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Le PDG de la Poste Tunisienne, Moez Chakchouk, a affirmé, dans une déclaration ce jeudi 16 mars 2017, à Africanmanager, que la poste ne sera pas transformée en banque et ce, faute de non obtention d’une autorisation de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Il a par ailleurs expliqué que la Poste n’a pas pu répondre aux conditions éligibles puisque c’est un établissement public et non une société anonyme.

Moez Chahchouk a par ailleurs indiqué que la Poste Tunisienne a signé quatre accords avec Microcred, Enda, Tayssir et Advance Tunisie et ce, dans l’objectif de d’instaurer l’intégration financière en offrant de nouveaux services financiers aux catégories sociales qui ne sont pas concernées par les services bancaires traditionnels.

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Le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT) réuni mercredi 1er février 2017 à Tunis, a décidé de maintenir inchangé son taux d’intérêt directeur.

Lors de cette réunion, le conseil a procédé à l’examen de l’ensemble des points inscrits à l’ordre du jour, qui s’articulent autour des développements récents de la conjoncture économique internationale et l’analyse des principaux indicateurs économiques, monétaires et financiers ainsi que des principales évolutions de la situation économique  au plan national, outre le suivi de l’évolution des indicateurs de l’activité du secteur bancaire, de la liquidité et des transactions sur le marché monétaire et sur le marché des changes.

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Le conseil d’administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) réuni le 1er février 2017 a décidé, avoir examiné la position de la liquidité et des disponibilités monétaires ainsi que le déroulement des opérations de paiement, d’émettre un nouveau billet de banque de la valeur de 20 dinars.

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Lors de sa réunion périodique tenue en date du 1er Février 2017, le Conseil a procédé à l’examen de l’ensemble des points inscrits à l’ordre du jour, qui s’articulent autour des développements récents de la conjoncture économique internationale et l’analyse des principaux indicateurs économiques, monétaires et financiers ainsi que des principales évolutions de la situation économique  au plan national, outre le suivi de l’évolution des indicateurs de l’activité du secteur bancaire, de la liquidité et des transactions sur le marché monétaire et sur le marché des changes, indique un communiqué de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Le Conseil a également pris connaissance de l’introduction de la cotation de la monnaie chinoise (yuan chinois) contre le dinar tunisien à compter du 1er Février 2017 et ce, pour les opérations au comptant et les billets de banque étrangers.

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Nous l’écrivions dans notre édition du 18 décembre dernier, la Tunisie fait commerce avec 172 pays, et son déficit affiche un montant total de 11,628 Milliards DT. Trois pays représentent plus de la moitié de cet énorme déficit (6,014 milliards DT). Il s’agit, par ordre d’importance, de la Chine avec plus de 3 Milliards, de la Turquie avec plus de 1,33 Milliards DT et de la Russie avec plus de 1,21 Milliards DT en moins d’une année.

Ce que nous avons pu confirmer, c’est que la BCT au moins, a de gros soucis à ce sujet. «Qu’il faille revoir notre position commerciale avec la Turquie et la Chine, cela me paraît essentiel. Le déficit de la balance commerciale avec la Chine n’est pas normal. Cela, je l’avais dit au gouverneur de la banque centrale de Chine, lorsque je l’avais rencontré et il m’avait donné raison», dit à Africanmanager le Gouverneur Chedly Ayari, lorsque nous l’interpellons à ce sujet. «Je constate et je dénonce le déficit commercial et je dis que c’est mauvais pour les comptes du pays. Je n’ai d’autorité, ni sur les importations, ni sur les exportations qui sont du domaine du ministère», avoue le premier responsable de l’institution qui finance le commerce extérieur. Pour lui, «il faut trouver des solutions, sans pour autant diminuer le commerce avec ce pays, et j’avais alors découvert que 70 % de nos achats de ce pays sont des équipements et non de la pacotille et que nous n’aurons jamais une balance commerciale positive avec la Chine».

–          Un MOU à transformer en convention pour que le Swap démarre

La BCT (Banque Centrale de Tunisie), est en train de trouver une solution à ce problème et d’essayer de donner une réponse, financière et monétaire, au problème du déficit de la balance commerciale, notamment avec la Chine d’où vient le plus grand déficit, bien que la Tunisie ne représente certainement qu’une goutte dans l’océan des échanges chinois avec le reste du monde. «On est en train de trouver des solutions pour cela. Nous pouvons, ainsi par exemple, passer par un accord Swap entre le Dinar et le Yuan (Un Yuan = 0,33 DT). Le principe est acquis et signé». Cet accord Swap est généralement adossé à une ligne de crédit, financée par le gouvernement chinois. Ces comptes seront gérés directement par les banques.

Le 12 décembre 2016, Chedly Ayari signait avec le Gouverneur de la Banque centrale chinoise Zhou Xiachuan, un mémorandum d’entente et de coopération, favorisant une plus grande ouverture entre les deux secteurs bancaire et financier des deux pays. «Les deux gouverneurs s’étaient mis d’accord sur le principe de conclure une convention portant sur le swap du yuan contre le dinar tunisien dans le but de régler une partie des opérations commerciales et financières en monnaie nationale, ce qui permettra d’atténuer les risques de change pour les deux parties et d’intéresser davantage les importateurs chinois aux exportations tunisiennes», disait alors un communiqué de la BCT. «Nous estimons que les Swap de change, dont la Chine par exemple a signé 36 avec beaucoup de pays comme l’Egypte et le Maroc, permettra à l’importateur de payer avec la monnaie du pays en question, la Livre turque ou le Yan chinois», a précisé Chedly Ayari à Africanmanager.

Actuellement, par exemple, la Tunisie passe par le Dollar US pour payer les Chinois et les Turcs. Les Swap de change auront ainsi pour effet de fournir directement des lignes de crédit qui permettront de financer le déséquilibre de la balance commerciale sur le court terme. Le Dinar tunisien sera ainsi accepté comme collatéral et comme garantie et devient donc une monnaie de paiement, au cas où les Chinois voudraient importer des marchandises de Tunisie. «La Chine a donné son accord et nous sommes en train d’étudier la question».

C’est ainsi, par exemple, qu’un concessionnaire qui voudrait importer des voitures chinoises s’adressera à sa banque qui paiera ses importations en Yuan par le DT que convertira le banquier tunisien, à travers la ligne de crédit chinoise. Pour le Gouverneur Chedly Ayari, «un accès facile au paiement pourrait augmenter le déséquilibre des échanges, certes. Mais dans tous les cas de figure, les accords de Swap n’éliminent pas le besoin d’une gestion, au plus près, du commerce extérieur par les Etats en place pour regarder ce qu’on importe. Mais c’est surtout le moment de développer un courant d’exportation vers ces pays». Force est de constater que la Tunisie achète beaucoup de Chine, mais ne vient que rarement à ses foires pour essayer d’y vendre, comme pour le cas de l’excédent d’agrumes pour un marché chinois qui entre de plain-pied dans l’ère de la consommation.

