la salle d’audience bondée se murait dans le silence, le juge a affirmé que le seul facteur qui aurait pu faire la différence était que l’hôtel disposerait de gardes armés, ajoutant toutefois que « après avoir examiné l’avis juridique sur la législation relative aux armes à feu en Tunisie, il est clair ce ne fut pas une option réaliste ». « La vérité simple mais tragique dans cette affaire est qu’un tireur armé d’un fusil et de grenades se soit trouvé dans cet hôtel avec l’intention de tuer autant de touristes que possible. »

Le « retard délibéré et injustifiable » des forces de sécurité

Le juge a fait remarquer que bien qu’en général, la réponse du personnel de l’hôtel ait été « désorganisée et chaotique», certains d’entre eux ont fait montre d’un « courage remarquable » pour protéger les clients. Mais il a brossé un tout autre tableau de la réaction de forces de sécurité et de l’Armée, notamment le fait qu’un agent de la sécurité se soit débarrassé de son t-shirt réglementaire pour faire croire qu’il n’appartient pas au corps de la sécurité, ajoutant que hormis deux gardiens maritimes, aucun policier n’est entré dans l’enceinte de l’hôtel jusqu’à ce que le tireur ait tué tous les 38 touristes.

Le magistrat a aussi cité le cas d’une unité de la sécurité qui s’est arrêtée en chemin pour recueillir davantage d’armes au lieu d’accourir sur les lieux de l’attentat. « Ils disposaient de tout le nécessaire pour affronter l’homme armé et auraient pu être sur les lieux en quelques minutes, » a-t-il dit, ajoutant que « le retard était délibéré et injustifiable. »

Il a enfin déclaré qu’il se fera communiquer, au cours des deux prochains mois, les observations des familles, de TUI et du Foreign Office concernant les recommandations qui seront formulées dans un rapport sur la prévention de morts futures.

Il est à noter que le juge est habilité à soumettre au gouvernement un rapport contenant des propositions visant l’amendement de la loi à l’effet de prévenir de futures pertes humaines, tout en faisant remarquer qu’il n’a pas encore décidé si pareil rapport est approprié, mais qu’il étudierait les conclusions qui auront été faites à cette fin.

par -

Importateur intempérant de céréales, La Tunisie va devoir souffler un peu en 2017. Une manne tombée du ciel alors que durant les dernières années, classées de vaches maigres, elle n’avait de cesse , généralement un mois sur deux, de placer des ordres d’achat sur le marché international pour parer aux mauvaises récoltes dans les grandes cultures, blé tendre surtout, orge, orge fourragère… Au point que sa balance commerciale alimentaire a enregistré un déficit de 232,9 millions de dinars en janvier 2017 (soit 19% du total du déficit de la balance commerciale), contre 103,8 MDT au cours de la même période de 2016. Ipso facto, le taux de couverture a chuté pour atteindre 50,5% contre 65,1% au cours de la même période de 2016.

En janvier 2017, entre autres, la valeur des importations alimentaires s’est élevée à l’équivalent de 470.5 MDT, soit une augmentation de 58,2% par rapport à la même période en 2016, due à l’évolution du rythme d’achat de certains produits alimentaires de base au cours de cette période, la hausse de leurs prix sur le marché international et la poursuite de la régression du taux de change du dinar tunisien par rapport aux devises internationales. Parmi ces produits, figurent en premier lieu le blé tendre (+74%), l’orge (+53%), les huiles alimentaires (+172%), et le sucre.

Une aubaine inespérée

Deux facteurs sont en train de se conjuguer pour donner un ballon d’oxygène à la balance commerciale céréalière de la Tunisie, un marché mondial excédentaire et une pluviométrie favorable dans les pays importateurs de l’Afrique du Nord, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, l’Egypte et la Libye où la production devrait augmenter du quart, ce qui signifie que les achats céréaliers à l’étranger baisseront, selon le centre de recherche AgResource Co basé à Chicago.

Alors que la demande mondiale sur le blé n’a jamais été plus grande, la production a augmenté encore plus rapidement, et les prix ont chuté pendant quatre années consécutives. Succédant à un cycle de sécheresse ayant gravement compromis les grandes cultures en Afrique du Nord l’année l’année dernière, les pluies et les températures douces vont aider au développement des céréales cette saison, selon un rapport de l’Unité de suivi des ressources agricoles de l’Union européenne. Et les monnaies les plus faibles des pays de la région par rapport au dollar pourront raboter les importations.

« La tendance haussière sur le blé ne peut pas être basée sur la demande ou le commerce», a déclaré Dan Basse, président d’AgResource. «Le commerce mondial du blé est stagnant, et si nous avons des récoltes qui sont plus importantes en Afrique du Nord, ceci rendra plus difficile l’expansion du commerce dans les pays producteurs ». Les prix devront encore baisser pour pouvoir stimuler la demande, dit-il.

Selon les estimations de la FAO, la production céréalière en Afrique du Nord sera « de bonne à excellente», favorisée par les prévisions météorologiques. Le département américain de l’Agriculture, dans un rapport rendu public le 21 février, a déclaré le temps pluvieux s’est traduit par des conditions favorables en Tunisie, au Maroc et en Algérie.

AgResource estime que l’amélioration des rendements à la faveur des meilleures conditions météorologiques va stimuler la production au titre de la récolte 2017-18 pour la porter à 19,6 millions de tonnes métriques, en hausse de 39 pour cent par rapport à celle de l’année dernière endommagée par la sécheresse. Ce faisant, les importations seront réduites à 27,6 millions de tonnes contre un niveau record de 28,1 millions un an plus tôt, prévoit le centre de recherche agricole européen.

Le recours à l’importation inévitable !

«Nous avons eu deux années d’importations relativement élevées en Afrique du Nord, et la situation devrait être différente au cours de la saison à venir», a déclaré Amy Reynolds, économiste principal au Conseil international des céréales à Londres. « Tous ces pays souffrent de réserves de change serrées, donc tout ce qui réduit les dépenses d’importation est pour eux une grande aubaine. »

Même dans les bonnes années de récolte, l’Afrique du Nord est toujours dépendante des céréales étrangères. En moyenne, plus de 40 pour cent de la demande totale de céréales en Egypte et au Maroc proviennent des importations, selon la FAO. En Tunisie et en Algérie, cette part est de plus de 60 pour cent, alors que la dépendance de la Libye à l’égard du marché mondial est encore plus grande.

