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accord de Carthage

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Si on se met une seconde à la place d’un observateur étranger, la scène politique tunisienne doit ressembler à une tambouille indéfinissable, une cuisine dont on ignore les ingrédients et, plus grave encore, le résultat. Voilà un pays dont les députés viennent d’adouber, à une écrasante majorité, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, mais dont les forces motrices s’emploient, avec une redoutables efficacité, à savonner la planche du nouvel exécutif. Même les plus aguerris en science politique s’y perdent ! En effet dès le lendemain du discours tonitruant de Chahed, devant des parlementaires exaltés, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), effrayée par le vent de la rigueur et de l’austérité qui a, un bref moment, soufflé sous la coupole du Bardo, dégaine et pond un communiqué pour prendre ses distances avec toute velléité de réforme qui n’irait pas dans le sens du fameux document de Carthage. Pourtant, quelques instants à peine après sa sortie sur l’austérité, Chahed a fait machine arrière toute en jurant presque qu’il n’a jamais été question de faire de l’austérité l’alpha et l’oméga de son action. Mais aux yeux de la toute-puissante UGTT devant l’Eternel, très soucieuse des acquis sociaux et qui a fait mordre la poussière à tous les gouvernements de la post-révolution sur ce dossier, le mal était fait…

Ce mercredi 07 septembre, c’est au tour de Rached Ghannouchi, leader du mouvement Ennahdha, un parti qui pèse lourd, et pour cause elle est la première force au Parlement, de surenchérir dangereusement en agitant la menace d’une déchéance du gouvernement Chahed s’il sort des clous du document de Carthage. Encore ce sacro-saint Accord de Carthage ! Alors que ce document, on l’a dit ici, mais on ne le dira jamais assez, est au pire une coquille vide, au mieux un paquet de voeux pieux qui ne porte en rien les germes de la relance de la Tunisie. « La poursuite de la lutte contre le terrorisme, l’accélération du processus de relance de la croissance pour atteindre les objectifs de développement et d’emploi, la lutte contre la corruption et l’instauration des fondements de la bonne gouvernance, la maîtrise des équilibres financiers et la poursuite d’une politique sociale efficace, l’instauration d’une politique spécifique pour les villes et les collectivités locales, le renforcement de l’efficacité de l’action gouvernementale et la poursuite de la mise en place des institutions opportunes ». Voilà ce que dit, en gros, le célébrissime accord de Carthage, qui semble être le livre de chevet de nos chers leaders. On n’y trouve aucun élément qui ressemble, de près ou de loin, à une dynamique réformatrice, aucune bribe de solution pour sortir la Tunisie des affres de la crise économique et sociale, ce que justement Chahed a promis de faire.

Ghannouchi bluffe !

En relayant les inquiétudes et mises en garde de l’UGTT, Ghannouchi adresse un très mauvais signal à Chahed et aux citoyens tunisiens, qui attendent beaucoup de cet énième changement de gouvernement en 5 ans. Venant d’un responsable politique de cet acabit, c’est proprement irresponsable, voire criminel au regard de l’absolue nécessité de réformer la Tunisie. Lesté par l’accord de Carthage, Chahed serait condamné à l’immobilisme total, et perpétuerait ainsi le périple catastrophique du pays depuis la Révolution, une révolution que les Tunisiens attendent toujours d’ailleurs. Mais ça c’est si Chahed veut se trouver des excuses pour ne pas avancer car à y regarder de plus près, il a toutes les cartes en main pour appliquer sa thérapie de choc.

Il ne faut pas perdre de vue le fait que Chahed est assis sur une très confortable majorité, plus que ce dont il pouvait rêver. C’est une carte maitresse. De fait il a les coudées franches pour bousculer les forces conservatrices et les nombreuses pesanteurs sociales et politiques. Mais il y aura de la casse, de la violence, et pas que symbolique. Encore faut-il que le chef du gouvernement fasse don de soi et accepte le sacrifice ultime : Boucher son horizon politique. Mais si son affaire marche et que le pays retrouve des couleurs, les citoyens seront son bouclier.

