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Aziza_Htira

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Aziza Htira, Pdg du Centre de Promotion des Exportations (Cepex) appelle à la fin des mouvements sociaux qui ne pourraient qu’envenimer la situation de l’économie tunisienne déjà en berne.

Elle y voit une impérieuse nécessité au regard des  craintes exprimées par les exportateurs qui s’échinent pourtant à  redynamiser le circuit économique, tout en proposant d’autres alternatives pour sortir de l’ornière à commencer par le changement des mentalités. Interview :

Comment évaluez-vous les mouvements de protestation qui ont éclaté dans plusieurs régions ?

L’explosion de la situation sécuritaire a un effet négatif sur plusieurs domaines, mais surtout sur l’exportation,  les conditions d’exportation, et surtout sur la crédibilité des exportateurs en termes d’engagements envers leurs clients.

L’effet peut être observé sur la production  et principalement sur le climat des affaires.

On a pensé qu’on a réussi à transcender une étape délicate où on était capable de lever les obstacles rencontrés à savoir les problèmes douaniers, financiers ou même ceux confrontés au niveau des ports, outre la  conformité aux normes et aux exigences des importateurs étrangers.

On a cru qu’on a avancé, mais malheureusement on se retrouve à la case départ.

Et alors ?

L’intérêt national nécessite plus que jamais de mettre fin aux perturbations sociales que connaît le pays depuis quelques temps. Car, ces mouvements ne pourraient que toucher notre économie déjà en berne.

La légitimité des mouvements sociaux s’arrête au  moment même où commence à menacer l’intérêt national.

C’est pour cette raison qu’il est temps d’assurer la sécurité pour qu’on puisse redynamiser notre économie et promouvoir nos exportations dont le premier bénéficiaire est le citoyen.

Avez-vous des craintes par rapport à la montée de la grogne sociale dans plusieurs régions ?

Les craintes sont énormes. Ce climat d’instabilité vient à un moment où on a déjà préparé un programme adéquat et plusieurs réformes pour développer l’exportation et conquérir des nouveaux marchés à travers des produits compétitifs, diversifiés et à forte valeur ajoutée.

Avez-vous enregistré des annulations au niveau des visites programmées par des investisseurs étrangers ?

Plusieurs hommes d’affaires ont reporté leurs visites prévues en Tunisie pour des raisons multiples.

Quel rôle pourrait jouer le Cepex dans pareille situation ?

Le Cepex fait partie d’une chaîne globale. Notre rôle est d’avancer pour trouver des solutions aux obstacles confrontés.

Mais en l’absence d’un climat de stabilité, on ne peut rien faire. La preuve en est que l’on risque de perdre le marché russe alors qu’on a fourni des efforts louables pour le conquérir.

A mon avis, tout dépend de la sécurité pour rassurer les investisseurs non seulement des Tunisiens, mais aussi des étrangers.. C’est très important surtout qu’un grand nombre d’investisseurs ont choisi de quitter la Tunisie pour s’implanter ailleurs, dans d’autres marchés.

Pour ce faire, on a plus que jamais besoin de sensibiliser les citoyens quant à l’importance de protéger nos acquis et notre pays, touché de plein fouet. De même, il faut changer les mentalités et mettre en place une nouvelle vision pour pouvoir avancer et sortir de l’ornière.

C’est le temps aussi de promouvoir l’entreprenariat puisqu’on ne peut plus compter sur la fonction publique. Car, l’administration ne peut plus supporter ni assimiler d’autres contingents de fonctionnaires .

La réalisation de cet objectif est possible avec l’existence des mécanismes d’appui, les pépinières d’entreprises ainsi que l’encadrement.

C’est le temps de trouver les bonnes solutions pour que le jeune chômeur devienne  un producteur et non plus un consommateur. Parmi ces solutions, il y a  la promotion du travail agricole dont les opportunités sont nombreuses, du secteur du bâtiment et des travaux publics.

Une grande responsabilité incombe aussi au ministère de l’Emploi pour promouvoir la formation professionnelle. Il pourrait jouer un rôle primordial dans la formation de nos jeunes surtout que la demande de la main d’œuvre qualifiée n’a pas cessé d’évoluer ces dernières années.

Ce département devrait réviser le système de la formation professionnelle selon les spécificités des régions intérieures tout en accélérant l’octroi des avantages aux personnes désirant  créer leurs propres projets.

Il faut entreprendre ces actions pour pouvoir sortir du cercle vicieux dans lequel on se trouve.

Vous critiquez alors le recours du gouvernement au recrutement de 5000 personnes dans la région de Kasserine et d’autres gouvernorats ?

Le gouvernement n’a pas précisé le type de recrutement. Il s’agit tout simplement de la création des nouveaux postes d’emplois.

Mais, si on vise le recrutement dans la fonction publique, c’est vraiment la catastrophe. Car, une fois on veut enterrer notre économie, on procèderait à de nouveaux recrutements dans la fonction publique.

Le recrutement dans la fonction publique est,  à mon avis, une solution antiéconomique.

Plusieurs observateurs ont déjà critiqué le rendement du gouvernement pour ne pas avoir tenu ses promesses et failli à gérer comme il se doit la situation actuelle. Qu’en pensez-vous ?

Tout le monde est en train de critiquer le gouvernement en place, mais connaît-on les promesses du gouvernement et son programme du travail?

Ce gouvernement, à mon avis, est en train d’appliquer son programme,  et ce, malgré les ressources assez limitées qui sont les siennes .Toutefois, il n’a pas pu communiquer sur ses acquis et sur une certaine reprise enregistrée au niveau de plusieurs domaines.

De toutes les  façons, il est prématuré d’évaluer son rendement surtout dans cette conjoncture délicate.

Vos estimations  pour cette année ?

Je suis optimiste quant à l’avenir des exportations en Tunisie et on pourrait faire mieux, si le secteur de phosphate reprenait son rythme normal.

On table sur la réalisation de 8% d’exportations en 2016 contre 6.4% en 2015.

Il est à noter qu’en 2015, une évolution de 6.4% a été réalisée au niveau des exportations contre une baisse de 5.7% en termes d’importations. Le taux de couverture des importations par les exportations s’est amélioré de deux points, l’équivalent de 70%.

L’exportation contribue à hauteur de 35% du PIB et vous misez sur un taux  de 42% au cours de cinq prochaines années. Est-il possible de réaliser cet objectif ?

Il est à mon avis, difficile d’atteindre cet objectif.

C’est simple vu la baisse enregistrée au cours de l’année précédente, dans plusieurs domaine comme le phosphate et dérivés dont les exportations ont chuté de 31.4% en 2015 contre 2.4% en 2014, et ce, à l’exception des industries agroalimentaires qui sont montées en flèche en réalisant des chiffres performants, ce qui a permis de sauver le pays.

La réalisation de cette performance reste insuffisante pour redynamiser notre économie, car l’évolution de l’exportation des industries agroalimentaires reste une exception en 2015 et elle ne pourrait pas  maintenir le cap chaque année.

Or, on a besoin du retour à la normale dans d’autres secteurs comme les mines et phosphate de manière qu’ils contribuent à la croissance économique.

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