La symbolique est importante. Le Yuan est convertible et pourrait même devenir une monnaie de paiement avec d’autres pays et notamment la zone Yuan qui existe déjà et pourrait même renforcer les réserves de change de la Tunisie. «On pourrait même utiliser ce biais pour engager un processus, hors commerce, d’investissement chinois en Tunisie. L’idée qui me trotte en tête et que j’ai déjà soumise aux Chinois, c’est de créer un fonds d’investissement sino-tunisien pour des projets communs d’infrastructure, de tourisme et autres. Le yuan deviendra un moyen de paiement, à court terme j’espère, un moyen d’investissement et un moyen de renforcement des réserves de change», se prend ainsi à rêver le Gouverneur Chedly Ayari.

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas et douteraient de la possibilité de passer du rêve à la réalité, le Yuan est convertible et même considéré comme monnaie de réserve. Malgré les quelques restrictions qui le frappent encore, il fait partie des DTS (Droits de Tirages Spéciaux) du FMI depuis octobre dernier. Actuellement, dans le calcul de la valeur des DTS, il y a le Yuan.

–          Le Swap avec la Turquie n’est pas encore possible, mais on y pense

Le problème de l’énorme déficit est aussi valable, bien qu’à moindre importance en sommes d’argent, pour la Turquie. «Pour la Turquie, le déficit est tout aussi important, au point qu’il nous faut revisiter le commerce extérieur entre les deux pays. Il est hors de question de fermer les frontières. Les accords de l’OMC nous en empêcheraient. Autrement, les procédures sont longues et les mesures doivent être limitées dans le temps. C’est une mesure qu’un ministre du Commerce doit avoir en tête, mais c’est un recours de dernier ressort. L’idée, à mon sens, est de conforter ce déséquilibre par des lignes de crédit qui te fournit de l’argent dans la monnaie du pays avec lequel tu es déficitaire», reconnaît encore le Gouverneur de la BCT.

Reste à savoir si la solution que la BCT est en train d’essayer avec la Chine, pourrait être appliquée au pays avec lequel la Tunisie enregistre le 2ème grand déficit commercial. Il semble que non. «Le modèle chinois que nous sommes en train de mettre en place, ne pourra pas s’appliquer à la Turquie. Avec ce pays, nous pourrions développer la question des lignes de crédit à caractère commercial qui financeront les importations tunisiennes de ce pays et proposer le Swap. Nous n’en avons pas encore discuté avec ce pays, mais on l’envisage dans le cadre d’un nouvel accord monétaire et commercial», conclut pour nous le Gouverneur de la BCT.

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La Banque Centrale de Tunisie (BCT) vient de prendre le pouls des fondamentaux de l’économie tunisienne, et le moins qu’on puisse dire est que c’est la soupe à la grimace pour ce début d’année…

  • La croissance économique, évaluée aux prix constants 2010, devrait se maintenir, en 2016, sur une trajectoire légèrement ascendante avec un taux annuel de 1,3% contre 1% en 2015, avant de passer à 2,3% et 2,8% en 2017 et 2018 respectivement.
  • En 2016, le taux d’inflation a été à son plus bas niveau depuis 2012, soit 3,7% contre 4,9% une année auparavant, en dépit de la résurgence des tensions inflationnistes vers la fin de l’année, portant le taux d’inflation à 4,2% en GA, en décembre 2016.
  • En revanche, on relève une plus grande persistance de la composante sous-jacente de l’inflation (hors alimentaire frais et administrés) qui s’est maintenue sur un palier relativement élevé, soit 5,2% contre 5,3% en 2015.
  • Les perspectives de l’inflation sont orientées à la hausse avec un taux de 4,8% au terme du premier trimestre 2017 et un taux moyen de 4,7% pour toute l’année 2017.
  • La politique budgétaire est de plus en plus contrainte par la hausse structurelle des dépenses courantes et la faiblesse des ressources, limitant ses marges de manœuvre pour mener une politique contra-cyclique.
  • La balance courante demeure fragilisée par l’ampleur du déficit énergétique, la part de plus en plus grandissante des importations non productives et par un secteur touristique qui peine à se relever, exacerbant les pressions sur les réserves de change.
  • Renforcement des crédits à l’économie, au cours de l’année 2016, bénéficiant aussi bien aux professionnels qu’aux particuliers.
  • Poursuite des pressions sur la liquidité bancaire dans le sillage d’un déficit courant toujours important, induisant un déséquilibre permanent entre l’offre et la demande de devises sur le marché des changes, et une intervention accrue de la BCT sur ce marché pour lisser ce déséquilibre, en plus de l’effet de la hausse importante des billets et monnaies en circulation.

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C’est une spirale sans fin. Ou une véritable descente aux enfers, c’est selon. Le fait est que rien ne semble pouvoir enrayer la fonte des réserves en devises de la Tunisie. Et ce début d’année est plutôt catastrophique. En effet d’après la Banque centrale de Tunisie (BCT), ces réserves se sont établies le 10 février 2017 à 11,867 milliards de dinars, ce qui fait 100 jours d’importations. La dernière fois que la BCT avait prix le pouls des réserves de change, le mois dernier, on en était à 12,1 milliards de dinars contre 13,3 milliards à fin janvier 2016, ce qui nous ramenait, déjà, à 105 jours d’importation (contre 121 jours d’importation en janvier 2016). Le repli, en à peine quelques semaines, est spectaculaire !

A rappeler qu’à fin décembre 2016, les réserves en devises de la Tunisie couvraient 114 jours d’importations contre 127 jours à la même période en 2015. Il y a vraiment urgence pour la Tunisie à relancer vigoureusement son tourisme et ses exportations, notamment le phosphate, pour reconstituer son matelas de devises. Ce qui aurait aussi automatiquement pour effet de réduire sensiblement le recours à l’emprunt extérieur, avec un service de la dette qui dévore le stock de devises…

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Pendant cinq jours, le gouverneur de la BCT Chedly Ayari, la ministre des Finances Lamia Zribi et deux hauts cadres du MF, ont écumé les places financières de 3 pays, la France, l’Allemagne et l’Angleterre, à la recherche de financements pour combler les déficits du budget de l’Etat, à raison de 9 réunions, individuelles ou par groupes, par jour, avec les investisseurs et les bailleurs de fonds. La demande à Londres était tellement importante (70 investisseurs) que le marathon des réunions a dû se faire en groupes de 6 à 7 par membre de délégation. De 8 heures du matin à 20 heures. Même les déjeuners se transformaient en rencontres avec les investisseurs et à 18 heures, on se réunissait avec les organisateurs pour le feed-back des marchés.