Par ailleurs la Tunisie vient de se doter de son 7ème gouvernement en 5 ans, c’est beaucoup trop ; même si Ghannouchi menace de ses foudres Chahed, il est inconcevable que le pays se paye une autre crise politique avant les rendez-vous électoraux. Toute la classe politique sombrerait, et avec elle la Tunisie. Et ça Ghannouchi le sait très bien, Chahed aussi. Donc ce dernier aurait tort d’être effrayé par les propos du leader d’Ennahdha, fut-il à la tête du parti le plus costaud à l’Assemblée des représentants du peuple. Ghannouchi ne pourrait pas aussi facilement avoir la peau de Chahed. On est dans dans une toute autre configuration que sous le mandat de Habib Essid.

Autre élément non moins important : Les partis de la coalition savent qu’ils ne peuvent plus se permettre de secouer le cocotier pour faire tomber le chef du gouvernement. Aux yeux des soutiens de la Tunisie (FMI, Banque mondiale, Union européenne…), qui déjà sont affligés par les tâtonnements et les errements au sommet de l’Etat, un autre soubresaut politique majeur sonnerait le glas du statut de laboratoire de la démocratie dans le monde arabe. Expérimenter dans le cadre de la transition oui, mais il y a des limites ! Surtout pour ceux qui n’ont cessé d’ouvrir les robinets ces dernières années pour perfuser la Tunisie, en attendant que leurs sous leur reviennent, et les bénéfices avec. Et ça aussi Ghannouchi le sait pertinemment. Et Chahed également.

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Dans son discours du vendredi 26 août 2016 au Parlement, dans le cadre de la confiance qu’il était venu solliciter, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a distribué, très énergiquement et très généreusement, les coups. Il a pointé du doigt ceux qui, à ses yeux, sont les responsables du naufrage de la Tunisie. D’abord les gouvernements qui se sont relayés à la tête du pays depuis la révolution et qui ont, d’après Chahed, tous échoué dans leur mission ; les citoyens dont les actes d’incivilité ont rendu la Tunisie méconnaissable… Bref, tout le monde en a pris pour son grade. Tout le monde sauf peut-être l’Union générale tunisienne du travail (UGTT).

Tout le monde connait le poids de l’UGTT dans le pays, et par là même sa capacité de nuisance. Elle est l’une des rares centrales syndicales au monde à s’asseoir à la table des gouvernants, et même à parler très souvent plus fort que ces derniers. Une spécificité bien tunisienne. Le souci c’est que ces dernières années, l’UGTT a fait usage de ce pouvoir à mauvais escient, en bloquant la relance du pays à coups de grèves intempestives, de revendications salariales déraisonnables compte tenu de l’état des finances publiques, etc. Même la célèbre revue américaine «Foreign Policy» a fait un article très étoffé sur la question. Et tout ça, Chahed l’a superbement occulté dans son diagnostic du malade qu’est la Tunisie, remarquable à bien des égards. Le chef du gouvernement s’est certainement dit qu’il valait mieux ne pas se mettre à dos la puissante UGTT en l’attaquant frontalement, pour ne pas compromettre ses chances de réformer le pays. Le souci, un très gros souci, c’est que tous ses prédécesseurs depuis la révolution avaient fait le même calcul. Et finalement c’est la Tunisie qui a trinqué, avec une économie sinistrée et une instabilité politique, parfaitement illustrée par le rythme effréné des changements à la tête du pays (Chahed est le 7ème chef de gouvernement en 5 ans). Mais le nouveau chef du gouvernement en a suffisamment dit pour inquiéter l’UGTT

Le combat entre l’UGTT et Chahed a déjà commencé

Quand Chahed a évoqué la masse salariale dans la fonction publique qui absorbe 13,4 milliards de dinars, près d’un tiers du budget de l’État ou le problème du déficit des caisses, l’UGTT a dû se sentir forcément visée puisque les solutions sont sur la table depuis un moment et que la centrale syndicale les combat énergiquement. On sait ce qu’il faut faire – gel des salaires dans la fonction publique, des départs volontaires, monter le niveau des cotisations sociales, allonger l’âge de départ à la retraite… – mais l’UGTT s’évertue à bloquer toute initiative dans ce sens. La centrale syndicale, pour dissuader le chef du gouvernement de regarder dans ces directions, parsemées de réformes douloureuses, a émis un communiqué hier samedi 27 août qu’on peut interpréter comme une posture de combat.

