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ayçal Derbel

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Pour parvenir à un déficit budgétaire prévisionnel de 3.664 millions de DT (soit 3,9% du PIB) au titre de l’année 2016, le données budgétaires ont retenu un ensemble d’hypothèses dont principalement :

  • Un taux de croissance de 2,5%
  • Un cours du $ de 1,970 DT
  • Un cours de € de 2,200 DT
  • Des ressources propres de 22.656 millions de DT

Or les réalisations du premier semestre de l’année 2016 nous situent très en deçà des données prévisionnelles. La croissance ne s’est pas encore rétablie de son anémie, le dinar plonge dans la déprime face à l’Euro et au Dollar EU et les ressources propres peinent à rentrer avec une explosion des dépenses publiques. Quels seraient les résultats de ce « décalage / dérapage » ?

Au risque d’être encore décrié par ceux qui sont démesurément optimistes par opportunisme ou par ignorance, pour ces analyses jugées noirâtres, mais objectives, je continue et je persiste à dire que la situation risque de devenir chaotique avec des déficits qui se creusent encore plus et de sérieuses difficultés de financement.

La situation est tellement préoccupante et menace même ruine qu’il est insensé d’en faire endosser la responsabilité à une partie quelconque de l’échiquier politico-économique. La responsabilité est collective. Faut-il s’adresser aux âmes abimées qui vitupèrent dans un clan de pensée unique pour leur demander d’arrêter de crier haro sur  seulement sur le gouvernement ?

Le changer en bloc, le remanier ou changer de locomotive, permettra t-il d’arrêter cette  spirale de descente aux enfers. Hélas non. Le problème est nettement beaucoup plus épineux et profond, et puisque, comme nous venons de le préciser, la responsabilité est collective, le changement doit être également collectif.

Comment peut-on imputer à une seule partie uniquement la responsabilité d’une situation aussi inquiétante qu’exaspérante au point où on n’arrive même pas à tirer la sonnette d’alarme. Cette dernière est en effet placée si haut que nos gouvernants ne peuvent pas ou ne veulent pas la tirer pour ne pas l’écouter, et les gouvernés démunis, parce qu’ils sont beaucoup trop fatigués.

  • Fatigués des cinq années de lâcheté accumulée ;
  • Fatigués des politiciens qui se divisent, se déchirent et se dispersent, mais appellent, non sans machiavélisme avérée, à l’union nationale !
  • Fatigués d’une constitution, la meilleure au monde, nous a-t-on dit, qui a totalement ignoré la dimension économique et qui attribue des pouvoirs en miettes et bien dispersés offrant des désinvoltures aux groupes lobbies ;
  • Fatigués par un déficit d’éthique sans précédent qui ne fait que détruire le socle sur lequel repose tout le lien social et conduit la société vers l’abîme :
  • Des propos injurieux à l’égard de ministres dans des plateaux télévisés ;
  • Des propos grotesques, sans logique ni signification, proférés par une « opinion publique » formée de gens pensant tout comprendre alors qu’ils ne comprennent rien.
  • Des pratiques mafieuses, des malversations et une corruption, qui se propagent d’années en année.
  • Fatigué des minuscules mouvements politiques, bloqués dans une logique périmée, et qui, tout en s’attaquant aux institutions internationales, avancent des propositions d’autant plus inaudibles qu’elles s’écartent des avancées de la réflexion économique.
  • Fatigués par une montée brutale et fulgurante des actes d’incivisme qui font rappeler la vie dans plusieurs cités à celle d’une jungle où l’anarchie et l’indiscipline règnent en maître. Faisant fi de toute loi, certains individus évoluent dans un désordre indescriptible et criard : des vies humaines abrégées à cause de l’indiscipline notoire de « chauffards »,  construction sur le domaine publique public, installation anarchique au bord des routes (déjà exiguës) de points de vente des  produits de la contrebande, occupation illicite de trottoirs comme terrasses de cafés…
  • Fatigués par une population préoccupée par des lendemains périlleux et écœurée par les scandales qui s’éclatent de temps à autre, exprimant  un sentiment d’insécurité et de frousse, craignant le despotisme et l’arbitraire en constatant avec amertume que patriotisme, honnêteté et droiture deviennent synonyme de débilité et d’idiotie pour subir les retentissements de ce délabrement des valeurs. Pour se consoler, les plus sages murmurent la citation de Socrate disant «  vaut mieux subir l’injuste que de la commettre », les moins sages jettent le discrédit et expriment toute la déconsidération à la souveraineté de l’Etat, en refusant même d’écouter, et en criant haut et fort « pour être audible, il faut être crédible ».
  • Fatigués par une population trahie et abusée. Entre les promesses des programmes électoraux et le vécu quotidien, la seule conviction est une confirmation d’une citation malicieuse «  le candidat qui veut se faire élire a l’obligation de mentir » et la conclusion est l’infidélité aux engagements et l’ineffectivité des réalisations. A mi-mandat, où en sommes-nous ? Malheureusement dans une situation de mal être quasi-généralisé et très profond.
  • Fatigué des «notables» de la société, bien nantis et gagnant correctement leur vie, formés aux frais des contribuables, mais qui refusent le renvoi de l’ascenseur et d’adhérer volontairement à la conformité fiscale.
  • Fatigués par des taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur battant les records et se trouvant  en progression continue d’une année à l’autre, mettant en relief la médiocrité des performances et les piètres résultats de nos universités, tout d’abord dans la formation, ensuite dans l’insertion des étudiants. En 2010, j’ai précisé qu’avec la faiblesse du système LMD, la situation est  très critique (voir investir en tunisie.net) et puisque nous n’avons rien fait depuis, je dirais aujourd’hui qu’elle est catastrophique : nos universités deviennent des usines à chômeurs.

Que diable se passe-t-il avec ce tsunami qui nous a conduits vers cette jungle ? Qui peut encore redresser la situation :

  • Les partis politiques ?
  • L’ARP ?
  • Le président de la République ?
  • Un nouveau gouvernement ?

Malheureusement, aucun d’entre eux, ni d’ailleurs tous ensemble.  C’est le peuple qui doit s’exprimer de nouveau et dans le cadre d’un référendum sur les cinq questions cruciales suivantes :

  • Une meilleure répartition des pouvoirs et des attributions entre l’exécutif (et ses deux organes) et le législatif ;
  • Une élection anticipée des membres de l’ARP basée sur le vote de personnes et non de listes, et mettant fin au système compliqué et infructueux actuellement en vigueur
  • Une réconciliation nationale dans les domaines économique et financier.
  • Un modèle de développement avec des orientations précises et des axes stratégiques, capables de maintenir l’économie dans un sentier de croissance soutenable et durable.
  • Un cadre réglementaire encadrant le droit de grève et régissant les mouvements de contestations pour trouver un juste équilibre entre la protection des libertés et les intérêts économiques du pays.

Aura le nom gravé dans l’histoire du pays, celui qui aura le courage de solliciter le peuple pour qu’il se prononce sur ces questions cruciales, celui qui appellera les citoyens aux urnes.

Fayçal DERBEL

Président d’honneur de l’ordre

Des experts comptables de Tunisie

Universitaire

 

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