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Afrique

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Les documents des archives Snowden, fournies par l’ancien consultant de la NSA à Glenn Greenwald et Laura Poitras et consultés par le journal « Le Monde », en collaboration avec « The Intercept », montrent notamment que, loin de se consacrer exclusivement à la traque des organisations terroristes, les services de renseignement britanniques et américains consacrent une large part de leurs ressources à l’espionnage économique et diplomatique. Et bénéficient pour ce faire d’un gigantesque réseau de surveillance électronique, qui s’appuie aussi, en Afrique, sur d’importants moyens de surveillance des communications par satellite.

Le vaste système de collectes d’informations des services américains et britanniques est très loin de se limiter aux groupes armés et terroristes : dans une vingtaine de pays, ce sont les élites politiques, militaires et économiques africaines qui sont ciblées. Sans oublier, bien sûr, leurs représentations diplomatiques, et celles d’autres pays sur place dont des ambassadeurs français.

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Une intrusion de grande ampleur a eu lieu dans les bases de données de l'opérateur téléphonique Orange en France . Il s'agit d'un piratage de grande ampleur

Le groupe français Orange vient de densifier sa présence en Afrique en inaugurant, le 24 novembre 2016, deux centres de gestion des services clients et ce, à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire et Dakar, capitale du Sénégal. 70 millions d’euros – 35 millions d’euros par site – ont été décaissés pour financer ces infrastructures. Bruno Mettling, directeur général adjoint d’Orange en charge de la zone Afrique et Moyen-Orient, s’est rendu à Abidjan, où ces projets ont été officiellement lancés.

« Le GNOC [pour Global Network Opération Center] permettra de superviser à terme le réseau 2G, 3G et 4G de 53 millions de clients dans neuf pays africains où nous possédons des filiales. Nous voulons offrir à nos clients une nouvelle expérience dans l’usage d’applications. Cette supervision se fera 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 », a déclaré M. Mettling.

Ces nouvelles unités vont au départ gérer six pays, mais très vite, dès 2017, elles vont monter en régime pour s’étendre à trois autres pays. A peu près 200 ingénieurs et techniciens vont travailler dans ces centres.

Orange a choisi Abidjan et Dakar parce que c’est là où le groupe compte le plus d’abonnés en Afrique subsaharienne.

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L’agriculture constitue la principale source de revenus en Afrique. Toutefois, ce secteur ne représente qu’un quart du PIB des pays africains car son potentiel n’est pas encore pleinement exploité, ce qui a provoqué une détérioration de la sécurité alimentaire sur le continent.

Cela pourrait se traduire par une augmentation prévue du nombre des personnes touchées par la malnutrition sur le continent, qui passera de 240 millions d’habitants en 2014 à 320 millions à l’horizon 2025.

Une pareille situation ne peut qu’obliger les pays africains à diversifier leurs exportations et à réduire le déficit de leurs comptes des opérations courantes.

Cette démarche est stratégique dans la mesure où les pays africains font actuellement face aux défis de la baisse des prix de produits de base, conjuguée à la dépréciation des monnaies et la pression macroéconomique et budgétaires des importations de produits alimentaires. Chiffre à l’appui, cette augmentation des importations de produits alimentaires dont la valeur devrait passer de 35 milliards USD en 2015 à 110 milliards USD en 2025.

24 milliards USD pour la transformation agricole

Partant de ce constat et au regard de ces défis, la Banque africaine de développement (BAD) a adopté une nouvelle politique avec comme slogan « Nourrir l’Afrique 2016-2025 ».

Cette nouvelle initiative repose essentiellement sur quatre grands axes, à commencer par la contribution à l’élimination de l’extrême pauvreté en Afrique à l’horizon 2025, l’élimination de la famine et la malnutrition à l’horizon 2025 tout en faisant           de l’Afrique un continent exportateur net de produits alimentaires de manière à la remonter au sommet des chaînes de valeur mondiales.

« Le développement d’une stratégie pour l’alimentation de l’Afrique est le résultat d’un processus itératif qui a engagé les principaux intervenants et groupes d’intérêt dans l’ensemble du spectre de l’agriculture », a déclaré la représentante de la BAD, lors d’un atelier régional organisé à cette occasion et qui a réuni des participants des secteurs public et privé, notamment les organisations de la société civile, les jeunes, les femmes, le monde universitaire, les partenaires au développement.

Mais comment ? A travers la transformation de l’agriculture africaine de manière à aider les économies africaines pour diversifier leurs sources de recettes en devises, a répondu de son côté le directeur du département agriculture au sein de la BAD, Chiji Ojuki.

Le défi est à la portée de la BAD, qui dans l’élaboration de cette stratégie s’est appuyée sur plusieurs expériences étrangères dont notamment celle de l’Asie de l’Est. Cette région a réussi déjà à sortir 400 millions de personnes de la faim en investissant massivement dans l’agriculture, tandis que le Brésil a pu passer du statut de petit producteur agricole à celui de deuxième producteur mondial de soja et de bœuf, et à celui du premier producteur de grains de café et ce, grâce à des investissements dans la recherche-développement.

De toute façon, la transformation de l’agriculture contribuera à revitaliser les zones rurales, en transformant les zones de misère économique en zone de prospérité économique. Un projet qui nécessite des investissements énormes en matière de productivité agricole, de développement des infrastructures rurales, sans oublier les incitations afin d’établir des entreprises de transformation de produits agricoles et d’autres activités agro-industrielles.

C’est pour cette raison que 24 milliards USD seront mobilisés par la BAD au cours des dix prochaines années pour l’appui de la transformation agricole.

Ce niveau de ressources pour assurer le succès de cette opération est déterminant dans la mesure où la transformation d’un groupe choisi de chaines de valeur coutera entre 350 et 400 milliards USD sur la période 2015-2025.

Vers une agriculture commerciale !!

Dans ce processus, l’idée est de considérer l’agriculture comme une activité économique tout en exploitant de manière efficace les ressources humaines et naturelles dont disposent les pays africains et en saisissant les opportunités de l’environnement international, a estimé pour sa part Abdallah Rabhi, secrétaire d’Etat aux Ressources hydrauliques et à la Pêche

A ce niveau, l’utilisation des TIC demeure utile afin de changer radicalement les couts et les modèles de livraison de produits et services aux agriculteurs et autres acteurs intervenants tout au long des chaines de valeur agricoles.

Au delà de l’importance de cette démarche, les participants à cet atelier régional ont aussi mis l’accent sur le rôle important du secteur public dans la facilitation de la transformation en accélérant le lancement du processus à travers des investissements choisis et des activités contrôlés.

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Orange a annoncé hier les lauréats du Prix Orange de l’Entrepreneur Social 2016 en Afrique et au Moyen-Orient lors de la cérémonie des AfricaCom Awards au Cap en Afrique du Sud. Ce Prix, dont la vocation est d’encourager les start-up mettant l’innovation au service du développement du continent africain, s’est étendu cette année au Moyen-Orient et s’est enrichi d’un Prix spécial Contenu Culturel.

L’opérateur a récompensé, pour la 6ème année consécutive, quatre projets innovants favorisant le développement. L’objectif est de stimuler les initiatives des entrepreneurs plaçant les technologies au service des besoins des populations d’Afrique & du Moyen-Orient.