En effet le communiqué dit que la centrale syndicale s’en tient strictement à l’Accord de Carthage, qu’elle a ratifiée, et que c’est sur la base de ce pacte qu’elle évaluera le rendement du gouvernement. Or que y a-t-il précisément dans le texte de l’Accord de Carthage ? « La poursuite de la lutte contre le terrorisme, l’accélération du processus de relance de la croissance pour atteindre les objectifs de développement et d’emploi, la lutte contre la corruption et l’instauration des fondements de la bonne gouvernance, la maîtrise des équilibres financiers et la poursuite d’une politique sociale efficace, l’instauration d’une politique spécifique pour les villes et les collectivités locales, le renforcement de l’efficacité de l’action gouvernementale et la poursuite de la mise en place des institutions opportunes ». Voilà, un ensemble de généralités, pour ne pas dire de voeux pieux. Pas une once de piste concrète de réforme, encore moins un programme précis pour piloter le pays dans ces circonstances difficiles. En liant Chahed à ce document, l’UGTT prend ses distances avec toute orientation qui n’est pas dans cet accord, comme par exemple ces réformes douloureuses dont le chef du gouvernement ne pourra pas faire l’économie mais dont la centrale patronale ne veut pas entendre parler. Rude bataille en perspective.

Ce n’est pas le seul terrain sur lequel l’UGTT titille Chahed, elle a également dénoncé dans son communiqué certaines affectations dans le gouvernement qui ne seraient pas justifiées, sans donner plus de détails. Tout cela pour dire que si le chef du gouvernement avait encore des doutes sur la difficulté de faire de l’UGTT un partenaire pour les réformes, le communiqué d’hier les a dissipés…

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L’UGTT a pondu un communiqué ce samedi 27 août 2016 pour signifier à tout le monde, en premier le nouveau chef du gouvernement, qu’elle s’en tient uniquement au programme du pacte de Carthage. Le texte ajoute que le rendement de la nouvelle équipe à la tête du pays sera évalué en fonction du degré de suivi de ce programme.

Par ailleurs la centrale syndicale a affirmé que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a fait certains choix dans son équipe pour satisfaire les requêtes des partis et que certains noms n’ont aucun rapport avec les besoins actuels du pays. Ces ministres, d’après l’UGTT, pourraient être un frein à l’application du pacte de Carthage.

La centrale syndicale a tenu à dire qu’elle n’a aucune responsabilité dans l’échec des gouvernements précédents. Les travailleurs ne sont en rien comptables des échecs lesquels sont provoqués par les orientations politiques, selon le texte.

Enfin l’UGTT est d’avis que la crise du phosphate est causée par des lobbies corrompus qui doivent être attaqués, a indiqué le communiqué.

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Le moins qu’on puisse dire est que le démarrage en trombe du quadra – 41 ans – à la tête du gouvernement dit d’union nationale, Youssef Chahed, en jette, au point de désarçonner une classe politique et une opinion publique qui s’étaient accoutumées aux départs poussifs, hésitants et assommants de platitude. D’abord il y a le CV du bonhomme, lequel sans être long comme le bras – certains, et ils le font très bien, ont commencé à s’intéresser à la partie vide du verre -, impose quand même le respect, vu le jeune âge de Chahed. Et puis il y a la forme : Il a lui même annoncé sa désignation pour le fauteuil très convoité mais éjectable du palais de la Kasbah – 6 chefs de gouvernement s’y sont assis en 5 ans ! Ce nouveau style détonne et donne des indications sur la volonté de Chahed de bousculer les habitudes pour transporter les masser vers ce mieux être social et économique qui fait faux bond à la Tunisie depuis le départ du dictateur. Ceux à qui le nouveau patron du gouvernement tunisien renvoie l’image des sémillants Premiers ministres italien, Matteo Renzi et canadien, Justin Trudeau, ont encore plus de raisons d’établir des parallèles. Mais la comparaison s’arrête là, pour le moment. Chahed a une mission incroyablement difficile et n’a pour le moment rien démontré qui justifie qu’on aille plus loin dans les similitudes.