  • Dur, dur de s’endetter dans ces conditions !

La discussion n’était pas facile comme en a témoigné l’agence de presse spécialisée Reuters, d’autant que la délégation tunisienne avait, en face d’elle, non des politiciens ou des bailleurs de fonds publics, mais des investisseurs privés, plus soucieux de bénéfices et de délais et conditions de remboursement que de la conjoncture interne de la Tunisie et des perspectives de son processus démocratique. «Nos vis-à-vis dans les discussions pendant le roadshow, sont au courant de tout ce qui se passe en Tunisie dans le détail. Ils ont, par exemple, attiré notre attention que les médecins tunisiens sont en grève et que les pharmaciens aussi, alors que nous discutions. Ils connaissent, par le nom, tous les dirigeants de l’UGTT et suivent leurs déclarations. Tous des signaux négatifs pour la communauté des bailleurs de fonds», nous avouait la ministre tunisienne des Finances Lamia Zribi, lors d’un entretien téléphonique avec Africanmanager.

La délégation tunisienne discutait aussi avec de jeunes loups des finances qui n’avaient cure de notre conjoncture de jeune démocratie et de transition économique. Et la pertinence des questions, face à des réponses dont les membres de la délégation ne maîtrisaient parfois pas toutes les ficelles et imposait un réalisme qui reste incompréhensible pour des vis-à-vis au langage purement technique et financier, rendait leur mission trop dure. «Des techniciens de la finance qui ne comprennent pas qu’on accorde des augmentations salariales alors que le budget ne le permet pas, ou qui ne comprennent pas qu’on ait un déficit commercial élevé alors qu’on refuse toujours de dévaluer notre monnaie», nous disait encore la ministre qui affirme à ce propos que «les investisseurs et les bailleurs de fonds ont été unanimes à poser la question autour de la dévaluation du Dinar». Et Lamia Zribi d’avouer que «la notation de Fitch a beaucoup perturbé le roadshow, beaucoup compliqué les négociations», admettant que «cela rend nécessaire, sinon impérieux, que la Tunisie fasse les efforts nécessaires pour améliorer sa note souveraine, car une autre dégradation nous fermerait les portes des bailleurs de fonds».

Des bailleurs qui ont parfois pressé la délégation tunisienne comme un citron, par des questions, non pas auxquelles ils n’étaient pas préparés, mais pour les réponses qui n’étaient pas parfois logiques pour les techniciens, purs et durs, des finances qu’ils étaient. Mais «on a bien défendu notre dossier et on a même réussi à faire changer d’avis certains par la sincérité des réponses et inspiré assez de confiance», pour arriver à ce taux de 5,625 %, selon le communiqué du ministère des Finances.

  • Les 850 M étaient un choix et suffiraient, si …

Beaucoup d’observateurs et d’analystes se sont par ailleurs demandé pourquoi ne pas avoir pris plus et si la délégation tunisienne, n’avait pas, en fin de compte, échoué dans sa mission. «Nous avions un objectif maximal de 1 Milliard d’euros, selon le mandat qui nous avait été donné par l’ARP. Le montant était en fait un choix, parce que nous avions dû faire le ménage, dans les 206 offres représentant un montant de 1,6 Milliards euros, entre véritables investisseurs, les bonnes banques et les bons fonds d’investissements, pour ne pas tomber dans le spéculatif. Les conditions de certaines offres, comme en matière de taux d’intérêt, de coupon, de maturité et de taux spéculatifs, nous ont finalement fait faire le choix des 850 M pour une maturité de 7 ans, selon les termes du mandat qui nous a été donné par l’ARP et qui était d’une maturité entre 7 et 10 ans. Une plus courte maturité ne nous aurait pas été favorable et une maturité plus longue nous aurait coûté plus cher», a indiqué la ministre tunisienne des Finances à Africanmanager.

Pour la ministre Zribi, «le montant est au-delà des prévisions budgétaires pour l’apport des bailleurs de fonds étrangers et même en-dessous de nos besoins », assure-t-elle, affirmant ne jamais avoir parlé d’un montant d’un Milliard d’euros. Pour elle, «les 850 M devraient être suffisants, à condition de réussir nos discussions avec la BAD, la Banque Mondiale et le FMI dont les autres bailleurs de fonds attendent la réaction, qui devrait normalement arriver en mars prochain, pour se décider de leur côté».

  • A quand un roadshow local des vérités ?

Satisfaite du résultat de la mission, la ministre des Finances insiste pour dire que «le résultat du road-show reste quand même une marque confiance dans le risque Tunisie», dans sa résilience et sa capacité à rebondir. Elle n’en reste pas moins réaliste. «Nous l’avions constaté, l’appréciation externe du risque Tunisie, fait encore peur aux investisseurs, qui ne voient toujours pas les effets des réformes et des améliorations. Le grand hic pour les bailleurs de fonds, reste le déficit budgétaire et courant et l’avancement des réformes qui ont été finalement les deux grands points d’achoppement pour cette sortie sur le marché européen de la dette. Il nous faut nous remettre au travail et avancer plus vite dans les réformes, sinon la prochaine sortie sera encore plus difficile dans de telles conditions», indique-t-elle.

Il reste maintenant, au chef du gouvernement en personne, de faire sa part du travail, celle qui consiste à parler au peuple, à travers un roadshow de réunions populaires et non assis sur un fauteuil derrière les caméras, pour lui dire la gravité de la situation et l’appeler à reprendre le travail et à redoubler d’effort pour remettre son économie en marche et ne pas décevoir tous ceux qui attendent un avenir meilleur de la révolution !

 

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Nul doute que la Douane tunisienne a joué son rôle de sécurisation des frontières commerciales de la Tunisie et comme barrière contre la contrebande de toutes sortes et quelle que soit sa provenance. Au terme de l’exercice 2016, les recettes de la douane ont apporté plus de 4,854 Milliards DT dans les caisses de l’Etat, dont plus de 2,7 milliards DT dans le domaine de la TVA sur les importations et plus de 1,2 Milliards DT en taxes sur la consommation sur les importations. Les différents services et ses différentes représentations sur le territoire ont bien travaillé, puisque les recettes ont augmenté de 11,7 % par rapport à celles de l’année 2015.

