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Mohamed Lahmar

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Les ministres de l’Education, Neji Jalloul, et des Finances, Lamia Zribi, ont été démis de leurs fonctions.

Au cours d’un remaniement ministériel partiel, opéré, dimanche soir, par le chef du gouvernement, Slim Khalbouss a été nommé ministre de l’Education par intérim et Fadhel Abdelkafi, ministre des Finances.

Fadhel Abdelkafi occupait, jusqu’à ce jour, le poste de ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale et Slim Khalbous détenait de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

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La politique des taux d’intérêts, qu’il s’agisse de relèvement, de baisse ou de maintien, est le moyen majeur dont les banques centrales disposent pour gérer le crédit et les changes. C’est une arme pour ajuster le cours de leur monnaie par rapport aux autres. Une augmentation des taux d’intérêts entraîne une revalorisation du loyer de l’argent, par conséquent, les investisseurs vont acheter cette monnaie en délaissant les autres car sa rémunération est meilleure. La demande de monnaie étant importante, celle-ci va augmenter par rapport aux autres. C’est aussi un véritable régulateur du crédit dans la mesure où les taux directeurs mesurent le coût de refinancement pour les banques commerciales. Le but d’une hausse des taux est bien souvent de calmer l’accord de crédits par les banques commerciales en alourdissant leur charge de refinancement.

La Banque centrale de Tunisie dont c’est ordinairement la vocation, y a eu récemment recours en relevant son taux directeur de 50 points de base à 4,75% à l’effet d’enrayer la demande accrue des opérateurs sur les devises étrangères, générant ainsi une dépréciation sensible du dinar, notamment vis-à-vis du dollar et de l’euro. Et on ne s’empêchera de penser, à l’égal de nombre d’analystes, que la chute du dinar influe directement sur le déficit budgétaire qui va systématiquement s’aggraver outre son effet de boule de neige sur l’endettement de l’Etat. De plus, cette dépréciation de la monnaie nationale se traduirait par un manque à gagner en matière de crédits, contribuerait à épuiser les fonds propres, et nourrira l’inflation pour aboutir à la chute de la consommation.

Nombreux sont ceux qui font remarquer que le relèvement du taux d’intérêt directeur par la BCT est en ligne avec les recommandations du Fonds monétaire international qui appelait à « un durcissement de la politique monétaire pour permettre de contrer les tensions inflationnistes, et à une plus grande flexibilité du taux de change qui aiderait à réduire le considérable déficit commercial. ». En fait, par durcissement de la politique monétaire, il est entendu un accroissement du taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie. Et ceci ne favorisera pas l’investissement et amène les banques de la place à resserrer les crédits à l’économie outre une baisse des investissements et de la consommation, deux déterminants fondamentaux de la croissance, avec au final un ralentissement de la croissance.

Effet dérisoire sur la dépréciation du dinar !

Dans ce concert d’analyses, il y en a une, que l’on doit à l’économiste Fatma Marrakchi Charfi dont elle s’est fendue lors d’une rencontre à Paris, sur la  » dépréciation du dinar tunisien « . L’augmentation du taux d’intérêt directeur n’aura pas un impact significatif sur la dépréciation du dinar, affirme-t-elle. En revanche, « il faut à court terme, réduire les importations, impulser les exportations et la croissance pour limiter le glissement », soutient-elle. Elle voit dans le relèvement du taux d’intérêt directeur une mesure qui « plombera les charges des entreprises et les crédits des particuliers empruntés à taux variables… les instruments dont dispose la Banque centrale dans ce domaine, étant limités ».

Voilà pourquoi l’économiste appelle à la nécessité d’intervenir au niveau de la politique budgétaire et non pas au niveau de la politique monétaire, car la Tunisie a besoin d’un taux de croissance de plus de 3 % pour résoudre le problème du déficit budgétaire. Elle appelle, en outre, le gouvernement à imposer des restrictions pour limiter les importations et demander au Fonds monétaire international d’activer les clauses de sauvegarde, en se basant sur l’existence de secteurs sinistrés tels que le textile et l’habillement.

Enfin, réagissant au tollé soulevé par la dépréciation du dinar au cours des derniers jours, elle affirme que  » la monnaie nationale n’est pas très surévaluée par rapport à sa valeur réelle « .  » Ce qui s’est passé ces derniers jours, est un emballement plus que nécessaire dans les échanges de devises, ce qui a fait que le taux de change s’est déprécié très rapidement « , selon son analyse qui définit la dépréciation et la dévaluation par le degré d’engagement de la Banque centrale à défendre la parité d’une monnaie « , faisant remarquer que la BCT n’est pas obligée de défendre la parité du dinar, car  » nous ne sommes pas dans un régime de change fixe. Dans, le régime de change tunisien, ce sont les intermédiaires agrées qui déterminent le taux de change, et la banque centrale intervient pour réajuster, explique-t-elle.

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Ce qui se passe à Tataouine ne peut en aucun cas être pris pour un épisode où la rage démultipliée de jeunes chômeurs finira par se résorber. C’est un événement d’essence très grave de par sa nature autant qu’en regard des répercussions qu’il aura immanquablement sur l’architecture du pouvoir, la crédibilité du gouvernement déjà mise à mal et sur l’ordonnance générale de situation sociale. On ne s’attardera pas sur le camouflet infligé au chef du gouvernement, Youssef Chahed, contraint d’écourter sa visite, ni sur le courage, disons la témérité, dont il a fait montre pour aller à la rencontre des contestataires, ni encore sur l’accueil franchement hostile réservé à ses 64 mesures qui ont fait ainsi lamentablement chou blanc. Mais il y a un fait qu’il importe de souligner et sur lequel il faut rigoureusement mettre l’accent, c’est l’Etat qui se trouve avili et son autorité bafouée, se dépouillant ainsi de la capacité de se faire respecter et même d’être présent dans une région qui semble s’essayer à une forme, certes embryonnaire, de sécession… pour l’heure, économique.

En affichant une détermination inédite d’aller de l’avant dans leur mouvement, en y mettant en place la logistique d’escalade y afférente, avec son cortège de sit-ins, de barricades , de coupure de routes, avec à la clé une chaîne d’approvisionnement pourvue en commodités, les contestataires semblent vouloir s’y installer à perpétuelle demeure jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites, notamment 20% des revenus pétroliers, de l’emploi dans les compagnies pétrolières pour au moins un membre de chaque famille, et pourquoi pas la nationalisation des sociétés opérant sur les sites de production comme l’appel en a été lancé à Kamour d’où pourraient s’ouvrir les portes de l’enfer, étant déjà une zone de non-droit.

La fine bouche !

Il y a peu de doute qu’elle cesse de l’être avec sa peuplade de 4000 protestataires qui se disent prêts à tout pour faire aboutir leurs demandes qui, en fait, se résument à de confortables rentes, sachant qu’un poste d’emploi dans une compagnie pétrolière signifie un haut salaire et un travail d’une durée de 15 jours par mois et d’autant de repos. Une autre revendication porte sur les recrutements dans les sociétés de services pétroliers dont la main d’œuvre est actuellement fournie par les régions où ces entreprises sont domiciliées, notamment le gouvernorat de Sfax. Des demandes qui ont l’appui ostentatoire de la classe politique et même de certains partis censés servir de bouclier pour ledit gouvernement d’union nationale, et plus encore des unions régionales des trois organisations nationales y compris le patronat. Tout ce beau monde sait pourtant que le gouvernement n’est pas en capacité d’offrir à la région plus qu’il n’a été annoncé par Youssef Chahed déchiré entre l’injonction de donner suite à ces revendications et la perspective de devoir- sans le pouvoir- en faire autant pour les autres régions qui, galvanisées par cette « capitulation », seront promptes à se mettre sur les rangs pour exiger un traitement similaire en vertu de ce qu’on pourrait appeler « la clause de la région la plus favorisée ».

Cette éruption et celles qui devraient la suivre sont la signature d’une démocratie quelque part fourvoyée par la fracture qui va s’accroissant entre des libertés mal comprises et un Etat à ce point accommodant qu’il voit son autorité s’éroder partout et en maintes occurrences sans pouvoir vaquer à ses missions telles que prescrites par la Constitution et les usages. Et à chaque fois qu’il s’avise à se ressaisir, il se retrouve en butte à des résistances si puissantes et des tollés si virulents qu’enfin il jette le manche après la cognée.

Et BCE dans tout cela !

On aura des masses de choses à dire sur la façon dont le gouvernement, et pas spécialement celui de Chahed, gère les affaires de l’Etat, mais limitons-nous aux modus operandi qui sont les siens chaque fois qu’il a à faire face à un mouvement social d’inhabituelle envergure. Habib Essid avait été accusé de mener une politique de « mains tremblantes ». Son successeur ne semble pas y avoir dérogé malgré les fois professées lors de son discours d’investiture au Parlement et l’appui, continuellement putatif, auquel se sont engagés les signataires du Document de Carthage, au point de se retrouver tout seul face à la tempête.

C’est manifestement le cas s’agissant de Tataouine. Et nul ne sait ce que sera la réponse du gouvernement pris ainsi dans un piège et dans un tourbillon qui peuvent lui valoir une issue à tout le moins redoutable. Laissera-t-il les choses en l’état ? Prendra-t-il le taureau par les cornes pour prendre les décisions qu’un Etat digne de ce nom doit prendre ? Des interrogations réellement lancinantes qui renseignent sur le peu ou, avouons-le, l’absence de marge, que lui laissent les révoltés de Kamour qui ne veulent pas entendre parler de solution autre que celle qu’ils exigent sous peine de voir des régions comme Gafsa s’inscrire dans la même logique, en attendant d’autres.

La rengaine des « demandes légitimes » reprise en chœur par toute la classe politique et le gouvernement devenant éculée et ne faisant plus recette, et dans le même temps le gouvernement discrédité, on ne voit nul biais, nécessairement convenu, par lequel ce dernier parviendra à sortir de l’impasse sans y laisser des plumes. Et il est à cet égard singulier voire déroutant que Béji Caïd Essebsi, qui a le statut et les pouvoirs constitutionnels et autres de chef de l’Etat, n’ait pas encore jugé bon de monter au créneau. Le fera-t-il, et si oui, quel lapin sortira-t-il de son chapeau ?

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La compagnie aérienne Air Malta relie a annoncé qu’elle reprendra la desserte de la Tunisie par le  redémarrage des vols réguliers entre les îles et l’aéroport de Tunis Carthage à partir du lundi 26 juin 2017.