Les cinq pays d’Afrique du Nord vont importer des quantités record de 28,6 millions de tonnes au titre de l’année qui se termine le 30 mai, en hausse pour une quatrième année d’affilée et de 30 pour cent de plus depuis 2013, selon l’USDA. Au cours de cette même période, la production nationale a baissé de 26% alors que la consommation a augmenté de 9,2 pour cent pour atteindre le niveau record de 44,7 millions de tonnes, selon les données disponibles.

« Les importations seront encore importantes, et l’impact sur la pression économique dans les pays dépend non seulement des besoins mais aussi des prix sur les marchés mondiaux, » a souligné Monika Tothova, économiste à la FAO.

La plupart des importateurs de céréales ont bénéficié de la hausse de la production mondiale supérieure à la demande ces dernières années. Les stocks atteindront le niveau record de 236 millions de tonnes cette saison, selon un rapport du Conseil des céréales publié le 23 février. Les prix à terme du blé à la bourse de Chicago ont chuté de plus de la moitié alors qu’ils étaient de $ 9,47 1/4 $ le boisseau en 2012 pour plonger à 3,86 ¾ $ en août dernier. Les prix sont remontés d’environ 11 pour cent cette année et se situaient à 4,51 $ vendredi à 13h15 heure de Londres. Cela reste inférieur à la moyenne de 6,29 $ au cours de la dernière décennie.

par -

Le Secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) Noureddine Tabboubi rencontrera lundi matin le Chef du gouvernement Youssef pour lui faire part de la position et des réserves de la centrale syndicale au sujet du dernier remaniement ministériel, a annoncé dimanche le porte-parole de l’UGTT Sami Tahri.

Tahri s’exprimait devant la presse au terme de la réunion d’urgence du bureau exécutif de l’organisation syndicale sur le récent remaniement ministériel.

« Nous nous concertons avec tous les acteurs politiques, les partis et les organisations nationales pour parvenir à une position commune quant au rejet de ce remaniement et aux moyens de sauver le pays », a-t-il dit, affirmant qu’une réunion de l’instance administrative est prévue dans les plus brefs délais.

« Il n’y a pas eu de concertations avec l’UGTT sur ce remaniement, elle n’en a même pas été informée. Il s’agit d’une décision unilatérale », a-t-il déclaré, considérant que cette décision est un « désistement du Document de Carthage » et « une tentative de l’annihiler ».

Il a en outre estimé que ce remaniement « ne répond pas à une évaluation réelle du travail du gouvernement » et « aurait dû comprendre d’autres ministères qui connaissent une situation d’inertie, d’impuissance et d’échec ».

« Nommer un homme d’affaires à la tête du ministère de la Fonction publique est une offense au fonctionnaire publique et montre que le gouvernement cherche à appliquer les ordres du FMI qui consistent à désintégrer la fonction publique et à céder le service public », a-t-il dit.

Et d’insister: « L’UGTT fait porter au gouvernement la responsabilité et les conséquences d’un tel remaniement, autant sur le Document de Carthage que sur la relation UGTT-gouvernement et sur la situation sociale dans le pays ».

Pour Tahri, « certaines parties conspirent contre l’UGTT et cherchent à semer le chaos dans le pays ». Il a dans ce sens affirmé que « l’UGTT et les Tunisiens n’épargneront aucun effort pour contrer de tels plans sordides ».

Le Chef du gouvernement Youssef Chahed a opéré, samedi, un remaniement ministériel partiel et nommé Ahmed Adhoum ministre des Affaires religieuses, Khalil Ghariani ministre de la Fonction publique et de la Gouvernance et Abdellatif Hmam secrétaire d’Etat au Commerce. Abid Briki, figure clé de l’UGTT, a été démis de ses fonctions de ministre de la Fonction publique et de la Gouvernance.

par -

Le coroner Nicolas Loraine-Smith devrait rendre son verdict le 28 février courant dans le procès de l’attentat de Sousse qui a fait 30 touristes britanniques tués, une fois qu’il aura statué sur la question de savoir si et comment le tour-opérateur Tui et l’hôtel Riu Imperial Marhaba ont fait montre de négligence avant l’attaque terroriste.

Toutes les parties représentées au procès qui se tient au Royal Courts of Justice de Londres, ont convenu qu’un jugement pour «homicide» devrait être prononcé. Cependant, les familles des victimes demandent au tribunal de préciser que ces meurtres étaient dus «à la négligence», ce qui pourrait ouvrir la voie à une action en justice pour indemnisation contre le géant du voyage, rapporte la presse britannique.

La complexe argumentation juridique pour apporter la preuve de la «négligence» repose sur trois éléments : d’abord, que la sécurité des personnes tuées relevait de la responsabilité du T.O. Tui ; que la négligence était due à un « manquement grave»; et que ces manquements ont un «lien de causalité clair et direct» avec la mort.

L’avocat des familles de 21 des victimes, Andrew Ritchie, a passé en revue les témoignages portés au cours de l’enquête durant les six dernières semaines, indiquant que dans leur grande partie, ils ont démontré que les manquements sont imputés au tour-opérateur, à l’hôtel et aux forces de sécurité tunisiennes. « Il est établi que Tui n’a rien fait pour s’assurer de la sécurité après [la précédente attaque terroriste] du Bardo », a-t-il dit ajoutant que « « Tui s’est limité à la vérification des trois F » [fire, food, falling over] (feu, nourriture, chute). C’est une négligence grave à la lumière du fait qu’il pesait sur le pays un risque élevé de terrorisme ».

Ritchie a souligné ce qu’il a réclamé tenait à un certain nombre de défaillances graves de sécurité à l’hôtel, notamment le manque de gardiens, une mauvaise formation du personnel et les retards dans l’appel à l’aide de la Garde nationale.

Une cible des plus faciles !

« Pour une cible facile, c’en fut une des plus faciles », a-t-il dit. « Il y avait un manque de sécurité à l’hôtel et au niveau des accès [de la plage] ». «  Dans le périmètre de la piscine, ils [personnel de l’hôtel] déboulaient dans le désordre, c’est clairement la preuve qu’ils n’ont pas reçu de formation dans ce domaine ». Il a ensuite ajouté: « Ce n’est pas la règle de laisser ouvertes les portes de l’hôtel alors même qu’un homme s’y promène avec une arme à feu ». Il a cependant admis qu’il n’y avait aucune jurisprudence décrétant que les vacanciers dépendent de Tui pour leur sécurité, tout en soutenant que le tour-opérateur en est tenu pour responsable en vertu du droit commun.