Ensuite il y a les annonces, fortes, même si, là encore, on jugera sur pièce. Le nouveau chef du gouvernement se donne 30 jours pour présenter son équipe au Parlement, une équipe qui sera aiguillonnée, pour ne pas dire corsetée, par l’Accord de Carthage.
« Cette période exige surtout des solutions extraordinaires. Nous allons entamer sous peu les pourparlers pour la composition du nouveau gouvernement d’union nationale, avec la participation de toute la classe politique et tous les partis ainsi que les organisations et personnalités nationales », a dit Chahed.

L’affichage est clair : Pas de temps à perdre, il faut aller vite et bien. Il est vrai que le pays en a perdu du temps, mais rien ne nous garantit non plus que le nouveau chef du gouvernement a les épaules pour mettre en mouvement des citoyens qui ont tendance, depuis quelques années, à faire le contraire de ce qu’il faut faire pour sortir le pays de l’ornière. Rien ne nous donne l’assurance qu’il réussira là tous ses prédécesseurs se sont cassés les dents.

Les 10 axes de travail du gouvernement de Youssef Chahed sont également très séduisants, sur le papier du moins :

-Une équipe politisée mais composée de compétences nationales
-Exit les quotas partisans
-Un gouvernement de jeunes car il mise sur « la force de la jeunesse »
-La vérité, rien que la vérité, toute la vérité aux citoyens sur les difficultés que traverse le pays sur les plans économique, financier et social
-Appliquer à la lettre le contenu du document de Carthage avec comme priorités les principaux points
-Terrasser le terrorisme
-Combattre plus efficacement la corruption
-Faire repartir la croissance pour créer un maximum d’emplois
-Maintenir les équilibres financiers
-Assainir l’environnement et rendre les rues plus propres

Le chef du gouvernement a indiqué que le programme sera soumis aux députés de l’ARP et a appelé tous les Tunisiens à accompagner son équipe. Il en aura sacrément besoin pour tenir toutes ces promesses !

Enfin il a déclaré : « Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle phase qui exige de notre part des efforts sans précédent, où audace et altruisme sont les maîtres mots (…). J’invite toute la classe politique, tous les journalistes et la société civile à assumer leurs responsabilités pour surmonter les obstacles de cette période sensible de l’histoire de la Tunisie (…). J’aimerais adresser un message spécial à la jeunesse tunisienne dont une frange importante est en proie à des difficultés : Ne perdez pas espoir, l’avenir sera meilleur malgré les problèmes auxquels nous faisons face, nous avons les moyens de réussir, et nous sommes condamnés au succès, c’est notre seule porte de sortie », a conclu Chahed.

D’autres avant lui avaient fait vibrer les Tunisiens avec des déclarations tout aussi passionnées, inspirées, sensées, on sait le destin qu’ils ont eu…

Les détracteurs aiguisent déjà les couteaux

Que Chahed se le tienne pour dit, il n’aura pas de période de grâce. La partie adverse aura la dent dure avec lui et ne lui pardonnera aucun écart. Certains ont même commencé à savonner soigneusement la planche pour le faire chuter. D’abord l’UGTT. La puissante centrale syndicale, principal agitateur, et pas que d’idées, de l’espace social, a accueilli avec très peu d’enthousiasme l’officialisation du choix du président de la République. Quand on connait la capacité de nuisance de l’UGTT, il y a du souci à se faire. On n’a pas beaucoup entendu l’UTICA non plus. Silence presque aussi inquiétant. Et puis il y a les partis politiques qui ruent dans les brancards.