Ouvert de mai à septembre, l’appel à candidatures a récolté 750 projets innovants. Ces propositions illustrent le potentiel des télécommunications dans le développement du continent africain & du Moyen-Orient, dans les domaines aussi variés que la santé, l’agriculture, l’éducation ou encore l’énergie. Onze projets ont été présélectionnés et présentés sur le nouveau portail d’Orange dédié aux entrepreneurs d’Afrique et du Moyen-Orient, Entrepreneur Club, puis les gagnants ont été élus par un jury composé de médias, investisseurs, institutions et experts d’Orange. Les trois lauréats recevront des bourses de 25 000, 15 000 et 10 000 euros et le lauréat du Prix spécial Contenu Culturel recevra 5 000 euros. Par ailleurs, les finalistes du Prix et celui du Prix spécial Contenu Culturel bénéficieront d’un accompagnement privilégié par l’ONG Grow Movement ainsi que par des experts d’Orange pour une durée de 6 mois. Orange finance aussi le dépôt d’un brevet pour le premier Prix.

Bruno Mettling, PDG d’Orange MEA considère « qu’avec près de 3 500 projets déposés depuis 2011, le POESAM connait un succès croissant, comme en témoignent les 750 dossiers en compétition en 2016.  L’écosystème des startups reconnait chaque jour davantage Orange comme un partenaire de référence capable d’accompagner leur développement : 95% des startups lauréates depuis l’origine poursuivent encore  leur croissance aujourd’hui. Je les remercie de leur confiance.»

Les projets récompensés cette année sont les suivants :

Le 1er prix a été attribué à MedTrucks, Maroc

MedTrucks a été créé pour accompagner les acteurs de la santé dans le déploiement d’unités mobiles de soins au Maroc et dans les pays émergents. L’objectif est de lutter contre les déserts médicaux en apportant les soins au bon moment et au bon endroit, ceci à travers le développement d’une gamme complète de services comprenant le cartographie en temps réel et des outils de tracés d’itinéraires pour optimiser l’offre de santé aux patients mais également un catalogue en ligne d’unités mobiles et une plateforme de formation pour les professionnels.

Le 2ème prix a été attribué à Nanoé, Madagascar

Nanoé a pour ambition de concevoir, expérimenter et diffuser un modèle d’électrification latérale pour l’Afrique afin de répondre aux besoins à court-terme des populations éloignées du réseau. Nanoé propose un accès à l’électricité rapide, flexible et abordable, tout en participant à la construction d’une infrastructure électrique du XXIème siècle: décarbonée, décentralisée, collaborative et intelligente. Nanoé embarque dans son projet une forte montée en compétences de ses futurs opérateurs locaux.

Le 3ème prix a été attribué à Ma Tontine, Sénégal

MaTontine apporte une solution à la problématique de l’accès aux services financiers tels que les micro-crédits pour les plus démunis à travers l’automatisation d’un système d’épargne traditionnel entre pairs (collègues, voisins, amis) qui existe en Afrique depuis au moins un siècle : la Tontine. L’innovation réside ainsi dans l’automatisation de cette méthode et l’incorporation d’un système d’évaluation des risques-clients pour faciliter l’octroi de micro-crédits et d’autres services financiers tels que la micro-assurance à aux membres de ces Tontines.

Le 4ème prix, le Prix spécial Contenu Culturel, a été attribué à Bulles Magazine, Côte d’Ivoire

Bulles Magazine est un magazine mensuel dédié au 6-10 ans promouvant la culture africaine. Bulles Magazine est disponible sous 2 formats, l’un papier et l’autre en ligne, accessible à tous les pays francophones à travers le monde. L’originalité de ce magazine consiste à raconter aux enfants l’histoire de rois et reines qui ont régné sur le continent africain il y a longtemps. Chaque mois, les enfants découvriront des histoires passées et actuelles de héros africains ou encore d’inventeurs du continent. Ce magazine très coloré et recourant à de nombreuses illustrations sera donc accessible en papier mais aussi via tablettes et pc…

Les internautes ont également été invités à voter massivement pour choisir leur projet  « Coup de Cœur » :

Le projet égyptien FoodoGraphy a été plébiscité avec 80 457 votes sur plus de 390 000 votes en ligne. Foodography est une plateforme en ligne qui vise à mettre en lien des restaurants, hôtels et centres de conférences avec des organismes œuvrant en faveur des plus démunis afin de permettre à ces derniers de récupérer les surplus de nourriture. Un tel système constitue une réponse au gaspillage alimentaire en apportant la possibilité de manger à leur faim pour des segments pauvres de la population.

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A l’occasion de la COP22, 22e conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le ministère du Tourisme marocain a organisé, jeudi 10 novembre 2016, le Forum Ministériel sur les enjeux Tourisme et Climat en Afrique.

Ce Forum a rassemblé près de 200 invités nationaux et internationaux parmi lesquels plusieurs membres de gouvernement, des délégations ministérielles africaines, des organismes internationaux, des professionnels du secteur ainsi que des membres de la société civile.

Avec la participation de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), ce Forum a réuni une trentaine de pays africains dont treize ministres du Tourisme africains (Angola, Cameroun, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Gabon, Gambie, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Seychelles, Zimbabwe), dans l’objectif de réaffirmer l’importance du tourisme durable et de l’inscrire comme levier de développement pour le continent.

Les ministres présents ont pu ainsi partager leurs visions stratégiques, les « best practice » ainsi que les avancées en termes de tourisme durable.

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Pour ceux qui en doutaient, mais ils ne sont pas nombreux, le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, va aller en France demain mercredi 09 novembre 2016 pour parler gros sous. Chahed qualifie lui-même son voyage de « stratégique » et lui confère volontiers, dans un entretien avec l’AFP, « une vocation économique ». A quelques semaines de la Conférence internationale de l’investissement – les 29 et 30 novembre 2016 à Tunis -, il était grand temps d’aller secouer l’ami historique et premier partenaire économique de la Tunisie, mais qui se fait discret depuis quelque temps, empêtré lui aussi dans ses difficultés économiques et un chômage qui s’obstine à rester dans la zone des 10%, alors que ses voisins d’Europe du Nord, mais surtout l’Allemagne, font nettement mieux.

Chahed attend de la France qu’elle prenne en charge, aux côtés de la Tunisie, une partie des coûts de la transition démocratique et de l’instabilité en Libye. Cette incantation, tout au mieux, en tout cas au regards des faits, a des allures de voeu pieux. Le Premier ministre tunisien perd de vue les signaux, ou plutôt l’absence de signaux, qui ont suivi le déplacement en septembre 2016 d’une délégation tunisienne pour « vendre » le Plan Marshall, qui coûterait à l’Union Européenne la bagatelle de 20 milliards d’euros, en financements. Certes il y a eu un vote du Parlement européen plein de ferveur, d’emphase et d’empathie pour la Tunisie, pour ses souffrances, sa bravoure, sa ténacité, ce phare du monde arabe… Bref, les déclarations passionnées de circonstance. Sauf que depuis rien ne se passe, ou pas grand chose. Les Européens sont toujours aussi tièdes quand il s’agit de voler au secours de la Tunisie, je veux dire de manière consistante et pas des actions de saupoudrage ou de plâtrage sur une jambe en bois. Par ailleurs la résolution adoptée par le Parlement européen en faveur du plan Marshall n’est pas coercitive. Pire, les députés européens se sont démenés pour coller à leur vote un épais document de 70 points sur des réformes que la Tunisie doit entreprendre et réussir si elle veut voir la couleur des billets.

