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bancaires islamiques, Afrique du Nord

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La Banque Africaine de Développement(BAD) vient d’élaborer un rapport évaluant  la situation des services bancaires islamiques en Afrique du Nord, analysant  les raisons pour lesquelles ils peinent à se développer et étudiant  leurs perspectives d’avenir et la mesure dans laquelle ils peuvent contribuer au développement économique. Le document  la justification de la finance islamique et décrit ses principales caractéristiques. Les mécanismes de financement conformes à la Charia permettent de disposer de ressources qui ne seraient, autrement, pas disponibles pour le financement de projets tant commerciaux que de développement. Outre la diversification des sources de financement, la finance islamique peut assurer un meilleur suivi de l’utilisation des ressources, améliorant ainsi l’efficacité de l’intermédiation financière.

Le rapport passe en revue l’évolution passée et la situation actuelle des services bancaires islamiques dans les pays classés dans la catégorie des pays d’Afrique du Nord, selon la définition de la Banque africaine de développement (BAD), en l’occurrence l’Égypte, la Libye, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et la Mauritanie. Des banques islamiques interviennent à l’heure actuelle dans l’ensemble de ces pays, hormis la Libye et le Maroc. Toutefois, ces institutions ne représentent qu’une infime partie du volume total des dépôts et de l’actif bancaires. L’Égypte a la plus longue expérience des services bancaires et de la finance islamiques, celle-ci remontant aux années 60. Toutefois, même dans ce pays, cette industrie est nettement moins développée que dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (GCC) et en Malaisie.

Il existe un besoin considérable de ressources pour le financement des projets en Afrique du Nord, compte tenu du caractère peu développé de l’infrastructure dans la plupart des pays de la région. À ce jour, 24 opérations de financement islamique de projets ont été déjà approuvées en Afrique du Nord, pour un montant total de plus de 2,4 milliards de $ EU. Les travaux de construction au titre de ces projets ont démarré. Nombre de ces opérations utilisent l’istisna’a, une méthode de financement de projets régie par la Charia qui a déjà administré la preuve de son efficacité. Par ailleurs, 28 opérations d’un montant total de plus de 5,3 milliards de $ EU ont été approuvées en faveur des pays d’Afrique du Nord, dans le cadre d’un financement par emprunt islamique à plus court terme, notamment sous forme de mourabaha et de idjara.

À l’heure actuelle, en dépit du développement relatif du marché financier en Afrique du Nord, comme en témoignent les bourses de valeurs mobilières en Égypte, au Maroc et en Tunisie, peu de titres islamiques de type sukuk ont été émis et aucun n’a été échangé. À ce jour, quatre sukuk ont été émis, pour une valeur totale de 250 millions de $ EU, en Égypte uniquement. Les perspectives pour les sukuk émis tant par l’État que par les sociétés sont passées en revue plus loin, car ces instruments pourraient attirer les fonds d’investissement du GCC et s’avérer utiles pour l’actif liquide des banques islamiques qui interviennent en Afrique du Nord, ainsi que les fonds takaful, une fois que l’industrie de l’assurance islamique en Afrique du Nord se sera mieux développée.

Outre les services bancaires islamiques, le takaful et l’aide au développement concertée conforme à la Charia, il existe également des opportunités pour les organismes de placement collectif en valeurs mobilières ou les sociétés d’investissement à capital variable Islamiques.

Il existe déjà quelques organismes de placement collectif que l’on s’attache à promouvoir auprès des investisseurs du GCC présents sur les nouveaux marchés de l’Afrique du Nord. Toutefois, leur taille est très limitée. Neuf fonds islamiques ont été enregistrés en Égypte, avec un investissement total de plus de 175 millions de $ EU.

Quant à la Tunisie, elle compte un fonds islamique qui n’a financé, cependant, aucun investissement à ce jour.

Les organismes islamiques de placement collectif en valeurs mobilières qui financent l’investissement de portefeuille dans les actions inscrites à la cote officielle et l’investissement direct étranger peuvent contribuer au développement du secteur privé nécessaire pour l’accroissement des opportunités d’emploi pour les jeunes qui achèvent leurs études secondaires ou supérieures en Afrique du Nord.

Les prises de participation privées et le financement du capital-risque islamiques ont également un rôle à jouer.

Il existe peu d’expérience en la matière au sein du GCC, encore moins en Afrique du Nord, une région où il existe une forte demande potentielle de financement sur fonds propres de la part des petites industries et des entreprises familiales. Les structures de moucharaka, qui prévoient des accords de partenariat, peuvent être utilisées pour ce financement qui nécessite la création de structures d’accueil de créances pour la durée du financement. Au nombre des avantages de cette approche figure le fait que, non seulement elle est conforme à la Charia, mais elle permet également d’éviter que les familles ne perdent le contrôle des entreprises qu’elles possèdent et gèrent, comme c’est souvent le cas avec les prises de participation privées et le financement du capital-risque classiques qui consistent à injecter directement les ressources dans l’entreprise.

Il existe beaucoup de place pour les services bancaires et la finance islamique en Afrique du Nord. Ceux-ci pourraient potentiellement contribuer un mode de développement plus inclusif qui assure la cohésion sociale en favorisant le partage équitable des risques et des bénéfices entre les fournisseurs et utilisateurs des ressources.

En outre les banques islamiques sont en mesure de proposer une gamme plus large de contrats que leurs homologues classiques, qui ont pour vocation exclusive de satisfaire des besoins de financement particuliers.

Depuis plus de quatre décennies, les contrats financiers islamiques modernes ont fait preuve d’innovation, un processus appelé ijtihad en droit islamique. Le dialogue entre les érudits de l’Académie Fiqh islamique internationale, les spécialistes du droit commercial et les professionnels de la finance ont mis au point un large éventail de solutions financières qui peuvent être considérées comme conformes à la Charia. En d’autres termes, loin de la renvoyer à l’époque où l’intermédiation financière était peu développée, les défenseurs de la finance islamique ont contribué à élaborer des contrats financiers à usages multiples dans les économies modernes. Bien qu’il ne faille pas considérer les services bancaires islamiques comme une panacée permettant de relever les défis du développement, ceux-ci pourrait jouer un rôle positif dans des régions telles que l’Afrique du Nord.

De plus, un avantage potentiel des banques islamiques tient au fait qu’elles peuvent mobiliser les ressources des pieux qui ne sont pas disposés à traiter avec les banques axées sur les intérêts. Cette raison peut expliquer certains dépôts dans les banques islamiques en Afrique du Nord.

Toutefois, il est encore plus important que ces institutions soient en mesure de mobiliser des fonds au sein du GCC, tant auprès de leurs promoteurs que des expatriés d’Afrique du Nord qui y travaillent. La mobilisation de ces fonds permettrait de diversifier un peu plus les sources d’investissement étranger dans la région permettant un ainsi d’accélérer son développement tout en réduisant sa dépendance face à ses principaux partenaires économiques actuels.

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