TUI nie tout « manquement grave »

Pour sa part, l‘avocat de TUI, Howard Stevens QC, a rejeté la requête faite au coroner d’envisager un verdict retenant la «négligence», soulignant que « les choses auraient pu être pires » lors de l’attaque terroriste.

Dans sa plaidoirie au nom de la société, il a affirmé qu’« il importe de noter que certaines mesures ont été prises, même si l’avocat de la partie civile est enclin à penser que davantage aurait pu être fait ou que les choses auraient pu être mieux faites ». Il a ajouté que le coroner ne pouvait pas «  simplement écarter la présence de la sécurité », et que s’il y avait des caméras de vidéosurveillance supplémentaires ou des gardes en faction à l’entrée de la plage, « on ne pourrait pas conclure que l’une de ces mesures aurait probablement changé les choses ».

Il a déclaré que les propos de l’avocat de la partie civile suggérant que l’entrée de la plage aurait dû être fermée ou verrouillée pour empêcher le terroriste d’accéder à l’hôtel ne constituait pas un «manquement grave». « Il ne peut pas y avoir de réponse évidente, mais on ne peut pas y voir un manquement grave. Et on ne peut certainement pas dire que cela aurait probablement abouti à un meilleur résultat » »

Il a enfin affirmé que le tour-opérateur a agi conformément aux conseils du Foreign Office et n’aurait pas envoyé des touristes en Tunisie si le gouvernement britannique a déconseillé  » tout voyage ou tout voyage non essentiel».

par -

[NDLR: cet article est une traduction de l’article paru sur News-Press.com et qui concerne une affaire aux mains de la justice américaine. La justice dira son mot le 20 mars prochain. Pour lire le témoignage de la famille, nous vous invitons à lire : Tunisie-Affaire de l’étudiant tunisien de Floride : Ce que dit sa famille !]

Un étudiant tunisien de l’université de Floride « Florida Gulf Coast University » (FGCU) a été arrêté et suspendu du campus pour voies de fait graves et de harcèlement criminel à l’encontre d’une étudiante avec laquelle il sortait, rapporte le site news-press.

Un responsable du campus a affirmé qu’il portera cette affaire à la connaissance du Département d’Etat américain.

Selon la police de l’Université, l’étudiant, Sofiene Azabou, âgé de 22 ans, originaire de Sfax, avait une liaison avec l’étudiante sur le campus depuis le début du mois de janvier dernier.

Le rapport de police indique que l’étudiante a indiqué que sa relation avec l’intéressé était normale pendant une semaine, avant qu’il ne devienne irascible pour se mettre en colère, notamment après lui avoir fait l’historique de ses précédentes rencontres galantes et ses liaisons avec d’autres hommes.

Elle a ajouté que son compagnon lui a intimé l’ordre de rester dans sa chambre au foyer universitaire, le 18 janvier, pour aller « faire la bringue » avec ses amis et revenir en état d’ébriété, affirmant qu’il a saisi un pistolet à air comprimé qu’il  a pointé sur sa tête et a appuyé sur la gâchette. Aucun coup de feu du pistolet n’a cependant été tiré.

Le colocataire de l’étudiant a confirmé l’incident à la police précisant que ce dernier a été pris de rage contre lui l’accusant de rester ami avec l’étudiante. Il a ajouté dans sa déposition à la police du campus que l’étudiant l’a menacé de «faire de sa vie un enfer», ce qui l’a poussé à quitter le foyer au motif qu’il se sentait en danger.

Le rapport de police a également cité d’autres témoins qui ont affirmé avoir été témoins du harcèlement, d’appels téléphoniques menaçants et de violence verbale de l’étudiant envers son ex-petite amie. L’étudiant s’est rendu aussi à l’endroit où son ex-petite amie travaillait et a demandé que son patron lui permette de parler avec elle.

D’après la même source, le présumé harcèlement s’est poursuivi le 17 février date à laquelle l’étudiant tunisien s’est présenté à la chambre de la jeune fille au foyer universitaire à plusieurs reprises, et n’en est sorti qu’après une longue période.

Dans son interrogatoire par la police du campus, dimanche, l’étudiant a affirmé que dans l’incident au cours duquel il a utilisé le pistolet à air comprimé, il ne faisait que « plaisanter » avec elle. Le rapport de police cite également les déclarations de l’étudiant tunisien où il affirmait qu’il a été bouleversé par le fait que son ex-petite amie lui avait menti, ajoutant que «dans mon pays, quand une femme fait quelque chose comme cela, vous rompez tout contact avec elle. »

La police du campus arrêté l’étudiant tunisien dimanche soir et un responsable de l’université a dit qu’il allait contacter le département d’Etat américain.

La police du campus a également notifié à l’étudiant un avis de suspension provisoire, ce qui signifie qu’il n’est plus autorisé à se trouver sur la propriété de l’université, ne peut plus assister aux cours (y compris les cours en ligne), et qu’il ne lui est plus permis d’utiliser les commodités et les installations universitaires. Une suspension provisoire peut également inclure le retrait du logement.

L’étudiant tunisien demeure incarcéré dans la prison du comté de Lee sous une caution fixée à 20 000 dollars. Il a comparu en première audience dimanche et celle de sa mise en accusation a été fixée pour le 20 mars prochain.

Une injonction temporaire a également été déposée contre l’étudiant tunisien mardi devant le juge des affaires familiales, Elizabeth Adams, siégeant au tribunal du comté de Lee.

par -

L’Union européenne propose à la Tunisie et l’Egypte de simplifier les conditions et des procédures d’octroi de visas à leurs ressortissants et d’augmenter son économique en échange d’une souplesse dans l’expulsion des migrants africains indésirables, ont annoncé deux hauts fonctionnaires à Bruxelles. L’UE a convenu de mesures pour freiner les flux migratoires à partir de la Libye, principal point de départ pour les migrants qui cherchent à se rendre en Europe d’embarquement en provenance de l’Afrique, et cherche désormais à y associer les voisins de Libye.