Autant vous le dire tout de suite : Les choses sont très mal engagées. Chahed n’arrive pas à avancer dans son projet de la loi de finances 2017, dont d’ailleurs il a demandé le report de l’examen à l’ARP, de quelques jours (il était prévu de débuter les plénières ce 15 novembre, ce sera ce 18 novembre finalement), pour tenter de dégrossir la vague des détracteurs, avec à leur tête l’UGTT. Mais la centrale syndicale tient toujours mordicus aux majorations salariales dans le secteur public, et menace de décréter des grèves générales un peu partout dans le pays et de paralyser l’économie si les engagements ne sont pas tenus. Je ne vous apprends rien en vous disant que tout ça est du plus mauvais effet sur les investisseurs et que si tous ces problèmes ne sont pas solutionnés très rapidement, ils vont venir fin novembre, faire un peu de tourisme, et repartir comme ils sont venus. Sans lâcher un sou.

Alors on a regardé autour de nous pour voir s’il y a un pays qui réussissait économiquement, sans tout ce battage médiatique ou ces grands-messes des investisseurs, coûteux en temps et en deniers publics. Et on a vu le Maroc…

Le Maroc aime l’Afrique, et elle le lui rend bien

Le Maroc… Voilà un pays qui a tout compris, depuis des décennies, et qui prospère dans son contient, pendant que la Tunisie regardait avec des yeux de Chimène une Union euro-méditerranéenne qui n’est jamais venue, et qui est de plus en plus improbable depuis que le terrorisme a fait irruption dans la vie paisible des Maghrébins. Le pays doit en partie sa santé économique et son taux de chômage relativement bas (9,6%, selon les chiffres dévoilés par le Haut-commissariat au Plan, alors que la Tunisie, au mieux, affiche plus de plus 15%) à son extraordinaire dynamisme sur les marchés africains. Le roi du Maroc, Mohammed VI, le meilleur VRP (voyageur, représentant, placier) du pays, est un pèlerin infatigable et qui ne rechigne jamais à aller chercher l’argent là où il se trouve : Justement dans le continent africain. L’Afrique regorge de matières premières, vendues à prix d’or sur les marchés internationaux, un pactole qui est rapatrié sur le continent mais dont les Africains, très souvent, ne savent que faire faute d’avoir le savoir-faire et les installations pour le transformer en infrastructures. Et c’est là où le Maroc intervient, avec sa formidable armada diplomatique en Afrique – plus de 30 ambassades et représentations, alors que la Tunisie n’en a qu’une quinzaine – qui fait feu de tout bois. Après avoir mâché le travail, le roi et sa cohorte d’hommes n’ont qu’à passer pour cueillir les fruits mûrs.

Le dimanche 06 novembre 2016, Mohammed VI, était au Sénégal, d’où il a prononcé le discours sur la marche verte en direction des Marocains, une première dans l’histoire du pays, un insigne honneur que le président sénégalais, Macky Sall, a apprécié à sa juste valeur. C’est aussi cela la diplomatie économique : Des symboles. Les Subsahariens aiment ces marques d’attention, et les Marocains savent y faire. Par ailleurs le roi a fait cela dans un pays qui, d’après le FMI, affichera plus de 6% de croissance en 2017, une envolée dopée par le très ambitieux Plan Sénégal Emergent (PSE), sans parler des énormes quantités de pétrole et de gaz découvertes récemment. Nul doute que le Sénégal saura se souvenir du geste du roi du Maroc…

Avant le Sénégal, il y a à peine trois semaines – le 18 octobre 2016 -, Mohammed VI a fait une virée au Rwanda où la délégation marocaine a signé 19 contrats dans des secteurs très divers, puis cap sur la Tanzanie où les hommes d’affaires qui l’accompagnaient ont conclu 20 accords. Et encore il allait affoler de nouveau les compteurs en Ethiopie, mais il a dû rappliquer au pays. Mais ce n’est que partie remise, après la COP22, organisée à Marrakech, il retourne en Ehiopie. Le roi aime arpenter le continent africain, et l’Afrique le lui rend bien. C’est ainsi que le Maroc est montée jusqu’à plus de 500 entreprises exportatrices sur le continent…

Les promoteurs tunisiens aussi ont un appétit pour l’Afrique, surtout depuis que les horizons se sont bouchés en Europe, le souci c’est que les hommes d’affaires ne sont pas soutenus par une réelle volonté politique, quoi qu’en dise la PDG du Cepex (Centre de Promotion des Exportations). Le Premier ministre tunisien n’a jamais évoqué l’Afrique subsaharienne dans ses discours, du moins pas assez fort pour qu’on l’entende. Et encore moins programmer une visite dans cette partie du continent que la Tunisie connait si peu. Ce n’est pas vraiment cela qu’on appelle volonté politique. Il est temps que ça change, si la Tunisie veut se donner une chance de changer son destin…

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Le roi Mohammed VI a déclaré dans son discours sur la Marche verte que le Maroc est « une puissance politique influente » en Afrique. Le souverain a appelé les Etats qui s’opposent à son adhésion à l’Union africaine à agir avec « sagesse », a rapporté, dimanche 6 novembre, le site d’information « Yabiladi ».

C’est depuis Dakar que le roi a prononcé un discours à l’occasion de la commémoration du 41e anniversaire de la Marche verte. D’emblée le décor, une carte de l’Afrique sans les frontières politiques héritées de la colonisation entourée de deux drapeaux marocains, était révélateur de la teneur du message de Mohammed VI.

Le souverain est revenu sur la demande marocaine d’adhérer à l’Union africaine, affirmant que le royaume est dans son « droit légitime » et qu’il n’attend pas la « permission » de tierce pour reprendre sa place au sein de sa famille institutionnelle.

 La réintégration par le Maroc de l’Union africaine n’est pas une décision tactique, pas plus qu’elle n’a obéi à des calculs conjoncturels. Elle est plutôt l’aboutissement logique d’une réflexion approfondie », a-t-il expliqué.

Toujours selon la même source, c’est depuis Casablanca, en janvier 1961, que les bases juridiques de l’Organisation de l’unité africaine (l’ancêtre de l’UA) ont été lancées.

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Aziza Htira, PDG du Centre de promotion des exportations (Cepex), a déclaré que 2017 sera une année décisive car la Tunisie aura les moyens pour attaquer réellement le marché africain, lequel nécessite une grosse enveloppe.

Pour y parvenir, un don sera octroyé dans le cadre d’un partenariat tuniso-allemand. Par ailleurs les efforts se conjuguent actuellement avec les partenaires français pour l’organisation de la plus importante manifestation économique en Tunisie sur l’Afrique : Africa 2017.

Mme Htira considère que l’avenir de la Tunisie est dans le continent africain, un marché très promoteur, surtout dans cette conjoncture morose. Interview :

L’Afrique est l’avenir de l’exportation, mais nous sommes en retard par rapport à d’autres pays, comme la Turquie ou le Maroc. Qu’en-pensez-vous ?

Tout le monde convient que l’Afrique constitue pour la Tunisie un relais de croissance incontournable permettant de développer et diversifier ses exportations, surtout dans le secteur des services. Mais le handicap majeur pour le développement des affaires dans ce continent demeure le manque de moyens du aux carences de l’État.

Vous pouvez être plus précise ?

On ne peut pas assurer l’incursion en Afrique sans avoir les moyens nécessaires. En effet, le Cepex ne dispose ni des moyens, ni du budget qui nous permettraient de réaliser cet objectif.

On a en fait des problèmes pour financer les déplacements de nos représentants. A titre d’exemple, un cadre en mission en Afrique ne dispose que de 70 dollars. Or, cela ne lui permet pas de répondre à ses besoins alimentaires. Pis, les rencontres B2B coutent énormément cher pour nos consultants, sans oublier la location d’un espace d’exposition.

Mais comment faire ?

Pour pouvoir travailler aisément, il faut qu’il y ait les moyens.

