G20 : 1 pour le protectionnisme américain, 0 pour le libre-échange allemand

G20 : 1 pour le protectionnisme américain, 0 pour le libre-échange allemand

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C’est un peu la gueule de bois pour l’Allemagne, qui a accueilli ce week-end, à Baden Baden, la réunion du G20. En effet d’après les économistes allemands, les débats, qui ont tourné autour du commerce mondial et des moyens de le réguler, ont été à l’avantage de Washington, avec le virage protectionniste amorcé par Donand Trump.

Berlin cherchait un quitus pour accentuer la politique mondiale de libre-échange, dont il est un gros bénéficiaire avec ses exportations massives, les ministres des Finances et banquiers centraux du G20 ont refusé de le lui donner, ce qui apporte de l’eau au moulin de Trump, partisan d’une fermeture des frontières, du moins pour les importations. Les participants à la réunion se sont bornés à donner l’assurance, mollement, qu’ils ne vont pas saper les fondements du commerce mondial. Point barre. Ce n’est même pas du niveau de la résolution traditionnelle, déjà à minima : Il faut combattre « toutes les formes de protectionnisme ». C’est le chèque en blanc que voulait l’administration américaine….

« La faible formulation sur le commerce constitue une défaite pour la présidence allemande du G20 », a confié à Reuters Gabriel Felbermayr, économiste à l’institut Ifo. « Cela est particulièrement vrai à la lumière du fait que l’Allemagne est l’une des principales nations exportatrices du monde et dépend comme pratiquement aucun autre pays de l’ouverture des marchés pour maintenir sa prospérité », a-t-il ajouté.
A noter que la consommation privée et les dépenses publiques soutiennent la demande et la croissance allemandes, mais l’export a pris du volume ces dernières années dans le produit intérieur brut de la première puissance du continent européen : 45%. C’est énorme!
« L’absence de rejet du protectionnisme rompt clairement avec la tradition. Maintenant tout est possible », a indiqué Felbermayr, pointant le danger logé dans la montée des protectionnismes et un affaiblissement de l’organisation mondiale du Commerce (OMC).

L’Association allemande des chambres de commerce et d’industrie (DIHK) y est allée de son alerte : « Cela a valeur d’avertissement pour tous les pays portés sur le commerce et donc aussi pour l’Allemagne », a déclaré Volker Treier, économiste.
« L’économie allemande doit s’adapter au fait que ‘l’Amérique d’abord’ signifiera une perte pour nous. Au lieu d’une situation gagnant-gagnant, on aura probablement une situation perdant-perdant », a-t-il confié à Reuters.

Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, se prépare déjà à la fronde américaine et propose que l’Union européenne se tourne vers l’Asie si l’administration Trump persiste dans son crédo isolationniste.
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, lui tente de faire figure en déclarant que certaines délégations qui ont fait le déplacement à Baden Baden n’avaient pas été mandatées pour prendre des décisions. Comprenez par là que les carottes ne sont pas cuites pour Berlin, mais personne n’est dupe : Trump terrifie l’Allemagne, et la santé insolente de sa balance commerciale…

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