Paul Sies, directeur commercial d’Air Malta, a déclaré:

« Nous sommes très heureux d’annoncer que nous reviendrons en Afrique du Nord cet été avec  trois vols directs par semaine. C’est la deuxième destination que nous annonçons en autant de semaines. Nous suivons chaque jour la situation en Afrique du Nord. Maintenant que la situation en Tunisie s’est stabilisée, nous voulons être parmi les premières compagnies aériennes à relier à nouveau  l’Europe à ce pays à nouveau.

« La Tunisie est une excellente destination et nous sommes confiants que ce sera un excellent ajout à notre calendrier car nous relions Tunis non seulement à Malte, mais aussi à beaucoupde  nos destinations européennes. Le pays est idéal pour les vacances de week-end et le soleil et d’autres types de  vacances « .

Les vols d’Air Malta augmenteront la connectivité des vols entre la Tunisie et les villes européennes de Vienne, Londres, Rome, Amsterdam, Prague, Munich, Bruxelles, Marseille, Catane, Milan et Zurich avec une brève escale à l’aéroport international de Malte.

Air Malta assurera également des services de fret complets sur cette route, facilitant ainsi la circulation des marchandises entre les deux pays et ouvrant une nouvelle passerelle de marchandises vers la Tunisie et au-delà.

 

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A l’occasion du Marché arabe           du voyage (ATM) qui se tient actuellement à Dubaï, l’Institut mondial de bien-être (GWI) a publié une foule de données sur la croissance et les récentes tendances des marchés du tourisme de bien-être et de thalassothérapie dans les pays MENA (Moyen-Orient / Afrique du Nord). En dépit des problèmes de sécurité dans des pays comme l’Egypte, Israël, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie, les revenus du tourisme de bien-être de la région ont augmenté de 6% par an durant la période 2013-2015 (de 7,3 milliards $ à 8,3 milliards $), en ligne avec les taux de croissance mondiale. Et le marché thalasso de la région MENA a augmenté encore plus rapidement: le chiffre d’affaires annuel est passé de 1,7 milliard $ à 2,1 milliards $, soit 10% de croissance annuelle, cinq fois plus vite que le taux de croissance globale moyenne de 2%.

L’étude révèle que la région MENA est un marché touristique de bien-être unique. Par exemple, au niveau mondial, seulement 33% des revenus du tourisme de bien-être proviennent des touristes étrangers, mais dans la région MENA, cette part est de 68%. Et les Emirats Arabes Unis restent la locomotive de la région, avec un marché du tourisme de bien-être près de deux fois plus important (2,7 milliards de dollars) que son concurrent le plus proche, le Maroc (1,5 milliard $), un marché thalasso environ trois fois plus grand (742 millions de dollars) que celui de l’Arabie Saoudite (255 millions $).

Dans cette configuration, la Tunisie figure à la 6ème place du Top 10 des marchés du tourisme de bien-être dans la région MENA, avec 50.000 entrées et un chiffre d’affaires de 322 millions de dollars, loin derrière les Emirats arabes unis, premier de la liste avec 1,7 million d’entrées et 2,72 milliards $. Le Maroc est 2ème avec 2,5 millions d’entrées et des recettes de 1 ,55 milliard $, suivi d’Israël, de la Jordanie et de l’Arabie saoudite. Dans ce classement, la Tunisie devance Bahreïn, l’Iran, l’Egypte et Oman.

Sur le marché thalasso et durant la période 2013-2015, la Tunisie est classée à l’avant-dernière position tout juste devant l’Egypte (10ème). Elle affiche 196 stations thermales et des recettes de l’ordre de 76 millions de dollars. La première place revient encore aux Emirats avec 687 unités générant 746 millions $, talonnés par l’Arabie saoudite à la 2ème position avec 352 établissements et un chiffre d’affaires de 255 millions $. Le Maroc est troisième avec 1785 unités et des recettes de l’ordre de 244 millions de dollars. Israël est 4ème, le Koweït 5ème, Bahreïn 6ème, Qatar 7ème, Oman 8ème. Lanterne rouge, l’Egypte avec 362 unités et des recettes de 67,5 millions de dollars.

Tendances du marché de bien-être de la région MENA

La tendance la plus déterminante du tourisme mondial prend racine dans la soif de tout ce qui est authentique et unique, mais les atouts basés sur la Nature et la beauté traditionnelle de la région MENA et de la péninsule arabique demeurent largement sous-exploités. Tout cela est appelé à changer par la mise en valeur des éléments constitutifs et des avantages locaux, tels que les hammams et les bains de sable ainsi que l’architecture et l’alimentation indigène, comme le lait de chamelle et les fruits de sidra, une variété de lotus.

L’autre tendance a trait au bien-être communautaire et à l’immobilier Lifestyle. C’est l’un des marchés de bien-être qui enregistre la plus forte croissance dans le monde avec une valeur de 119 milliards de dollars. Mais le marché MENA vient tout juste de commencer avec un chiffre d’affaires de 500 millions $. La croissance est à venir La croissance est à venir et l’accent est mis sur la polyvalence : un volet accueil et un autre de séjour de bien-être comprenant des résidences de bien-être et l’hôtellerie de bien-être. Le complexe Six Senses Gammarth célèbre la riche histoire culturelle de la Tunisies, à la fois Berbère, Ottomane, Arabe et Française, à travers des références architecturales, des tentes et du design intérieur.

S’y ajoutent au titre des tendances du marché, les sources thermales dont la Tunisie, le Maroc, l’Algérie et l’Iran sont abondamment pourvus mais où fait défaut une infrastructure touristique et d’accueil conséquente pour les soutenir et promouvoir. Alors que l’on assistance à une renaissance du secteur à travers le monde, le développement du tourisme basé sur les sources thermales dans ces pays est appelé à « chauffer ».

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De l’avis presqu’unanime, Emmanuel Macron sera le prochain président de la République française. En passant au second tour de l’élection présidentielle avec comme adversaire Marine Le Pen, il s’offre un boulevard vers l’Elysée, et tout porte à croire qu’il ne fera qu’une bouchée de la candidate du Front national. Si son programme pour la France est regardé comme complet et prêt à l’emploi, il en va différemment de la politique qu’il entend mener à l’étranger sauf pour l’Europe et quelques dossiers d’actualité brûlante comme celui de la Syrie ou de la Russie. Ailleurs, il ne s’est signalé que par quelques déclarations éparses et des idées générales, très vagues et très vastes qu’il a lancées à la faveur de visites destinées à peaufiner sa stature internationale, à l’instar de celles qu’il a effectuées en Tunisie, en Algérie, au Liban, mais peu constitutives d’une vision bien articulée encore moins d’une stratégie bien arrêtée concernant les voisins méridionaux et méditerranéens de la France. Pour lui, « la politique arabe et méditerranéenne doit être replacée au cœur de la diplomatie» française. «Mais sa conviction profonde est que la zone méditerranéenne n’est pas l’apanage de la France mais bien l’affaire de toute l’Europe», précise un de ses conseillers.

Sans être totalement approximative, cette approche a ceci de pertinent qu’elle donne une idée sur l’importance que Macron attache aux pays de la rive sud de Mare Nostrum qu’il semble inclure dans une architecture de coopération non seulement orientée vers le développement, mais aussi surtout vers la lutte contre le terrorisme, singulièrement celui de Daech dont la France ne cesse de pâtir avec des attentats à répétition et généralement dévastateurs. Une approche qui, cependant, demande à être érigée en ligne politique cohérente, largement convenue et fondée sur des valeurs communes, s’agissant particulièrement du Maghreb, dont le vainqueur du premier tour a visité deux pays, la Tunisie et l’Algérie où ses positions, pour l’heure embryonnaires, devraient impérativement gagner en relief en crédibilité.

Ce sera l’œuvre de son staff diplomatique composé de hauts fonctionnaires du Quai d’Orsay qui travaillent discrètement, déjà depuis des mois pour le candidat d’En Marche auxquels s’ajoutent de grosses pointures tels que l’ancien ministre mitterrandien Hubert Védrine, qui lui téléphone régulièrement, et du chiraquien Dominique de Villepin. On y voit un viatique de poids et de valeur qui dotera Macron d’une politique efficace à l’égard du Maghreb, du Moyen-Orient et de l’Afrique, alors qu’il passe pour un néophyte en diplomatie, ce qui en a fait et fait encore un candidat peu prolixe en la matière, sous peine de commettre des incongruités.

Et la Tunisie !

Celui qui est donné prochain locataire de l’Elysée a eu l’occasion de distiller quelques vues sur la Tunisie où il était en visite en novembre 2016, sans avoir, cependant, été reçu par le président de la République, Béji Caïd Essebsi, qui devrait après coup s’en mordre les doigts. En tout cas, Macron s’est offert l’opportunité d’assurer que s’il était élu, « il ferait venir de grands industriels pour fertiliser la transition démocratique tunisienne. J’œuvrerais aussi pour la réduction de la dette tunisienne envers la France ». On ne s’empêcherait pas de relever dans cette déclaration la marque et les accents des bonnes dispositions qu’il cultive envers la Tunisie, tout en se disant «  impressionné par la manière inouïe avec laquelle les sociétés civile et politique ont été redressées. C’est cela qui forge une nation ». Du reste, il a pris sur lui d’exprimer le souhait de « voir émerger, en Tunisie, un mouvement comparable à celui qu’il vient de lancer en France, « En Marche », après sa démission du gouvernement Valls.

Pour lui, en effet, la Tunisie a des relations fortes avec la France, à l’instar de l’Algérie et du Maroc, des relations basées sur des liens humains et des intérêts communs majeurs. « Ce seront des partenaires essentiels dans le cadre de l’initiative en direction de la Méditerranée et de l’Afrique que je souhaite engager dès le début de mon mandat ». C’est une initiative qu’il a qualifiée d’ambitieuse, groupant l’Europe, le sud de la Méditerranée et l’Afrique, les routes de la liberté et de la responsabilité, pour « renforcer nos intérêts mutuels, dans tous les domaines – sécurité, climat, commerce, emploi, innovation ».

Et tout en concédant que « notre aide au développement n’est pas suffisante, particulièrement en Afrique », il a promis que « nous devons l’augmenter pour atteindre, comme nos partenaires européens, l’engagement de 0,7% de la richesse nationale, entre 2017 et 2030, en fonction de nos marges budgétaires ». Une aide au développement qui devra se concentrer sur l’Afrique et l’espace francophone, pour appuyer les priorités que j’ai déjà évoquées : lutte contre le dérèglement climatique, droits des femmes, éducation et formation, infrastructures, bonne gouvernance, développement du secteur privé et de l’emploi.