L’année dernière, 2016 aussi, c’est un stock de devises étrangères d’une valeur de 5,539 MDT et un stock de devises locales d’une valeur de plus de 2,305 MDT qui ont été saisis et ont rejoint les réserves de la BCT ou la trésorerie publique. Cela, sans compter les 66,733 MDT en marchandises et véhicules utilisés par les contrebandiers, qui ont été saisis. Des marchandises, soit détruits pour celles périssables ou dangereuses, soit redistribuées à certains ministères ou entreprises publiques, après autorisation de la justice, comme pour le cas des véhicules et certains équipements. Les services de la douane auraient ainsi fait «don», autorisé, pour plus de 20 MDT au cours de l’année 2016.

Mais la douane n’a pas fait saisie que de marchandises, elle a aussi intercepté d’importantes quantités d’or et d’argent. En 2016, ce sont presque 46 kilos d’or divers, en lingots ou en bijoux dont certains avec moult pierres précieuses, qui ont été saisis. La valeur des saisies en or a dépassé les 2,633 DT. D’importantes quantités d’argent ont été aussi saisies. En 2016, ce sont plus de 5,8 kilos d’argent massif d’une valeur de 14.958 DT. Toutes les quantités d’or, saisies chaque année depuis 2011, sont consignées dans un coffre spécial de la Douane auprès de la Banque Centrale de Tunisie. Les quantités d’argent sont généralement consignées dans d’autres coffres, à l’abri, dans différents endroits tenus secrets.

C’est ainsi que les quantités d’or saisies depuis 2011 et consignées à la BCT dépassent désormais la tonne, ou plus exactement 1,212 tonne, soit en lingots ou en bijoux, dont moins de la moitié a fait l’objet de PV de conciliation et payé les contraventions y afférentes, sans pour autant que cela leur permette de reprendre les quantités d’or frauduleusement introduites. L’importation frauduleuse d’argent a été nettement plus importante. Depuis 2011 aussi, les quantités d’argent saisies dépassent les 3,4 tonnes (3.458 tonnes pour être exact).

Reste à savoir où vont toutes ces saisies et qu’en fait-on en Tunisie. Comme précisé plus haut, les devises étrangères vont gonfler les réserves tunisiennes à la BCT. L’argent liquide saisi va à la trésorerie de l’Etat. L’argent est pour l’instant conservé dans différents coffres. Un conseil ministériel devrait prochainement se réunir pour décider de la meilleure manière d’utiliser toutes ces quantités. Pour l’or, il pourrait être fondu en lingots qui rejoindraient les réserves nationales. Il s’ajouterait alors aux 6,779 tonnes d’or de la Nation (lingots et médailles commémoratives). Or, il se trouve qu’une bonne quantité de cet or saisi est sous forme de bijoux, parfois faits de mains de maîtres et ornés de pierres précieuses. Le concasser et le fondre pour en faire des lingots diminuerait fortement sa valeur dans une possible vente. Que décidera le gouvernement et communiquera-t-il à ce sujet ? On en doute !

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Les réserves en devises de la Tunisie n’en finissent pas de fondre comme neige au soleil. Déjà elles avaient bouclé l’année 2016 – à la date du 29 décembre – avec un net repli, 13.078 milliards de dinars, soit l’équivalent de 114 jours d’importation, d’après la Banque Centrale de Tunisie, très loin des 127 jours d’importation à la même période en 2015. Les chiffres de janvier 2017 laissent penser que la situation ne va pas s’améliorer cette année, au contraire…

Au terme du mois dernier, les avoirs nets en devises du pays ont chuté à 12,1 milliards de dinars contre 13,3 milliards à fin janvier 2016, ce qui nous ramène à 105 jours d’importation (contre 121 jours d’importation en janvier 2016).

Par contre petite embellie sur le ciel du tourisme, avec des revenus globaux qui se sont établis à 75,4 millions de dinars en janvier 2017, contre 72,5 millions en 2016

Par contre le service de la dette extérieure cumulée, comme on pouvait s’y attendre (ce qui explique aussi la forte érosion des devises), s’envole cette année à 180,5 millions de dinars contre 147,5 millions l’an dernier…

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« Le déficit budgétaire est en train d’évoluer à des niveaux importants. Il est  devenu,  aujourd’hui,  le  défi  le  plus  urgent  et  le  plus  difficile  que  la
Tunisie  devra  relever.  Les  recettes  fiscales  diminuent  et  les  dépenses  publiques surtout improductives augmentent. Les protestations contre la  collecte  des  taxes  additionnelles  et  les  difficultés  de  réduire  les  dépenses publiques obligent le gouvernement à s’endetter de plus en plus. Dans  ce  contexte  difficile,  le  nouveau  statut  de  la  Banque  Centrale  (2016) interdit les avances monétaires au gouvernement pour financer une partie du déficit budgétaire. En effet, selon l’article 25, la BCT interdit de fournir des facilités et des crédits au trésor public sans proposer une politique alternative ». C’est ce qu’a été indiqué dans le billet économique de l’intermédiaire en bourse, Mac Sa  intitulé : « Coordination entre la politique monétaire et la politique budgétaire : Pistes de réflexion ».

Toujours selon cette note de conjoncture, la BCT finance le déficit budgétaire indirectement en prêtant aux banques et en les «forçant» par la suite à acheter des bons du Trésor à  des  taux  relativement  élevés  comparés  aux  taux  des  prêts  étrangers. Cette pratique a engendré, selon l’étude, des effets pervers importants grevant davantage le déficit budgétaire, augmentant le service de dette intérieure et engendrant des sorties additionnelles de devises. Ces effets sont résumés comme suit :

Un accroissement du portefeuille titres des banques (privées- nationales et étrangères- et publiques) aux dépens des crédits à l’économie. Du coup, les banques se sont orientées vers l’activité de placement pour préserver  un  niveau  de  revenu  stable  et  moins  risqué.  En  2015,  les  encours de crédits des banques ont enregistré une hausse de seulement 4,8% par rapport à 2014, alors que les portefeuilles titres d’investissement et commercial ont connu une progression importante de l’ordre de 19,5%. La part du portefeuille  titres dans les crédits est passée de 17. 63% à 20.1%. Cette évolution a réduit le rôle d’intermédiation des banques et a créée une situation de rente.