Dans ce cadre, on peut annoncer que nous avons l’accord pour l’octroi d’un don de la part du gouvernement allemand pour conquérir ce marché. Un bon montant qui permettra au Cepex de réaliser cet objectif, surtout avec l’implantation des chambres de commerce allemandes dans plusieurs régions africaines.

Quels sont vos principales cibles ?

Nous n’avons pas encore identifié les marchés, mais on est en train de le faire. A ce titre, on peut souligner qu’on est en train de classer les marchés selon les priorités.

Une chose est sûre : on va démarrer en 2017, surtout que nous allons avoir l’appui nécessaire et ce fonds en question, tout en organisant les rencontres de manière à promouvoir les échanges commerciaux entre les pays arabes et africains.

La volonté existe-t-elle ?

Certainement oui. On a la volonté, qui devient à mon avis une nécessité pour s’attaquer à ce marché. C’est pour cette raison que nous devrons trouver les moyens nécessaires, surtout qu’on n’a plus le choix, d’autant plus qu’un nombre important d’hommes d’affaires ont exprimé la volonté de prospecter ce marché.

Outre les moyens, quelles sont les actions à entreprendre pour booster la présence tunisienne en Afrique ?

Au départ, on rappelle que la Tunisie se tourne de plus en plus vers l’Afrique et ce, suite à la nécessité de changement stratégique. Au cours des dernières années, on a vu plusieurs missions d’hommes d’affaires vers l’Afrique, des visites de membres du gouvernement et des rencontres africaines.

Cela vient à un moment opportun où le gouvernement en place a décidé d’ouvrir deux représentations commerciales du CEPEX. Cette décision prise lors d’un récent Conseil des ministres est motivée par le souci de la Tunisie de dynamiser la diplomatie économique avec les pays africains.

Dans le même contexte, on travaille actuellement en étroite collaboration avec le ministère des Affaires étrangères et celui du Commerce pour trouver cinq autres destinations où nous devons être implantés. L’objectif étant de faciliter la tâche aux hommes d’affaires et opérateurs voulant se lancer dans la conquête du marché africain.

A mon avis, 7 antennes vont certainement faciliter la tâche en Afrique, surtout que la volonté politique existe et qu’elle pourrait même accompagner la délégation tunisienne en donnant plus de visibilité à la mission.

Donc, si on a les moyens et la volonté nécessaires, 2017 sera l’année où on pourra réaliser des acquis et surmonter le blocage rencontré depuis des années au niveau de l’incursion du marché africain.

Y aura-t-il d’autres initiatives dans ce sens ?

Certainement oui, surtout qu’on a reçu plusieurs offres. A ce titre, on peut mettre la lumière sur une autre action qu’on est en train de creuser avec le partenaire français pour organiser les rencontres Africa 2017 en Tunisie, considérée comme la plus importante manifestation économique sur l’Afrique qui ait eu lieu cette année en France.

C’est une occasion propice pour renforcer le partenariat entre les opérateurs tunisiens, africains et français, tout en facilitant et diversifiant les échanges et pour faire naître des coopérations industrielles, économiques et technologiques à travers le transfert de savoir-faire et le développement des formations.

Choisir de pénétrer l’Afrique avec d’autres pays partenaires européens est une démarche importante pour tisser des réseaux solides entre les hommes d’affaires africains et européens.

La Tunisie dispose-t-elle des atouts pour faire face à la concurrence, sachant que le dragon chinois est très offensif sur le continent africain, dans les secteurs de l’énergie et des matières premières pour son appareil productif et pour commercialiser ses produits?

De par sa position géostratégique, la Tunisie est bien placée pour s’attaquer aux marchés d’Afrique, sans oublier les atouts et les produits dont elle dispose.

C’est important, mais à condition de coordonner nos efforts pour pénétrer le marché africain en assurant une meilleure synchronisation entre les différents intervenants, les chambres de commerce, les diplomates et les structures intervenantes.

Pour ce faire, une stratégie nationale doit être mise en place pour pouvoir faire un travail en commun.

Un tout autre sujet, la Tunisie multiplie les efforts pour organiser la Conférence internationale sur l’investissement, prévue fin novembre. Comment peut-on en tirer profit ?

Cet événement incontournable sera une bonne opportunité pour la Tunisie afin de restaurer son image à l’étranger en présentant aux bailleurs de fonds les nouvelles lois ainsi que les nouveaux points forts de la Tunisie, à savoir la stabilité politique, le rajeunissement de la classe politique, les avancées sécuritaires, l’adoption du Code d’investissement.

Cette conférence sera aussi l’occasion pour montrer notre capacité à booster l’économie, surtout qu’un plan quinquennal de développement « Tunisia 2020 » sera présenté à la communauté internationale afin d’aider les investisseurs privés à identifier les secteurs et les filières à fort potentiel dans chacune des régions du pays.

C’est une excellente occasion, surtout que de grandes personnalités ont confirmé leur participation à cette conférence, ce qui permettra de donner confiance non seulement aux produits tunisiens, mais aussi à nos opérateurs économiques.

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La représentante du Centre de promotion des exportations (Cepex), Najoua Riffi, a déclaré lors d’une journée tuniso-ivoirienne de partenariat organisée le mois dernier, en Côte d’Ivoire, que la Tunisie est le premier pays méditerranéen du sud en termes d’exportation des composants automobiles vers l’Union européenne et le deuxième producteur en Afrique, rapporte le site d’information « Al Wihda.info ».

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Alors que la COP22, qui se tiendra à Marrakech du 7 au 18 Novembre, se veut résolument africaine, HQE™ (certification Haute Qualité Environnementale) est un outil permettant à l’Afrique de mener sa transition vers la ville durable.

En marge du Sommet de la Francophonie, le 20e Colloque international en évaluation environnementale se tient du 26 au 28 octobre à Antananarivo et rassemble toute la chaîne de décision environnementale.

L’Association HQE-France GBC participe à cet évènement dont le thème est « Croissance partagée et développement responsable : le rôle des processus d’évaluation environnementale ».Reconnue explicitement par le principe 17 de la Déclaration de Rio, l’évaluation environnementale est aujourd’hui mise en œuvre par plus de 250 pays et Organisations à travers le monde.

À l’échelle africaine, la population urbaine ne va cesser d’augmenter, doublant même au cours des 25 prochaines années : elle représentera 1,3 Md de personnes en 2040 .

L’émergence d’une dizaine de mégalopoles africaines relance naturellement le débat sur laville durable. La solution réside donc avant tout dans l’anticipation d’un tel développement.

Face aux enjeux d’urbanisation, les acteurs de l’évaluation environnementale tels que Cerway, l’opérateur de la certification HQE™ missionné par l’Association HQE-France GBC pour son déploiement international, se doivent de jouer un rôle majeur. Dans le sillage des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies et de la Charte de Nice , l’Afrique peut s’appuyer sur HQE pour engager les acteurs du bâtiment d’aujourd’hui et de demain, sur la voie du développement durable et de la révolution verte.

Patrick Nossent, Président de Cerwaydéclare : «La réponse aux enjeux climatiques dans une vision globale et responsable ne s’obtient pas par hasard. Elle résulte de l’implication des parties prenantes et de la mobilisation de l’intelligence collective des professionnels qui est une des spécificités de HQE ».

L’espace africain francophone est un champ d’intervention privilégié pour Cerway déjà présent dans plusieurs pays de la zone (Algérie, Maroc, Tunisie, Congo Brazzaville, Gabon, République Démocratique du Congo). Un projet d’aménagement durable situé au Maroc et certifié HQE a d’ailleurs fait l’objet d’une fiche technique de l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD) et l’ADEME soutient l’approche HQE dans le cadre des nombreux partenariats avec ses homologues francophones.