Alors que le nombre de migrants venant de Tunisie et d’Egypte est minuscule en comparaison avec la Libye, le Caire et Tunis ont des gouvernements opérationnels et sont en mesure de surveiller leurs frontières, au contraire du celui établi à Tripoli soutenu par l’ONU. Cités par l’agence Reuters, des fonctionnaires et des diplomates soulignent que le Caire a exigé un prix élevé pour une nouvelle coopération dans ce domaine. « L’Egypte a deux préoccupations, la stabilité socio-économique et la sécurité. Et celles-ci sont liées « , a déclaré un haut fonctionnaire européen qui a visité Le Caire en janvier pour des entretiens sur la migration. « Nous travaillons sur l’établissement d’un dialogue qui serait consacré à cette question au bénéfice des migrants en provenance de la région mais aussi à celui des Egyptiens appartenant aux groupes les plus vulnérables ».

Une réadmission plus facile

Le ministre égyptien des Affaires étrangères est attendu à Bruxelles pour une réunion avec ses homologues de l’Union européenne le 6 mars prochain. Un autre fonctionnaire européen a estimé que cette rencontre viendrait à point nommé » pour l’Egypte et l’UE afin de déclarer leur volonté d’intensifier cette coopération ». Les pourparlers avec la Tunisie portent sur un assouplissement des procédures d’octroi des visas en échange d’un accord de réadmission qui rendrait plus facile pour l’UE l’expulsion des Tunisiens résidant illégalement en Europe, ou d’autres ressortissants qui sont arrivés de Tunisie.

L’UE a déjà conclu 17 accords semblables à celui-ci, notamment avec la Turquie et le Pakistan. L’un des éléments les plus controversés incitant l’UE à endiguer l’immigration clandestine en provenance d’Afrique est son implication dans les camps de migrants. Elle a accepté d’accorder des financements pour les sites gérés par les autorités en Libye, où selon un rapport de l’ONU, les pensionnaires subissent régulièrement de mauvais traitements, notamment la détention arbitraire, le travail forcé, le viol et la torture. Un deuxième haut fonctionnaire de l’UE a déclaré que ces camps étaient «probablement les plus proches des camps de concentration que nous avons au 21ème siècle », tout en défendant la stratégie européenne, en estimant qu’il était préférable d’essayer de mettre à niveau ces camps que de ne rien faire.

Certains gouvernements de l’UE,  notamment ceux de la Hongrie et de l’Autriche, veulent aller plus loin et créer des sites en Afrique du Nord pour y placer et filtrer les candidats à la migration, puis n’accepter en Europe que les réfugiés qui y sont éligibles. Le sentiment qui prévaut à Bruxelles est que ce « traitement externe » nécessiterait d’importantes opérations sur le terrain à risque juridique et sécuritaire extrêmement élevé. Les deux responsables ont nié qu’il en ait été question lors de pourparlers avec la Tunisie ou de l’Egypte, pour l’heure. Mais l’UE est en train de former les gardes-côtes libyens à l’interception des migrants en mer et à leur placement dans des camps en Libye, une démarche que les organisations non gouvernementales travaillant sur la migration, autant que des députés européens jugent inhumaine.

par -

Le sort du siège de feu RCD semble avoir été tranché. Il vient d’être déclaré inaliénable par le président de la commission de liquidation des biens et avoirs du RCD dissous, Soufiène Ben Salah. Dans une interview à Africanmanager en langue arabe, il a affirmé que le bâtiment de l’avenue de Mohamed V « n’a pas vocation et ne peut pas sortir du domaine de l’Etat », ajoutant qu’une forte probabilité existe d’arriver à rembourser les dettes de l’ex RCD sans recours à la vente de son siège central, considéré comme l’un des plus grands immeubles de la capitale Tunis, bien situé sur l’avenue Mohamed V du fait qu’il y occupe un emplacement stratégique.

Au contraire de ce qui est généralement admis, le parti dissous a laissé une « fortune » dont l’Etat peut tirer parti avec un passif estimé à 120 millions de dinars dont le principal créancier est la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) auprès de laquelle ses dettes s’élèvent à 82 millions de dinars. D’autres créanciers sont sur les rangs. Des dizaines d’entre eux ont présenté à la Commission de liquidation des déclarations de créances dont la valeur définitive sera cependant établie suite à un audit que mènera ladite commission, a précisé son président. La masse des dettes est jugée élevée comparée à la valeur des comptes particuliers laissés par le RCD estimés à 12 millions de dinars et qui ont été regroupés dans un compte unique, dont 80% ont servi à payer les employés licenciés des sociétés relevant du parti et qui sont au nombre de 6, des entreprises qui en sont à l’étape ultime de leur liquidation à l’exception de Dar el Amal et la Sagep, toutes deux en faillite. Mais ceci ne semble pas entamer l’optimisme du président de la Commission de liquidation qui a nié l’éventualité d’une cession du siège central du RCD dont l’acquisition est assidument recherchée par des groupes économiques étrangers et du Golfe.

Un espace « rassembleur » de tous les Tunisiens

Il sera attribué à cet édifice une rôle important, a souligné le président de la Commission, car il va contribuer à « rassembler tous les Tunisiens  aux fins de la réalisation de la réconciliation entre eux », a-t-il ajouté pour préciser ensuite que le rez-de-chaussée sera aménagé pour devenir un centre culturel et touristique comprenant un théâtre et des espaces d’animation et d’autres activités culturelles. Il a indiqué qu’il est envisagé d’utiliser à bon escient cette partie de l’immeuble qui comprend deux grandes salles d’exposition, pour en faire un musée de la mémoire nationale tunisienne à travers la projection permanente d’un film retraçant l’histoire des civilisations qui se sont succédé en Tunisie.

1,5 million de dinars pour l’entretien de l’édifice

Le maintien de l’ex siège central du RCD dissous dans le domaine de l’Etat est irréversible après que la Commission de liquidation a entrepris de l’entretenir et le restaurer pour une enveloppe de 1,5 million de dinars pour le conserver en bon état. La commission chargée de ce dossier avait trouvé le bâtiment dans un état lamentable, et il est prévu que les travaux d’entretien s’achèveront fin mars prochain afin de permettre au gouvernement de prendre la décision qu’il jugera appropriée concernant cet édifice. Le président de la Commission n’a pas écarté que l’immeuble soit mis à la disposition d’une institution de l’Etat qu’il n’a pas nommée.

