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Le Front Populaire reprend  son discours ultra sur la dette extérieure  de la Tunisie . C'est la 3ème manche d'un match qui ne semble  pas  se terminer de sitôt.

Le Front Populaire reprend son discours ultra sur la dette extérieure de la Tunisie . C’est la 3ème manche d’un match qui ne semble pas se terminer de sitôt.

La 1ère manche a eu lieu juste après la Révolution , du temps où le radicalisme était la mode : Fayçal El –Kacem et Ahmed Mansour à El –Jazeera , Abdelbari Atouane à Al-Quds El-Araby et Jean Zigler sur la scène économique internationale .Tous ont ceci de commun de confondre Etat et régime politique , Tunisie et Ben Ali , modèle de société, et atouts réels du pays d’une part , et bilan politique des années Ben Ali, d’autre part . Et pour improviser une théorie révolutionnaire, les nôtres ont compilé quelques éléments de « l’Etat et la Révolution « de Lénine, avec des bribes de Proudhon, surtout sa thèse principale : » la Propriété c’est du vol « .

C’était là la plateforme qui a donné naissance à un radicalisme multidimensionnel ,mettant le pays face à trois courants :radicalisme syndical pour revendiquer des augmentations de salaires, à tout bout de champ, radicalisme dans le domaine de l’environnement qui a vu plusieurs décharges fermées pour cause de danger pour la santé ,pour laisser le pays frôler la catastrophe en la matière (J’radou , Ksour Essaf , Menzel Bouzelfa etc… ) , et radicalisme économique qui a remis en cause le modèle de développement existant , et à défaut, de proposer un modèle alternatif , les tenants de cette démarche ont concentré la critique sur la dette extérieure .

La 2ème manche, c’était lorsque Moncef Marzouki a refusé, fin juin 2012 , de signer un accord passé avec le Fonds monétaire international (FMI), en insistant sur la nécessité, « de mener un audit des dettes pour vérifier si elles sont légalement à la charge de l’Etat tunisien ou de l’ancien régime.  »

Au même moment, le parti ouvrier de Hamma El-Hammami a constitué une commission pour ébaucher cet audit, initiative conjuguée avec le travail mené par d’autres associations, dont une fondée par des Franco-Tunisiens, dès février 2011″ Auditons les créances envers la Tunisie (ACET) » . Ces initiatives s’inspirent de l’exemple de l’Equateur, dont le président Rafael Correa, un économiste chrétien de gauche élu, en 2006,(et réélu en 2013), avait lancé un vaste audit après les dictatures militaires. En 2008, l’Equateur, qui était en cessation de paiement de ses dettes, était parvenu à démontrer l’illégitimité de certaines d’entre elles et avait récupéré 7 milliards de dollars (sur un volume de dettes de 10 milliards de dollars) réinjectés dans des projets sociaux et environnementaux.

Le CPR, allié à des courants radicaux dans le pays ,a présenté un projet de loi , vilipender la « dette odieuse » tunisienne définie, par le droit international, comme une dette contractée par une dictature et qui doit être remboursée par une transition démocratique. En même temps, le CPR , allié à Ennahdha , cette fois ,réclamait le limogeage du gouverneur de la Banque centrale tunisienne, Mustapha Kamel Nabli, coupable, à ses yeux, de ne pas faire assez pour récupérer les avoirs gelés de la famille Ben Ali à l’étranger, et surtout en Suisse.

La 3ème manche, on est en train de la vivre maintenant, avec cette campagne lancée par le Front Populaire contre la dette extérieure, les institutions de Breton Woods (BIRD, FMI ), et le modèle de développement Tunisien .

A la question : pourquoi maintenant ? on peut avancer que le Front Populaire , grisé par le doublement de son score dans les derniers sondages , l’accréditant de 12à15% d’intentions de vote , surtout au Nord –ouest et Centre -ouest du pays , veut participer au Forum Social Mondial qui s’ouvre prochainement ,en reprenant un thème cher aux formations radicales internationales et surtout latino-américaines à savoir, la dette extérieure .

Ce thème, on a l’impression qu’il a été adopté par le Front Populaire, un peu à la hâte et sans réelle coordination avec les autres courants de la gauche et organisations syndicales tunisiennes . Une conférence de presse a été organisée, mardi, pour annoncer un congrès qui va avoir lieu samedi, pour traiter du sujet de la dette extérieure tunisienne.

