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La conjoncture actuelle qui a suivi le renversement de l’ancien régime prédit un exercice 2011 difficile pour le secteur financier et principalement pour le secteur bancaire, puisqu’il y’aura lieu de constater une croissance des pertes et des créances classées, et ce conjointement au ralentissement économique qui s’est déjà fait ressentir. Telle est la prévision que vient d’établir l’’intermédiaire en bourse Amen Invest dans une note sur « le secteur Bancaire tunisien face à la nouvelle conjoncture ».

D’ores et déjà, « ceci devrait affecter les chiffres de l’exercice 2010 qui semblait jusque là bien parti dans son élan de croissance, étant donné que la majorité des banques cotées ont enregistré une évolution significative souvent à deux chiffres de leurs PNB ».  Et ce sont les banques étatiques et surtout la STB et la BH qui seront les plus impactées. La BH a déjà affiché un résultat net provisoire en baisse de plus de 15%, alors que celui de la STB devrait, encore plus, être revu à la baisse suite au lourd provisionnement que devra constater la banque. La BT a également enregistré d’importantes dotations aux provisions qui pourraient générer une baisse du résultat net de 2010 de plus de 35%. Les banques auront ainsi intérêt à provisionner un maximum au titre de l’exercice 2010 afin d’alléger les effets des éventuelles pertes sur l’exercice à venir. Parallèlement, les banques à capital majoritairement étranger, à l’instar de l’UBCI et de l’UIB, avaient initialement affiché un très faible taux d’engagements auprès des membres de l’ancien régime, et qui ne devrait aucunement impacter leur activité. La première a annoncé une évolution à deux chiffres de son résultat net, alors que la seconde a déjà affiché un résultat net provisoire qui a plus que doublé.

Sur le plan boursier et à la lumière de ces faits, les analystes d’Amen Invest estiment qu’il sera quand même difficile d’ignorer les valeurs financières et bancaires qui disposent d’un important potentiel de hausse. Il faudra toutefois choisir les titres avec discernement.

Certaines banques restent risquées de par leurs engagements en faveur des deux familles liées au régime déchu ce qui devrait avoir un impact négatif sur leurs résultats dans le cas où la BCT les orienterait vers un provisionnement beaucoup plus important que celui prévu initialement. Nous prévoyons, à cet effet, des réajustements à la baisse des projections pour l’année 2011.

Pour ce qui est des perspectives proprement dites, Amen Invest s’est longuement penchée sur les appréciations des  principaux cabinets de notation à l’échelle mondiale qui se sont précipités pour revoir à la baisse la note attribuée à la Tunisie ou pour la mettre sous surveillance négative, dans d’autres cas.
L’agence Fitch a annoncé le 18 janvier 2011, dans un communiqué, avoir placé diverses notations de plusieurs banques tunisiennes sous surveillance avec implication négative. Ce fut le cas de l’Arab Tunisian Bank (ATB), la Société tunisienne de banque (STB), la Banque nationale agricole (BNA), la Banque de l’habitat (BH), la Banque internationale arabe de Tunisie (BIAT) et de l’Amen Bank.

Elle a par ailleurs, réduit ses prévisions de croissance du produit intérieur brut tunisien (PIB) à 2% en 2011 contre 5% initialement prévus. Elle estimait également que le déficit public devrait être contenu à 2,5% du PIB.
Cependant, l’Etat conjointement à la Banque centrale de Tunisie (BCT) ont continué à soutenir les entreprises publiques tunisiennes. De plus, la BCT a publié un communiqué incitant les banques de la place à poursuivre leurs efforts de financement de l’économie par l’accélération du déblocage des crédits déjà approuvés et le soutien du financement de l’exploitation des entreprises, et aux financements productifs.

D’autre part, elle a incité les banques à engager une action de communication auprès de ses partenaires afin de les rassurer quant à la solidité de leurs assises financières, mais aussi auprès de ses clients en les rassurants quant à la sécurité de leurs avoirs. La BCT continuera pour sa part, à soutenir le secteur bancaire par l’injection de la liquidité nécessaire sur le marché monétaire.