Accélérer le pas

Le président de la Commission a affirmé dans son interview à Africanmanager que cette dernière, créée en 2013 par le Décret 1294 s’attelle à ses missions autant que le lui permettent les moyens disponibles pour accélérer les opérations de liquidation, clore le dossier et payer les créanciers. Elle a déjà recensé 2430 biens immobiliers à la faveur d’une vaste opération d’investigation et de prospection. Elle a également en l’espace de 14 mois procédé à la cession de 60 biens immobiliers relevant du parti dissous, cumulant une valeur de plus de 13 millions de dinars. Cette cession a concerné nombre de ministères, à savoir ceux de l’Intérieur (15), de la Défense (5), et de la Santé (4), les municipalités (35) outre l’agence de formation professionnelle (1).

Dans le même cadre, la Commission continue de procéder à la cession par adjudication de 20 biens immobiliers répartis essentiellement entre Sousse, Sfax, Médenine, Jendouba et Mahdia, dont la valeur totale est estimée à 10 millions de dinars, outre la cession de biens meubles d’une valeur de 40 mille dinars.

D’autre part, 12 biens immobiliers seront cédés cette année à la Poste Tunisienne pour un montant de 4 millions de dinars, alors que l’ISIE va acquérir 5 autres pour 6 millions de dinars. Il n’en demeure pas moins qu’un nombre important de biens immobiliers relevant du RCD dissous sont tombés dans l’escarcelle de mains ministères et institutions gouvernementales entre 2011 et 2012, soulevant des contentieux qui n’ont pas encore été résolus, de même que d’autres pour possession illégale, ce qui a amené la Commission à déposer 300 plaintes auprès des tribunaux aux fins de l’enregistrement de ces biens préalablement à leur cession.

par -

« L’opinion publique tunisienne refuse que la Tunisie serve de centre d’accueil pour les réfugiés, les migrants illégaux déboutés du droit d’asile en Allemagne », a affirmé le chef du gouvernement, Youssef Chahed dans une interview à la chaîne de télévision publique allemande Deutsche Welle.

Il a expliqué que la jeune démocratie tunisienne  en voie de construction doit être immunisée contre tous les risques dont celui d’abriter pareil centre. D’autant, a-t-il ajouté, que le pays est aux prises avec des problèmes économiques et sociaux et où le gouvernement est contrôlé  par le Parlement et les médias, affirmant la nécessité  que cette démocratie naissante soit soutenue et renforcée par des pays comme l’Allemagne.

Le chef du gouvernement a rappelé dans ce contexte que la Tunisie avait accueilli en 2011 un million de réfugiés qui avaient fui la guerre en Libye, des réfugiés libyens, africains et d’autres nationalités.

Interrogé si la Tunisie n’a pas besoin d’aide financière et économique en contrepartie d’un accueil de réfugiés comme l’avait accepté la Turquie, par exemple, Youssef Chahed, a affirmé que la Tunisie est un pays souverain et attaché à son autodétermination et n’est pas prêt à accepter des aides accordées à ce titre.

Le chef du gouvernement a souligné que sa visite en Allemagne était destinée à lever l’équivoque sur la question de migrants suite à l’attentat de Berlin perpétré par un Tunisie, précisant qu’il existe une confusion entre les réfugiés illégaux et les terroristes tunisiens se trouvant dans les zones de tension comme la Syrie et la Libye et qui sont passibles de la loi antiterroriste tunisienne.

Concernant l’affaire de l’auteur de l’attentat de Berlin, le Tunisien Anis Amri, il a rappelé que ce dernier a quitté la Tunisie depuis 5 ans en tant que migrant illégal et a séjourné dans maints pays européens avant de commettre l’odieux attentat de Berlin, soulignant que rien ne donnait  à penser qu’il pouvait être soupçonné d’activités  terroristes.

Interrogé sur le rapport de l’organisation Amnesty International faisant de cas de torture en Tunisie, le chef du gouvernement a affirmé que les autorités vont diligenter une enquête à ce propos et s’il s’avère que les cas signalés ont effectivement eu lieu, les coupables seront punis.

par -

Contre toute attente, c’est au Caire que les principaux antagonistes de la crise libyenne ont scellé ce qui a les allures d’une réconciliation, en tout cas les prémices d’une issue. Le chef du gouvernement d’entente nationale, Fayez El Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar y sont parvenus à un accord prévoyant d’œuvrer à la tenue d’élections présidentielle et parlementaires en Libye en février 2018. Ils ont convenu de créer une commission mixte mandatée pour trouver les solutions à apporter aux questions en suspens et aboutir à une mouture consensuelle à soumettre au parlement libyen pour adoption.

Qu’en sera-t-il alors du Sommet sur la crise libyenne auquel travaille depuis longtemps le président de la République tunisienne, Béji Caïd Essebsi, et dont la préparation devrait être à l’ordre du jour de la réunion des ministres tunisien, algérien et égyptien des Affaires étrangères, prévue le 1er mars prochain à Tunis ? En bonne logique diplomatique, ce Sommet, s’il lui arrivait d’avoir lieu, ne ferait que prendre acte, sans doute valider ce dont il a été convenu dans la capitale égyptienne.

On pourrait alors se prendre à penser que l’initiative des Tunisiens appuyée par les Algériens s’en serait allée en eau de boudin. Le président égyptien Abdelfattah Essissi, par un tour de passe-passe dont il semble maîtriser l’art, a coiffé au poteau les uns et les autres, restés en rade malgré les efforts marathoniens et les navettes diplomatiques qu’ils ont déployés pour amener les Libyens à composition et régler autrement que par les armes la virulente crise qui agite le pays depuis le chute de Kadhafi.

Essissi tape dans le mille !