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Le dinar tunisien continue de filer vers les abysses. Jeudi, il s’échangeait à 2.600 contre l’euro et à 2.4150 face au dollar. Il ne serait pas loin de la parité de 3 dinars pour un euro, comme le craignent vivement les milieux économiques et financiers, surtout après les déclarations de la ministre des Finances sur une dévaluation de la monnaie nationale et les vagues qu’elles ont suscitées. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, est monté ce vendredi au créneau pour annoncer que des mesures vont être prises pour arrêter cette descente aux enfers due à l’accentuation du déficit commercial, elle-même générée par le flagrant et continuel déséquilibre entre les importations et les exportations. Selon la Banque centrale, ce déficit a dépassé, au cours des deux premiers mois de 2017, les 2,5 milliards de dinars contre environ 1,35 milliard au cours de la même période de 2016, les importations allant à un rythme largement supérieur à celui des exportations (23,7% et 4,7%, respectivement). Un écart que le gouvernement entend réduire par des restrictions frappant les importations « anarchiques » – comme les a qualifiées Youssef Chahed- des produits non essentiels, c’est-à-dire inutiles qui grèvent lourdement la balance commerciale.

Un Conseil ministériel sera consacré à la question au début de la semaine prochaine. Déjà, le gouverneur de la BCT a rencontré le ministre du Commerce, sans doute pour dresser la liste des produits concernés par ces restrictions et étudier les mécanismes pour les mettre en œuvre. Mais, il est logique de penser qu’elles viseront au premier chef les produits dits de luxe et ceux similaires à ce qui est produit localement, notamment le textile, la confection, les chaussures…

Des précédents « inopérants !

Ce n’est pas la première fois, depuis la Révolution du moins, que les pouvoirs publics en Tunisie mettent en place des arsenaux de mesures pour stopper l’hémorragie des importations, sans pour autant aboutir aux résultats escomptés comme l’atteste l’état des lieux actuel. En 2012, le gouverneur de la BCT avait décrété des mesures visant à réduire l’importation des produits de luxe dans le but de réduire le déficit commercial et de maîtriser les réserves en devise. Mais le Fonds monétaire international avait alors demandé la suppression de ces mesures et le rétablissement du droit d’importer cette catégorie de produits. En 2014, le gouvernement alors en place avait pris des mesures pour enrayer la hausse des importations des produits de consommation qui « portent un préjudice grave ou risquent de constituer un préjudice grave à la production nationale », comme l’y autorise l’article 30 de la Loi du 18 décembre 1998 plus communément appelée “la loi sur la sauvegarde des pratiques déloyales à l’importation“. Elle autorise le ministre en charge du Commerce de soumettre les produits en question à la procédure dite de «fiche d’information» qui, comme son nom l’indique, comporte un certain nombre d’informations permettant au ministère du Commerce de juger du préjudice que peut porter l’opération d’importation en question sur les branches de production nationale. Cette fiche ne peut en aucun cas se substituer à une licence ou autorisation d’importation de quelque nature que ce soit, et a une durée de six mois. Elle n’a pas touché les biens d’équipement et divers intrants nécessaires au développement de l’activité économique mais uniquement certains biens de consommation qui représentent à peine 5% des importations tunisiennes.

Gare à la taxation !

On ignore pour l’heure avec exactitude la nature des mesures que le gouvernement de Chahed a en tête pour mettre fin à la spirale des importations. Mais, généralement, il n’existe que deux grandes catégories de moyens pour le faire : les droits de douane et les instruments non-tarifaires. Cette dernière catégorie regroupe tous les instruments en principe interdits par les accords internationaux mais tolérés sinon acceptés dans les faits. Depuis sa création, l’un des objectifs prioritaires de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a été de marginaliser le rôle des instruments non-tarifaires en interdisant leur utilisation dans de nouveaux accords et en demandant aux Etats membres la transformation de ceux déjà existant en leur équivalent tarifaire.

Selon les deux économistes tunisiens, Mariem Brahim et Fakhri Korbi, la solution la plus commode consisterait à limiter les importations improductives, à réduire les importations de luxe et à favoriser la consommation des produits « made in Tunisia ». Mais surtout, ils mettent en garde contre l’erreur à ne pas commettre, celle d’augmenter la taxation sur les produits importés, pour la simple raison, expliquent-ils, que cela aurait des répercussions directes sur le rythme des exportations avec, à terme, la dégradation aggravée du déficit commercial. Dans un second temps, il serait nécessaire de revoir les accords bilatéraux entre les pays partenaires, afin d’imposer des exportations proportionnelles aux volumes des importations. C’est ce qu’on appelle les « restrictions volontaires aux exportations » (RVE) ou accords d’auto-limitation. Il s’agit d’un quota sur les importations administré par le pays exportateur au lieu de l’être par le pays importateur. Ces restrictions sont généralement imposées sous la pression du pays importateur. D’un point de vue économique, leurs effets sont exactement semblables à ceux des quotas d’importation dont les licences sont allouées à des gouvernements étrangers. Cependant, les restrictions volontaires se révèlent dès lors plus coûteuses pour le pays importateur qu’un droit de douane qui limiterait les importations du même montant, selon les spécialistes.

Autres procédés à disposition pour restreindre les importations, les instruments non-tarifaires où les normes sont un moyen puissant en raison de leur extrême diversité. Les plus utilisées d’entre elles sont les normes techniques sur un produit, ou encore les normes d’origine qui sont destinées à éviter les manœuvres de contournement des barrières protectionnistes grâce au transit par un pays tiers.

Telle est la palette des dispositifs que le gouvernement peut mettre en œuvre pour restreindre les importations. Toutefois, il semblerait pencher pour l’option tarifaire qui lui permet de taxer les marchandises importées et ce jusqu’à 200%. La TVA y est également applicable (18% pour la plupart des marchandises). Il y a également une taxe spécifique pour les produits qui entrent en concurrence avec la production locale. Les tarifs varient de 10% à 700%, pour les produits de luxe notamment.

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L’université de Kairouan a annoncé qu’il a été établi qu’un groupe d’étudiants de la Faculté des lettres et des sciences humaines a manipulé les notes et falsifié nombre de documents officiels , en l’occurrence des attestations de réussite et d’autres d’inscription ainsi que des bulletins de notes et des diplômes.

Elle appelle tous les établissements universitaires relevant de son ressort à vérifier l’authenticité des diplômes universitaires des étudiants de la faculté entres les années 2012 et 2016.

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L’économie bleue, c’est un axe du futur majeur qui déterminera l’avenir économique et environnemental de la Tunisie au regard des immenses opportunités qu’elle offre pour la croissance et ses deux carburants, l’investissement et l’emploi ainsi que pour la commodité et le bien-être du citoyen. Située en plein cœur de la Méditerranée et y disposant de deux façades, avec un littoral qui se déroule sur 1 148 kilomètres dont 575 de plages sablonneuses, la Tunisie, paradoxalement, ne qu’un menu parti de ce cadeau du ciel qu’elle utilise, du reste, de façon inconsidéré, aux fins de la pêche, du tourisme et dans une moindre mesure de l’exploitation pétrolière et gazière.

Pourtant, il s’agit d’un gisement incommensurable pour opérer des bonds dans le processus industriel qui ne serait plus linéaire. Il offre la possibilité d’une industrialisation rapide prenant en compte le changement climatique et la durabilité des ressources disponibles. La Tunisie s’y essaie à une échelle très réduite au travers de projets en collaboration avec l’Italie dans le domaine de la transformation des produits aquatiques avec la biotechnologie marine vecteur d’innovation et de qualité (BioVecQ) ou encore la sécurité et la qualité des produits aquacoles avec son programme SecurAqua. Elle semble, cependant, chercher à monter en gamme en proposant aux investisseurs internationaux le projet du port en eau profonde d’Enfidha et ceux de la construction de centrales électriques et d’usines de dessalement d’eau de mer.

L’UE à la rescousse

Pourrait-on y déceler l’embryon d’une vraie économie bleue telle qu’elle est conçue par les voisins sud-européens de la Tunisie ? Tout y concourt, d’autant que Tunis est considéré par l’Union européenne comme un pôle économique à l’instar de Barcelone, Marseille, Naples et une plaque tournante du tourisme à l’égal des îles Baléares, de la Sicile et la Corse. La Commission européenne vient d’ailleurs de l’inclure dans sa nouvelle initiative pour le développement durable de l’économie bleue dans la région de la Méditerranée occidentale. Il s’agit de « permettre à l’UE et aux pays voisins d’œuvrer de concert pour renforcer la sûreté et la sécurité maritimes, de favoriser la croissance durable de l’économie bleue et la création d’emploi, et de préserver les écosystèmes et la biodiversité ». Le commissaire européen pour la politique européenne de voisinage et les négociations d’élargissement, Johannes Hahn, explique que cette nouvelle initiative régionale « reconnaît et exploite le potentiel économique de la mer Méditerranée et de son littoral afin de renforcer encore la croissance économique, de contribuer à la création d’emplois et, à terme, à la stabilisation de la région. Il s’agit d’une étape importante vers le renforcement de la coordination et de la coopération entre les pays participants». Son collègue pour l’environnement, les affaires maritimes et la pêche, Karmenu Vella, lui, a choisi un autre angle de tir, il met l’accent sur « le lien fragile existant entre la préservation des habitats et des traditions nationales et la nécessité de veiller à la viabilité économique ». L’économie bleue est importante pour chacun des pays concernés et ceux-ci ont compris que l’union faisait la force», a-t-il dit.

Et pour cause, la biodiversité maritime en Méditerranée subit une forte pression, en ce sens que selon un rapport récent rédigé par des scientifiques du Centre commun de recherche, la moitié de biodiversité a été perdue au cours des 50 dernières années. À cela s’ajoutent les préoccupations récentes en matière de sécurité et de sureté suscitées par une augmentation des flux migratoires du sud vers le nord.

Priorités et mécanismes

Trois grands objectifs sont assignés à l’initiative européenne : un espace maritime plus sûr, une économie bleue intelligente et résiliente et une meilleure gouvernance de la mer. Il s’agit d’abord de mettre en place une coopération entre les garde-côtes nationaux en termes de les réponses à apporter en cas d’accident et de marée noire. Les actions spécifiques porteront à cet effet sur la modernisation des infrastructures de surveillance du trafic, le partage de données et le renforcement des capacités. Ensuite, les priorités portent sur la collecte de nouvelles données, les biotechnologies et le tourisme côtier. Enfin, et pour ce qui est de la gouvernance, la priorité est donnée à l’aménagement du territoire, à la connaissance du milieu marin, à la conservation des habitats et à la pêche durable.