Le porte-parole officiel du Front Populaire Hamma Hammami, a appelé, lors de la conférence de presse organisée sur le thème de la dictature de l’endettement, à l’annulation des dettes tunisiennes et son utilisation au service du développement et l’emploi.

D’après des experts , le solde de la dette tunisienne extérieure s’élève, actuellement, à 30 milliards de dinars, contre 24 milliards de dinars, fin 2010, et 4,7 milliards de dinars, en 1987.Les dettes contractées à moyen et long termes , durant les 23 ans du régime de Ben Ali, s’élèvent à 41 milliards de dinars, soit une moyenne annuelle de 1,7 milliard de dinars.

Les dettes, sous l’angle de cette polémique, posent deux genres de problèmes : le premier est le mauvais usage des prêts octroyés , le second est le lien que les experts établissent entre l’argent qui entre dans le pays par le biais de ces prêts ,et les capitaux qui en sortent illégalement .Or dans ce genre de dossiers , il faut avancer des preuves et des chiffres tangibles , données que les défenseurs de ces thèses ne sont pas en train de fournir .

A défaut d’une démarche concrète et convaincante, les slogans de refuser de payer les dettes, peuvent nuire à la crédibilité du pays et priver la Tunisie de l’opportunité contracter de nouveaux prêts, et recevoir des dons et même des investissements extérieurs.

Par cette orientation, le Front Populaire , œuvre à escamoter les enjeux réels de la situation actuelle, à savoir défendre le modèle de société , et les acquis sociaux et humains du peuple tunisien, et agir pour préserver la souveraineté et la sécurité nationales et rompre tout lien en la matière avec les pays de la région sous couvert d’aide aux pays du printemps arabe ou de solidarité avec les pays islamiques .

Le Front Populaire, en réussissant la première expérience d’unité de la Gauche tunisienne, en août 2012 , et en adoptant un discours percutant et sage , a convaincu les observateurs d’avoir opéré un bond qualitatif, mais on a l’impression , après ce nouveau virage qu’il est en train de rejoindre les anciennes positions où il était en harmonie avec le CPR et même Ennahdha dans des dossiers aussi importants qu’El –Abdellia en Juin 2012 , pour ne citer que celui-là .

Aboussaoud Hmidi

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Le Front Populaire reprend  son discours ultra sur la dette extérieure  de la Tunisie . C'est la 3ème manche d'un match qui ne semble  pas  se terminer de sitôt.

Le Front Populaire reprend son discours ultra sur la dette extérieure de la Tunisie . C’est la 3ème manche d’un match qui ne semble pas se terminer de sitôt.

La 1ère manche a eu lieu juste après la Révolution , du temps où le radicalisme était la mode : Fayçal El –Kacem et Ahmed Mansour à El –Jazeera , Abdelbari Atouane à Al-Quds El-Araby et Jean Zigler sur la scène économique internationale .Tous ont ceci de commun de confondre Etat et régime politique , Tunisie et Ben Ali , modèle de société, et atouts réels du pays d’une part , et bilan politique des années Ben Ali, d’autre part . Et pour improviser une théorie révolutionnaire, les nôtres ont compilé quelques éléments de « l’Etat et la Révolution « de Lénine, avec des bribes de Proudhon, surtout sa thèse principale : » la Propriété c’est du vol « .

C’était là la plateforme qui a donné naissance à un radicalisme multidimensionnel ,mettant le pays face à trois courants :radicalisme syndical pour revendiquer des augmentations de salaires, à tout bout de champ, radicalisme dans le domaine de l’environnement qui a vu plusieurs décharges fermées pour cause de danger pour la santé ,pour laisser le pays frôler la catastrophe en la matière (J’radou , Ksour Essaf , Menzel Bouzelfa etc… ) , et radicalisme économique qui a remis en cause le modèle de développement existant , et à défaut, de proposer un modèle alternatif , les tenants de cette démarche ont concentré la critique sur la dette extérieure .

