Tags Posts tagged with "aide internationale"

aide internationale

par -
0

L’agence de notation Moody’s  a annoncé mardi avoir  affirmé la note souveraine de la Tunisie à Ba3, assortie de  perspective stable.

Moody’s  a analysé le profil de crédit de la Tunisie dans le contexte des risques de sécurité qui se sont récemment accrus au niveau régional et national et des développements politiques qui peuvent hypothéquer le cours des réformes économiques structurelles.

L’affirmation de la note reflète l’opinion  de Moody’s  que les défis sécuritaires, politiques et économiques auxquels la Tunisie fait face actuellement se déclinent de manière  appropriée dans  la note Ba3  alors que le profil de crédit du pays reste soutenu par un certain nombre de facteurs, notamment la solidité des institutions du pays par rapport aux notes de pays comparables  et le soutien continu bien que conditionnel des institutions internationales, concernant les progrès accomplis en matière de réformes. La perspective stable reflète l’attente de Moody’s que le processus de formation de consensus de la Tunisie permettra de surmonter les revers récents et de faire progresser la mise en œuvre du programme de réforme de la politique et de la transition vers un modèle de croissance plus durable.

Dans le cadre de la notation, l’agence a également confirmé la note de la dette de la Banque Centrale de Tunisie à Ba3 et maintenu la perspective stable. Le Gouvernement tunisien est légalement responsable des paiements de toutes les obligations de la banque centrale, dès lors qu’ils sont émis par celle-ci au nom du gouvernement.

Moody’s a maintenu en l’état, c’est-à-dire à Baa2, les notes  de l’obligation en monnaie locale et des plafonds de dépôt. Les notes de plafond d’obligations en devises de Ba1 ainsi que le plafond de dépôt en  monnaie étrangère restent également inchangées, de même que les plafonds à court terme.

Le profil de crédit de la Tunisie intègre un certain nombre de points forts qui soutiennent la note à son niveau actuel, en particulier la solidité de ses institutions par rapport aux notes de pays  pairs et le soutien bien que conditionnel des institutions internationales concernant les progrès accomplis en matière de réformes.

La capacité de  l’administration publique et de la société civile à accompagner le  processus de transition de  quatre ans, depuis  2011,  au milieu de troubles  sociaux et sécuritaires  témoigne de la solidité du cadre institutionnel du pays. Les engagements internationaux pour un large soutien à travers  des sources de financement officielles devraient continuer à appuyer la  liquidité du gouvernement tunisien et le profil de risque de la vulnérabilité extérieure, quoique subordonnés  à la mise en œuvre d’un programme structurel et de la politique de réforme convenus  avec le FMI. Un tel soutien externe, bien qu’apporté  à des conditions très favorables, augmente les niveaux de la dette extérieure de la Tunisie qui devrait dépasser 70% du PIB au cours des deux prochaines années.

Moody pense  que la note de Ba3 est également résiliente à un certain nombre d’autres aspects  plus négatifs  apparus au cours des derniers mois.

Un taux de croissance plus faible que prévu

Les perspectives de croissance sont plus faibles  que l’on prévoyait, 1,5% en 2016 et 2,0% en 2017 après un taux provisoire de 0,8% en 2015. La croissance a été freinée par des attaques terroristes ciblant le secteur du tourisme, ainsi que par la faible confiance des investisseurs, ce qui a entraîné un ajustement budgétaire et externe plus modeste que prévu précédemment.

Sur le plan extérieur, les effets combinés des la baisse des recettes touristiques et du persistant  déficit commercial de l’énergie a maintenu élevé le déficit courant aux alentours de ses niveaux de l’année dernière, soit près de 9% du PIB. L’exceptionnelle saison de l’huile d’olive 2014/2015  a contribué à l’amélioration de la balance commerciale, mais cette tendance va s’inverser au cours de la  saison 2015/16. L’agence s’attend à ce que  le déficit du compte courant ne baisse  qu’à 7,8% du PIB en 2016 et à 7,1% en 2017.

Sur le plan budgétaire, Moody’s prévoit une  réduction progressive du déficit budgétaire   à -4,5% du PIB en 2016 contre -4,7% du PIB en 2015 (hors dons et recettes de privatisation) due aux importantes augmentations salariales dans le secteur public qui devraient représenter 14,5 % du PIB ,  destinées à assurer la paix sociale sur le long terme. Ces augmentations sont censées neutraliser les  économies induites par la réduction des subventions aux carburants.

De même, en ce qui concerne le risque politique intérieur, les tensions politiques accrues résultant de la scission au sein du parti  Nidaa Tounes  ajoutent à la persistance des tensions sociales alors que le  taux de chômage s’est élevé à 15,4%  fin 2015, touchant particulièrement les diplômés (31,2%).  Les risques géopolitiques qui se sont accentués récemment comme en témoignent les frappes aériennes américaines visant les cellules de Daech en Libye,  se déclinent également dans la note de Ba3. La Tunisie est directement affectée par la situation sécuritaire dans le pays voisin à travers les flux de réfugiés et le grand nombre de combattants tunisiens opérant à l’étranger.