Cela a aussi un effet sur l’augmentation  du  service de la dette intérieure.  Le  trésor vend les BTA à un  taux  entre  6  et  7%,  un  taux  considéré  très  élevé  estimé entre 2 à 3 fois plus élevé que celui de la Banque mondiale par exemple. Une estimation du coût annuel moyen de la dette intérieure payé par la Tunisie par rapport à l’encours de la dette intérieure, et une   réduction  des  ressources  allouées  à  l’investissement  privé  c’est-à-dire  un  effet  d’éviction  important. Les Bons du Trésor sont des titres émis par l’État tunisien  en  représentation  d’emprunts  dans  le  cadre  de  l’équilibre  budgétaire.  Ils  sont  négociables  auprès  de  l’ensemble  des  banques  intervenant  sur  le  marché  monétaire.  On  distingue  trois  types  de  bons  de  trésor:  Les  Bons  de  Trésor  à  Court  Terme  (BTCT). Les   Bons  de  Trésor  Assimilables  (BTA)  et  les  Bons  de  Trésor  à  Coupon  Zéro  (BTZC), sachant que les BTA constituent le principal instrument de la gestion de la dette publique utilisé. Lorsque les Bons de  Trésor  augmentent,  les  crédits  accordés  à  l’économie  et  l’investissement privé baissent.

Pour  limiter  les  conflits,  l’étude affirme qu’il est  important  d’assurer  la  coordination  entre le gestionnaire de la dette publique qui est le ministère des Finances qui est mandaté pour minimiser les coûts de financement du gouvernement et la BCT  qui assure l’objectif de stabilité des prix. La BCT devra réfléchir à développer une politique monétaire qui permet au  gouvernement  d’avoir  des  revenus  supplémentaires  à  moindre  coût  pour  financer  en  partie  le  déficit  budgétaire  et  pour  améliorer  son  efficacité.  Elle  doit  nécessairement  être  associée  étroitement  à  la gestion de la dette publique et à la politique budgétaire.

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Retour à la question des banques publiques. D’abord, pour se poser la question de savoir si elles sont ou non bénéficiaires et donc, de fait, en bonne santé financière ou déficitaires et perdent de l’argent, le leur, celui de l’Etat et celui des petits et grands actionnaires, publics et privés. Leurs états financiers annuels, confirmés par les commissaires aux comptes (CC) et la BCT, le confirment et ces banques, qui irritent le chef du gouvernement tunisien, paient des impôts et distribuent même des bénéfices, entre autres à l’Etat tunisien actionnaire. Le cas contraire, CC et BCT devraient aller en justice pour falsification de chiffres. Certaines, comme la BNA, n’avaient même pas besoin de l’argent public pour leur recapitalisation et l’avaient fait par leurs propres moyens.

Ensuite, poser la question de savoir si ces banques ont été bien gérées. La réponse est aussi par l’affirmative, puisque ces banques gagnaient jusqu’ici de l’argent et que les CC n’ont jamais fait de remarques sur la gestion de ces établissements, dont les différents dirigeants ont toujours eu les quitus de bonne gestion lors des différentes AG et durant de longues années.
Enfin, savoir si ces banques ont ou non joué leur rôle dans le financement de l’économie. La réponse est aussi par l’affirmative et les rapports annuels de la BCT l’ont chaque année confirmé, chiffres à l’appui. Elles l’ont d’ailleurs si bien joué, toutes seules, ou poussées par les différents gouvernements, qu’elles se sont enfoncées dans les crédits non performants, difficilement récupérables ou carrément carbonisés. Mais des crédits toujours correctement provisionnés, grâce justement aux bénéfices.

⦁ Qui n’a pas un jour fait une intervention dans ces banques, leur jette la pierre !

Des bénéfices faits, malgré les lourdes dettes d’entreprises comme l’Office de l’huile, l’office des céréales et autres entreprises publiques hautement déficitaires comme le dernier exemple de la société El Fouledh (145 MDT en 2015 et des dettes de 197,9 MDT). Il semble peu probable que les banques publiques aient continué, d’elles-mêmes, à injecter de l’argent dans une entreprise moribonde ! En 2014, trois grands Offices publics plombaient les finances de la seconde grande banque du pays, la BNA. Les banques publiques pouvaient-elles ne pas donner de l’argent à ce genre d’entreprises ? L’auraient-elles fait, si ce n’est la garantie de l’Etat qui n’a presque jamais remboursé ces crédits à ses banques ?
Où est donc le problème et pourquoi seraient-elles soudainement devenues «une partie du problème et non une partie de la solution face aux défis économiques», comme le disait samedi dernier Youssef Chahed ?

Le problème est d’abord dans la conception de l’Etat, qui plus est fortement endetté (plus de 63 % du PIB), en panne de ressources propres et en panne d’investissement et qui a besoin de faire de la politique, de la banque publique dans une conjoncture de forte demande de toutes parts.
Disons-le clairement alors. Pour un tel Etat, la banque est, d’abord, son bras financier. Dans son dernier discours, Youssef Chahed l’a bien dit ainsi. La banque, c’est aussi la caisse publique où le gouvernant devrait pouvoir puiser lorsqu’il le doit et où le politicien devrait pouvoir avoir ses interventions pour un crédit aux amis ou aux soutiens, lorsqu’il le veut. Une sorte de «Beit Mel Al Mousslimine» comme du temps des Califes, pour la faire plus courte.

Le client tunisien n’a jamais été en odeur de sainteté auprès des banques, et ces dernières sont loin d’être des saintes. Il faut pourtant leur rendre justice. Elles ont certainement donné de mauvais crédits et en ont refusé d’autres, mais beaucoup n’auraient rien fait sans ces crédits, et l’Etat non plus. Elles ont certainement endetté plus d’un, mais elles ont aussi créé plus d’un grand homme d’affaires. Où est donc la solution ?

⦁ Les banques, entre public et privé, ou la différence entre ciel et terre !

La solution est d’abord dans la restructuration. Or cette dernière a été entamée depuis 2015. La gouvernance a été changée, les DG ne sont plus nommés, mais choisis sur dossier. Les conseils d’administrations aussi. Dans sa dernière loi bancaire, la BCT a serré le vis et va jusqu’à décider qui peut être actionnaire et qui peut-être commissaire aux comptes. L’Etat a mis 1.857 MDT dans deux banques publiques pour renforcer leurs assises financières et compte bien contrôler l’utilisation de tout cet argent. La loi n° 2015-31 du 21 août 2015 le confirme en indiquant que ««le ministère chargé des finances doit obligatoirement présenter tous les six mois à l’Assemblée des représentants du peuple un rapport sur l’état d’avancement de la mise en œuvre du programme de restructuration des deux banques publiques concernées par l’article premier. Ce rapport est consigné dans un rapport spécial sur le portefeuille des créances classées et des provisions nécessaires à constituer pour les couvrir, établi par les deux commissaires aux comptes des deux banques mentionnées. La Banque centrale de Tunisie présente également tous les six mois un rapport sur les travaux de contrôle bancaire au sein des banques publiques pour le même but. Ce rapport contient un rapport spécial établi par les deux commissaires aux comptes de la Banque centrale sur l’activité de contrôle bancaire à la banque, comprenant obligatoirement et clairement leur opinion sur l’efficacité de ces modalités et son niveau de conformité avec les normes internationales en vigueur dans le domaine». Cinq députés, 3 représentants du ministère des Finances, 2 de la Cour des Comptes et 2 de la BCT sont chargés du suivi des réformes des banques publiques. Pourquoi n’ont-ils pas agi depuis plus d’une année pour confirmer ou infirmer les accusations de Youssef Chehed ? Ont-elles reçu les fameux rapports et n’ont rien dit ou les auraient enterrés ?

