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Abderrahmane Ladgham, Tunisie

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Pour un ministre chargé du dossier de la corruption

Pour un ministre chargé du dossier de la corruption, Abderrahmane Ladgham nous a semblé un peu trop obnubilé, comme le reste du gouvernement, par le RCD dont il voit des membres un peu partout et ne semblait pas prêt à appliquer les théories de son poste à ceux qui composent le gouvernement où il est.

Fils de Feu Béhi Ladgham, un ancien Premier ministre du premier Président tunisien Habib Bourguiba et cancérologue de son état, le ministre de la bonne gouvernance nous a parlé, sans trop nous convaincre, de l’idée qu’il se fait de la bonne gouvernance. Cela a été le cas, lorsqu’il répondait à nos questions sur les nominations et la manière dont ont été changés certains autres responsables, comme celui de la Radio nationale. Le ministre est pourtant porteur d’un projet, à certains égards équivoque, comme lorsqu’il parlait d’une manichéenne liste des intègres, car en face, il y a forcément une liste de ceux qui ne le sont pas. Interview :

 

Est-ce c’est du domaine de la bonne gouvernance de  procéder, comme votre gouvernement le fait, à des nominations où le caractère partisan semble dominer tout autre critère ?

Théoriquement, les nominations politiques obéissent et  sont faites selon la logique de l’équilibre entre les partis au pouvoir et même en dehors du pouvoir.

ON remarque la même chose pour  le reste des nominations et notamment les gouverneurs et les PDG !

Moi je n’ai rien remarqué de tel. Je n’ai pas pris connaissance de leurs cartes d’adhésion et je n’ai pas une idée réelle de leurs appartenances politiques, parce qu’il y a aussi le RCD qui est un peu partout. Personnellement et sur le plan des principes, je suis contre la politisation des postes de responsabilité au sein des administrations. Par contre, si je vois que ces nominations obéissent à une stratégie, je ne peux que la dénoncer.

Et vous ne voyez aucune stratégie là-dedans ?

 Pour moi, il n’y a aucune stratégie, et le jour où je verrais que les choses se déroulent comme vous dites, je devrais alors vérifier que ces gens-là appartiennent réellement à un parti politique bien déterminé, dans des postes de commandement. Là, ce n’est plus possible. Mais si ce sont des militants, je considère qu’on a tous une coloration politique.

Nous avons vu, lors des dernières nominations, que ceux qui ont été remplacés, n’ont même pas été remerciés et encore moins avertis de leurs changements. Sont-ce là aussi des pratiques d’un gouvernement qui prêche la bonne gouvernance ?

[Le ministre inspire profondément, comme pour se donner le temps de répondre, trahissant par la même occasion sa gêne de la question, avant de répondre d’une manière professorale]. La bonne gouvernance, c’est de détecter le mal et de l’éradiquer rapidement. Si on n’agit pas, on nous accuse de lenteur, et si on agit rapidement, on nous accuse d’agir beaucoup…

… Il y a, comme vous le savez, l’art et la manière. Au moins la dernière n’était pas, nous semble-t-il, présente. Ne croyez-vous pas ?

Cela dépend de qui, du concerné. Si quelqu’un n’obéit pas aux normes de la bonne gestion, le gouvernement a le droit de le faire. Il aurait simplement fallu, peut-être, soigner un peu plus les formes…

Et vous ne l’avez pas fait !

Moi, je le fais. Vous voulez certainement me faire dire des choses que je ne voudrais pas dire, mais je vais vous dire une chose. Les postes fonctionnels sont fonctionnels. Ils n’ont pas été renvoyés, mais changés. On perd toujours sa fonction, pour une raison ou une autre, et l’Etat n’est pas obligé de donner publiquement les raisons de ce changement. Si vous détectez un corrompu et que vous le changez, pensez-vous qu’on doive dire que c’est un corrompu ? Pour le moment, je pense que non et le pays ne pourra pas supporter cela, car vous allez avoir des gens qui vont venir le déloger chez lui.

Que pouvez-vous dire au PDG des entreprises publiques, qui se sentent de plus en plus pointés du doigt, attaqués et accusés d’être les restes de l’ancien régime, qui ont peur et ne peuvent plus travailler, alors que ce sont eux qui ont assuré la continuité des services publics… ?

Je les tranquillise et leur dis que nous n’avons aucune idée de vindicte, ni d’acharnement à vouloir déraciner, soi-disant, le mal par la création du mal. Au contraire, le chef du Gouvernement a toujours insisté sur le fait de ne pas prendre de revanche sur des gens qui, en général, n’ont rien à voir avec l’ancien régime, mais des fonctionnaires de l’Etat qui ont travaillé pour l’Etat. Et si la Tunisie a pu tenir, l’année dernière, c’est grâce à ces 90 % de gens honnêtes qui ont une culture de l’intérêt supérieur de l’Etat et du service public.

Comment pourrait-on vous croire, alors que vous parlez d’établir une «liste d’intégrité», une liste qui ne peut-être qualifiée que de diabolisante car elle listerait tous ceux que le nouveau pouvoir considèrerait comme non intègres ?

 Nous sommes obligés [il le dit en martelant le B d’obligé] d’établir une liste d’intégrité, si nous voulons asseoir une politique sérieuse de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Cela va préserver les intérêts de l’Etat et cela va préserver aussi  les entreprises publiques et le citoyen. Cela ne veut pas dire que nous allons lister politiquement, au contraire …

… le risque existe !

Le risque  existera dans tous les cas, et moi aussi, on pourrait m’accuser d’avoir été en contact avec Ben Ali et d’avoir pris de l’argent chez l’ancien président.

Vous l’avez fait ?

Je l’ai rencontré une seule fois dans ma vie, il y a vingt ans.

Vous avez évoqué aussi, lors de la rencontre avec les PDG des entreprises publiques, la décision de créer des comités, régionaux et locaux, de la bonne gouvernance. Seront-ce des structures de ce qu’on pourrait appeler la «police de la bonne gouvernance » ou des structures de super contrôleurs ?

Ce ne sont pas des policiers. Ils vont simplement veiller à asseoir, dans leurs administrations respectives, une politique de bonne gouvernance, contre la corruption et pour l’implémentation de la culture de la bonne gouvernance. Ce seront aussi des cellules qui vont faire le suivi de certaines affaires qui seront soumises  au contrôle, pour cause de corruption dans leurs administrations et nous renseigner sur la situation dans ces administrations…

En fait, des contrôleurs de la corruption!

Des organismes de contrôle, il y en a déjà 45 types, et notre idée n’est pas d’en rajouter une. Une fois ce système mis en place, le ministère de la Bonne gouvernance va disparaître et il n’en restera qu’une administration nationale de la bonne gouvernance pour l’action préventive et  non pour le contrôle.

Khaled Boumiza

Reseaux Sociaux

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