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Abdellatif Hmem

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Les exportations se comportent bien malgré une conjoncture difficile. C’est qu’affirmé,  Abdellatif Hmem, président directeur général du Centre de promotion des exportations (CEPEX) dans un entretien avec African Manager. Interview :

Qu’en est-il aujourd’hui de l’exportation, 4 mois après le déclenchement de la Révolution ?

Je pense que les chiffres publiés par l’Institut National des Statistiques montrent clairement que ce secteur continue de se comporter de façon honorable. Les valeurs d’exportations sont en hausse d’environ 11% pour les quatre mois consécutifs. Un signe de satisfaction pour l’appareil exportateur. Si on analyse de plus près, nous trouverons que cette augmentation d’exportations est due principalement à l’augmentation d’exportation des produits manufacturés qui représente environ 80% de l’exportation des biens en Tunisie. Signalons que ces exportations ont augmenté de 12%. Les entreprises offshore, qui destinent leurs productions à l’exportation, continuent à produire, à faire confiance à la Tunisie, en affichant une croissance de 20%.

Donc, je pense que le secteur exportateur jusqu’au là se comporte bien malgré certaines difficultés constatées. Pour cela, une organisation a été mise en place depuis le 18 janvier, permettant d’être à l’écoute de ces entreprises, de solutionner les difficultés de gestion logistique au niveau des ports, des aéroports qui peuvent surgir. Au niveau du Cepex, nous sommes en relation continue avec les exportateurs. Ce qui est important à noter,  c’est qu’aucune annulation de la participation des entreprises tunisiennes à des salons professionnels n’a été enregistrée. Les entreprises tunisiennes continuent de montrer un engouement pour être présentes à l’échelle internationale afin de  participer de façon active aux foires et salons. D’ailleurs, nous avons intensifié nos programmes, surtout que nous avons enregistré une réaction positive de la part des institutions tunisiennes.

Dans l’ensemble, les résultats prouvent que le tissu économique tunisien qui est orienté vers l’exportation en particulier, a trouvé les moyens  de pouvoir  gérer cette période transitoire. Actuellement, il est en train de montrer qu’il est capable de continuer à fonctionner et qu’il y a un apprentissage de la gestion de la crise, de la négociation sociale.

Dans cette conjoncture incertaine et instable, comment se comportent les exportateurs tunisiens ?

Force est de constater que le secteur phare aujourd’hui de la production industrielle, qui est celui des industries mécaniques et électroniques se comporte de façon  parfaite. Les entreprises continuent d’exporter. Nous enregistrons des taux de croissance importants dépassant les 30%. Le carnet de commandes de ces entreprises est assez promoteur quant à la durabilité de cette dynamique d’exportation à partir de la Tunisie.

Je pense que les entreprises tunisiennes ont appris à s’organiser en montrant un certain sens de combativité. Le secteur productif de façon générale n’a pas enregistré une grande perte. D’ailleurs, sur les 3000 entreprises étrangères, il y a une trentaine qui a été touchée par les événements. C’est 1/100. Dans l’ensemble, la confiance s’est rétablie et les entreprises exportatrices ont bien réagi sachant qu’il y a un élan, un capital sympathie en faveur de la Tunisie et de produits tunisiens.

D’ailleurs et durant la crise libyenne, les entreprises tunisiennes continuent à exporter et à approvisionner le marché libyen, de concert avec les autorités libyennes et en coordination avec les Nations-Unies.

Quels sont les principaux produits exportés actuellement ?

Les quatre premiers mois de cette année ne font pas exception à la tendance générale ; nous exportons principalement des produits manufacturés, des produits électriques et mécaniques, le textile, un secteur qui commence à se rétablir et à bien se comporter. Nous avons enregistré une forte évolution au mois de mars des produits de textile et de l’habillement. Les produits agroalimentaires ont affiché aussi une croissance notable surtout sur les pays de Golfe. A ce propos, on peut affirmer que les produits de la saison : les fruits et légumes sont bien appréciés et les informations que nous avons obtenues de la part des transporteurs aériens montrent une augmentation considérable des produits tunisiens sur ce marché.

Y a-t-il une vision claire pour miser sur d’autres produits, et ce pour mieux conquérir les nouveaux marchés comme le marché africain ?

Les stratégies, bien entendu, sont actualisées et renouvelées en fonction de la nouvelle donne sur la scène arabe, moyen-orientale et en Afrique. Nous nous inscrivons de plus en plus dans une dynamique de recherche de marchés de distribution, ou du marché libyen, qui est un marché important. Nous exportons mille à mille deux cents millions de dinars vers la Libye. Les échanges entre la Tunisie et la Libye atteignent deux milliards de dinars par an. Il y a des entreprises tunisiennes qui produisent presque exclusivement pour le marché libyen. Aujourd’hui, nous essayons de répondre aux besoins exprimés par ces entreprises de pouvoir mieux se positionner dans des conditions plus compétitives sur le marché africain. D’abord et en priorité le marché des Etats de l’Afrique de l’Ouest, un espace économique de 8 pays et 80 millions des consommateurs, les pays francophones.