L’initiative sera financée par des fonds et instruments financiers existant au niveau international, national, régional et au niveau de l’UE, lesquels seront coordonnés et se compléteront. Cela devrait créer un effet de levier et attirer des financements d’autres investisseurs publics et privés, estime la Commission européenne.

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La Tunisie aura finalement sa deuxième tranche du prêt du FMI, i.e les 308 millions de dollars au titre du Mécanisme élargi du crédit (MEDC), et encore sous réserve de l’aval du Conseil d’administration du Fonds qui se réunira à cet effet début juin. C’est une bouffée d’oxygène autant qu’un point de passage obligé pour postuler à d’autres financements des bailleurs internationaux, singulièrement la Banque mondiale et l’Union européenne. Les caisses de l’Etat devraient pouvoir respirer un peu, mais pour combien de temps ? Le même scénario va certainement être remis en jeu, sans doute en plus brutal, étant toujours chevillé à la progression des réformes « urgentes et énergiques » prescrites par le Fonds monétaire international, dès qu’il s’agira de la 3ème tranche et des cinq suivantes stipulées par le MEDC.

Pour autant, la Tunisie serait-elle passée sous le laminoir du FMI, comme le soutient nombre d’experts et d’analyste ? On se résigne à penser que ce serait le cas, car, de fondation, l’institution de Bretton Woods n’est en aucun cas susceptible de déroger à cet arsenal de préceptes qui, à force d’être rigoureux, peut faire d’elle ce qu’il est convenu d’appeler un pompier pyromane, ses recettes ayant mécaniquement un coût social que seuls quelques pays « bénéficiaires » peuvent endurer. La Tunisie, au sortir d’une révolution, n’est visiblement pas de cette extraction. Cela doit vouloir dire qu’il lui en coûtera de se lancer dans les chantiers économiques, financiers et sociaux auxquels elle s’est solennellement engagée, avec la diligence et la rigueur voulues par son bailleur de fonds. D’autant moins que le pays est en proie à une vague de contestation qui se répand comme un feu de brousse nourri par deux brandons, le chômage et les inégalités de maints ordres, alors que le gouvernement, tout en protestant de sa détermination et de sa bonne volonté -et on le comprend-, est peu en état d’y répondre autrement que par des mesurettes qui ressortissent plus au bricolage qu’à une vision claire et déterminée qui rassure et désamorce l’impatience.

Des défis qui s’enchaînent

On ne peut pas s’excepter de devoir à la vérité de dire – et le FMI en a pris acte- que le gouvernement s’échine à créer des débouchés économiques et des emplois pour tous les Tunisiens, à stabiliser les finances publiques dans l’intérêt des générations futures, et à protéger les populations vulnérables en cette conjoncture difficile. Mais comme le constate le même FMI, l’économie tunisienne se heurte à de « redoutables défis ». Si, de surcroît, on lui en imposait d’autres, alors fatalement, les répercussions seraient encore plus redoutables, surtout dès lors qu’il s’agira de s’attaquer à des questions communément admises comme « tabous » et des lignes rouges à ne pas franchir telles que la réduction des subventions, la cession des entreprises publiques et dans une moindre mesure la dévaluation déguisée du Dinar.

On n’en convient pas moins que le train de l’Etat devra être raboté au moyen d’une maîtrise de la masse salariale et d’un durcissement de la politique monétaire pour contrer les tendances inflationnistes, mais pour le reste, et eu égard aux résistances syndicales, politiques et populaires, ce sera prendre le tison par où il brûle. Face à une grogne qui explose au moindre accroc, une autorité de l’Etat en total vacillement, un composé de libertés sacrosaintes, une classe politique très avare de soutien au gouvernement, voire franchement hostile et un syndicat à tout le moins peu coopératif, il ne sera nullement dans l’ordre des choses tel qu’il est à l’heure actuelle que les préceptes du FMI aient la suite exigée sous peine de couper le robinet.

Bémol à la fièvre revendicative

Dans cette configuration, il point cependant une petite lueur d’espoir que l’on se console à rechercher dans la reprise de l’activité touristique, de celle de la production du phosphate et d’une assez bonne campagne agricole. Une conjoncture, si elle arrivait à prendre corps, pourrait aider à atténuer les écueils sur lesquels butte depuis de longues années toute l’ordonnance économique et sociale du pays. Sauf si, et la ministre des Finances l’a dit craindre ce mardi même, un tragique aléa venait à se produire, à savoir un acte terroriste comme il s’en a été commis ces dernières années. C’est manifestement de moins en moins probable avec la vigilance de tous les instants dont font montre les forces de sécurité et de l’Armée.

Il reste que c’est aux Tunisiens eux-mêmes qu’il incombe de faire en sorte que leur pays puisse s’affranchir de la tutelle encombrante du FMI, en liguant leurs efforts, en mouillant la chemise, en bannissant tout ce qui pourrait faire obstacle au redressement, en s’interdisant toutes les formes de contestation autres que pacifiques et légitimes et en cessant de réclamer tout et tout de suite. Au gouvernement, il est demandé de repenser de fond en comble les ressorts et les modes de son action, d’aller plus à l’écoute du peuple, arriver à le convaincre du sérieux de ce qu’il entreprend, et surtout qu’il est rigoureusement déterminé à améliorer la gouvernance, notamment la lutte contre la corruption et la mainmise des élites et à instaurer un dialogue en vue de déterminer les origines du malaise social et d’y apporter des solutions, en particulier avec les syndicats, comme le lui enjoint, de son côté, la Banque mondiale.

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Une réunion  s’est tenue lundi après-midi au palais du gouvernement de la Kasbah entre des représentants du gouvernement tunisien et les membres de la mission du Fonds monétaire international dans le cadre de « l’accord d’experts ».

Le chef de la mission du FMI a déclaré que cette réunion entre  dans le cadre de l’étape intermédiaire en prélude à la réunion du Conseil d’administration du FMI, fin mai, début juin 2017, affirmant que cet accord ouvrira la voie au décaissement de la 2ème tranche du prêt du Fonds à la Tunisie , dont le montant est de 320 millions de dollars, soit l’équivalent de 700 millions de dinars tunisiens, selon un communiqué de la Primature

Le représentant du FMI a indiqué qu’il s’agit d’un indice positif pour les institutions financières internationales en vue de l’octroi de prêts à la Tunisie : 500 millions de dollars pour la Banque mondiale et 400 millions d’euros pour l’Union européenne.

« Le gouvernement tunisien est sur la bonne voie pour faire de la Tunisie une puissance économique de haut rendement, ayant un avenir prometteur en termes de développement des régions et de création d’emplois », a affirmé le représentant du FMI.

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Le conseiller de Donald Trump sur les questions touchant à la politique moyen-orientale et au terrorisme, Walid Phares, vient de publier un deuxième post sur sa page facebook en réaction à la tempête qu’il avait soulevée , jeudi 14 avril, en affirmant qu’un complot islamiste est en train d’être fomenté contre le gouvernement de Youssef Chahed et que les islamistes libyens à Tripoli et les islamistes tunisiens font cause commune pour faire tomber le gouvernement « démocrate » et « modéré » en vue de s’emparer du pouvoir.

Dans ce second post, il relève que son commentaire sur la Tunisie a touché une corde sensible. Il a expliqué qu’il a été surpris qu’un bref post sur Facebook partageant les commentaires issus des évaluations des experts déclenche un déluge de réactions, dont certaines pourraient être qualifiées d’hystériques. « Ce très court commentaire, qui n’a apporté aucune nouvelle qui ne soit pas disponible en ligne, doit avoir touché un point sensible. La réaction massive à un si court paragraphe prouve qu’il y a une question profonde couvant sous la surface qui vient de se signaler à l’attention de la communauté internationale ».

Le message FB n’est pas le problème maintenant, mais la réaction l’est. Ce que ce post a révélé c’est qu’il y a suscité chez une partie une vive colère en réaction à l’affirmation que les «islamistes» veulent s’emparer d’un surcroît de pouvoir en Tunisie et que, d’autre part, il y a de réelles inquiétudes chez la partie adverse que pareille chose existe effectivement. « Le tsunami des commentaires nous en a dit beaucoup plus que le briefing original », a-t-il relevé, ajoutant en guise de clarification que « le briefing auquel nous avons référé était le fait d’experts non gouvernementaux. Que certains des commentateurs hystériques se calment, a-t-il dit.

Walid Phares précise ensuite que le terme «renverser» dans ce contexte ne signifiait pas «complot», mais plutôt que les efforts de mobilisation de la rue sont censés s’effondrer pour le remplacement du gouvernement actuel. Il n’y a rien d’insolite s’agissant de telles tentatives. En outre, il n’y avait aucune indication dans ce petit article sur le groupe « islamiste » en Tunisie qu’il avait évoqué. Enfin, soutient-il, la coopération entre les islamistes en Tunisie et en Libye est une question bien connue. Encore une fois, il n’y a rien de nouveau à ce propos, précise-t-il, ajoutant que « nous avons clairement déclaré que nous nous employons à obtenir confirmation des points du briefing ». Mais simplement, explique-t-il encore, en mentionnant ces points, même pas en les confirmant, nous devons avoir abordé une réalité fondamentale. Le reste demeure tel qu’il a été publié.

Walid Phares fait cependant remarquer que les réactions ont révélé un important réseau de militants qui utilisaient un matériel de propagande bien connu entre 2011 à 2016 « pour nous attaquer ». Ceci qualifie le parti derrière la campagne de dénigrement et donne crédit à certains des points évoqués dans la publication originale. Il note ensuite que de nombreuses publications en ligne ont confirmé le peu qui a été dit dans la publication et même y ont ajouté d’autres.

Et de conclure : «  nous ne ferons aucun autre commentaire avant de confirmer le briefing original. Nous témoignons tout notre respect pour le gouvernement démocratiquement élu de Tunisie et vouons de l’admiration pour la société civile tunisienne et ses forces démocratiques ».

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Emploi et développement. Un cri de ralliement repris dans tous les mouvements de protestation qui sont en train d’essaimer dans maintes régions du pays, et qui ont tendance à en gagner d’autres. Plus qu’un ras-le-bol de circonstance, c’est la nouvelle dynamique d’une jeunesse qui en a sa claque d’attendre sans voir rien venir, mais décidée à aller au bout de sa logique. Laissés, et depuis un long bail au bord du chemin, ces protestataires, qui se recrutent pour la plupart dans les rangs des diplômés de l’enseignement supérieur, ne semblent plus résignés à uniquement se faire entendre, mais somment les pouvoirs publics à cesser de promettre pour passer à l’acte, toutes affaires cessantes.

