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Dépakine, un anti-épileptique mis sur le marché par Sanofi, entre 2007 et 2014, est devenu le cauchemar des autorités françaises depuis les terribles révélations du Canard Enchainé. Le journal affirme que ce médicament a été prescrit à plus de 10 000 femmes enceintes entre 2007 et 2014, alors qu’on en connaissait depuis un moment les effets secondaires (risques de malformations cardiaques chez le nouveau-né). Le Canard Enchaîné ajoute que le ministère de la Santé aurait délibérément planqué ces données. Certains n’hésitent pas à évoquer un nouveau scandale sanitaire de la même dimension que le fameux Médiator. C’est pour vous dire.

Le ministère de la Santé a réagi aux allégations du journal à travers un communiqué. Le texte dit ceci : « contrairement à ce qui est affirmé, l’étude réalisée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAMTS) n’est pas cachée aux familles (….) Lancé fin 2015, ce travail comprend plusieurs volets (…). Le ministère étudiera, en lien avec cette association représentative des familles avec laquelle il travaille étroitement, les mesures qu’il apparaîtra nécessaire de mettre en œuvre. L’étude et le plan d’action qui sera établi sur cette base seront rendus publics début septembre ».

Une très vieille affaire

Déjà en juin 2015, Gérard Bapt, un élu socialiste, spécialiste des dossiers de santé, alertait l’opinion publique sur un scandale sanitaire impliquant la délivrance d’antiépileptiques à base de  valproate  :  «au moins 370 cas de malformations à la naissance en France. C’est le bilan de la prise d’un antiépileptique à base de valproate (Dépakine®, Dépakote®, Dépamide®, Micropakine® et génériques) par des femmes enceintes ».

La Dépakine®, qui cible les troubles épileptiques, est vendue dans l’Hexagone depuis les années 1960. Son principe actif, le valproate de sodium, est également intégré dans la fabrication des génériques et des médicaments dédiés aux troubles bipolaires. La souci c’est que les effets secondaires du valproate (risques de malformations cardiaques chez les foetus exposés in utero) avaient été exposés dès 1982.

Après le coup de gueule de M. Bapt, les autorités sanitaires lâchent du lest et révisent les critères de prescription. En juin 2015,  l’Agence française du médicment (ANSM) affirme que « compte-tenu de ces risques, la prescription et la délivrance de ces médicaments pour les filles, adolescentes, femmes en âge de procréer et femmes enceintes ont été restreintes en France (…). Désormais, la prescription initiale de cet antiépileptique est donc réservée aux spécialistes en neurologie, psychiatrie ou pédiatrie, tout en imposant le recueil d’un accord de soins après information complète de la patiente ».

En février 2016, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) rend public une étude dans laquelle elle pointe du doigt « l’inertie des autorités sanitaires françaises et de Sanofi face aux risques de la Dépakine et ses dérivés ». Le document estime entre 425 et 450 le nombre de malformations de nourrissons exposés in utero.
Donc à présent se pose clairement la question du degré d’implication des autorités sanitaires et des professionnels de santé dans cette affaire hautement explosive…

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