Notre stratégie consiste à aider les entreprises des services dans le domaine de bâtiment, de l’infrastructure, des équipements collectifs, de la construction d’hôpitaux. Dans tous ces domaines, on peut dire que la Tunisie a capitalisé une expérience. Nous avons enregistré déjà la confiance qu’a été accordée à des entreprises tunisiennes pour réaliser des routes et d’autoroutes aux Côt d’Ivoire, en Mauritanie, au Mali. Ces entreprises sont très dynamiques et très appréciées. Leur valeur et leurs expertises sont reconnues par les bailleurs de fonds comme la BAD, la Banque islamique de Développement, la banque Européenne d’Investissement et la Banque Mondiale.

 Et je pense qu’on a une bonne réputation en Afrique. La Tunisie a une excellente image d’un pays qui a capitalisé sur son savoir-faire approprié, compétitif. Maintenant, il est temps de trouver des moyens de financement qui permettent aux entreprises tunisiennes d’exploiter ces opportunités.  L’Etat a mis en place des mécanismes d’encouragement pour exporter ce savoir-faire. Les entreprises, de leur côté, devraient s’organiser. Nous travaillons déjà avec ces entreprises pour les aider à s’intégrer dans ce marché. Nous sommes confiants qu’il y a quelques difficultés liées aux coûts de transport, mais nous sommes dans une dynamique de partenariat avec Tunisiar et les transporteurs, avec tous les acteurs du marché africain, et nous essayons de mettre en place des mécanismes de réponse aux besoins des entreprises et, dans le court terme, une vraie stratégie pour les aider non seulement à vendre sur le marché africain mais à investir aussi dans ce marché tout en entrant en partenariat avec des entreprises africaines pour des opérations d’investissement. De manière générale, il y a des opportunités et notre pays prend au sérieux ces opportunités.

Alors, vos recommandations pour les entreprises tunisiennes afin de mieux résister aux moments de la crise et de contribuer davantage dans l’activité de la relance économique ?

 Le premier conseil est de travailler davantage ensemble et de partager ensemble les informations et de s’inscrire dans une logique de « coo-pétition », c’est-à-dire de compétition et de coopération en même temps. Je pense que les entreprises tunisiennes sont, dans l’ensemble, des petites et des moyennes unités. Le marché international a besoin d’une taille critique. Si on veut être plus performant à l’échelle internationale, il est important d’aller de plus en plus dans des actions concertées. Les entreprises peuvent faire de la compétition sur le marché local, mais quand il s’agit d’aller au marché régional, il est important de mutualiser les énergies et travailler ensemble.

C’est le temps de ne plus aller en ordre professionnel dispersé. Et là, je profite de  l’occasion pour lancer une invitation aux banques tunisiennes afin de s’investir davantage pour assister les entreprises à exporter. Je pense que les banques ne peuvent plus rester dans leur position d’attente en attendant que les entreprises viennent les voir. Il est urgent aujourd’hui que les banques se mettent à identifier dans le cadre d’une coopération interbancaire, des mécanismes d’appui, des financements d’exportations tunisiennes à l’extérieur. L’Etat ne peut plus faire cela, le système financier doit inventer, innover pour accompagner les entreprises tunisiennes désireuses d’exporter.

Parlons un peu des jeunes promoteurs ; certainement, il y a de jeunes entrepreneurs qui veulent investir et même créer des entreprises exportatrices. Avez-vous pensé à une stratégie pour les aider et les stimuler ?

Il est clair que l’activité du commerce international et de l’exportation est une activité à la fois complexe, coûteuse en termes du temps, d’énergie et d’investissement. Notre intérêt pour les jeunes exportateurs est évident pour plusieurs considérations. La première, il est important de renouveler la génération des exportateurs. Préparer l’avenir export de la Tunisie suppose qu’aujourd’hui nous injectons de façon continue dans le système, des jeunes capacités qui sont capables de relever demain le défi de l’exportation. D’autre part, il est primordial d’encourager les jeunes entreprises exportatrices surtout que nous voulons encourager l’entreprenariat. Nous ne voulons pas fonctionnaliser les jeunes. Il est important que les jeunes sortant des écoles spécialisés comme IHEC, ISG, ESC puissent avoir la possibilité de pratiquer le commerce international par eux-mêmes et d’apprendre. Ce que le Cepex se propose d’apporter, c’est d’abord de la formation complémentaire. Nous avons des programmes de formation avec plusieurs centres étrangers, à savoir le centre hollandais, les Italiens, les Australiens. Nous essayons de les aider à explorer le marché extérieur. Dans ce contexte, nous avons une panoplie des mesures pour partir dans des missions de prospection. D’ailleurs, on un site web orienté autour des besoins d’export dans la mesure où il y a un agenda d’export, opportunité à l’export, service à l’export et appui à l’export. Nous demandons que les entrepreneurs s’adressent à  nous et nous sommes prêts à les aider.

Wiem Thebti

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