Il est vrai que le gouvernement se saisit lentement de leur cause, s’il lui arrive de le faire. Une démarche qu’il partage en parfaite égalité avec ses prédécesseurs, sans s’exempter de distiller quelques mesures, au reste, rejetées en bloc parce que jugées dérisoires, comme c’est actuellement le cas surtout à Tataouine où un attelage de ministres blancs-becs s’est employé comme souvent plus à « éteindre l’incendie » qu’à donner des gages réels et crédibles que les choses vont effectivement changer, même si un calendrier de mise en œuvre a été établi, visiblement à la hâte.

A la vérité, ceux qui protestent et qui affirment devoir encore le faire, se tourmentent certes de ne pas pouvoir travailler, mais aussi et surtout d’une forme d’exclusion sociale et même régionale qui ne leur donnent nullement l’espoir attaché généralement à l’ascenseur social avec la reconnaissance concrète de leur accès aux droits, par ailleurs solennellement stipulé par la Constitution et abondamment repris par le discours politique. En un mot, ils revendiquent en fait des visions et des actions structurantes qui singularisent la lutte contre l’exclusion par l’insertion et l’accès aux droits.

On a habituellement tendance à imputer l’exclusion sociale à la seule pauvreté. L’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives (ITCEQ), y ajoute le décrochage scolaire, le chômage, les activités informelles, la précarité du travail et les difficultés de création d’entreprises (l’entrepreneuriat). C’est à ce composé qu’il va falloir s’attaquer pour que d’autres finalités soient attribuées aux stratégies des pouvoirs publics. D’autant que, explique l’ITCEQ dans une luxuriante étude chiffrée, les groupes vulnérables se trouvent souvent dans un cercle vicieux : la difficulté de trouver un emploi entraîne un découragement général qui conduit parfois à un retrait du marché du travail. Le retrait des jeunes du marché du travail au début de leur carrière peut compromettre leurs perspectives d’emploi à long terme et, au fil du temps, causer une détérioration de leurs compétences professionnelles. Le chômage de longue durée peut être une cause de pauvreté chronique, de marginalisation et de troubles sociaux.

Un fléau inégalement partagé

Invariablement, le taux du chômage en Tunisie, tourne autour de 15 et 16%, sauf pendant l’année de la Révolution où il a bondi à 18,6%. Et ce sont toujours les gouvernorats du Sud qui affichent les pourcentages les plus élevés avec 26,6% dans le Sud-est et 22,3% dans le Sud-ouest, alors que les gouvernorats du Nord-est et du Centre-est ont affiché le taux de chômage le plus faible avec 8,9% et 9,9% respectivement. Dans le même temps, le taux de chômage des diplômés n’a pas cessé d’augmenter depuis 2006, il est passé de 17% en 2006 à 28,6% en 2015. Il a atteint en moyenne un taux alarmant de 33,6% entre 2011 et 2015.

Mécaniquement, ceux qui sont rebutés par le marché formel incapable de satisfaire toutes les demandes d’emploi, se rabattent sur le secteur informel. Or, l’emploi au sein de l’économie informelle constitue un facteur amplificateur de la pauvreté, de la vulnérabilité et de l’exclusion sociale. Il s’agit des emplois non protégés, à faible productivité et sans couverture sociale. En chiffres et jusqu’à 2010, le taux d’emploi dans l’économie informelle était au voisinage de 40%. Les activités informelles se sont développées après la Révolution. Elles représentent aujourd’hui près de 50% du PIB et font employer 40,2% de la main d’œuvre. Voilà pourquoi il est recommandé de lancer une stratégie nationale ayant pour but de faciliter la transition des entreprises vers l’économie formelle. Pour ce faire, l’Etat peut alléger la pression fiscale sur petites entreprises, accorder des avantages spécifiques pour ces entreprises dans les marchés publics, faciliter l’accès à l’obtention des crédits, etc. Ainsi, la formalisation des entreprises du secteur informel permet l’inclusion sociale des salariés.

Un terreau explosif !

Plus important encore et même vital, il faut une démarche vers une croissance inclusive, et celle-ci requiert la réalisation d’une croissance élevée et soutenue. Dans ce contexte, l’inclusion sociale désigne une égalité d’accès aux marchés et aux ressources de tous les citoyens. Cette condition permet de répartir la création des richesses entre tous les secteurs d’activités d’une part, et d’autre part, de partager équitablement les fruits de la croissance entre tous les individus. Et pour que la croissance puisse être réellement inclusive, elle devra s’appuyer sur la création d’emplois de qualité, sa durabilité et sa capacité à réduire la pauvreté et les inégalités.

Quand des citoyens se sentent exclus ou assignés à des places subalternes, il y a un risque qu’ils se replient sur eux-mêmes, sur leurs identités locales et tribales. Cela fait le lit du communautarisme avec les tensions que cela peut entraîner. C’est sur le terreau de l’exclusion sociale que germent les intégrismes et tout cela, dans un contexte international qui apporte son lot d’exacerbation. Si au bout du compte on ne donne pas à ces citoyens la possibilité de s’insérer mais aussi de se promouvoir au cœur même de la société, le risque d’une déflagration sociale est possible, comme on en voit les premiers symptômes à Tataouine.

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On est bien en peine de s’expliquer cette malédiction qui s’est abattue sur le premier plan de développement de la Tunisie de l’après-Révolution, baptisé « Plan quinquennal 2016-2020 » autrement que par la procrastination qui frappe de façon endémique l’Etat surtout lorsqu’il s’agit d’entreprendre des actes majeurs et urgents. Les exemples font foison qui en administrent la preuve, tels que ceux des nombreuses lois essentielles laissées en souffrance, comme les législations sur l’investissement, sur les collectivités locales, sur le partenariat public-privé, et bien d’autres où l’Etat, principalement l’Exécutif et le Législatif, cultive une évidente tendance à remettre systématiquement au lendemain des actions qu’il est rigoureusement tenu de lancer pour être affublé de l’étiquette de « retardataire chronique ».

Le cas d’espèce le plus actuel est celui du Plan quinquennal qui aurait dû être fin prêt et mis en œuvre en 2016. On est au mois d’avril 2017 et les députés n’en ont commencé l’examen que ce mardi, avec, faut-il bien le préciser, trois heures de retard, le quorum n’ayant pas, comme souvent, été atteint, dans le cadre d’une séance plénière dont l’opposition a exigé en chemin la modification de l’ordre du jour pour l’examen en toute urgence d’une « brutalité policière » commise sur quelques étudiants en droit rassemblés alors place de la Kasbah. Une demande dont été déboutés les initiateurs mais dont le « conciliabule » a mis une heure environ pour finir en eau de boudin, les groupes parlementaires d’Ennahdha et de Nidaâ Tounès ayant rejeté en chœur la requête.

Enorme gâchis !

Une péripétie, une autre, qui vient troubler l’ordonnance de ce Plan qui a cessé d’être quinquennal pour s’attribuer plutôt l’épithète « triennal et demi ». Un gâchis qui pèsera de tout son poids sur la suite des évènements, alors que le pays a cruellement besoin d’un schéma de développement précis, chiffré et doté d’une vision claire et largement convenue pour fixer un cap pour l’horizon 2020 avec des projets bien pensés et des mécanismes d’une efficacité sans tache. Car, comme on peut le constater, surtout au regard de la forte vague de protestations qui agitent présentement nombre de régions du pays, le décor est planté pour un épisode de troubles qui ne manqueront très vraisemblablement pas de gagner d’autres contrées.

Sans qu’il y ait lieu de parler de péril en la demeure, il importe que le Plan soit urgemment mis en œuvre pour au moins, permettre au gouvernement de cesser de faire le sapeur-pompier chaque fois qu’éclate un mouvement de protestation, pour l’heure, pacifique, et de s’engager comme il en forme le projet, dans le vaste chantier du redressement, surtout économique et social. C’est d’une absolue nécessité pour atténuer, d’abord, la flambée revendicative qui ne cesse d’enfler, et plus important encore, pour donner de solides et crédibles gages que les pouvoirs publics sont déterminés et surtout capables de répondre aux attentes qui n’ont que trop durer en donnant de l’espoir à une jeunesse gagnée par une si virulente frustration, singulièrement dans les régions de l’intérieur.

La discrimination positive, une vue de l’esprit !

Le gouvernement en place et ceux qui l’ont précédé ont décidé de s’y atteler à l’enseigne de la discrimination positive dont, toutefois, une immense majorité des intervenants à la Plénière de ce mardi ont affirmé ne repérer que peu de trace dans leurs circonscriptions respectives. Et ils ne se font pas faute d’énumérer de longues listes de projets proposés lors de la consultation organisée en amont du Plan, mais qui ont été rarement retenus. Ils ne se sont pas empêchés non plus de faire grief aux concepteurs du Plan d’en faire à leur tête en imposant aux régions des projets de peu d’effet sur leur développement et sans prise réelle et conséquente sur leurs réalités. Ce à quoi le ministre du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale Mohamed Fadhel Abdelkefi, a répondu en assurant que l’exécution du projet de développement peut être actualisée et que le gouvernement peut introduire des changements au niveau des projets réalisés chaque année d’application du plan, conformément à la loi des finances. Au demeurant, il a rappelé que le Plan a alloué 45 milliards de dinars pour la réalisation des projets de développement dans les différentes régions sur un total de 75 milliards de dinars au profit des projets proposés au plan régional. 70% des allocations permettront de financer des projets dans les régions intérieures en adoptant l’indicateur du développement régional, a-t-il affirmé.

Certes le Plan pèche par des insuffisances, et elles sont nombreuses, mais on ne peut pas s’interdire de trouver qu’il est ambitieux avec un taux de croissance de 4% à partir de 2020, un chômage ramené à 11%, un volume d’investissement de 125000 millions de dinars. Un schéma de développement qui s’attaque aux plus grands défis du pays à savoir la bonne gouvernance, la réforme de l’administration et la lutte contre la corruption, la transition d’une économie peu compétitive vers un hub économique, le développement régional et l’économie verte en tant que pilier du développement durable.

Une articulation dont il peut être espéré qu’elle répondra à une partie des attentes générales, régionales et locales, pour peu que des mécanismes fiables et efficaces soit mis en place pour son exécution, mais aussi et surtout que le gouvernement parvienne à donner du crédit à ce qu’il entend faire avec tout le séreux requis et une vision suffisamment claire pour être rassurante et convaincante.