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Le chômage touche de plein fouet la jeunesse africaine. Les raisons sont multiples, à commencer par la crise financière mondiale, l’explosion démographique, mais aussi l’absence d’une vision stratégique capable de s’attaquer aux défis rencontrés, tout en établissant un meilleur lien entre les jeunes et les opportunités d’emploi.

La réalité est de plus en plus préoccupante, notamment dans certains pays à l’instar de la Tunisie où la récession économique pourrait exacerber cette situation avec un taux de croissance plus faible et des revenus moindres.

Les chiffres confirment déjà cette problématique. La population jeune d’Afrique est en progression rapide et devrait doubler pour passer à plus de 830 millions à l’horizon 2050. L’Afrique sera alors le continent avec le plus grand nombre de jeunes au monde, avec plus de 250 millions de jeunes Africains qui se retrouveront au chômage, si les taux de jeunes chômeurs restent inchangés sur le continent.

25 millions d’emplois à l’horizon 2025!

Consciente de l’importance de ce défi, la Banque Africaine de Développement (BAD) a jugé nécessaire de promouvoir la transformation économique inclusive et la création d’emplois pour mieux améliorer la qualité de vie de tous les Africains.

Pour ce faire, une stratégie pour l’emploi des jeunes en Afrique a été mise en place dans le cadre d’un processus des consultations approfondies avec des représentants des secteurs public, privé, de la société civile et des groupes de jeunes de plusieurs pays africains.

« La mise en œuvre de la SEJA a démarré avec la création de 25 millions d’emplois directs pour les jeunes avec un impact positif sur 50 millions d’Africains au cours de la prochaine décennie », a relevé la BAD par la voix de sa directrice du département du développement lors d’une conférence ministérielle organisée aujourd’hui à Tunis.

Et d’ajouter : «La stratégie table sur la promotion de l’entrepreneuriat dans une perspective d’inclusion tout en créant des liens durables sur le marché du travail ».

C’est important dans la mesure où cet investissement dans la jeunesse fournira le capital humain nécessaire pour assurer la transformation de l’Afrique dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, l’industrie ainsi que les efforts d’intégration régionale.

C’est pour cette raison que la nouvelle stratégie pour l’emploi des jeunes en Afrique a ciblé trois domaines d’intervention : l’intégration, l’innovation et l’investissement.

Pour le premier pilier, la banque a choisi d’amplifier l’impact de la création d’emplois pour les jeunes dans toutes ses opérations. A travers le pilier innovation, la banque œuvrera de concert avec les partenaires à l’incubation, la mise en œuvre, l’évaluation et à la mise à l’échelle des solutions prometteuses. Trois secteurs ont été identifiés pour ces interventions, à savoir l’agriculture, l’industrie et les TIC.

S’agissant du dernier pilier, celui de l’investissement,  la banque catalysera les investissements du secteur privé dans le but de stimuler la création d’emplois en émettant des garanties et en apportant son concours aux programmes de financement de prêts. A ce titre, une structure pour l’emploi et une facilité africaine pour l’emploi des jeunes seront mis en place. Ajoutons à cela un fonds spécial qui mettra en commun les ressources de la banque et d’autres donateurs similaires. De même, d’autres ressources financières seront mobilisées dont notamment la création d’un fonds d’investissement « Boost Africa »

La croissance inclusive passe par l’emploi

Pour les acteurs et observateurs de l’économie africaine qui ont pris la parole à cette conférence, l’emploi conduit également à une croissance inclusive. Car, la réduction du taux de chômage des jeunes pour le ramener au niveau des adultes se traduit par une augmentation de 10 à 20% du PIB de l’Afrique.

C’est très logique, surtout que les avantages potentiels de la population jeune du continent ne se matérialisent pas pleinement. Deux tiers des jeunes Africains sont en chômage et trois millions d’emplois seulement dans le secteur formel sont créés annuellement alors qu’entre 10 et 12 millions entrent sur le marché du travail chaque année.

C’est la promotion de l’investissement qui conduira à la relance de la chaine économique, a déclaré de son côté le ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, mettant l’accent sur la Conférence internationale sur l’investissement qui aura lieu à Tunis fin novembre prochain.

D’après le ministre, elle demeure la seule possibilité pour le cas de la Tunisie pour redémarrer la machine économique et créer de l’emploi pour les jeunes en remettant la Tunisie sur les rails de l’investissement. « C’est une démarche cruciale pour un pays qui a enregistré une croissance molle », a dit le ministre, faisant savoir que la relance économique ne peut se faire qu’à travers l’investissement.

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Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) lance un appel à candidatures en vue de la nomination de personnes
La Banque Africaine du Développement (BAD) a présenté ce lundi 31 octobre 2016 sa nouvelle stratégie pour l’emploi des jeunes en Afrique (SEJA), pour la période 2016-2025.
La présentation a eu lieu lors d’une conférence ministérielle organisée aujourd’hui à Gammareth.
La BAD, par la voix de sa directrice du développement, Sunita Ptamber, a assuré que cette stratégie visant la création de 25 millions d’emplois est basée sur trois piliers, à savoir l’intégration, l’innovation et la conception d’un mécanisme d’investissement visant les initiatives d’emploi pour les jeunes.
Cette stratégie revêt une importance particulière pour la BAD, surtout que le chômage des jeunes ne cesse d’augmenter. D’après les estimations, environ 70% des Africains ayant moins de 30 ans et 50% de la population des jeunes dans le monde sera en Afrique au cours des trois prochaines décennies.
Nous y reviendrons.

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L’Afrique a un nouvel ami, ou plutôt un nouveau partenaire (car comme l’a dit le général De Gaulle, « les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ») : La Corée du Sud. Le dragon asiatique, qui en quelques décennies a décollé économiquement au point de bousculer les premières puissances du monde, a des prétentions dans le continent africain et les a clairement signifiées lors de la Koafec (Korea-Africa economic cooperation), qui a commencé à Séoul hier lundi 24 octobre et s’achève le 27 de ce mois. Le Premier vice-ministre et ministre de la Stratégie et de la Finance sud-coréen, Sang-mok Choi, a déclaré à l’occasion que son pays veut monter en gamme dans les partenariats économiques. Et ça commence fort avec un pactole de 5 milliards de dollars sur la table, pour financer des projets en Afrique, de 2017 à 2018.

Choi a lâché la bonne nouvelle devant un parterre de représentants d’une quarantaine de nations africaines et quelques centaines de participants à la conférence ministérielle Koafec. Et même mieux, la Corée du Sud envisage de doubler cet investissement.

On passe vite l’action, après les annonces

Dans une sobriété bien asiatique, le ministre coréen a égrainé hier les projets qui vont être subventionnés dans l’immédiat, à hauteur de 160 millions de dollars : Les ressources forestières en Ouganda et halieutiques au Kenya, un réseau électrique en Tanzanie, un parc intégré en Éthiopie. Un programme de 110 millions de dollars, dans l’oncologie (cancérologie ou carcinologie), en Côte d’Ivoire, a aussi été cité.

A signaler que l’édition 2016 de la Koafec est co-organisée par la Corée du Sud et la Banque africaine de développement (BAD), et qu’à l’occasion le fonds Koafec a été alimenté à hauteur de 18 millions de dollars. “Ce fonds, le plus important fonds bilatéral à la BAD, financera des actions de coopération technique mais aussi des actions de formation en matière de ressources humaines”, a précisé Akinwumi Adesina, président de la BAD.

