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Les  trois grandes  banques publiques ont, depuis le début de cet exercice, une nouvelle gouvernance  avec l’arrivée de nouveaux Directeurs Généraux – du moins pour deux d’entre elles-  provenant  du privé, la mise en place de nouveaux conseils d’administration, constitués de personnalités provenant d’horizons aussi divers que l’université, le monde des affaires et l’administration et une feuille de route, reprenant les grandes orientations stratégiques attendues par les actionnaires notamment.

Cette construction qui s’inscrit directement dans la lignée des réformes structurelles exigées par les bailleurs de fonds étrangers – qui d’ailleurs  réalisent mission sur mission sur le sujet et sur bien d’autres-  a pour objectif final de libérer ces institutions du poids de l’administration, de ses modes opératoires et d’éviter, dans le futur, qu’une banque censée gagner de l’argent et distribuer des bénéfices effectifs ne se retrouve, quelques années plus tard, dans une situation quémandant près d’un milliard de dinars au contribuable.

 Comment cela peut-il  se faire ? Tout simplement en ne reproduisant plus le modèle publique en matière, notamment, de gestion de risques, de traitement des créances compromises, de gestion de personnel pléthorique et de préférence inconditionnel de produits nationaux quand celui-ci menait directement dans le mur comme ce fut le cas, à la fin des années 2000, pour les systèmes d’information.

Le péché originel des banques publiques a été de financer des entreprises non rentables, très souvent  mais pas seulement publiques,  d’avoir occulté, parfois totalement, la vision risque au profit d’une vision sociale, d’avoir créé en leur sein presque une école behaviouriste  en la matière et d’avoir trop souvent continué à le faire jusqu’à ce que les comptes sociaux, combien de fois  bénéficiaires et distribuant même des  dividendes ( !), ne sortent des chiffres critiques pour la banque et le secteur bancaire. Une situation  qui a fini par mobiliser, pour deux banques, des fonds du contribuable et, pour la troisième, les bijoux de famille.  Reproduire le même système, c’est aller encore une fois dans le mur mais cette fois-ci, allez trouver les contribuables pour couvrir. La nouvelle loi bancaire a ouvert une autre porte, celle de la protection des épargnants et seulement les épargnants ( !).

Le deuxième pêché originel est de croire en la fatalité des choses. Celle, dans le cas de l’espèce, la fatalité des créances compromises. Deux exemples sont à méditer dans l’histoire du secteur bancaire tunisien. Que sont devenues les créances compromises de la feue Banque du Sud et de l’UIB après leur plan d’assainissement et leur privatisation. Trois fois rien parce, que l’actionnariat, privé donc forcement plus responsable vis-à-vis des aspects de rentabilité, a permis de traiter ces créances  en s’accordant une politique  de transactions évidemment plus pertinente. Dans les banques publiques, cela est assimilé, par la force de la loi, à une dilapidation de deniers publics. Quelle est la vraie dilapidation de deniers publics, celle de les laisser, des décades durant, pourrir dans les comptes des banques et ne  récupérer, par la faute d’une extrême rigidité, ou bien essayer de recouvrer  une partie même réduite et l’injecter dans de nouveaux financements ? Sur ce plan, on serait curieux de voir porter devant la justice une affaire opposant un tiers,  créancier  ou pas, à une banque par laquelle il démontrerait la vraie dilapidation de deniers publics, celle de l’inertie et la perte temporelle de valeur.

Les nouvelles directions des banques ont donc face à elles, une longue marche- pas aussi difficile que celle de Mao Tsé-toung- mais qui s’en approcherait. Comment se fera la métamorphose ? Il faudra attendre pour se prononcer  mais sachant que dès le départ, quelques dés sont un peu pipés. Comment  continue-t-on de penser des années après que l’Etat peut être un acteur impartial dans un secteur où le privé a pour lui la flexibilité, l’homogénéité des organes de décisions,  la rapidité, le choix des hommes, des cabinets, des compétences, des expertises, des équipements, des outils… Difficile de penser que les banques publiques et les banques privées  boxent dans la même catégorie même si on veut bien nous le faire croire.

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