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L’ISIE l’a décidé : les élections municipales auront finalement lieu le 17 décembre 2017. C’est son dernier mot mais pas celui des autres, c’est-à-dire une large part de la classe politique, de la société civile et les acteurs liés d’une façon ou d’une autre à cette échéance. Pourtant, on a pavoisé lorsque la loi électorale avait été votée en janvier dernier après que le nœud gordien du vote des forces de sécurité et de l’armée a été tranché, Ennahda y ayant levé son véto. L’accalmie qui s’en est suivie aura été de très courte durée et un autre casus belli a vite surgi sur l’opportunité jugée impensable d’appeler les citoyens aux urnes avant la promulgation de la nouvelle loi relative aux collectivités locales qui viendrait remplacer celle, obsolète et inappropriée, de 1975.

Cette nécessité semble gagner du terrain et de nombreux politiciens de bien des bords en font leur cheval de bataille, manifestement pour retarder la date des élections municipales. Ce moratoire pourrait s’expliquer par l’impréparation de leurs partis à croiser le fer avec le mouvement Ennahdha et aussi Nidaâ Tounès, qui disposent déjà d’une très confortable majorité au Parlement, et dont les chances de l’emporter au scrutin municipal sont beaucoup plus favorables que celles de leurs adversaires, principalement le tout nouveau Front du Salut et du Progrès (FSP), déterminé à jeter toutes ses forces dans la bataille électorale.

L’écueil de la loi sur les collectivités locales

Dans cette croisade-dans la mesure où elle est menée pour faire pièce à Ennahdha- le FSP travaille d’arrache-pied pour convaincre tout le monde que la promulgation de la loi sur les collectivités locales est d’une nécessité absolue pour tenir les Municipales qui n’auraient plus alors aucun sens si les prochains édiles issus des urnes ne disposaient pas des moyens de leur mandat que leur reconnaît la législation relative au pouvoir local. Une vision à laquelle adhère la puissante organisation syndicale, l’UGTT, dont le secrétaire général adjoint, Bouali Mbarki a jugé impératif d’accélérer l’adoption du code des collectivités locales pour « garantir le succès des élections municipales, et réussir une décentralisation qui favorise le travail dans les régions ». Un accord entre la classe politique et les différents intervenants s’impose pour réaliser les élections municipales locales qui forment un indicateur de la réussite du processus démocratique en Tunisie, a-t-il précisé au demeurant.

Même son de cloche chez la société civile et plus particulièrement l’Association tunisienne pour l’intégrité et la démocratie des élections (Atide) dont le président s’égosille à alerter qu’il y a « péril en la demeure démocratique tunisienne à vouloir coûte que coûte tenir ces consultations locales sans avoir, au préalable, mis en place par le menu détail les modes de fonctionnement, ni défini les pouvoirs et prérogatives, des autorités municipales et locales, censées servir de relais effectifs et efficaces du pouvoir central ».

Une loi électoralement « caduque »

La logique électorale dicte que les maires et les échevins qui sortiront des urnes le 17 décembre 2017 disposent d’attributions qui les fondent à remplir leur office autrement que sur le mode établi par l’actuelle loi sur les collectivités locales en vigueur depuis 1975. Une loi qui n’a nullement prise sur la réalité de la Tunisie telle qu’elle fonctionne depuis 2011, avec les nouvelles attentes qui habitent les citoyens et surtout au regard de la nécessité de déposséder le pouvoir central, c’est-à-dire l’Etat, de larges pans de l’autorité qu’il détient, laissant peu de place et d’autonomie aux acteurs locaux, plus est, choisis par les citoyens eux-mêmes. En l’absence d’un cadre légal régissant les mécanismes de la gestion municipale, communale et locale, autrement dit la loi relative aux collectivités locales, il sera extrêmement difficile voire impossible pour les nouveaux édiles de s’arroger la latitude nécessaire pour répondre aux attentes des citoyens. D’autant que ce sera toujours le pouvoir central qui tiendra encore les cordons de la bourse.

Le gouvernement semble mesurer l’étendue de cet écueil et son ministre des Affaires locales et de l’environnement a assuré le week-end dernier que le projet de loi relatif aux collectivités locales sera soumis à l’Assemblée des représentants du peuple, dans les jours à venir. Pour autant, les députés, dont on connaît la légendaire velléité de procrastination, arriveront-ils à expédier un texte de 400 articles en quelques brefs, mois, en tout cas avant la rentrée politique de septembre ? On ne peut qu’en douter vu les vacances parlementaires et les projets de loi, urgents et essentiels, dont ils doivent débattre, comme celui, par exemple de l’urgence économique, et plus encore du Plan quinquennal.

Une « proposition pragmatique » !

Dans les débats qui enflent au fil des jours, il a émergé une « proposition pragmatique » avancée par le Réseau “Mourakiboun” qui pourrait offrir un début de solution à la crise qui hypothèque le processus électoral municipal. Il suggère de «  se limiter dans la loi sur les collectivités locales à l’adoption de la partie relative aux municipalités et de reporter l’adoption du reste des articles relatifs aux conseils régionaux et circonscriptions à une date ultérieure en attendant l’aboutissement à un compromis sur la date des élections régionales ».

Une proposition qui aurait l’heur de prospecter un biais, disons un raccourci, à même de remporter l’adhésion de bien des parties et remettre en marche le processus des Municipales.

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Après avoir nourri des craintes qui tournaient quelque part au mélodrame sur la venue de la mission du Fonds monétaire international, le gouvernement tunisien semble ce vendredi comme soulagé de l’accueillir enfin dans ses murs pour des discussions sur le décaissement de la fameuse 2ème tranche de 350 millions de dollars du prêt de 2,8 milliards $ approuvé le printemps dernier par l’institution de Bretton Woods.

Les membres de cette mission sont arrivés à Tunis et sont déjà à pied d’œuvre pour s’assurer que la Tunisie s’engage résolument à aller de l’avant dans les réformes dont elle a convenu avec le FMI dans le cadre de l’accord de 48 mois au titre du mécanisme élargi de crédit, lequel, faut-il le rappeler, implique des « garanties suffisantes sur la capacité et la volonté du pays membre de mettre en œuvre des réformes structurelles profondes et soutenues ». Pour y avoir failli, Tunis s’est impitoyablement attiré les remontrances puis les foudres du FMI qui a décidé de geler le déboursement de la 2ème tranche et hypothéqué par la même la revue périodique donnant accès aux tranches suivantes. Une mesure qui ne pouvait pas arriver à pire moment alors que la Tunisie, qui raclait déjà les fonds de tiroir, peinait à boucler ses fins de mois, déplorant un déficit budgétaire de 6% du PIB. Mais, il y a plus funeste, par l’effet mécanique de cette mesure, la Tunisie se voit interdire l’accès aux concours des autres institutions financières internationales telles que la Banque mondiale et la BAD et naturellement trouvera les plus grandes difficultés pour solliciter le marché financier international privé en raison, plus est, de sa mauvaise note de la dette.

Une brise d’optimisme

Que faut-il attendre de cette mission de dix jours du FMI ? Visiblement, une brise d’optimisme commence à souffler sur la Kasbah et le ministère des Finances, et ce depuis qu’il a été confirmé par le porte-parole du FMI que cette mission a obtenu le feu vert pour venir en Tunisie. Et une source gouvernementale tunisienne citée vendredi par Reuters a assuré que la tranche de 350 millions de dollars sera décaissée après cette cruciale visite, précédée par une mission d’experts techniques du Fonds dont « l’appréciation est très positive », s’est félicitée la ministre tunisienne des Finances, Lamia Zribi, dans une très récente interview à Africanmanager. C’est sans aucun doute l’indice probant que les choses bougent dans le bon sens au sujet d’une prochaine progression des réformes auxquelles les autorités tunisiennes se sont engagées, sans cependant s’y investir à la cadence voulue et indiquée par le FMI. Des réformes sur la mise en œuvre desquelles le Fonds est intraitable en sommant le gouvernement de «  prendre des mesures rapides et fermes en faveur de réformes structurelles qui peuvent être difficiles politiquement et socialement » et en avertissant qu’ « il serait coûteux de rester inactifs ou de tarder à mettre en œuvre les réformes car cela risquerait de compromettre la stabilité macroéconomique préservée jusqu’à présent, et décevoir les aspirations du peuple tunisien ».

Un dogme qui a la vie dure !

Pour l’heure, il ne pourrait s’agir que d’un coup de semonce, et les autorités semblent avoir bien reçu le message. Selon des sources proches du FMI à Tunis, le gouvernement ne doit pas s’attendre à un satisfecit du Fonds qui se bornera à débourser la 2ème tranche uniquement, et ce en guise de bouffée d’oxygène, alors que pour la 3ème tranche, il serait très peu probable qu’une décision positive soit prise lors de la revue d’avril et de la réunion du conseil d’administration du FMI. Parallèlement, le Fonds semble vouloir aider autrement la Tunisie en incluant dans le programme de la présente mission une rencontre avec l’UGTT, sans doute pour la convaincre de faciliter la tâche au gouvernement et ne pas le gêner dans la mise en œuvre des réformes principalement celles ayant trait à la fonction publique, à la masse salariale, au dégraissage des effectifs et aux entreprises publiques. Le FMI y arrivera-t-il, lui qui exige sans sourciller que « la stratégie de réforme de la fonction publique devrait assurer le succès de la réforme et la viabilité des finances publiques, notamment en énonçant clairement la nécessité d’éviter des recrutements inutiles dans un secteur public déjà important, et de ne plus accorder de nouvelles augmentations de salaire ».

Une rigueur qui ressortit, à ce propos comme ailleurs, au dogme invariable du Fonds monétaire international, dictant aux pays membres en difficultés financières des mesures qu’il sait pourtant « coûteuses et douloureuses politiquement et socialement », sans tolérer des issues moins drastiques pour des pays qui, comme la Tunisie et l’Egypte, sont en transition politique et économique. L’heure ne serait-elle pas venue, comme le souligne l’ancien ministre tunisien de l’Economie et des Finances, Hakim Ben Hammouda, pour que le FMI tienne compte de ce statut en se dispensant d’adopter « le même niveau d’exigence qu’avec des pays plus stables qui n’ont pas changé de régime », en accordant, par exemple, des délais plus longs notamment pour la réforme du système bancaire ?

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De l’ordre des réformes que la Tunisie est fatalement tenue d’engager, celle de l’énergie semble sur le point de sortir des arcanes parlementaires pour avoir effet de loi sous la forme d’un nouveau codes des hydrocarbures. Une législation qui vient à point nommé pour rendre réalisables une série de solides projets actuellement en cours alors que l’État s’emploie à encourager de nouvelles sources de production pour faire face à une production pétrolière en permanente baisse.