La perspective stable tributaire de l’aide internationale

La perspective stable est de nature à compenser   les vents contraires économiques et politiques auxquels le pays est confronté dans sa transition vers un modèle de croissance durable eu égard à la poursuite d’une forte aide financière fournie par les bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux.

L’accès de la Tunisie au soutien financier de la communauté internationale est illustré par l’engagement pris en mars 2015 par la Banque mondiale de fournir des financements de l’ordre de 4 milliards $ au cours des 5 prochaines années,  et les négociations en cours pour un programme de suivi du FMI  dans la foulée de l’accord de confirmation de  1,75 milliard $  pour une période de deux ans qui a expiré en décembre 2015, en plus de nouveaux engagements financiers multilatéraux et bilatéraux, en particulier des donateurs occidentaux.

Ces engagements sont soumis à des conditions politiques et Moody reconnaît que les défis auxquels fait face le gouvernement tunisien sont en hausse, alors que les  progrès au titre du  programme de réformes n’ont pas été aussi  rapides que l’on prévoyait.

Certaines réformes ont été mises en œuvre. Dans le cadre du dernier programme du FMI, les autorités tunisiennes ont procédé à la recapitalisation de deux des trois grandes banques du secteur public en septembre 2015 (Société Tunisienne de Banque (STB) et la Banque de l’Habitat (BH)), tandis que la troisième, Banque Nationale Agricole (BNA), a entrepris la vente d’actifs, pour mettre  les ratios de capitalisation en conformité avec les exigences réglementaires. Au cours du même mois, le Parlement a également adopté la loi sur la concurrence et en novembre celle relative au partenariat public-privé. Des progrès ont également été accomplis en ce qui concerne la réforme des subventions énergétiques.

Les réformes qui ont été entachées de retards comprennent notamment la réglementation du secteur bancaire et la supervision de son cadre pour renforcer le  soutien du secteur financier à l’économie, outre le dispositif relatif à la faillite pour résoudre  les problèmes hérités du passé, et le  controversé nouveau code d’investissement pour combler le fossé du régime on-shore  / off-shore  à côté de la réforme fiscale visant à promouvoir une croissance plus inclusive.

Mody’s estime  que ces projets de réforme demeureront une partie intégrante de tout le programme de suivi en cours de négociation avec le FMI et d’autres bailleurs de fonds multilatéraux, et prévoit  que les résultats de la politique consensuelle  en  Tunisie  favoriseront  la dynamique des réformes pour  garantir un  soutien officiel continu. Par exemple, le débat longtemps retardé sur le code d’investissement a récemment viré au  court terme, et il est prévu qu’il sera examiné par le parlement en mars  2016.

La perspective stable reflète également l’accès de la Tunisie à des partenariats stratégiques et à la coopération renforcée de la communauté internationale en matière de sécurité comme en témoigne la désignation du pays en tant qu’allié majeur des Etats-Unis, non membre de l’OTAN, un  statut qui donne à la Tunisie un accès privilégié à la formation et au  soutien logistique en matière de  défense. Les États-Unis ont également signé une déclaration d’intention pour une nouvelle garantie d’un prêt de 500 millions $, en novembre dernier.

La note serait relevée, si….

Bien que peu probable dans un avenir prévisible, une réduction importante des tensions liées à la sécurité intérieure et extérieure plaidant pour un retour de  la confiance chez les investisseurs et la reprise du  secteur du tourisme pourrait pousser vers le relèvement de la note et les perspectives y associées, estime Mody’s. Une rapide mise en œuvre des réformes structurelles précédemment convenues avec le FMI serait d’un effet positif  si elle devait inverser la forte baisse de la  compétitivité internationale du pays au cours des dernières années, et améliorer ses perspectives de croissance à moyen terme.

Et abaissée au cas où…

Une nouvelle escalade imprévue de l’activité terroriste sur le sol national, ou une intervention militaire de grande envergure en Libye voisine avec d’importantes retombées économiques et  sécuritaires  sur la Tunisie amplifieraient l’impact des risques d’événements en cours et conduiraient  à une réévaluation à la baisse du profil de crédit de la Tunisie. Dans le même ordre d’idées, une impasse politique intérieure réduisant la probabilité de progrès significatifs dans  la mise en œuvre des réformes entraînerait une baisse de la note, en particulier si elle mettait en doute la capacité de la Tunisie de conserver le soutien dont elle a besoin auprès des bailleurs de fonds internationaux. Par ailleurs, un taux de chômage élevé, et des déséquilibres externes persistants compromettraient la solvabilité de la Tunisie, conclut Moody’s.

Il est à noter que cette affirmation de la note souveraine de la Tunisie devrait être mise à contribution s’agissant de  la prochaine sortie du pays sur les marchés financiers internationaux, portant sur un crédit d’un milliard d’euros avec la seule garantie de l’Etat et avec un taux d’intérêt qui devrait dépasser les 5,75 % qui avait été celui de la sortie de janvier 2015 en USD. Cette prochaine sortie sur les marchés européens de l’euro devrait se faire à fin mars prochain.

Traduction assurée par Africanmanager

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

0
Dans une interview exclusive accordée ce mercredi 28 septembre à Africanmanager, Fadhel Abdelkefi, ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, a...

AFRIQUE

SPORT