L’amélioration de la gouvernance du système économique engendrée par les réformes politiques qui vont suivre la libération du pays sera de nature à instaurer un climat de confiance favorable au développement soutenu du pays.
A la suite du renversement du régime, les banques de la place ont publié des communiqués sur leurs engagements des membres de la famille de l’ancien régime, et leurs effets sur l’activité de l’exercice échu et l’exercice à venir. Les banques étatiques ont été les plus touchées en termes de montant des engagements mais surtout en termes de classement et de provisionnement des créances classées. Plusieurs banques ont décidé de répercuter les provisions sur ces créances sur l’exercice 2010 alors que d’autres comptent les répercuter sur celui de 2011. Cependant, certaines banques considèrent que ces montants ont servi au financement de projets qu’ils estiment rentables et productifs et qu’une grande partie de ces engagements est couverte par des garanties hypothécaires et financières; Ce qui ne devrait donc, avoir aucun impact sur l’exercice 2010.
La politique de la Banque centrale de plus en plus sévère en matière de provisionnement, a orienté les banques ces dernières années, à accroître le provisionnement des créances classées. Ainsi, il est de rigueur lorsque l’une des créances d’un client passe à la classe d’actif incertain, préoccupant ou compromis, toutes ses créances font l’objet de provisionnement. De même lorsque l’une des filiales d’un groupe de sociétés affiche des créances douteuses, toutes les créances du groupe devront être provisionnées.

C’est ce qui a permis ces dernières années de faire passer le taux de créances classées du secteur de 20,9% en 2005 à 13,2% en 2009. Parallèlement le taux de couverture des créances classées du secteur est passé de 46% en 2005 à 58% en 2009, et devrait frôler les 70% en 2010. La BT reste la banque caractérisée par le taux de créances classées le plus faible du secteur (8%), associé au taux de provisionnement le plus élevé à savoir de 83%.

Contrairement à la STB et à l’UIB qui continuent de souffrir du poids des créances improductives et de la faiblesse de leur couverture par rapport à la moyenne du secteur. La STB, à titre d’exemple, possédait en 2009 près de 20% de créances classées, couvertes seulement à hauteur de 49,7%. Parallèlement la BH qui a affiché un faible taux de créances classées grâce à son activité caractéristique, ainsi que son taux de couverture situé dans les normes, semblerait dans le cadre d’une fusion, être l’allié parfait pour un assainissement progressif et durable des actifs de la STB qui elle lui permettra de bénéficier de son vaste portefeuille client. A titre de comparaison le Maroc est légèrement plus avancé en termes d’assainissement d’actifs.

Néanmoins, les faits rapportés à la suite du renversement de l’ancien régime, à la tête duquel plusieurs membres occupaient des postes clés au niveau des sociétés fleurons de l’économie, ont pointé du doigt le financement des projets par crédits souvent sans les garanties nécessairement demandées, pourraient avoir un impact sur cet effort d’assainissement des portefeuilles d’actifs dans les années qui vont suivre, et qui remettraient en question les taux encourageants déjà atteints.

Le coût du risque évalue l’absorption du PNB par les provisions sur les créances et les portefeuilles. Entre 2005 et 2008, le coût du risque du secteur s’est situé autour de 27% où les principales banques à l’origine ont été les banques étatiques à l’instar de la BNA, la STB et dans une moindre mesure la BH. La STB et la BNA qui affichent des taux de croissance annuels moyens du PNB autour de 12% ont enregistré d’importantes dotations aux provisions pour rattraper le retard sur les autres banques.

Les taux de provisionnement des créances classées indiqué par la banque centrale pour 2009 a été fixé à 70%, et c’est dans cet objectif là que l’ensemble des banques ont orienté leur stratégie. Ce taux ayant été atteint en 2010 par la majorité des banques, leurs efforts de provisionnements auraient abouti à un coût du risque estimé de 19% pour l’année 2010. Mais le renversement récent du régime, et au cours duquel plusieurs dégâts matériels, et fuites d’argent ont été estimés, devraient se répercuter sur l’activité notamment à travers le PNB menant à revoir à la hausse le coût du risque, conclut Amen Invest.

 D’après Amen Invest

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