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Ali Larayedh Noureddine Bhiri Mohamed Ben Salem

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Il n’avait certainement échappé à l’œil de personne

Il n’avait certainement échappé à l’œil de personne, en Tunisie, que presque chaque fois où le nouveau chef du Gouvernement chargé de constituer le prochain gouvernement, recevait des personnalités politiques tunisiennes dans la cadre des discussions à propos de la prochaine équipe gouvernementale, Ali Larayedh était flanqué, soit de Noureddine Bhiri, soit de Mohamed Ben Salem. Le premier, ancien ministre de la Justice dans le gouvernement de Hammadi Jbali, le second ancien ministre de l’Agriculture dans le même gouvernement. Tous deux étaient ses principaux concurrents dans le short-liste des candidats de la Choura au poste de chef de Gouvernement à nommer par Moncef Marzouki. Les observateurs de la scène politique tunisienne n’ont, en effet, pas manqué de remarquer ce détail, qui transparaît dans les images transmises par la TV nationale tunisienne. Ce détail a suscité des tentatives d’explication et a aussi posé des questions.

 

– Bhiri et Ben Salem, «oil de Moscou» et ange gardien ?

Nettement moins médiatisées que les secondes négociations pour la constitution du second gouvernement de transition, les premières se sont déroulées dans une atmosphère moins tendue. Lors des premières négociations, Ennahdha discutait avec qui elle voulait et le faisait presque intra muros. Ce parti sortait alors d’une course électorale, ceint de lauriers et auréolé d’une réussite qui avait abasourdi toute une Tunisie qui ne voulait pas croire à la réussite de l’islamisme dans une société plus de 50 ans laïque. Hammadi Jbali s’était ainsi retrouvé à la tête d’un gouvernement, choisi par Ennahdha et Rached Ghannouchi et avait dû composer avec, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus et déclare forfait après avoir tenté vainement de tenir tête au chef.

Les secondes négociations pour le second gouvernement, se font en dehors du siège d’Ennahdha, au palais Dar Dhiafa, devenu résidence de la primature. Elles se font aussi avec des partis qu’Ennahdha n’a pas choisis. Des partis, pour la majorité, qui se sont aguerris dans l’opposition. Des partis aussi, qui prennent, pour certains, désormais toute la mesure de leur puissance, de leur capacité de nuisance et de leur pouvoir à empêcher Ennahdha de tourner en rond dans l’hémicycle de l’ANC, comme elle le souhaiterait. Des partis enfin, qui ont des prérequis, des demandes et des exigences, pour laisser Ennahdha faire ce qu’elle voudrait à l’ANC.

Des secondes négociations qui ne devraient donc ne pas sortir du contrôle du parti au pouvoir. Et c’est la présence de Bhiri et Ben Salem, d’autant plus concurrents d’Ali Larayedh, s’il venait à échouer, qui est seule capable de donner à Ennahdha le contrôle effectif de l’ordonnance de ces négociations. Noureddine Bhiri, comme Moncef Ben Salem, sont ainsi l’œil de Moscou de Rached Ghannouchi et du Conseil de la Choura, instance suprême d’Ennahdha et de toute la vie politique tunisienne, dans les coulisses. Ce sont eux qui sont chargés de rapporter à Ghannouchi et la Choura, le contenu de ces négociations, les alerter sur toute promesse qui pourrait être faite par Larayedh à l’opposition pour qu’ils corrigent éventuellement le tir, tirent la corde ou la relâche et aient toujours la main sur les décisions du futur chef de gouvernement. Manifestement donc, Ennahdha a peur d’Ali Larayedh qui ne serait pas l’apparatchik que Rached Ghannouchi espérait et qui pourrait être tenté de devenir l’homme d’Etat qu’Ennahdha ne voudrait pas. Un seul Jbali suffit !

– Larayedh, homme d’Etat en devenir ou simple Jbali-bis ?

L’explication, presqu’évidente, pose quelques questions, surtout en l’absence surtout d’explication officielle sur la présence de deux anciens ministre dans des discussions pour le choix de nouveaux ministres.

La question est donc de savoir si la Tunisie a vraiment changé de chef de gouvernement et s’il ne s’agissait pas simplement d’un bis repetita des conditions que vivait Jbali avec un gouvernement qu’il n’a pas choisi lui-même, qui lui a été imposé et qui est la cause de l’échec retentissant de sa période transitoire ?

La question est aussi de savoir si Ali Larayedh qui restera ainsi sous l’emprise de Rached Ghannouchi et du conseil de la Choura, pourra ou aura l’occasion de transcender les considérations partisanes dans son action gouvernementale et réussir à clôturer la seconde période de transition, non comme la voudrait son parti, mais comme le voudraient tous les autres Tunisiens qui n’ont pas voté Ennahdha ?

Est-il, en effet, utile de revendiquer l’indépendance des ministères de souveraineté et leur sortie des conjectures politiciennes internes, pour que ces mêmes ministères et les administrations qui les gèrent, soient remis entre les mains d’un chef de Gouvernement qui restera sous la coupe d’un chef de parti ?

Est-il possible pour un chef de Gouvernement qui restera aux ordres d’un chef de parti, d’aller de l’avant dans un programme d’action que le parti au pouvoir voudrait voir retarder ou aller au pas de limace ? Une question déterminante, lorsqu’on sait que le prochain gouvernement ne sera valable qu’il inscrit son action sur le très court terme, dans l’unique perspective de l’achèvement de l’écriture de la nouvelle Constitution et l’organisation des prochaines élections. 17 dates ont été déjà avancées pour ces élections. Cela pourrait aisément devenir 27 ou 37 dates. Ennahdha n’est pas pressée.

Khaled Boumiza.

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