Encore faut-il, à côté de tout cela, que l’Etat actionnaire donne à ses banques les moyens de travailler comme les banques privées auxquelles il les compare. Les moyens de traiter ainsi les dossiers, tous les dossiers, sans complaisance, même et surtout vis-à-vis de l’Etat, selon le seul critère de la bancabilité de ses projets et les saines finances de ses entreprises. Les moyens de décider, sans revenir à la tutelle, administrative ou de fait. Les moyens juridiques, et en dehors de toute menace de poursuites judiciaires, comme pour le fameux article 96, de récupérer ses dettes avec célérité et sans entraves.

⦁ Vendre est contre la loi 37/2015 ?

Représentant de l’Etat, le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, a éludé toutes ces questions dans sa dernière attaque organisée contre les banques publiques, voudrait vendre ou tout au moins diminuer le nombre des banques publiques. Le peut-il légalement ? La réponse est non !
On ne sait pas qui a rédigé le discours du chef du gouvernement à propos des banques publiques et où il avait laissé entrevoir la possibilité de céder une ou plusieurs des trois principales banques publiques tunisiennes. On ne sait pas, non plus, si les conseillers qui ont rédigé ce discours ont bien lu le texte final de la loi N°37/2015 relatif au renforcement de la solidité financière de la Banque de l’Habitat et la Société Tunisienne de Banque.

On y lit notamment, que «nonobstant les dispositions de la loi n° 89-9 du 1er février 1989, relative aux participations et entreprises publiques et l’ensemble des textes qui l’ont modifiée ou complétée, les opérations de restructuration du capital de la Société Tunisienne de Banque et de la Banque de l’Habitat, seront désormais approuvées par loi en ce qui concerne le taux de participation de l’Etat dans leur capital».
Cela veut dire, essentiellement, une chose : Après avoir injecté 1000 MDT dans le capital de la STB et la BH, le gouvernement ne peut changer l’actuel actionnariat de ces banques, et donc vendre totalement ou partiellement, sauf accord écrit et voté de l’ARP. Pour contourner cette loi, il faudrait obligatoirement passer par l’ARP pour une autre loi. Le savait-il ? Le lui a-t-on dit ?

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Lors d’une rencontre avec de jeunes étudiants, samedi soir à Tunis, le chef du gouvernement tunisien a beaucoup parlé économie et même de finance, après avoir redit cette lapalissade que «la révolution n’a pas réalisé ses objectifs économiques». Il se trompe pourtant. En termes de résultats, la révolution, mais pas celle dont il parlait, en avait réalisé. Elle a en effet détruit toutes les réalisations engrangées par la Tunisie durant les 50 dernières années. L’autre révolution, celle dont parlait Chahed, n’a tout simplement, su ni pu, redresser la barre et remettre l’économie tunisienne en marche et sur le droit chemin.

Mais ce n’est pas le sujet, puisque le discours du samedi soir de Youssef Chahed devant des étudiants d’une Ecole préparatoire de Tunis, a été en grande partie consacré au secteur des banques publiques. Des institutions financières, imaginées fortes et concurrentielles devant un secteur privé qui les devance, mais voulues de fait comme caisses de l’Etat et son bras financier, comme l’a justement dit le chef du gouvernement tunisien dans son discours. Des caisses pour pouvoir faire la politique d’un Etat auquel tout le monde demande «le développement» et pour lequel personne, à l’intérieur, ne veut donner de l’argent (Taxes et impôts). Un Etat qui a certes changé la gouvernance de ces banques, mais juste en façade, car les conseils d’administration restent sous mainmise du ministère des Finances.

  • Chahed fait marche arrière.

Au cours de cette rencontre, où on a si rarement Chahed prendre prononcer le mot décision, le chef du gouvernement a d’abord défoncé une porte ouverte en parlant des difficultés des banques publiques. Il oubliait que l’ANC, comme l’ARP, l’ont longuement répété, jusqu’à pousser le budget de l’Etat à injecter 1.000 DT pour la recapitaliser de 2 de ces banques (STB et BH).

Or, la manière dont il a parlé suggère que ce plan de restructuration et de sauvetage aurait déjà capoté, du moins du point de vue de l’actuel gouvernement. C’est en tout cas ce qu’on est directement amené à penser, lorsque le chef du gouvernement affirme que «les banques publiques se sont révélées incapables de jouer leur rôle de bras financier de l’Etat» en matière de financement de l’économie.

Et Chahed d’ajouter que «les grandes difficultés financières qu’elles vivent les ont transformées, d’une partie de la solution pour faire face aux défis économiques, en une partie de la crise et nous avons déjà commencé à les restructurer pour qu’elles recommencent à jouer leurs rôles comme il faut et pour en faire une partie de la solution et non le contraire».

Jusqu’à ce discours de Youssef Chahed, les trois deux précédents étaient surtout dans une logique de continuité d’un État qui, par le volume d’argent public qu’il y a déjà injecté, aura déjà choisi de garder ces institutions dans le giron public. Ce ne semble plus être le cas. Chahed vient en effet d’annoncer, sans trop y mettre les formes, une nouvelle orientation dans la politique financière, celle de se débarrasser des banques publiques, tout au moins d’en diminuer sérieusement le nombre.

Chahed commencé par poser une question, jamais soulevée auparavant par un premier ministre ou un chef de gouvernement tunisien. «Il faut se poser franchement la question. Est-il nécessaire d’avoir trois banques publiques (En fait 4 si on n’oublie pas la BFPME où les actionnaires sont l’Etat, Tunisie Télécom, l’OACA, le Groupe Chimique et la Sotugar) qui souffrent toutes et se noient dans les difficultés financières ? Ou est-ce que la solution ne serait pas une seule grande banque publique qui doit être financièrement assez puissante pour concurrencer le secteur privé et capable de jouer le rôle voulu de financement des secteurs d’activité délaissés par le secteur privé ?», a-t-il dit. La question n’est pas nouvelle, mais date du temps de Taoufik Baccar lorsqu’il était à la tête de la BCT. Sauf que cette question a été tranchée par l’Audit de 2013 qui avait décidé que «les trois banques publiques (STB, BNA et BH) resteraient étatiques et leur gouvernance serait privée». Ce scénario avait été révélé par «Tunisie Valeurs», dans une note publiée dans sa revue d’octobre 2015. [Ndlr : TV dont faisait partie l’actuel ministre du Développement Fadhel Abdelkefi, présent samedi soir avec Youssef Chahed]. Le discours de Chahed, serait ainsi un retour en arrière !