Le chef de l’Etat égyptien a visiblement tapé dans le mille en misant invariablement sur Khalifa Haftar, le chef des Forces armées du Parlement de Tobrouk, qui a multiplié les visites au Caire ces derniers temps pour rencontrer, notamment, le général Mahmoud Hidjazi, chef d’état-major des forces armées égyptiennes, dépossédant ainsi la diplomatie et ministère égyptien des Affaires étrangères du dossier libyen traité d’abord et surtout comme une question sécuritaire et une affaire de sécurité nationale. Faisant face à la montée de groupes terroristes dans le Sinaï, Le Caire, qui cherche à neutraliser toute action politique des Frères musulmans, considère Haftar comme son principal allié en Libye. Et ce dernier le lui rend bien en affichant haut et fort son objectif de « nettoyer » la Libye des Frères musulmans. Au demeurant, l’Égypte, qui semble avoir l’appui de Washington, dont la nouvelle administration est dirigée par Trump, a avancé davantage et plus rapidement que l’Algérie et la Tunisie dans le dossier libyen. Franchement hostiles à l’approche sécuritaire, Alger et Tunis estiment que la solution à la crise libyenne doit être politique, construite à partir d’un « dialogue inclusif » devant aboutir à un consensus national solide qui garantit « la cohésion et l’unité du peuple libyen » et « la stabilité de la Libye ». Un consensus qui comprend également les islamistes dont certains refusent tout « rôle politique » pour les militaires agglomérés autour de Haftar.

Les « bons offices » de Ghannouchi

Dans cette configuration stratégique, beaucoup d’interrogations n’ont pas manqué de se poser sur le rôle imparti à Rached Ghannouchi qui a multiplié ces derniers temps les déplacements et les déclarations sur le dossier libyen, avec l’accord, affirme-t-il, du président Béji Caïd Essebsi, tout en soutenant que ses bons offices consistaient à établir une «passerelle» entre l’Etat algérien et Ali Salabi, le prédicateur et dirigeant islamiste libyen réputé proche du Qatar. Pratiquement reçu en audience par le président Bouteflika à chacun de ses voyages à Alger, il a révélé avoir organisé récemment, dans sa demeure à Tunis, une rencontre entre Ahmed Ouyahia, le directeur de cabinet du président Bouteflika, et Ali Salabi. Il n’en fallait sans doute pas davantage pour irriter les Algériens qui craignent la multiplication des processus de règlement de la crise libyenne, même s’il est admis que la diplomatie parallèle est         souvent utilisée par tous les États dans le traitement des dossiers complexes, et ce, depuis longtemps. D’ailleurs, dans une déclaration anonyme accordée à plusieurs médias nationaux, une source gouvernementale algérienne a nié des contacts avec les responsables islamistes libyens. «L’Algérie n’a pas de diplomatie parallèle», a estimé cette source. Même la rencontre entre le Directeur de cabinet de la présidence, Ahmed Ouyahia et le chef du parti tunisien a été qualifiée de «partisane».

par -

Serait-il écrit dans le ciel qu’en Tunisie la classe politique, déjà affublée d’un impénitent esprit de chicane, prenne toutes ses aises chaque fois qu’elle a à se saisir d’un dossier majeur comme, dans le cas qui nous occupe actuellement, celui des élections municipales. S’étant prêté à une succession d’accrocs et d’adversités qui ont failli le renvoyer aux calendes grecques, ce scrutin dont on a pourtant réussi à faire sauter le verrou de la loi électorale, s’offre une autre incertitude, celle de la date à laquelle il devra avoir lieu : à la fin de l’année en cours ou plus tard, inévitablement, au premier trimestre de 2018. Le président de l’ISIE penche pour la première échéance, avec une préférence pour le mois de novembre qu’il juge idoine, car celle de décembre coïncide avec deux aléas de taille, les mauvaises conditions climatiques avec leur cortège d’écueils dans certaines régions, et le marathon budgétaire. Au demeurant, l’Instance assure qu’elle sera, tous les cas de figures, dans les meilleures dispositions pour organiser cette consultation pour peu que « les autres parties » valident le calendrier y afférent.

Mais voilà qu’un autre accroc commence à se faire jour. Il tient à la promulgation du code des collectivités locales en l’absence duquel les élections municipales ne pourront pas se tenir. Prévu pour passer devant la Représentation nationale en juillet 2016, il ne l’a pas été pas plus qu’il n’a été adopté. Et rien n’indique concrètement que ce serait le cas dans un proche avenir pour permettre à l’ensemble du processus électoral de démarrer avec le découpage électoral, les inscriptions au registre, la fixation de la durée de la campagne et la validation des candidatures. Une articulation en l’absence de laquelle toute l’opération électorale sera caduque.

Les politiciens réaliseront-il l’importance de l’enjeu ? Rien n’est moins sûr, et ils l’ont montré plusieurs fois plutôt qu’une en faisant étalage de leurs griefs, de leurs querelles de clocher et leurs manœuvres dilatoires d’autant plus dévastatrices qu’elles ont retardé d’autant l’ordonnance de cet essentiel épisode électoral, le premier de l’ère de la Révolution dont il est unanimement attendu un redressement de la cité et de la commune partout dans le pays. Bien que les partis politiques protestent de leurs bonnes intentions et claironnent qu’ils sont attachés comme jamais à cette échéance, ils ne donnent que peu de gages qu’ils s’y investissent. On en a vu un des échantillons lors de l’examen et du vote de la disposition de la loi électorale autorisant les corps armés à voter. Un épisode qui aurait pu être expédié en cinq sept mais qui a pris de long mois inutiles et fastidieux.

Agitation tous azimuts

Les choses étant désormais ce qu’elles sont, tout le monde s’active ou plus exactement s’agite pour s’arroger le meilleur positionnement possible sur l’échiquier politique en prévision des Municipales, car on y voit un test grandeur nature des échéances électorales ultérieures, nommément les Législatives et les Présidentielles. Maintes formations politiques s’y préparent en négociant des alliances         pour être en mesure de faire bloc autour d’une force à même de barrer la route au mouvement Ennahdha, qui semble avoir en main l’essentiel des atouts pour rafler la mise. D’ailleurs, le parti de Ghannouchi, qui avance masqué sur cette voie, a mis au point, et depuis longtemps, une stratégie bien sentie pour devenir la première force politique du pays, alors que son rival, Nidaâ Tounès, étêté, et émietté qu’il est devenu, est bien en peine de lui tenir la dragée haute. Les autres formations politiques, à l’avenant. C’est tout juste si elles cherchent à se partager le vivier d’électeurs qui a permis au parti de Béji Caïd Essebsi, de conquérir les places fortes de l’échiquier politique. Une charogne sur laquelle sont en train de se ruer ces partis, minuscules et de peu de poids pour s’arroger un territoire s’ils faisaient cavalier seul dans la bataille électorale qui se prépare.