Le décor sera ainsi convenablement planté pour rentrer dans les grâces des investisseurs internationaux en les incitant beaucoup mieux que par le passé à trouver plus attractif un secteur des hydrocarbures ainsi revu et restructuré et qui, dans version devenue obsolète, a suscité de bien vives polémiques et même de houleuses contestations parmi la société civile et les députés, notamment ceux de l’ex Assemblée nationale constituante.

La nouvelle loi- dont un projet a été finalisé à la fin de l’année dernière, s’attache à répondre à des problèmes dont souffrait l’industrie pétrolière et gazière en établissant un processus de délivrance des permis conforme à la constitution et en prenant des mesures visant à instaurer davantage de transparence dans le processus mais aucun détail sur la mise en œuvre de ces changements n’a encore été annoncé, relève Oxford Business Group (OBG), dans une récente note.

Le code prévoit également une réforme des règlementations relatives aux énergies non conventionnelles, un segment dont les lacunes du cadre règlementaire ont souvent découragé les multinationales qui tentent d’opérer en Tunisie. OBG cite à cet égard le cas de la filiale du producteur de schiste américain Anadarko qui a cessé ses activités dans le pays à la mi-février suite au rejet de sa demande d’autorisation à mener une campagne d’exploration des ressources en gaz de schiste.

Production pétrolière amputée de la moitié

La production pétrolière tunisienne a diminué de moitié ces dernières années, passant de 80 000 barils par jour (bj) en 2010 à environ 40 000 bj l’an dernier, suite au départ de géants du secteur tels que le groupe italien Eni ou les Hollandais de Shell qui ont invoqué une série de problèmes allant de l’interruption du travail au non-renouvellement des permis de forage. Le nombre de permis d’exploration et de prospection d’hydrocarbures a également été divisé par deux depuis 2010, passant de 52 à 26, selon des sources officielles.

Bouquet énergétique diversifié

Tout en planchant sur son nouveau code juridique afin d’intensifier l’exploration, la Tunisie cherche également à diversifier son bouquet énergétique à travers une série de projets dans le domaine des énergies renouvelables. À l’occasion de la conférence de l’investissement Tunisia 2020 qui a eu lieu au mois de novembre, le pays s’est fixé comme objectif l’installation d’une capacité de production de 380 MW à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030, un projet estimé à un coût de 15 milliards de dinars (6,1 milliards d’euros).

À cet effet, l’État s’est engagé à construire cinq centrales électriques solaires d’une capacité totale de 300 MW dans le sud du pays pour la somme de 750 millions de dinars (306 millions d’euros) ainsi qu’une centrale éolienne d’une capacité de 80 MW dans la région montagneuse de Kebili, également dans le sud, pour un investissement de 240 millions de dinars (97,8 millions d’euros).

Le pays se prépare également à la mise en service de sa première grande centrale solaire photovoltaïque l’an prochain : le projet TuNur, d’une capacité de 10 MW, dans le gouvernorat de Tozeur. Une fois achevée, la centrale CSP génèrera 9400 GWh d’électricité par an.

Si ces projets bénéficient de subventions publiques, l’État espère tout de même voir des investisseurs privés participer à un certain nombre de projets définis à travers le pays. Ces installations, dont le secteur privé assurera la construction, la maintenance et l’exploitation, permettront d’ajouter, selon des sources officielles, une capacité installée de 380 MW d’ici 2020, pour un investissement total d’1 milliard de dinars (410,9 millions d’euros). Cette puissance additionnelle sera injectée dans le réseau d’ici 2018, suite à un appel d’offres du Ministère de l’Énergie, des Mines et des Énergies Renouvelables.

Parmi les autres projets assignés au secteur privé, on peut citer une centrale biomasse d’une puissance de 15 MW dans le Gouvernorat de Sfax, qui utilisera les importants résidus agricoles et agroindustriels de la région et dont la construction nécessitera un investissement de 68 millions de dinars (28 millions d’euros).

Plus de 30% de solaire en 2030

Bénéficiant d’un rayonnement solaire d’une intensité allant de 1800 à 2600 KWh/m²/an – 20% de plus que la plupart des sites européens – la Tunisie a toutes les clés en main pour satisfaire aux besoins de la stratégie générale baptisée Plan Solaire Tunisien (PST). Lancé en 2009, le PST vise à faire passer la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique tunisien de 3% à 12% d’ici 2020 puis à 30% d’ici 2030.

À l’heure actuelle, la puissance électrique issue des énergies renouvelables provient de deux parcs éoliens d’une puissance installée totale de 250 MW, selon des chiffres publiés en 2015 par le Ministère de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines.

Le nouveau code très attendu retient déjà l’attention de nombre d’acteurs privés, selon Jérôme Sudres, directeur régional de Quadran, producteur français d’électricité verte. « Le secteur des énergies renouvelables est très prometteur en Tunisie, car des engagements forts ont été pris ces dernières années, et on voit qu’ils sont en cours de concrétisation, » a-t-il déclaré, assurant que Quadran compte élargir son champ d’action dans le pays dans les années à venir.

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Au regard de la conjoncture économique et financière qui est celle de la Tunisie singulièrement depuis 2011, il ne fallait pas attendre de la Banque centrale qu’elle délivre un diagnostic aussi navrant que celui qu’elle a posé dans sa dernière note sur les « Evolutions économiques et monétaires ». Un assortiment d’indicateurs qui renseigne sur un état des lieux qui va empirant quasiment à tout berzingue même si une certaine éclaircie pouvait être perceptible s’agissant de l’activité touristique qui a bondi du tiers, durant les deux premiers mois de l’année en cours et également au titre de la consolidation de l’activité industrielle avec la hausse des importations des biens d’équipement.

C’est de peu d’effet sur la croissance dont on dit qu’elle monterait à 2, 3 ou 2,5% cette année. Mais il faut toujours avoir présent à l’esprit le fait que ce taux inclut les services non marchands, lesquels regroupent ceux rendus à titre gratuit ou quasi-gratuit, c’est-à-dire à un coût inférieur au coût moyen de production. Comprenons par là qu’il s’agit des prestations fournies essentiellement par les administrations auxquelles s’ajoutent les salaires. Un PIB non marchand au titre duquel les administrations publiques satisfont des besoins collectifs de sécurité, de justice, de santé, d’enseignement…

Assèchement des liquidités

Mais c’est la chute des ressources monétaires qui donnent le plus de tourments. Les trésoreries des banques s’enfoncent, ce qui les contraint à tenter de lever en permanence du cash. Selon l’institut d’émission, « les ressources monétaires ont nettement baissé durant les deux premiers mois de l’année en cours après la hausse enregistrée vers la fin de l’année écoulée ». Une évolution qui porte la marque d’une importante baisse des dépôts à vue chez les banques et d’une quasi-stabilité des billets et monnaie en circulation. L’épargne des ménages a connu, à son tour, un ralentissement après la nette reprise observée tout au long de l’année 2016. Dans le même temps, plus précisément à fin février, la masse monétaire au sens de M3 s’est envolée à 7,5% en glissement annuel contre 7,2% un mois plus tôt, et, tenez-vous bien ! 3,5% en février 2016. M3, faut-il le rappeler, comprend le numéraire en circulation, les dépôts à terme d’une durée inférieure ou égale à 2 ans, les dépôts remboursables avec un préavis inférieur ou égal à trois mois et les prises en pension, les parts/unités de fonds communs de placement et les titres de créance ayant une échéance inférieure ou égale à 2 ans. Cette précision ayant été faite, il a été expliqué par la BCT que cet accroissement est dû à titre principal à l’accélération des concours à l’économie (+9,7% en février 2017 contre +5,7%, il y a un an) et la décélération de la baisse des créances nettes sur l’extérieur (-1.414 MDT contre -3.209 MDT au cours de la même période de 2016).

Pis encore, les pressions sur la liquidité bancaire se sont accentuées , en février 2017, sous l’effet restrictif dû notamment au déficit du secteur extérieur, explique l’institut d’émission pour préciser ensuite que l’accélération des importations conjuguée à une évolution assez faible des exportations, durant ladite période, a accentué le recours des banques à la Banque centrale pour l’achat de devises afin de couvrir les engagements extérieurs des agents économiques. Et ce recours des banques à la BCT induit naturellement une destruction de monnaie centrale, dont l’effet est neutralisé par les interventions de la Banque centrale sur le marché monétaire pour y réguler la liquidité bancaire. Voilà pourquoi le volume global de refinancement a atteint un nouveau record historique, en février 2017, en s’établissant à 7.733 MDT, contre 5.488 MDT une année auparavant. L’essentiel du refinancement a été accordé sous forme d’opérations d’appels d’offres qui demeurent prépondérantes, en dépit de la baisse de leur part dans le volume global de refinancement (79% contre 89% l’année précédente) au profit des opérations d’openmarket.

La ruée « rentière » sur les BTA !

Un refinancement qui a mis en émoi la communauté des analystes et des experts. L’un d’eux, Ezzeddine Saidane, y a vu rien moins qu’une création monétaire qui ne correspond pas à une activité économique et donc à aucune création de richesses. « C’est la planche à billets qui fonctionne à fond, qui s’emballe et qui détériore tous les grands équilibres économiques et financiers de la Tunisie ». Un cri d’alarme qui, venant d’un connaisseur de la chose économique de cet acabit, ne peut que souligner le tragique de la situation. Car, affirme-t-il, en empruntant massivement aux banques, l’État évince les opérateurs économiques qui ne trouvent plus le financement nécessaire à leurs activités économiques. « Certaines banques se transforment en rentiers purs, elles prêtent à l’État en gagnant en moyenne 2%, sans frais de gestion ni provisions », un mode de gestion insoutenable, assène-t-il.

D’autant plus insoutenable et inadmissible que ce refinancement ne dépassait pas à la toute rigueur 0,5 milliard de dinars pas plus tard qu’en 2010. Une envolée exponentielle qui prend racine dans le retrait des avoirs déposés dans les banques comme semble le reconnaître l’institut d’émission lui-même, et dans une plus large mesure, dans la flambée des besoins de l’Etat en fonds pour boucler son budget. Et les pouvoirs publics les satisfont en émettant principalement les Bons de Trésor Assimilables (BTA). Une aubaine pour les banques de second rang par opposition à la Banque centrale, banque de premier rang, en ce sens que les BTA sont synonymes de rendement très attractif pour les établissements de crédit, allant au-delà de 7% pour les maturités longues. Ce faisant, les banques récupèrent la liquidité des sommes investies en BTA à travers leur remise à la BCT comme collatéral pour leur financement à un taux proche du taux directeur, révèle une source bancaire.