Abderaouf Chérif, président du bloc parlementaire Al Horra, coopté par le parti de Mohsen Marzouk, Machrou’ Tounes, a déclaré sur Mosaïque FM qu’ « avec la désignation de Youssef Chahed au poste de chef du gouvernement, on ne peut plus parler de gouvernement d’union nationale ». Il a ajouté qu’ « on ne pouvait pas construire un gouvernement d’union nationale avec un quota partisan », et que le nouvel occupant du palais de Carthage file tout droit vers les mêmes ratés que Essid.

Faouzi Charfi, dirigeant au parti Al Massar, a abondé dans le même sens en affirmant, sur la même radio, que la nomination de Youssef Chahed est « le signe que le prochain gouvernement sera composé suivant la logique des quotas partisans, et non un gouvernement d’union nationale ». Et d’ajouter que son parti se retire des tractations autour du prochain gouvernement et de son programme.

Adnen Mansar, leader du parti Alirada, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en déclarant que « la désignation de Youssef Chahed est une deuxième phase de la violation de la Constitution ». Il qualifie le choix de Essebsi de « pièce de théâtre » et que « les négociations auraient du être organisées au théâtre municipal de Carthage » et non au Palais de Carthage. Il en a rajouté une bonne louche en déclarant que « la Tunisie vit aujourd’hui dans un régime en apparence parlementaire », mais que Béji Caid Essebsi et Rached Ghannouchi s’activent pour que la présidence de la République domine les autres institutions.

Quant à Hechmi Hamdi, le chef de file du Courant de l’Amour, il a sonné le rassemblement pour « un jour de colère » ce samedi 06 août pour manifester haut et fort l’opposition à la désignation de Youssef Chahed au poste de chef du gouvernement.

Certes du côté Nidaa Tounes et Ennahdha on va, encore une fois, tenter de minimiser la levée de boucliers en se gaussant du poids électoral de ces formations, mais ils ont tort. Les protestations, d’où qu’elles viennent, fonctionnent toujours comme des marqueurs sociaux et politiques et façonnent, d’une manière ou d’une autre, l’opinion publique et influent sur son adhésion, ou pas, à la direction que prennent les affaires de la cité. Youssef Chahed est averti.

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La signature du document de synthèse relatif à l’initiative sur la formation d’un gouvernement d’union nationale a eu lieu ce mercredi 13 juillet 2016 au palais de Carthage, avec la participation des partis politiques et des organisations nationales concernées. Ont procédé à la signature de ce document Houcine Abassi secrétaire général de l’UGTT, Wided Bouchamaoui, présidente de l’Utica, Abdelmajid Ezzar président de l’UTAP, Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha, Hafedh Caïd Essebsi de Nidaa Tounes, le président de l’UPL, Slim Riahi, le leader du parti « Mouvement du Projet de la Tunisie » Mohsen Marzouk, Yassine Brahim, président d’Afek Tounes, Zouhair Maghzaoui, secrétaire général du Mouvement du peuple, Kamel Morjéne, président du parti Al Moubadara, Issam Chebbi, porte-parole du parti républicain (Al Joumhouri) et le secrétaire général d’Al Massar Samir Bettaïeb.

Le président de la République, Béji Caied Essebsi, a affirmé lors de son discours prononcé au cours de la cérémonie de signature qu’il n’est pas intervenu ni de près ni de loin dans l’élaboration du document en question. Il a par ailleurs expliqué que le document dit « Accord de Carthage » est le résultat des concertations qui ont eu lieu entre les différents partis politiques, les organismes nationaux, les personnalités nationales et les représentants de la société civile.

Selon lui,  ce document est le résultat de la situation économique et financière mais aussi sociale et sécuritaire qui n’est pas bonne, selon ses dires. « Les choses ne peuvent plus se poursuivre à ce rythme là (…). On ne reproche rien à personne… C’est une affaire politique et qui n’a aucun rapport avec les personnes, sauf que les choses doivent évoluer avec d’autres alternatives ».