Un enjeu éminemment politique

Dans pareille configuration, le mouvement Ennahdha, avec des militants déterminés, disciplinés et très soudés, s’estimerait en pool position pour arriver à ses fins même s’il se dit toujours et viscéralement attaché à son entente avec Nidaâ Tounès ou ce qu’il en reste, et à son acte fondateur, la « collusion » scellée à Paris par BCE et Rached Ghannouchi.

C’est à cette aune qu’il faut appréhender l’enjeu principal des élections municipales. A ce titre, le scrutin, censé être une élection de proximité intéressant directement les citoyens, sera de nature éminemment politique donnant lieu à une mobilisation de la même essence. On sera alors à mille lieues de ce que doit être une consultation électorale municipale avec des édiles et des échevins occupés exclusivement à donner une direction stratégique à la ville, capables de construire une cohésion, d’organiser un bien vivre-ensemble en s’appuyant sur les réseaux économiques, associatifs et les partenaires sociaux, et surtout, à même de mettre en œuvre une action publique qui produit des résultats.

par -

Le Congrès américain est en train de plancher sur un projet de loi relatif à l’aide que les Etats-Unis entendent apporter à la Tunisie au titre de l’exercice fiscal 2017, qui commence de 1er avril prochain. Il s’agit d’un texte déposé le 3 janvier 2017 par le représentant démocrate de la Floride, Alcee Hastings, de concert avec son pair David Schweikert, représentant républicain de l’Arizona, auprès des « commissions appropriées du Congrès », c’est-à-dire les Commissions des affaires étrangères et de l’affectation des crédits du Sénat et de la Chambre des représentants.

Dans l’exposé des motifs du projet de loi intitulé « H.R. 157 : Loi de soutien d’urgence à la lutte antiterroriste de la Tunisie en 2017 », il est rappelé que « la Tunisie a été un allié essentiel des Etats-Unis depuis plus de 200 ans, le premier pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord à avoir mené une transition politique vers la démocratie à travers des élections démocratiques, libres et transparentes et a été désignée comme un allié majeur des Etats-Unis non-membre de l’OTAN ».

Le préambule passe ensuite en revue les incidents sécuritaires et armés liés au terrorisme, notamment les attentats visant des personnalités politiques, les attaques contre le musée du Bardo, des établissements touristiques à Sousse, le bus de la garde présidentielle à Tunis, l’attaque contre l’ambassade des USA à Tunis, l’opération terroriste de Ben Guerdane et l’enrôlement de plus de 3000 Tunisiens dans les rangs de Daech.

Dans sa déclaration politique, le projet de loi précise que la politique des USA vise à aider davantage le gouvernement tunisien élu démocratiquement à éliminer les organisations terroristes opérant en Tunisie et en Libye voisine et à empêcher les combattants tunisiens en Syrie de rentrer dans le pays. Il ajoute que cette politique doit être mise en œuvre à travers un effort global, , le cas échéant en coordination avec les alliés et les partenaires des États-Unis, aux fins du renforcement des capacités et de la coordination entre les forces de sécurité intérieure, de la lutte contre le terrorisme, de l’état de préparation des forces armées, ainsi que par l’aide à l’amélioration de la performance économique de la Tunisie, au développement de la société civile et par la fourniture d’une assistance pour la sécurité des frontières, et autres formes d’assistance technique.

Tout en constatant que le secteur de la sécurité en Tunisie souffre de décennies de corruption et de méfiance publique sous le régime de Ben Ali, les auteurs du texte appellent à la nécessité d’une réforme significative pour permettre aux autorités tunisiennes de lutter contre le terrorisme et renforcer l’Etat de droit, et les engageant à protéger les droits fondamentaux consacrés par la Constitution.

Répartition des crédits

Le projet de loi détaille les fonds à affecter aux crédits au titre de l’aide à la Tunisie et leur répartition. Ainsi, l’aide autorisée au titre des équipements militaires porte sur la fourniture de véhicules blindés, d’hélicoptères, de drones de surveillance et reconnaissance, et d’équipements de communication et de commandement sécurisé. Il est prévu une enveloppe de 65.000 000 dollars. Les fonds alloués à la formation militaire s’élèvent à 2.300 000 $ pour le même exercice. Aux fins de la protection des frontières nationales tunisiennes, l’Exécutif américain sera autorisé à affecter une enveloppe de 1. 500,000 $ en 2017. Il s’agit d’accroître les capacités de la Tunisie en matière de détection, d’identification et de lutte contre le trafic illicite d’armes à travers la formation intensive et les dons d’équipements.

Au chapitre de la réforme de la sécurité, qui concerne les forces de police autant que l’appareil judiciaire, les fonds alloués sont de l’ordre de 13.000 000 de dollars alors que ceux destinés à la lutte contre le terrorisme s’élèvent à 6.100 000 $. S’y ajoutent 13. 000 000 $ pour la lutte contre le trafic des stupéfiants et l’application de la loi.

S’agissant du soutien US à l’économie tunisienne, les fonds fixés dans le projet de loi d’aide à la Tunisie s’élèvent à 74.000 000 $. Il s’agira pour la Tunisie d’utiliser ces fonds pour la réforme de ses secteurs économiques et sociaux qui doivent être, affirme le texte, une priorité des États-Unis. Le gouvernement tunisien, ajoute-t-il, a fait des progrès notables en termes de libéralisation économique après des décennies de corruption et d’exclusion sociale sous le régime de Ben Ali. Cependant, davantage de réformes sont nécessaires pour consolider la stabilité économique de la Tunisie, souligne-t-il, réformes qui devraient viser à créer un environnement propice à l’investissement, tout en maintenant une protection importante et significative des travailleurs.

Tout en reconnaissant que la mise en œuvre des réformes économiques et sociales peuvent entraîner des difficultés économiques à court terme pour de nombreux citoyens tunisiens, le Congrès autorise l’administration US à reprogrammer les fonds provenant des soldes antérieurs affectés, mais non engagés pour mener à bien les activités à l’appui des réformes économiques de la Tunisie.