  • Chahed très mécontent des banques publiques.

On comprend donc aisément que le chef du gouvernement tunisien ne veuille plus des banques publiques, car mécontent de leur participation au financement de l’économie. Mais selon nos informations, il serait plutôt mécontent du fait qu’elles n’obéissent plus aux instructions de la tutelle en matière de demandes de financement des entreprises publiques en difficultés financières et de certains offices largement endettés. Ces mêmes banques publiques qui subissent l’ire du chef du gouvernement, deviennent en effet, depuis leur recapitalisation et le changement de leurs gouvernances, plus soucieuses de la bancabilité des projets. Cela ne semble plus plaire au 3ème chef de gouvernement de la seconde République. Une réunion devrait d’ailleurs se tenir, la semaine prochaine à La Kasbah, avec une banque publique qui avait refusé d’injecter plus d’argent dans une société publique agricole, largement déficitaire et plombée par le fisc et la CNSS, sans compter ses énormes retards de paiement du loyer et sans aucune rentabilité.

Des banques, accusées, mais toujours phagocytées par le public qui ne leur laisse pas les coudées franches en matière d’investissement, comme dernièrement pour la STB que le ministère des Finances aurait finalement empêché d’acquérir un bloc d’actions de la SFBT pour 50 MDT. Des banques encore incapables de gérer le lourd fardeau des impayées, car toujours maintenues sous la menace d’un article de loi qui criminalise toute tentative de trouver une autre solution que le paiement, immédiat et entier de la dette, ce que des entreprises comme celles du secteur hôtelier ne peuvent pas faire à cause de la conjoncture.

  • La privatisation en option cachée.

L’une des options pourrait donc être donc de les fusionner. Or, l’expérience de la STB-BNDT-BD ET a déjà démontré l’impact et le résultat d’une telle expérience et son coût. Cette option pourrait de plus être contraire aux engagements de la Tunisie avec ceux qui avaient en partie financé la recapitalisation.

Ce qui semble être le plus probable, c’est de vendre deux des quatre banques publiques. Dans ce cas, il faudra d’abord assainir les situations financières des banques à vendre. Le poids des dettes touristiques pour la STB ou celui des dettes agricoles et d’autres entreprises publiques comme les offices de l’huile ou des céréales, est si Lourd qu’il pourrait pousser l’État à vendre passif pour actif et n’y gagnera que des prunes.

Il semble pourtant admis, par le gouvernement Chahed, selon nos sources, de sortir du capital (pour ne pas utiliser le mot vendre qui fâcherait notamment l’UGTT) de deux des banques publiques dans un premier temps. Les fonds pourraient servir à renforcer la BFPME qui pourrait devenir le bras financier de l’Etat dans les régions où l’appui de l’Etat est fortement demandé et tout aussi fortement critiqué. A terme aussi, et si la pilule passait auprès de l’UGTT, même la 3ème pourrait être, entièrement ou partiellement, privatisée.

  • Bonne position sur les participations bancaires.

Le chef du gouvernement évoque ensuite, sans les nommer, le cas des banques mixtes ou anciennes banques de développement. « Il n’est plus possible que l’État continue d’avoir des participations dans plusieurs banques. En plus des 3 publiques, l’État est actionnaire dans d’autres petites banques qui ne peuvent, ni être rentables, ni même lui permettre de gérer ces banques. Nous avons donc décidé de revoir ces participations ». Ainsi tranche Youssef Chahed. La décision n’est pas nouvelle. Elle date de l’ancien régime, mais n’a jamais pu être concrétisée. Celles qui restent dont essentiellement la banque Stusid, la BTS et la BTEI et la dernière semble être la plus facile à vendre, l’offre des Emiratis étant déjà disponible sans qu’on en connaisse le prix. Il restera alors d’éviter l’erreur commise à la vente de la TQB aux Qataris de la QNB, en lui permettant de ne payer que le minimum d’impôt alors que la maison-mère est largement bénéficiaire. L’Etat serait ainsi doublement bénéficiaire. D’abord en se débarrassant des bras cassés et en récupérant ses billes, ensuite en rétablissant la justice fiscale dans les rangs des banques.

 

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La Banque Mondiale (BM) vient de prédire un taux de croissance de 3% en 2017 pour la Tunisie. Prévision qui intervient juste après l’annonce de 1,5% de croissance pour 2016. Prévision aussi qui ravira certainement Youssef Chahed et son GUN (Gouvernement d’Union Nationale). Et s’il le croit, il aura à notre sens tiré trop vite et ferait mieux de rengainer et comparer les prévisions d’une institution dont les chiffres annoncés en début d’année en matière de croissance n’ont presque jamais été conformes à la dure réalité de la Tunisie qu’il dirige.

Il devrait d’abord, ainsi que ses conseillers économiques et financiers, savoir quels seront les moteurs de la croissance capables de la tirer, s’il y en a, vers le haut. Ces «Growth Drivers» pour la Tunisie, comme diraient ces experts dont nous ne sommes pas, c’est d’abord l’exportation. Or, la balance commerciale a terminé l’exercice 2015 avec un déficit inquiétant dépassant toutes les limites. Cela fragilise le secteur extérieur qui était jusque-là l’apanage de la Tunisie, surtout si l’importation n’est pas productive, mais de consommation.
A tout cela il faudra ajouter que pour 2017, l’exportation, dont grande partie est agricole, dépendra de facteurs exogènes comme la météorologie et souffre de quantité, de compétitivité et des conditions de livraison. Il y a aussi la productivité qui participe à 1,5 – 2 % dans la croissance, laquelle productivité est en sérieuse panne depuis 2011, pour ne pas dire qu’elle a disparu.

L’autre «Diver» de croissance est le tourisme, qui participe à 6 ou 7 % dans la croissance. Cela sans oublier le reste des secteurs et leurs 400 mille personnes qu’ils font vivre autour d’eux. Le tourisme et dérivés peinent cependant toujours à se relever pour carburer à une vitesse capable de contribuer aux 3% de croissance que prévoit la BM. A cela il faut ajouter la panne du secteur minier et des énergies et le secteur de l’économie numérique, qui n’a pas encore répondu aux investissements faits.
Certes les IME et le textile résistent à la crise et font de bons taux de croissance. Or, pour réaliser de la croissance, au taux annoncé par la BM, il faudra que tous ces moteurs fonctionnent, tous et en même temps, ce qui n’a jusqu’ici pas été le cas. On peut certes faire de la croissance artificielle, notamment par la consommation, de 3% ou même plus. Elle sera cependant une croissance amorphe et artificielle non créatrice d’emplois.

