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Ali Labib

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Détournée de sa vocation  principale

Détournée de sa vocation principale, la foire du livre est devenue une place de marché hebdomadaire de plus en plus délaissée par les éditeurs. Ali Labib, universitaire et directeur du Nordsud Edition-Diffusion, plaide, dans un entretien avec Africanmanager, pour une meilleure réorganisation et surtout un contrôle de la part de l’Etat afin de valoriser le livre et la culture de manière générale. Interview

Quel regard portez-vous pour la foire du livre en Tunisie ?

La foire du livre, à l’instar de toutes les autres foires, a pour mission principale l’exposition des produits auprès des professionnels et des citoyens. La foire est destinée principalement à aider les citoyens à connaître les dernières nouveautés en la matière.

Or, ce n’est pas le cas en Tunisie. La foire demeure un cercle qui a remplacé les commerçants. Les Tunisiens attendent de ce rendez-vous d’envergure qu’il réponde à leurs attentes. Ceci a fortement tué le secteur.

Constat : on n’arrive plus à distinguer cette manifestation par rapport aux marchés au bétail ou même par rapport aux marchés hebdomadaires.

Vous avez donc des réserves ?

Absolument. J’ai des remarques en ce qui concerne l’organisation et surtout le contenu.

Au niveau de l’organisation, on peut affirmer qu’on a constaté une évolution en termes de forme. Mais si on parle du contenu, on peut dire que la foire du livre n’a pas réussi à servir l’institution culturelle.

Pourquoi ?

C’est simple. Le cercle de base a été tué, à savoir la librairie chargée de vendre les livres. La vente s’effectue dans la foire et non plus dans les librairies. Avec cette démarche, la vente des livres est devenue saisonnière et non plus une activité durable qui se poursuit tout au long de l’année.

C’est inacceptable. Si on regarde les autres foires dans les autres pays, ces espaces se limitent à exposer les produits.

Je vais citer un exemple important. En France, la loi Jacob interdit l’achat des livres dans les éditions, mais elle l’autorise dans les librairies étant donné que l’Etat est le grand acquéreur des livres.

Dans une récente déclaration au journal « Achourouk », le directeur de la foire du livre a indiqué que les efforts s’intensifient afin de fournir les meilleures conditions dans le but d’organiser une nouvelle édition. Ce souhait reste entaché de plusieurs lacunes, singulièrement le nombre des exposants (310) et des éditeurs, soit 510. Qu’en pensez-vous ?

C’est inacceptable, puisque le règlement de la foire exige qu’un éditeur soit présent lui-même ou même représenté par un seul représentant. Or ce n’est pas le cas. En Tunisie, on trouve un éditeur qui permet à 100 libraires de le représenter à cette manifestation.

Dans ce contexte, on se trouve face à un gaspillage d’argent surtout avec l’existence du même titre dans plus de 100 stands. D’ailleurs, les libraires se livrent à une guerre pendant ce rendez-vous. Donc, ils vont à leur perte.

Dans ce contexte, on voudrait savoir pourquoi le directeur n’a jamais exigé qu’un seul éditeur soit représenté par lui-même ou même par un seul représentant ?

Que pensez-vous des éditeurs connaissant des problèmes financiers ?

C’est justifiable. Les petits éditeurs viennent à la foire, mais savez-vous pourquoi ils n’arrivent pas à vendre leurs livres ? C’est simple, ils n’ont pas de distributeurs qui se chargent de cette mission. Donc, on peut conclure qu’il nous faut de vrais distributeurs à qui les petits éditeurs confient ces livres.

D’autres problèmes ont été également relevés. L’un est lié bien évidemment à la nature du livre. Après la révolution, la censure a été supprimée. Cependant, j’aimerais bien que l’Etat contrôle la nature des livres.

Dans un pays en voie de développement, la culture devrait être contrôlée. S’agissant des livres en langue arabe, on peut affirmer que ces livres font face à deux problèmes essentiels. Ils sont anciens, des veilles éditions qui n’intéressent personne. Pis, la plupart de ces livres sont jetés à la poubelle.

C’est un gaspillage d’argent et on ne rendrait plus service à la culture en Tunisie. D’où l’utilité du contrôle.

Que proposez-vous comme solution ?

Les éditeurs sont appelés à nous envoyer seulement des livres parus entre les deux sessions de la foire. Les éditeurs ne doivent plus envoyer des titres très anciens qui se vendent malheureusement au kilo.

Autre solution, les professionnels ont demandé au ministère de la Culture depuis 15ans d’organiser la foire tous les deux ans et non pas annuellement tout en se chargeant de cette mission.

A mon avis, il faut que le ministère se retire de cette activité. Ce n’est pas son rôle d’organiser la foire du livre.

Comme conclusion, je vois que l’organisation de la foire du livre dans sa forme actuelle détruit la profession qu’il s’agisse des éditeurs ou même des distributeurs.

Wiem Thebti

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