La Corée du Sud en modèle

L’Afreximbank, une structure qui finance le commerce en Afrique, a reçu un précieux coup de pouce de la part de la Korea Exim-Bank. En effet son président, Lee Duk-Hoon, a fait savoir que son établissement a conclu avec Afreximbank un accord de financement de 100 millions de dollars.

Par ailleurs ce qui était important dans cette rencontre, c’est sa tonalité, les symboles forts qui l’ont marquée. En effet la BAD et Séoul ont indiqué la nécessité d’inscrire cette coopération dans les efforts concrets pour le développement de l’Afrique, dans la droite ligne de ce qu’a fait la Corée du Sud pour passer du sort peu enviable de nation parmi les plus pauvres de la planète, il y a peu – au début des années 60 -, au statut glorieux de 11ème économie mondiale aujourd’hui. Il y a du boulot pour l’Afrique, mais l’objectif est réalisable au regard des immenses ressources dont regorge le continent et ses ressources humaines…

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Dans son Editorial sur la transition, ou plutôt le basculement des banques classiques vers les banques virtuelles – Mobile Banking -, dans le hors-série de Jeune d’Afrique, Frédéric Maury se pose une question, une bonne question : « Faut-il s’inquiéter pour le secteur bancaire » ? La question est d’autant plus prégnante que, comme il le rappelle, deux petites banques au Kenya ont mis la clé sous la porte et un établissement bancaire de taille respectable a été sauvé du naufrage in extremis. Maury poursuit son analyse sur le péril en la demeure, pour les banques classiques, que démontre le classement des 200 premières banques du continent, publié dans le hors-série du magazine. En 2015, année charnière pour cette enquête, le volume global des actifs cumulés a enregistré un repli de -5,2% en comparaison avec le niveau de 2014, ramenant le total à 1500 milliards de dollars (1372,7 milliards d’euros). Les recettes cumulées ont chuté de -6,1%, une très mauvaise affaire par rapport à 2014 où elles avaient évolué de 7,5%.

Dans un environnement bancaire marqué par 15 années d’absence totale de soubresaut majeur et porté par une croissance presque insolente, c’est un véritable séisme. Certes cette tendance n’en décrète pas pour autant la mort programmée des banques classiques, avec un taux de bancarisation n’excédant les 50% qu’exceptionnellement, et restant souvent scotché à 20%, mais le tassement inquiète. Et pour cause, la mayonnaise de la bancarisation, malgré toute la bonne volonté des établissements bancaires, a du mal à prendre. Amine Bouabid, directeur général de Bank of Africa depuis 2015, donne son sentiment : « De manière générale, la croissance de la bancarisation n’est pas si importante. Il y a évidemment un problème de pouvoir d’achat, mais aussi de disponibilité des produits : comment accorder des crédits immobiliers lorsque les logements économiques manquent? ». Une affaire qui tombe sous le sens : les banques ne peuvent pas aller plus vite que la musique – les économies qui les alimentent.

La concurrence acharnée entre les banques et la difficulté à dénicher de nouveaux clients et à les garder, couplées à une conjoncture économique âpre, dégradent de plus en plus la qualité des actifs. Le salut des banques passe forcément par de nouvelles niches de clients dans un secteur au très gros potentiel : L’innovation, que ce soit dans les télécoms, les nanotechnologies, la robotique, la génétique, etc.

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Dans une ambiance conviviale, hier mardi 18 octobre 2016, au siège d’Amen Bank, la nouveauté a été dévoilée. Un fonds d’investissement géré par Amen Capital, « Africamen » et destiné à financer l’expansion des entreprises tunisiennes en Afrique, vient d’être lancé.

Africamen est un fonds commun de placement doté d’un capital de 30 millions de dinars, alimenté par Amen Bank (10%), la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Poulina Group Holding (PGH) et la Star. Le fonds apporte des financements en capital aux entreprises tunisiennes, ayant un modèle économique établi et souhaitant accélérer leur développement sur les marchés porteurs de l’Afrique. « De par sa position géostratégique, la Tunisie est bien placée pour s’attaquer aux marchés d’Afrique. Amen Bank innove, en parrainant avec la CDC, le groupe Poulina et la Star, une initiative inédite visant à fournir aux entreprises un nouvel outil de financement en capital, pour les accompagner dans leur expansion en Afrique », a déclaré Ahmed El Karam, vice-président d’Amen Bank.

 » On a choisi l’Afrique parce que nous considérons que l’avenir de la Tunisie est dans ce continent, et ce malgré les risques qui peuvent se présenter », a déclaré Karam, estimant que les dernières évolutions en Europe permettent d’être optimistes vis-à-vis de l’Afrique. Il a par ailleurs expliqué le lancement de ce fonds par l’absence de banques tunisiennes en Afrique.

Boutheina Ben Yaghlane, directrice de la CDC, a de son côté indiqué que l’Afrique est le berceau de l’humanité et l’avenir du monde du fait qu’elle affiche le taux de croissance le plus élevé au monde, après l’Asie . « C’est vrai que le Maroc a été pionnière sur le marché africain, mais il n’y a certainement pas une seul porte, la Tunisie peut s’ouvrir facilement sur le continent africain », a-t-elle dit.

Elle a, dans le même contexte, indiqué que la CDC mise beaucoup sur ce fonds . « La Tunisie vit  aujourd’hui une crise économique qu’on ne peut pas nier et l’Afrique est une des solutions qui pouvaient s’offrir à la Tunisie : Nous croyons fort à la réussite de ce fonds », a-t-elle dit.

Abdelwaheb Ben Ayed, PDG de Poulina Group Holding (PGH), a affirmé que la Tunisie n’a jamais tenu sa place en Afrique et personne n’avait réussi sa première incursion en Afrique, c’est pour cela qu’on s’est orienté vers l’Europe pour retourner de nouveau vers l’Afrique, un marché toujours promoteur. « J’espère que le lancement de ce fonds facilitera les affaires pour que les choses aillent bien. C’est un nouvel acquis pour l’investissement », a-t-il dit.

Pour sa part, Lassâd Zarrouk, PDG de la Star, s’est réjoui du lancement d’un tel fonds en Tunisie, soulignant que ce dernier va conforter les investisseurs et aider les entreprises à s’ouvrir sur le continent africain.

Bassem Loukil, PDG du groupe Loukil, a, de son coté, indiqué que ce nouveau-né est très attendu par les investisseurs tunisiens afin de combler un manque du aux carences de l’État. « Bien qu’on soit les premiers à pénétrer l’Afrique, la Tunisie n’est pas encore devenu un hub, elle est même dépassée par plusieurs pays comme le Maroc, la Turquie et la France », a-t-il déclaré.

Loukil a par ailleurs indiqué que le handicap majeur pour le développement des affaires en Afrique reste le financement et l’absence de banques tunisiennes dans ce continent. « Ce fonds est une première pierre pour pénétrer l’Afrique, qui est l’avenir de la Tunisie ».

L’objectif du Fonds est de fournir aux entreprises qui veulent prospérer un appui financier et un accompagnement pour la stimulation des exportations, l’implantation de filiales à l’étranger ou la concrétisation d’opérations de croissance externe.

Le fonds intervient à travers le financement des fonds propres ou des quasi fonds propres (obligations convertibles, comptes courants d’associés) avec un montant pouvant aller jusqu’à 4,5 millions de dinars.

Les entreprises clientes d’Africamen bénéficieront d’un large réseau de partenaires en Tunisie mais également en Afrique, grâce au soutien du groupe de financement panafricain Alios Finance, récemment acquis par le groupe Amen et présent dans 9 pays africains.

