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Le projet de la loi de finances 2017 lequel, très schématiquement, va déterminer la façon dont la Tunisie va dépenser son argent, les sous qu’elle a et qu’elle n’a pas d’ailleurs – les prêts -, ne satisfait personne, ou presque. En effet mis à part son principal artisan, Youssef Chahed, peu de gens sont tombés sous le charme de ce texte lequel, bon an mal an, va présider aux destinées de la Tunisie l’année prochaine. Les avocats se mobilisés énergiquement devant le Parlement pour vociférer contre le projet de la loi de finances, les médecins ont dit tout le mal qu’ils en pensaient, les pharmaciens n’en pensent pas moins, l’UGTT, quoiqu’en dise le président la République, n’a pas encore enterré la hache de guerre, le patronat – l’UTICA – freine des quatre fers… Bref, personne n’est content. Et cela donne une nette idée de la difficulté à gérer ce pays. Je ne vous parle même pas du fait de le réformer.

Mais une chose est sûre : Le projet de la loi de finances 2017 passera in fine, avec des amendements, des revirements, des compromis et même des compromissions, mais il passera. Car le pays n’a pas le choix. Et tout ce monde qui hurle contre le texte de Chahed le sait pertinemment. D’ailleurs la Tunisie aurait dû se doter de ce texte avant de convoquer les investisseurs du monde entier. Au moins pour offrir aux investisseurs et bailleurs une lisibilité, une direction, un cap. Et par la même occasion démontrer à la face du monde que l’exécutif tunisien est aux manettes et qu’il sait mener sa petite barque. Au lieu de cela le pays fait entendre des sons discordants, dissonants, ce qui est du plus mauvais effet sur les investisseurs étrangers. Certes ils n’en diront rien, ils ont trop de tact pour ça, mais toute cette agitation sociale et politique en Tunisie, quelle que soit l’affection qu’ils ont pour le berceau du « printemps arabe », a de quoi en refroidir plus d’un.

Mais puisqu’il faut se projeter dans le futur proche et que de toute façon les dés sont jetés, semble-t-il, le think tank Solidar a préféré jeter son dévolu sur le contenu de la loi de finances pour l’exercice 2017, pour le décortiquer, notamment une variable qui sous-tend toute cette affaire : Le schéma de croissance. Dans ce dossier, les prévisions du budget de l’Etat de 2017 sont pour ainsi dire réalistes, pour ne pas dire pessimistes. En effet l’équipe de Chahed table sur une croissance du PIB de 2,5% pour l’an prochain, contre 1,5% pour cette année. La mouture du gouvernement, qui est en fait calqué sur le plan 2016-2020, est cependant nettement moins optimiste que le plan quinquennal qui prévoyait 3% de taux de croissance en 2017 et 2% en 2016. Les projections ont été rognées de 0,5 point de PIB, ce qui est loin d’être négligeable. Mais de ce point de vue, il vaut mieux des estimations réalistes que des prédictions farfelues, gonflées artificiellement qui auraient pour effet de briser la confiance des investisseurs, qu’on a déjà beaucoup de mal à retenir…

Les failles du projet du gouvernement

Dans le détail de l’analyse des moteurs de la croissance, c’est le secteur productif qui va être la locomotive, contrairement aux tendances notées en 2016. L’administration ne drainera que 0,1 point de pourcentage de croissance. « Cela dénote une évolution favorable de l’économie qui commence à corriger le dérapage qu’elle a connu après 2010, le secteur public ayant cru jusqu’en 2016, de façon démesurée », dit Solidar.
Dans cette nouvelle dynamique, d’après le budget de l’Etat de 2017, l’agriculture jouera un rôle central dans la croissance, en passant de -0,4 en 2016 à +0,4 en 2017. Les industries non manufacturières devraient suivre, passant de -0,2 à +0,3 en 2017. Toutefois, souligne le think tank, ces deux secteurs sont fortement dépendants d’éléments extérieurs. « Le schéma de croissance prévu est de ce fait fragile », indiquent les analystes.

S’agissant de la consommation, un des moteurs de la croissance, « le schéma de croissance montre qu’en 2016 et 2017, les Tunisiens sont davantage des consommateurs que des producteurs. Leur consommation privée augmente beaucoup plus vite que le PIB », dit le rapport du think tank.
L’an dernier, la consommation privée a fait un bond en avant de 3,6% pour une hausse du PIB de 1,5%. Les taux prévus pour 2017 sont respectivement de +3,8% et +2,5%. « Ne produisant pas assez, les Tunisiens consomment les stocks accumulés auparavant ». D’après les analystes, la loi de finances 2017 présente des faiblesses à ce niveau. Le texte aurait dû mettre le curseur sur la variable offre, travail, production eu lieu de s’accommoder de fondamentaux et poncifs nocifs pour l’économie nationale.

C’est dans ce contexte que Solidar pointe du doigt la dangerosité de la pression fiscale sur les entreprises en 2017, en frappant au porte-monnaie l’appareil l’appareil productif. « On est dans un cercle vicieux où la faiblesse de la croissance impacte négativement les recettes de l’Etat qui, en manque de ressources, taxe davantage les entreprises. Cela, dissuade la production et freine davantage la croissance au risque de creuser davantage les déficits publics », avertit le rapport.

Les analystes reprochent au texte du gouvernement Chahed de faire l’impasse sur une étude détaillée des finances de l’Etat, aussi bien de façon générale que la situation particulière des entreprises et établissements de l’Etat, les structures locales ainsi que la situation périlleuse des trois caisses sociales (CNSS, CNRPS et CNAM).

Idem pour la dette publique, dont d’ailleurs s’alarme l’agence de notation Moody’s au point de menacer de sanctionner la Tunisie prochainement. Sur cette affaire hautement importante, le gouvernement s’est contenté de faire le service minimum en couchant sur son budget de 2017 les nouveaux prêts à contracter, les dates et montants de remboursement. Point barre. Le gouvernement pouvait sans doute mieux faire sur cet aspect, et bien d’autres. La confiance des investisseurs étrangers, que la Tunisie s’apprête à courtiser ces 29 et 30 novembre, en dépend…

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