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C’est bien connu, pour que la vie politique dans un pays donné soit vigoureuse et vouée efficacement au bien commun, elle doit impérativement être meublée de partis qui comptent, puissants, et en état de faire pièce au pouvoir en place avec une offre politique mobilisatrice. Le Front du Salut et du Progrès dont la création a été annoncée ce dimanche répond-elle à cette vocation ? Telle est la question majeure qui vaut d’être posée à la lumière de cette recomposition de l’échiquier politique en Tunisie.

Il est vrai que ce front, inédit en Tunisie, celle de l’après-Révolution, pèche par une tare qui peut sembler rédhibitoire, dans la mesure où il regroupe au sein d’un même conglomérat des formations et des personnalités politiques, au mieux disparates, au pire antinomiques. Et on voit mal a priori comment elles pourront arriver à faire bon ménage en étant unis sous la même bannière. Venant de bien des bords, avec des références aussi multiples que diverses et des intérêts qui ne le sont pas moins, il leur serait généralement éprouvant de raccorder leurs violons, penser et agir à l’unisson, en évitant le risque jugé normalement contingent de faillir à réaliser ce dont ils ont convenu, sauf à voir derrière cette coalition des considérations conjoncturelles dont la plus patente est celle d’avoir pignon sur rue à la faveur des prochaines élections municipales, une répétition générale des échéances électorales qui vont suivre, nommément les Législatives et les Présidentielles.

Il ne faut pas s’y tromper. Ce Front du Salut et du Progrès est dirigé à titre principal contre le mouvement Ennahdha et accessoirement Nidaâ Tounès. Certes, ses composantes cherchent à établir un certain équilibre sur la scène politique mise sous la coupe de ces deux « mâles dominants », mais tout dépendra de leur capacité à maintenir en l’état leurs motivations premières en les plaçant à l’abri d’aléas que leurs adversaires seraient fondés de trouver inévitables. Auront-ils la capacité et les moyens de sortir le pays de la crise politique et économique », comme ils l’affirment ? Ce n’est pas encore certain, mais le coup vaut d’être tenté au regard de la détérioration continue de la situation sociale, des énormes difficultés économiques et du marasme politique qui abîment le pays.

Des lieux communs politiques !

D’après ses fondateurs, le front focalisera ses actions sur cinq axes prioritaires qui sont la loyauté à la patrie, le lancement des grandes réformes, la garantie des libertés publiques et individuelles et la lutte contre le terrorisme, le parachèvement des institutions constitutionnelles et le respect de la loi ainsi que la garantie de la dignité de tous les Tunisiens. Le commun des politiques y verrait des professions de foi, voire des lieux communs dont on serait en peine de trouver trace dans les faits. Mais le discours ne manque pas de séduire et même de donner des espoirs à ceux qui les nourrissent, par exemple « la lutte contre le chômage des jeunes, la pauvreté et surtout contre le terrorisme, la défense des libertés publiques et individuelles, la rectification du processus démocratique et la réconciliation nationale loyale et globale ».

On pourrait y ajouter comme spécifié dans la Déclaration constitutive publiée à cette occasion, l’engagement à défendre la souveraineté nationale et l’indépendance de la décision nationale ainsi que l’ouverture de la Tunisie sur son environnement maghrébin, arabe, africain, méditerranéen et international.

 » Nos orientations économiques et sociales seront participatives jetant les bases d’un modèle de développement alternatif basé sur l’économie sociale et solidaire et la liberté de l’initiative individuelle et la compétence », lit-on dans le texte de la Déclaration.

La promotion des acquis de la femme tunisienne et le renforcement du rôle des jeunes dans la vie politique et économique, la lutte contre le terrorisme et la condamnation de tous ceux ayant contribué au financement des réseaux terroristes sont aussi parmi les points auxquels se sont engagés les constituants du Front du Salut et du Progrès.

L’accent est mis, par ailleurs, sur l’importance de garantir l’Etat de droit ainsi que la neutralité de l’administration, outre la révision de toutes les nominations basées sur des appartenances politiques et la préservation des lieux de culte de toute instrumentalisation politique.

La lutte contre la corruption et l’évasion fiscale, la légalisation du commerce parallèle, l’élaboration de grandes réformes dans le secteur de la fiscalité, les caisses sociales et les institutions financières et bancaires, le code des investissements, la restructuration des établissements publics et la réforme des systèmes de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, sont des points cités dans la Déclaration.

Un programme politique, économique et social visiblement sans tache et qui a l’heur de rentrer dans les bonnes grâces de bien des Tunisiens. Mais attendons la suite !

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Après une longue succession de contretemps, d’accrocs et de contrariétés, la nouvelle loi sur l’investissement, pourtant adoptée en septembre 2016, est finalement entrée en vigueur samedi 1er avril 2017. Point de passage obligé de toute loi essentielle en Tunisie, ce « moratoire » pourrait être expliqué par un justifiable souci de pertinence et d’un surcroît de garanties aussi bien pour le pays d’accueil que pour l’investisseur, mais avait peu lieu d’être dès lors qu’il s’agit de préparer les décrets d’application et autres dispositifs juridiques qui auraient dû prendre beaucoup moins de temps. En tout cas, on ne peut pas ne pas y voir un gâchis dont la Tunisie pouvait faire l’économie alors qu’il y est unanimement admis que cette législation est de la plus haute priorité pour enrayer la chute des investissements étrangers et relancer la croissance.

Sans qu’il y ait lieu de s’attarder davantage sur ce fâcheux épisode, il est quand même important d’insister sur la néfaste réaction qu’il a suscitée parmi la communauté des investisseurs étrangers qui ne se faisaient point faute de s’irriter de ne pas disposer d’une adéquate visibilité et de la nécessaire sécurité juridique qui leur permettent de passer à l’acte d’investir. Il a fallu sans doute que la conférence sur l’investissement international fût tenue en novembre dernier pour que soit donné le coup d’accélérateur salutaire à cette législation dont dépendra indiscutablement la mise en œuvre des engagements pris et des promesses données.

Le gouvernement semble déterminé, sauf les imprévus d’usage, à aller de l’avant dans l’application sans tache des dispositions de la nouvelle loi sur l’investissement qui reprend dans sa vision et sa philosophie l’essentiel qui se fait dans le monde où les marchés d’investissement ouverts stimulent la croissance et l’emploi. Il s’y érige comme norme l’obligation de créer et de préserver un climat et des politiques d’investissement ouverts et stables, qui favorisent le développement et la croissance économiques durables, la création d’emplois, l’augmentation de la productivité, l’innovation technologique et la compétitivité.

L’un des artisans dévoués de ce nouveau dispositif juridique, le ministre du Développement et de la coopération internationale, Fadhel Abdelkéfi, assure que ce texte de 36 articles a vocation à abolir les restrictions à l’investissement et à l’initiative privée tout en boostant la valeur ajoutée et améliorant le potentiel compétitif de l’économie tunisienne et en assurant l’intégration régionale et le développement durable. Surtout, il vise à porter la part de l’investissement dans le PIB de 19.3% actuellement à 24%, à l’horizon 2020.

Cela veut dire que les investisseurs étrangers auront l’entière liberté d’investir en Tunisie, et sans la moindre restriction. La révision des cahiers de charges et du système de l’autorisation outre l’assouplissement des procédures administratives devraient y contribuer dans une très large mesure. Concrètement, l’administration aura peu d’opportunité d’intervenir et son silence vaudra consentement pour un large éventail d’actes d’investir. Par exemple, les investisseurs étrangers pourront, et ce depuis hier 1er avril 2017, acquérir librement et sans autorisation des valeurs mobilières (actions et obligations) sur la Bourse de valeurs mobilières tunisiennes.

Trois instances pour la gouvernance

Levier essentiel de tout investissement, la gouvernance a largement droit de cité dans la nouvelle législation sur l’investissement avec la mise en place de trois instances en tête desquelles le Conseil Supérieur de l’Investissement. Présidé par le chef du gouvernement, il a pour mission d’approuver la politique, la stratégie et les programmes de l’État en matière d’investissement en particulier à travers l’évaluation de la politique d’investissement et la prise de décisions nécessaires à la promotion du climat des affaires, l’octroi des incitations au profit des projets à intérêt national et l’examen des textes législatifs et réglementaires liés à l’investissement. Il y a ensuite l’Instance Tunisienne de l’Investissement, qui sera chargée essentiellement de proposer les politiques et les réformes en coordination avec le secteur privé, d’encadrer et d’orienter l’investisseur et d’examiner les demandes de primes pour les projets dont le coût dépasse 15 millions de dinars. Surtout, elle aura à octroyer les autorisations et examiner et connaître des requêtes des investisseurs afin de résoudre les problématiques qui se présentent en coordination avec les différentes structures concernées. Enfin, 3ème instance, le Fonds Tunisien de l’Investissement, qui déboursera les primes d’investissement, et s’occupera de la souscription dans les fonds communs de placement et les fonds à capital de développement à travers la création de fonds d’amorçage et des fonds de développement dans chaque région, et la création de fonds pour les secteurs prioritaires.

La loi vaut par son application !

La loi ne vaut que par son application. Cette règle est impérativement le gage qu’un acte législatif est bon, pertinent et efficace. Serait-ce le cas de la loi sur l’investissement ? Des clercs en la matière semblent en douter quelque part, tel que Hédi Sraieb, docteur d’Etat en économie du développement, qui évoque des aléas dont la Tunisie est coutumière et plus encore depuis la Révolution. Cette réserve, il l’a exprimée en parlant, dans une interview à TAP de la relance de l’investissement qui suppose un retournement dans ce que l’on appelle le « climat des affaires », autrement dit que les anticipations des investisseurs soient de nouveau « au beau fixe ». Or, de toute évidence, ceci est loin d’être acquis. « Trop d’instabilité sociale et politique, trop d’incertitudes », explique-t-il.

Autre grief : cette nouvelle législation ouvre grandes ouvertes les fenêtres à tous les vents, ceux d’une concurrence étrangère débridée, note-t-il. Plus aucun secteur n’est désormais protégé – a minima- de l’arrivée d’acteurs puissants qui pourraient venir déstabiliser des franges entières du tissu industriel et de services déjà fragile, craint-il.

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

Ministre conseiller auprès du chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, chargé des réformes majeures, Taoufik Rajhi est à Washington dans le cadre d’une mission...