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Abdelhamid

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Comment les dirigeants de l’empire du milieu arrivent-ils à fermer l’œil ? Le monde a-t-il raison de leur demander aujourd’hui des comptes au vu des secousses qui se sont fait jour ?

Une peur primale, mêlée d’une profonde déception, turlupine les esprits au point de couper parfois le souffle. Un  cauchemar vécu au quotidien et en plein jour. Plus dure sera en effet la chute.

Les chiffres sont malheureusement têtus et ne prêtent à aucune équivoque. En voici quelques uns :

  • Au milieu des années 90 la Chine avait environ 500 Milliards de dollars d’encours de crédits publics et privés. Soit à peine une fois son PIB. Aujourd’hui, ce chiffre s’élève à plus de 30 000 Milliards de dollars ;
  • Le PIB chinois a bondi de 10 000 Milliards de dollars rien qu’au cours de deux dernières décennies
  • l’industrie sidérurgique chinoise est passée d’une capacité de production d’environ 70 Milliards de tonnes au début des années 90 à plus de 1.2 Milliards de tonnes aujourd’hui. Soit plus de 60% de la production mondiale actuelle.
  • A elle seule, la Chine produit actuellement un peu plus de l’équivalent de la production mondiale de ciment de 2005 et consomme plus de 58 % de la production mondiale. Ces performances sont quasiment identiques pour les autres  secteurs de « commodities » ;
  • La banque centrale populaire de Chine a vu passer son bilan de 40 Milliards de dollars à 4 000 Milliards de dollars en seulement deux décennies, …

On n’a jamais rien vu de tel dans l’histoire économique mondiale !

Est-il rationnel de penser pouvoir réaliser une augmentation des agrégats de base selon un facteur de 60 en seulement 20 ans ? Et, qui plus est, faire durer ce trend sans signaler la moindre casse, a fortiori dans un système des plus opaques entretenu à coups de décrets à caractère dirigiste et par un simulacre de discipline financière ?

 Too big to fail, disent les anglo-saxons !

Il y a de quoi s’inquiéter, voire demander des comptes. Ne serait-ce que parce qu’elle représente 17% du PIB mondial, la Chine est aujourd’hui en proie à un risque d’effondrement systémique dont les conséquences collatérales seront effroyables pour toute l’économie mondiale. Ce qui revient à dire que les pauvres contribuables que nous sommes, seront probablement demain mis  à contribution, d’une manière ou d’une autre, en vue d’éponger une partie des pertes qui s’annoncent titanesques !

L’épicentre du problème sur lequel je mets ici le doigt, se trouve dans les murs de l’artisan de la plus grande « escroquerie » monétaire du monde, la Banque Centrale Populaire, qui par sa propension à faire exploser l’encours des crédits, n’a rien moins fait que déformer la trame et le sort de l’économie mondiale. Ne serait-ce que pour ça, elle devrait être mise au banc des accusés.

Et ce qui est encore plus marrant, dans ce malheur, c’est que durant les deux dernières décennies il n’y a quasiment eu, en dépit de l’ampleur des chiffres, aucune erreur déclarée, pas le moindre soubresaut sectoriel. Bref, tout était bien dans le meilleur des mondes.

Pourtant, il existe aujourd’hui en Chine plus de 100 millions d’appartements luxueux vides, d’immenses autoroutes désertes qui rappellent les fameux paysages du Far ouest… des villes fantômes, reflets d’une économie prise dans son propre piège de gaspillages, d’excès et de non durabilité.

Un des exemples les plus frappants de la décadence non déclarée du secteur immobilier en Chine, qui me vient souvent à l’esprit, est celui de la construction, par le biais de prêts hypothécaires, d’un complexe commercial et immobilier à Shanghai (où le m² construit coûte plus de 12 000 dollars), parfaite réplique du Pentagone, sur une superficie de 40 hectares. Ce centre n’a aujourd’hui  ni locataire ni clients. C’est en somme un centre pour les zombies ! Une sorte de Deserted Palace !

Des projets comme celui-là, qui existent en pagaille,  en disent long des intentions des dirigeants chinois, lesquels ont fait du crédit un instrument puissant au service du PIB afin que la croissance se maintienne à plus 8%.

Ceci n’est en somme qu’une rémanence de la fameuse pyramide de Ponzi. Tout l’artifice est en effet basé sur un principe circulaire machiavélique d’emprunt-construction-emprunt entretenu par un procédé de « ré-hypothèque » autour duquel l’Etat intervient prodigieusement pour alimenter la bulle spéculative et maintenir artificiellement un « stock immobilier » extrêmement surévalué.

Le crash de janvier dernier n’a-t-il pas fourni la preuve suffisante que l’Etat Chinois ne pourra jamais  se livrer éternellement à ce maudit jeu ? A preuve, la valeur de l’actif immobilier a déjà amorcé sa descente aux enfers…

Quel rapport immédiat cela a-t-il avec la Tunisie ?

Le cataclysme chinois imminent, corollaire d’un interventionnisme prégnant d’un Etat omnipotent dans les affaires de la Banque Centrale, devrait  nous interpeller à un moment où le projet de réforme du statut de la Banque Centrale de Tunisie est en train d’être parachevé.

C’est pourquoi la version finale devrait être le fruit d’une large consultation des spécialistes et des techniciens, dans le but de proposer des textes qui renforcent  l’indépendance de la banque centrale et, partant, l’immunisent contre toutes formes d’interférence et d’influence endogène et exogène. Car il importe que la Banque centrale préserve son statut d’autorité crédible et de dernier rempart en cas de naufrage économique. L’exemple de la Chine doit absolument tenir lieu de leçon.

A bon entendeur salut !

Hatem Zaara

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