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Un nouveau fonds d’investissement géré par Amen Capital, baptisé « Africamen » et destiné à financer l’expansion des entreprises tunisiennes vers l’Afrique, vient d’être lancé. Le lancement a eu lieu ce mardi 18 octobre 2016 au siège d’Amen Bank.

Africamen est un fonds commun de placement à risque d’une taille de 30 MD, souscrit par Amen Bank, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Poulina Group Holding (PGH) et la Star. Il cible les entreprises tunisiennes ayant un modèle économique établi et souhaitant accélérer leur développement en déployant leurs activités sur les marchés porteurs de l’Afrique subsaharienne.

L’objectif du Fonds est de fournir aux entreprises clientes le financement en capital et l’accompagnement nécessaires pour la stimulation des exportations, l’implantation de filiales à l’étranger ou la concrétisation d’opérations de croissance externe.

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Confrontés à une importante insécurité maritime qui freine le développement de leur économie, une quarantaine d’États africains ont adopté samedi une charte historique visant à renforcer leur coopération dans la lutte contre la piraterie.

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Plus de 40 pays africains, réunis à Lomé à l’initiative de l’Union Africaine, ont adopté samedi 15 octobre une charte afin d’assurer une meilleure sécurité des côtes contre la piraterie et les trafics de drogue. « Ce geste est on ne peut plus historique dans la vie de notre continent », a déclaré le président congolais Denis Sassou-Nguesso, en conclusion du sommet.

La Charte de Lomé, qui doit encore être ratifiée, doit contraindre les États signataires à « créer un fonds de sécurité et de sûreté maritimes », mais aussi faciliter « l’accès aux informations » pour mieux lutter contre les pirates. Le manque de coopération entre les différents pays, est en effet un grand avantage pour les contrebandiers qui peuvent passer d’une zone territoriale à l’autre sans être inquiétés.

Source : France 24

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Le taux de mortalité du paludisme a baissé d’environ 57 % en Afrique subsaharienne, de 2000 à 2016. Cette statistique a été fournie par le « New England Journal of Medicine », et citée, ce mardi 11 octobre 2016,  par la chaîne BBC.

Une forte baisse des décès causés par le paludisme a été constatée en 2015 dans les 4 pays qui détenaient en 2000 les taux les plus élevés de mortalité, le Burkina Faso, le Mali, la Sierra-Leone et le Mozambique.

Des chercheurs ont mis au point une nouvelle technique permettant de cartographier la maladie, un outil qui peut aider les Etats à repérer les zones où doivent être déployés des agents de santé, selon M. Gates, qui contribue au financement de la lutte contre le paludisme en Afrique, a ajouté la même source.

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Adel  Fekih

L’Afrique s’est invitée aux joutes dans le camp de la droite française, dans le cadre de l’élection primaire de la droite et du centre en vue de la prochaine présidentielle. Ce vendredi 07 octobre, c’est au tour du maire de Bordeaux et ancien Premier ministre, Alain Juppé et de l’ex-président de la République, Nicolas Sarkozy, de livrer leurs visions de la France en Afrique. C’était sur Radio France Internationale (RFI).

C’est un Juppé particulièrement en forme (71 ans tout de même!), auréolé de son statut de favori à droite, selon les sondages, qui a déclaré ceci : « La volonté d’un partenariat à égalité. Il faut que nous sortions d’une vision maintenant dépassée de nos relations avec l’Afrique, fondée essentiellement sur l’aide au développement. Maintenant, c’est le partenariat d’égal à égal qui est important. Je suis convaincu que le destin de la France et le destin de l’Afrique sont liés, le destin de l’Europe et le destin de l’Afrique sont également liés. L’Afrique a des handicaps, mais elle a aussi des potentiels considérables, c’est à cela aujourd’hui qu’il faut s’attacher dans le cadre de ce partenariat économique et notamment par la présence des entreprises françaises en Afrique ».

Les Africains apprécieront, enfin si ça ne reste pas au stade des déclarations une fois au palais de l’Elysée…

Juppé ne s’est pas privé de lancer des flèches en direction de l’actuel président, François Hollande, dont l’activisme sur le continent africain est débordant depuis qu’il a envoyé les troupes françaises le 11 janvier 2013 sauver, in extremis, la capitale malienne d’une invasion certaine par les djihadistes…

« Vis-à-vis de l’Afrique, je crois que notre nouvelle relation doit reposer sur trois axes. D’abord, la dimension politique : les choix politiques des Africains se font en Afrique et pas à Paris. Ce sera ma ligne directrice, on a progressé dans ce sens, ce n’est plus la situation qu’on a connue dans les décennies passées, mais il faut vraiment afficher très clairement notre intention dans ce domaine. Le deuxième point, c’est la dimension économique. Je l’ai déjà dit : plutôt l’investissement et le commerce que l’aide. Et cela passe par une présence accrue de nos PME sur le territoire africain. Et enfin, je ne veux pas oublier la dimension culturelle et la dimension linguistique. Nous sommes amis des pays anglophones, bien entendu. Mais nous avons une relation particulière avec les pays francophones, parce qu’une langue, ce n’est pas simplement des mots, c’est aussi une façon de penser et une façon d’être que l’on partage. Cette langue, elle est en partage, elle nous appartient à nous tous, il faut donc en assurer la promotion ».

Là aussi les Africains apprécieront si le point de vue lumineux de Juppé est suivi de faits, une fois élu. Rendez-vous en avril et mai 2017….

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La fondation Mo Ibrahim, du nom du milliardaire anglo-soudanais et ancien magnat des télécoms qui a mis sa fortune au service de la gouvernance du continent, a publié, lundi 3 octobre 2016, à la fois les indicateurs 2015, mais aussi la rétrospective complète depuis le premier exercice du genre, en 2006, rapporte le journal Le Monde ce mercredi 05 octobre.

Certains pays africains connaissent des remontées spectaculaires, et d’autres des chutes abyssales, à l’instar de la Libye. Le pays est d’ailleurs emblématique d’une détérioration générale de la sécurité et de l’Etat de droit qui sont « le plus grand défi auquel le continent est aujourd’hui confronté, a déclaré Mo Ibrahim en commentant les résultats de son indice. Une gouvernance solide et un leadership avisé sont essentiels pour pouvoir relever ce défi, maintenir les progrès récemment accomplis et confirmer le potentiel considérable du continent ».

Alors, comment va l’Afrique, dans cette mer de chiffres et cette nuée de courbes ? En trois mots : un peu mieux. En dix ans, le score moyen du continent en matière de gouvernance globale a progressé d’un point (sur 100) : 37 pays, dans lesquels habitent 70 % des Africains, ont amélioré leur note générale, laquelle est l’addition des indices de quatre domaines : la sécurité et l’Etat de droit ; la participation citoyenne et les droits humains ; les opportunités d’une économie durable ; et, enfin, le développement humain. Parmi les champions des Indices Ibrahim de la gouvernance en Afrique, il y a avant tout la Côte d’Ivoire (+13,1 points), suivie du Togo (+9,7), le Zimbabwe (+9,7), le Liberia (8,7) et le Rwanda (8,4). Le seul fait de voir Abidjan et Harare se côtoyer en tête d’un classement montre qu’il faut se plonger dans les détails des indicateurs. Voici sept éléments à retenir de cette incontournable base de données.

