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agences de notation, Tunisie

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Les agences de notation sont en train de faire un retour très remarqué sur l’échiquier économique international après s’être littéralement discréditées pour ne pas avoir prévu la crise des subprimes. Et elles signent leur retour à l’enseigne d’une rigueur accrue confinant à l’acharnement, comme c’est le cas pour la Tunisie dont la notation par Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s dans le sillage de la Révolution du 17 janvier suscite un tollé général parmi l’establishment financier tunisien.

C’est que la chose économique a horreur du vide, et ce vide, visiblement est comblé par les agences de notation qui décernent leurs tyranniques évaluations et esquisses de perspectives, par moments sans y être sollicitées, histoire de se refaire une virginité s’agissant surtout les notes souveraines, en notant avec une rigidité inédite la solvabilité des émetteurs de titres de dettes et leur capacité à rembourser l’ensemble de ce dont ils sont redevable à leurs échéances, qu’ils s’agisse d’Etats ou d’entreprises.

La plus sévère et pénalisante des notes attribuées à la Tunisie l’a été par Moody’s qui a  dégradé  de Baa2 à un navrant  Baa3 la note de la dette souveraine de la Tunisie et a changé la perspective de stable à négative, comme c’est le cas aussi pour la banque centrale « créditée » en plus d’un Baa3.
Standard & Poor’s, de son côté, menace d’en faire autant au motif que «l’instabilité politique actuelle et les violents conflits pourraient affecter la croissance économique et les finances publiques se détériorer».
Pour ne pas être en reste,  Fitch Ratings  avait prévenu qu’elle envisageait d’abaisser la note souveraine de la Tunisie (actuellement fixée à «BBB») au vu des troubles sociaux qui, s’ils se prolongeaient, pourraient avoir des «conséquences négatives» sur l’économie du pays.

Une unanimité pour le moins suspecte, car la réalité de l’économie tunisienne se situe aux antipodes de ces vaticinations sans aucune mesure avec ce qu’il en est en vérité, même si des évolutions défavorables sont à prévoir en termes de tourisme notamment. Mais force est de se convaincre que ces notations ne peuvent pas être innocentes ni fortuites , intervenant alors que la Tunisie formait le projet , pour se décommander ensuite, de faire sa première sortie sur le marché financier international après une éclipse de deux ans , pour une émission obligataire ne dépassant pas , du reste , 500 millions de dollars, servant à combler le déficit budgétaire de 2011.

Cela étant considéré, la démarche des trois agences de notations semblent d’autant moins logiques et fondées qu’elles participent d’une vue de l’esprit nullement étayée par le vécu financier de la Tunisie où le  stock des avoirs en devises tel qu’arrêté le 14 janvier 2011 s’élevait à 12,6 milliards de dinars, soit l’équivalent de 9 milliards de dollars et 143 jours d’importations. Ce niveau, selon l’institut d’émission, est largement confortable pour permettre à la Tunisie d’honorer ses engagements financiers et commerciaux sous bonne date de valeur, y compris les remboursements des émissions internationales de 450 millions d’euros échéant le 7  avril 2011 et 15 milliards de yens échéant le 27 septembre 2011.

Au demeurant, le marché des changes  interbancaire domestique continue de fonctionner normalement pour assurer le règlement des transactions financières et commerciales avec l’extérieur.
Autant dire, comme l’a affirmé le nouveau gouverneur de la BCT, que les fondamentaux de la Tunisie sont bons, que la situation économique est sous contrôle et que la Tunisie n’a aucun besoin d’aide extérieure.
Et ce ne sont pas uniquement les autorités monétaires tunisiennes qui le disent. Un analyste financier international, à l’instar d’autres, constate que «  historiquement, la Tunisie opère ses transitions politiques sans risque pour les investisseurs .Cela a toujours été le cas. La Tunisie n’a jamais fait défaut, ni sur ses dettes d’Etat, ni sur ses dettes locales. Elle a toujours payé rubis sur l’ongle ».

S’agissant du risque économique, sans être au beau fixe, la situation économique et financière du pays suscite peu d’inquiétudes, en ce sens qu’elle se signale par des  avantages qui demeurent intacts : une réactivité impressionnante aux évolutions du business, et un fort capital humain (une bonne formation de la population). Sa dette est faible : 39% du PIB, deux fois moins que la France. Mieux, la Tunisie n’a jamais eu recours aux ressources du FMI, ce qui lui laisse en plus une cartouche supplémentaire dans son fusil, estime cet analyste.

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