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Le ressenti a vite tourné à la vérité. Les banques publiques en Tunisie auxquelles il était de bon ton de tresser des lauriers pour leur concours à l’économie nationale et aux projets auxquels elles avaient associé leurs noms, font actuellement figure de « l’homme malade » qu’il importe de sauver pour au moins le remettre sur pied. Mais à quel prix ?

On les soupçonnait depuis des années qu’elles ne remplissaient pas comme il se devait l’office qui leur est imparti. De nos jours, la Révolution aidant, le diagnostic est sans appel. Ces établissements de crédit créés et entretenus par l’Etat, sont devenus un lourd fardeau avec le tout aussi lourd passif qu’ils traînent qui ne peut être liquidé que par le contribuable, car ceux qui y avaient puisé à fond la caisse  sont,  présentement, soit introuvables, soit insolvables, pour l’évidente raison qu’il s’agit des acolytes du régime déchu qui sont partis avec. Sans qu’il y ait lieu de s’étendre sur les tours de passe-passe utilisés et les pressions exercées sur ces établissements, convenons qu’ils  ne s’embarrassaient guère de s’y prêter en jetant aux orties l’obligation de gouvernance qui était la leur pour être aux petits soins de leurs gros clients indélicats.

Et comme l’a noté tout récemment le Fonds monétaire international, « les banques publiques demeurent structurellement illiquides en raison de la faible croissance des dépôts, ce qui accroît le recours au refinancement auprès de la BCT, et dans ces conditions, la croissance du crédit au secteur privé reste modeste, et son niveau est largement inférieur au potentiel ». La recette décrétée pour s’en sortir est d’ « achever rapidement la recapitalisation de toutes les banques publiques et de veiller au respect de la réglementation pendant toute la période de restructuration ». S’y joignent la modernisation du  dispositif de résolution bancaire, le renforcement du contrôle et de la réglementation des banques, et la mise en place d’une loi efficace sur les faillites afin de s’attaquer aux prêts improductifs.

C’est là l’un des  grands chantiers auquel le gouvernement est en train de s’atteler pour mobiliser le financement de la recapitalisation des 3 banques majoritairement détenues par l’Etat, qui s’élève à 1 milliard de dinars, selon le gouverneur de la Banque centrale. A  elle seule, l’opération de recapitalisation de la Société Tunisienne de Banque nécessitera 800 millions de dinars alors que les besoins de la Banque de l’Habitat (BH) sont estimés entre 50 et 80 millions de dinars. Quant à la Banque nationale agricole (BNA), son business plan n’est pas encore finalisé, mais sa recapitalisation coûterait  270 millions de dinars.

De tous les scénarios envisagés et étudiés pour le sort qu’il conviendrait le mieux aux trois banques publiques, celui qui semble tenir la route est de garder leur vocation en l’état, c’est-à-dire qu’elles demeureraient publiques avec une gouvernance privée. C’est en tout cas la conclusion de l’intermédiaire en bourse « Tunisie Valeurs » qui estime que, ce faisant, il leur sera possible «  d’améliorer leur compétitivité, de renforcer leur notoriété, et de faciliter l’accès à de futurs partenaires stratégiques ou techniques privés ». Comprenons par là que  la privatisation d’une ou des 3 banques, n’est  plus à l’ordre du jour, mais des opérations de cession de participations minoritaires à des partenaires privés ne sont pas à exclure.

Une thérapie tardive ?

D’aucuns font grief aux pouvoirs publics de ne pas s’y être mis plus tôt pour prendre le taureau par les cornes et lancer le chantier de la recapitalisation, ce qui aurait atténué pour autant qu’il fût possible le coût financier de l’opération. Pourtant, l’Etat savait mieux que quiconque que les banques publiques étaient rétives et quinteuses à toute pression pour améliorer leur gestion, leur organisation interne ou même leur performance économique et financière. Au reste, aucune banque publique n’a mis en application un système de notation de ses débiteurs. La comptabilité et la gestion des risques sont également très peu développées dans les banques publiques même si de telles fonctions sont au cœur de la bonne gestion de toute banque. De plus, l’implication de l’Etat dans le secteur bancaire a introduit des distorsions compétitives supplémentaires. Les recapitalisations passées des banques publiques initiées par l’Etat, sans changer leur structure de gouvernance a créé des distorsions vis-à-vis des autres banques commerciales.

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Le ministre des Finances Slim Chaker a affirmé à Mosaïque fm que la situation critique des banques publiques est influencée par des pressions de l’ancien régime. Il a assuré que les banques publiques ne seront pas privatisées et que les dettes ne seront pas effacées.

Slim Chaker a indiqué qu’un rapport trimestriel sera envoyé à l’ARP autour des réformes des banques publiques. Il a ajouté que l’affaire des soupçons autour du bureau d’audit qui s’est chargé de la STB sera transférée lundi prochain devant le ministère public dans le but d’ouvrir une enquête.

A noter que les députés à l’ARP ont adopté, dans une heure tardive de la nuit du jeudi 6 août 2015, le projet de loi relatif à la capitalisation de deux banques étatiques, à savoir la STB et la BH, avec 109 voix.

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