Enfin il est enjoint au Département de soumettre dans un délai ne dépassant pas 90 jours après la date de la promulgation de la loi relative à l’aide à la Tunisie, aux commissions compétentes du Congrès un plan stratégique pour mener à bien la mise en œuvre de la législation en question.

par -

Personne ne sait encore quelles mesures spécifiques l’administration Trump devra prendre pour désigner les Frères musulmans (FM) comme groupe terroriste dans le cadre de ce qui est considéré comme un mouvement de répression plus large contre les organisations islamiques. L’élite politique à Washington est profondément divisée sur la classification du mouvement comme organisation «terroriste» et sur les conséquences désastreuses qu’elle pourrait avoir pour l’administration US. De récents rapports des agences de renseignement ont appelé à l’exclusion des déclinaisons des FM en Tunisie et au Maroc de toute décision qui serait prise à cet égard.

Depuis que Donald Trump est à la Maison Blanche, les services de renseignement américains ont analysé la situation dans les pays arabes, en particulier les parties et les organisations considérées comme une subdivision des Frères musulmans. L’accent a été mis sur l’Egypte, la Jordanie, la Syrie, le Liban, le Qatar et la Libye, ainsi que le Soudan, la Mauritanie et l’Algérie.

Les observateurs, cités par le Middle East Monitor, estiment que si les Etats-Unis allaient de l’avant dans cette démarche, ils finiraient par perdre la plupart de leurs alliés dans la région, alors que des partis politiques islamistes liés aux Frères musulmans existent en Indonésie, au Pakistan, au Maroc, en Tunisie, en Jordanie, en Irak, au Koweït, au Yémen et même en Turquie. Ils soulignent que la décision pourrait entraîner de sérieux dommages, avec des conséquences négatives et nuisibles aux intérêts des États-Unis.

Les partis islamistes en Tunisie et au Maroc considèrent les déclarations sectaires et frustes de Trump – destinées à lutter contre l’Islam sous le couvert de la lutte contre le terrorisme – comme inapplicables à leur égard en raison de leur rôle croissant dans la lutte contre l’idéologie terroriste. Le Mouvement Ennahdha, par exemple, n’a de cesse d’affirmer qu’il est la plus grande victime du terrorisme et, comme le répète son président Rached Ghannouchi, l’islam démocratique est la meilleure solution pour lutter contre les terroristes.

Le Maroc est devenu un acteur-clé pour les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme en Afrique du Nord, en particulier à la suite des révolutions arabes qui ont déferlé sur la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), se traduisant par l’effondrement de nombreux États et l’émergence de groupes djihadistes. Au premier rang de ceux-ci figure Daech qui représente une menace réelle pour la paix mondiale.

Les craintes de Washington

Selon le journal marocain Al-Masaa, le Renseignement américain a excepté la Tunisie et le Maroc de la liste projetée des organisations terroristes en raison du rôle joué par leurs partis islamistes, nommément le parti justice et développement (PJD) au Maroc et Ennahdha en Tunisie, dans la transition démocratique dans les deux pays et leur participation au gouvernement. Les rapports de la CIA révèlent que la raison de leur non-inscription sur la liste terroriste est la crainte que cela puisse inciter les jeunes à la violence et à l’extrémisme, en ciblant l’Occident en général et les Etats-Unis en particulier.

Ammar Fayed, un chercheur égyptien sur les groupes islamistes, a souligné que le PJD et Ennahdha ne sont pas les seuls partis qui condamnent le terrorisme. Tous les partis islamistes, a-t-il expliqué, l’ont fait et refusent toute affiliation à une organisation en dehors de leur pays. Il estime que la désignation des Frères musulmans comme groupe terroriste n’aurait aucun effet sur la plupart des autres partis islamistes. Au Maroc, en Tunisie et ailleurs, il s’agit de partis officiels qui ne portent pas l’étiquette «Frères musulmans» et sont engagés pleinement dans la vie politique, citant comme exemples la Libye, la Jordanie, le Koweït et l’Algérie.

« Il semble que les positions des partis islamistes qui condamnent le terrorisme, ainsi que leur présence en tant que partenaires essentiels dans les gouvernements en place, bénéficiant ainsi de la reconnaissance nationale en Tunisie, au Maroc, au Yémen et en Libye, ait posé un dilemme pour l’administration américaine qui s’emploie à conserver le président égyptien comme un nouvel allié de Trump « , a déclaré l’expert au site Arabian Gulf Gate. » Les partis islamistes sont déjà partenaires au sein des gouvernements qui sont alliés avec Washington et d’autres gouvernements étrangers ainsi qu’avec des institutions et organisations internationales, ou sont actifs dans la vie politique au sein de la Représentation nationale, notamment. Ce faisant, comment sera-t-il possible de les désigner comme des organisations terroristes? « 

Trump face à un dilemme

C’est un vrai dilemme que l’équipe de Trump tente de résoudre. Si une approche extrême était adoptée en matière de désignation de partis islamistes comme groupes terroristes, cela soumettrait la politique américaine dans la région MENA à de sérieuses restrictions. Les USA ne pourraient pas, par exemple, désigner le mouvement Ennahdha comme une organisation terroriste tout en maintenant des relations avec lui, a insisté Fayed. «  Rompre les liens avec un acteur clé du gouvernement tunisien ne servirait pas les intérêts américains. »

Les modalités réelles d’une désignation des Frères musulmans comme organisation terroriste ne sont pas encore claires, a-t-il noté. Les diverses composantes de l’administration Trump ne partagent pas le même enthousiasme pour la politique et la question fait encore l’objet de discussions internes, dont l’issue est difficile à prédire, en dépit des rapports presque quotidiens des médias sur les discussions en cours et le fait qu’un projet de loi y afférent soit soumis au Congrès américain.

Selon l’expert, la décision peut se limiter aux Frères musulmans d’Egypte en premier lieu, au motif qu’ils sont le plus grand et principal mouvement et donc la cible principale du lobby pro-Israël à Washington. Cette focalisation aurait pour but d’apporter plus de soutien au régime de Sissi au Caire et ne signifierait pas l’inscription de centaines de milliers de personnes sur la liste des sanctions des États-Unis. De telles décisions, a-t-il conclu, ciblent souvent des dirigeants et des personnalités spécifiques afin de limiter leurs déplacements à l’étranger ou leurs sources de financement.

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le PDG de la Poste Tunisienne, Moez Chakchouk, a mis l’accent sur les efforts fournis par l’entreprise pour...

AFRIQUE

SPORT