Évoquant l’équipe de Habib Essid, le chef de l’État a tenu à préciser que le gouvernement a accompli ses missions et a pleinement joué son rôle mais n’a pas pu tout faire. Et de préciser que la décision de mettre en place un gouvernement d’union nationale est purement politique et n’a aucun lien avec les personnes. « Le changement du gouvernement est une étape purement politique… C’est une démarche politique étant donné que le gouvernement actuel ne peut plus donner plus », a dit Essebsi.

Il a fait savoir en outre que le chef du gouvernement, Habib Essid, a choisi de partir à l’ARP pour exposer ses réalisations auprès des députés, voulant expliquer implicitement qu’il ne va pas démissionner et optera pour l’article 98 de la Constitution qui permet de passer au vote pour accorder la confiance au gouvernement. Bon à savoir ! A signaler que Habib Essid était absent de la cérémonie portant sur cette signature.

Évoquant la rimeur sur sa mort, Essebsi a indiqué qu’il n’a jamais été admis dans un hôpital psychiatrique, qualifiant ceux qui sont à l’origine de la rumeur sur sa mort de « malfaisants », accusant certaines parties d’oeuvrer à perturber la situation sécuritaire dans le pays et salir l’image de la Tunisie à l’international, soulignant l’existence.

La rumeur courait sur la dégradation de l’état de santé du président de la République après son absence de la petite lucarne la veille de l’Aïd El Fitr pour les traditionnels vœux au peuple tunisien et le lendemain à la prière de l’Aïd à la mosquée Malek Ibn Anas à Carthage.
Les bruits ont encore pris de l’ampleur après le report de la ratification de la nouvelle feuille de route gouvernementale au point que certains avaient même parlé de sa mort.

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Le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a indiqué, lors de la signature ce mercredi 13 juillet 2016 du document portant sur les priorités du prochain gouvernement, que l’équipe de Habib Essid doit réagir positivement au document en question. Il a estimé que la signature de ce document est une étape importante dans le changement des politiques et des orientations.

Il a, dans le même contexte, affirmé que le gouvernement Essid doit céder sa place au prochain gouvernement.

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Le président de la République, Béji Caied Essebsi, a affirmé lors de la cérémonie qui s’est déroulée ce mercredi 13 juillet 2016 au palais de Carthage pour la signature du document relatif aux priorités du prochain gouvernement qu’il n’est pas intervenu ni de près ni de loin dans l’élaboration du document en question.

Il a par ailleurs expliqué que le document dit « Accord de Carthage » est le résultat des concertations qui ont eu lieu entre les différents partis politiques, les organismes nationaux, les personnalités nationales et les représentants de la société civile.

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Le président de la République, Béji Caied Essebsi, a déclaré lors de la cérémonie qui s’est déroulée ce mercredi 13 juillet 2016 à Carthage pour la signature du document relatif aux priorités du prochain gouvernement que la situation économique et financière mais aussi sociale et sécuritaire n’est pas bonne et que les choses ne peuvent plus se poursuivre avec ce rythme là. « On reproche rien à personne… C’est une affaire politique et qui n’a aucun rapport avec les personnes, sauf que les choses doivent évoluer avec d’autres alternatives ».

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Le chef du gouvernement, Habib Essid, était absent de la cérémonie qui s’est déroulée aujourd’hui, mercredi 13 juillet 2016, à Carthage pour la signature du document relatif aux priorités du gouvernement d’union nationale, dit « Accord de Carthage ».

Il est à noter toutefois que plusieurs personnalités politiques étaient présentes lors de cette cérémonie, à l’instar de Houcine Abassi, secrétaire général de l’UGTT, Wided Bouchamaoui, présidente de l’Utica, Abdelmajid Ezzar président de l’UTAP, Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha, Hafedh Caïd Essebsi de Nidaa Tounes, le président de l’UPL, Slim Riahi, le leader du parti « Mouvement du Projet de la Tunisie » Mohsen Marzouk, Yassine Brahim, président d’Afek Tounes, Zouhair Maghzaoui, secrétaire général du Mouvement du peuple, Kamel Morjéne, président du parti Al Moubadara, Issam Chebbi, porte-parole du parti républicain (Al Joumhouri) et le secrétaire général d’Al Massar Samir Bettaïeb.

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