La 2ème manche, c’était lorsque Moncef Marzouki a refusé, fin juin 2012 , de signer un accord passé avec le Fonds monétaire international (FMI), en insistant sur la nécessité, « de mener un audit des dettes pour vérifier si elles sont légalement à la charge de l’Etat tunisien ou de l’ancien régime.  »

Au même moment, le parti ouvrier de Hamma El-Hammami a constitué une commission pour ébaucher cet audit, initiative conjuguée avec le travail mené par d’autres associations, dont une fondée par des Franco-Tunisiens, dès février 2011″ Auditons les créances envers la Tunisie (ACET) » . Ces initiatives s’inspirent de l’exemple de l’Equateur, dont le président Rafael Correa, un économiste chrétien de gauche élu, en 2006,(et réélu en 2013), avait lancé un vaste audit après les dictatures militaires. En 2008, l’Equateur, qui était en cessation de paiement de ses dettes, était parvenu à démontrer l’illégitimité de certaines d’entre elles et avait récupéré 7 milliards de dollars (sur un volume de dettes de 10 milliards de dollars) réinjectés dans des projets sociaux et environnementaux.

Le CPR, allié à des courants radicaux dans le pays ,a présenté un projet de loi , vilipender la « dette odieuse » tunisienne définie, par le droit international, comme une dette contractée par une dictature et qui doit être remboursée par une transition démocratique. En même temps, le CPR , allié à Ennahdha , cette fois ,réclamait le limogeage du gouverneur de la Banque centrale tunisienne, Mustapha Kamel Nabli, coupable, à ses yeux, de ne pas faire assez pour récupérer les avoirs gelés de la famille Ben Ali à l’étranger, et surtout en Suisse.

La 3ème manche, on est en train de la vivre maintenant, avec cette campagne lancée par le Front Populaire contre la dette extérieure, les institutions de Breton Woods (BIRD, FMI ), et le modèle de développement Tunisien .

A la question : pourquoi maintenant ? on peut avancer que le Front Populaire , grisé par le doublement de son score dans les derniers sondages , l’accréditant de 12à15% d’intentions de vote , surtout au Nord –ouest et Centre -ouest du pays , veut participer au Forum Social Mondial qui s’ouvre prochainement ,en reprenant un thème cher aux formations radicales internationales et surtout latino-américaines à savoir, la dette extérieure .

Ce thème, on a l’impression qu’il a été adopté par le Front Populaire, un peu à la hâte et sans réelle coordination avec les autres courants de la gauche et organisations syndicales tunisiennes . Une conférence de presse a été organisée, mardi, pour annoncer un congrès qui va avoir lieu samedi, pour traiter du sujet de la dette extérieure tunisienne.

Le porte-parole officiel du Front Populaire Hamma Hammami, a appelé, lors de la conférence de presse organisée sur le thème de la dictature de l’endettement, à l’annulation des dettes tunisiennes et son utilisation au service du développement et l’emploi.

D’après des experts , le solde de la dette tunisienne extérieure s’élève, actuellement, à 30 milliards de dinars, contre 24 milliards de dinars, fin 2010, et 4,7 milliards de dinars, en 1987.Les dettes contractées à moyen et long termes , durant les 23 ans du régime de Ben Ali, s’élèvent à 41 milliards de dinars, soit une moyenne annuelle de 1,7 milliard de dinars.

Les dettes, sous l’angle de cette polémique, posent deux genres de problèmes : le premier est le mauvais usage des prêts octroyés , le second est le lien que les experts établissent entre l’argent qui entre dans le pays par le biais de ces prêts ,et les capitaux qui en sortent illégalement .Or dans ce genre de dossiers , il faut avancer des preuves et des chiffres tangibles , données que les défenseurs de ces thèses ne sont pas en train de fournir .

A défaut d’une démarche concrète et convaincante, les slogans de refuser de payer les dettes, peuvent nuire à la crédibilité du pays et priver la Tunisie de l’opportunité contracter de nouveaux prêts, et recevoir des dons et même des investissements extérieurs.

Par cette orientation, le Front Populaire , œuvre à escamoter les enjeux réels de la situation actuelle, à savoir défendre le modèle de société , et les acquis sociaux et humains du peuple tunisien, et agir pour préserver la souveraineté et la sécurité nationales et rompre tout lien en la matière avec les pays de la région sous couvert d’aide aux pays du printemps arabe ou de solidarité avec les pays islamiques .

Le Front Populaire, en réussissant la première expérience d’unité de la Gauche tunisienne, en août 2012 , et en adoptant un discours percutant et sage , a convaincu les observateurs d’avoir opéré un bond qualitatif, mais on a l’impression , après ce nouveau virage qu’il est en train de rejoindre les anciennes positions où il était en harmonie avec le CPR et même Ennahdha dans des dossiers aussi importants qu’El –Abdellia en Juin 2012 , pour ne citer que celui-là .

Aboussaoud Hmidi

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