1. Les progrès de la Côte d’Ivoire

Arrivant en 21e position au classement général, la Côte d’Ivoire reste loin derrière les champions que sont Maurice, le Botswana ou le Cap-Vert. Mais elle affiche la plus forte amélioration, et cela dans plusieurs catégories, dont celle de la sécurité et de l’Etat de droit (+17,3 points), qui est l’un des points noirs du continent.

Ces améliorations ne sont pas en soi une surprise pour un pays qui revient de loin après une décennie de crise. Mais la Côte d’Ivoire affiche aussi de belles performances dans des domaines moins attendus, comme une élévation de 25 points de la transparence publique alors que la tendance du continent en la matière est à la baisse. Elle améliore sa note en droits humains (+18,6 points), dépassée seulement par la Tunisie (+22,4), et en participation citoyenne (+ 36,5), un indice qui mesure la liberté d’action des ONG ou l’implication de la société civile dans les processus politiques. On voit progresser ses infrastructures (+10) ou l’environnement d’affaires pour les entreprises (+13,3). Elle fait moins bien en développement rural (+3,6) ou en développement humain (+7,8), dont le secteur de la santé (seulement +0,5) est un angle mort.

De fait, la Côte d’Ivoire partage sa note globale de 52,3 sur 100 avec le Mozambique, mais elle est presque partout à la hausse alors que le Mozambique, lui, après avoir été « l’enfant chéri des investisseurs », selon une des collaboratrices de Mo Ibrahim, régresse de façon inquiétante, en particulier dans le domaine de la sécurité et de l’Etat de droit.

2. Des divergences de plus en plus fortes

« L’Afrique est un seul pays », proclame un site web pour se moquer de ceux qui traitent le continent comme un seul bloc. De fait, dans le dernier indice Ibrahim de la gouvernance, les 54 pays sont bien distincts et les écarts sont flagrants : près de 70 points sur 100 séparent le meilleur élève (Maurice) du cancre (la Libye), alors que les 52 autres s’échelonnent entre ces deux extrêmes. Le Togo est le seul pays à s’améliorer dans tous les domaines et termine 33e du continent avec une amélioration de 9,7 points sur la décennie. Le Zimbabwe, lui, 39e du continent, fait de grands progrès en sécurité des personnes (+8,1) et en genre (+20,9), mais décline en environnement d’affaires et fait partie des dix pays dont les infrastructures ne progressent pas.

3. La Libye effondrée, Madagascar en chute

Sur la décennie écoulée, la chute la plus spectaculaire est celle de la Libye, du 29e rang au 51e (-18 points). Seuls le Soudan du Sud, la Centrafrique et la Somalie sont moins bien classés. En cause, bien sûr, le chaos guerrier qui s’y est installé depuis la chute du régime Kadhafi.

Cependant, une série d’autres dégringolades dans le classement inquiètent déjà ou devraient inquiéter les observateurs. Pas tellement l’Erythrée, parfois qualifiée de « prison à ciel ouvert », dont personne n’attend grand-chose. On se demande plutôt où ce pays avait trouvé les 5,6 points qu’il a perdus pour se retrouver désormais au 50e rang, entre le Soudan et la Libye. Prenons plutôt Madagascar. Au 33e rang, entre le Gabon et le Togo, l’île ne fait pas trop mauvaise figure. Mais sa chute de 7,6 points est la deuxième plus forte du classement, après celle de la Libye. Les facteurs sont multiples : sécurité et Etat de droit, opportunités économiques et développement humain. De fait, Madagascar affiche un triste record : son indicateur de corruption et de bureaucratie a reculé de… 78,1 points (sur 100). Même les infrastructures, pourtant en hausse sur le continent, ne sauvent pas l’île, qui est l’un des dix pays à voir ce domaine se détériorer.

Parmi les autres pays qui perdent des points, il y a l’Algérie, désormais distanciée par son rival marocain dans presque toutes les catégories. Mais aussi l’Afrique du Sud et le Mozambique. Si bien que, sur la carte, les pays qui décrochent forment deux ensembles régionaux : Libye, Algérie et Mali au nord-ouest, et Afrique du Sud, Mozambique et Madagascar au sud-est.

4. Les indicateurs sont-ils prédictifs ?

A suivre les courbes de la décennie écoulée, il est frappant de constater que les indicateurs de l’Egypte et de la Libye ont fléchi avant le « printemps arabe » en 2011, et que ceux du Mali ont également reculé avant le coup d’Etat de 2012. « Il faut prendre des précautions, les statistiques que nous utilisons ne sont pas fiables à 100 %, estime une collaboratrice de Mo Ibrahim. Mais oui, dans plusieurs pays, on voit arriver la crise. »

Et de citer également le cas du Burundi, où les indicateurs ont plongé avant que le président Pierre Nkurunziza ne brigue de force un troisième mandat au printemps 2015 et provoque une crise politique dont le bilan, selon la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), est très lourd : en un an, au moins 700 personnes ont été tuées ; 4 300 détenues, 800 disparues ; des centaines, torturées. Enfin, plus de 250 000 personnes ont fui le pays.

5. Alerte rouge sur l’emploi des jeunes

Il est un indicateur qui interpelle et que les équipes de Mo Ibrahim ont nommé « education provision ». C’est la perception, mesurée par les sondages d’Afrobaromètre, de la façon dont les gouvernements répondent aux besoins en éducation. Or cette perception baisse considérablement (-12,4 points en dix ans pour le continent) alors que l’offre éducationnelle, elle, progresse (de 4,2 points en moyenne de huit indicateurs). Une différence interprétée comme une preuve de l’inadéquation des formations avec les besoins du marché de l’emploi et le résultat de politiques par les gouvernements et les bailleurs de fonds pour développer l’offre éducative sans tenir compte de la demande, en particulier celle du secteur privé, en théorie le grand pourvoyeur d’emplois. « Les jeunes Africains sont désormais davantage formés que leurs parents, mais moins employés, souligne une collaboratrice. Des jeunes sans perspective économique, et sans prise sur la politique, c’est dangereux », ajoute-t-elle.

6. L’urgence énergétique

Au chapitre des infrastructures, il y a de bonnes nouvelles, comme le bond des infrastructures numériques et des technologies de l’information (+23,6 points). Mais le déclin de l’offre électrique sur la décennie (-4,7), plus inquiétant et plus étonnant vu le discours dominant sur l’électrification de l’Afrique, serait en marche. Cet indicateur, emprunté au World Economic Forum, pointe cinq pays avec un déclin important, de 30 points ou plus : le Botswana, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, l’Egypte et la Zambie. Pour les analystes de la Fondation Mo Ibrahim, ces chiffres montrent la détérioration des réseaux de distribution de l’électricité, tandis que la production électrique, elle, s’est souvent améliorée. De fait, 40 % de la population du continent a vu se détériorer son accès à l’électricité en dix ans.

7. L’incroyable gâchis pétrolier

Il est un tableau du rapport Mo Ibrahim qui va conforter les partisans de la théorie de la malédiction des ressources : celui sur l’absence complète de corrélation entre les prix du pétrole et les autres indicateurs. En résumé, quatorze pays producteurs ont vu leurs revenus exploser avec les prix du baril entre 2006 et 2014. En ont-ils profité pour améliorer leurs indicateurs sur les opportunités économiques, la diversification de leurs économies ou élargir leur assiette fiscale ? Pas le moins du monde. Ces trois indicateurs restent désespérément plats pendant le boom pétrolier. Leur moyenne de diversification des économies est de 2,9 points sur 100. De façon générale, les pays pétroliers ont moins progressé, sur l’ensemble des indicateurs, que les pays non pétroliers. « Ils n’ont rien fait, quel gâchis ! », conclut une collaboratrice de la fondation.

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