Sollicité par Africanmanager pour un commentaire sur le chiffre des 3% de la BM, le Gouverneur de la BCT, Chedli Ayari, affirme que «il est techniquement impossible, maintenant, de prédire ce que sera 2017, même pour la Banque Mondiale avec tout son appareil de statisticiens, d’analystes et de prévisionnistes. Il faut au moins attendre que le 1er trimestre, qui est très indicatif en matière de croissance, se termine. On n’aura donc les chiffres de ce premier trimestre que vers la mi-mai 2017. Tout le reste, c’est de la spéculation et des extrapolations qui sont, certes scientifiquement menées, mais gratuites».
Et le gouverneur de la BCT de nous indiquer que «en admettant que tous ces moteurs de croissance se remettent à fonctionner tous ensemble, sans rupture, ni sociale ni économique, le saut de croissance qu’on pourrait faire, en tout cas en 2017 car en 2018 il pourrait y avoir des reprises intéressantes, ne sera pas énorme et moi je doute des 3%. En tout cas je n’ai rien qui me permette de parler de 3% de croissance pour 2017 et je crois que la BM ne pourra pas me fournir des preuves pour cela».

Dans son «rapport de suivi de la situation économique» fait à l’automne 2016, la Banque Mondiale affirmais que «l’économie [Ndlr : tunisienne] devrait connaître une croissance modeste de 2,0 % en 2016 grâce à une hausse de la consommation publique (de 10,1 %) suite à la négociation d’augmentations de salaires et à l’investissement (en hausse de 4,5 %). A moyen terme, la croissance économique devrait progresser, respectivement, à 3,0 et 3,7 % en 2017 et 2018 dans un scénario qui associerait une accélération des réformes structurelles, une amélioration de la sécurité au niveau national et régional (dont un début de normalisation en Libye notamment), une plus grande stabilité sociale et une augmentation modérée de la demande extérieure». Rien de tout cela ne s’est réalisé, à commencer par la croissance de 2%, qui n’a été qu’à peine de 1,5 % et sans création d’emplois.

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L’économie tunisienne est en crise. Cela est un fait irréfutable. Notes de la BCT (Banque Centrale de Tunisie) et rapports du FMI (Fonds Monétaire International), ne font d’ailleurs que confirmer le mauvais état de l’économie tunisienne, malgré sa résilience. Une crise, surtout par rapport aux attentes des Tunisiens, des attentes qui se sont déchaînées depuis 2011. Depuis, et avec les alertes discontinues des experts quant aux dérapages de cette situation économique entraînée par les dérives sociales des grèves, des sit-in et des arrêts de travails, les Tunisiens sont devenus de plus en plus conscients de cette crise.

L’évolution comparée des principaux indicateurs économiques de la Tunisie avec d’autres pays à économies et conjoncture comparables, auraient pourtant tendance à démontrer que la Tunisie est loin d’être le cancre de la région et qu’il n’y aurait presque pas lieu de s’auto-flageller. La Tunisie s’en sort, peut-être mieux que d’autres pays de la région, arabe et méditerranéenne. Mais il reste vrai que la Tunisie n’agit pas mieux dans la crise et ne la gère pas assez bien, tant les opportunités ratées ont été si nombreuses, au moins pour conforter sa résilience, sinon pour s’en sortir.

En effet, le Benchmark avec des pays voisins, comme l’Algérie ou le Maroc, un pays qui a connu les mêmes bouleversements politiques, économiques et sociaux que la Tunisie, comme l’Egypte même si l’économie est différente, ou encore avec un pays comme la Turquie qui pâtit de la même conjoncture internationale de terrorisme, démontre que la Tunisie est loin d’être le plus mauvais élève de la classe.

En matière d’endettement public, indicateur qui fait sursauter toute la sphère économique et politique, par exemple, la Tunisie fait mieux que le Maroc et la Turquie, malgré leur meilleure santé financière, mieux que l’Algérie, l’Egypte et la Turquie en matière d’inflation, mieux que l’Algérie en matière de déficit courant. Mieux aussi, au regard du peu de ses ressources et des IDE qui y affluent, que tous ces pays. Mieux encore, en matière de dévaluation de sa monnaie, par rapport à l’Egypte pour laquelle le soutien occidental est nettement plus concret et important ou la Turquie membre de l’OTAN qui s’apprête à entrer dans l’Union Européenne.

Voici par ailleurs et dans le même esprit de Benchmark, un résumé des dernières mesures réglementaires et actions et de politique économique, pour ces pays, somme toute, concurrents et qui donne une idée sur la manière de chacun d’entre eux pour gérer la crise :

  • Algérie : réduction de la masse salariale de la fonction publique

La Loi de finances 2017 comprend plusieurs mesures portant sur :

– une exonération des droits de douanes et de la TVA, pour une période de cinq ans, sur les matières premières destinées à certains secteurs comme les IME.

– une hausse de plusieurs taxes, impôts et droits de timbre pour compenser partiellement la chute des recettes fiscales pétrolières budgétisées.

– un rééchelonnement de la dette fiscale des entreprises en difficulté.

– la rationalisation des dépenses des caisses de sécurité sociale et l’amélioration de la collecte des cotisations par l’encouragement des nouvelles affiliations.

– renforcement du contrôle des transferts en devises des entreprises étrangères.

La Loi de finances 2017 prévoit la réduction de la masse salariale de la fonction publique, à travers le non remplacement des départs à la retraite, et ce dans le cadre de la poursuite du gel de recrutement dans l’administration, à l’exception des secteurs de la santé et de la justice. Ces mesures en matière de recrutement dans la fonction publique ont démarré à la fin de l’année 2015. Le document ministériel portant sur le nouveau modèle de croissance (2016-2019) repose sur une « réduction sensible » du déficit du Trésor à l’horizon 2019 et notamment la maitrise de la masse salariale.

  • Maroc : Exonération de la TVA pendant 36 mois pour les entreprises créant de nouveaux projets

Le Maroc poursuit un programme de   réformes portant notamment sur :

-Le démantèlement progressif des aides financières sur les carburants et la libéralisation des prix à partir de décembre 2015.

– La poursuite de la libéralisation des services publics depuis 2012 (open sky, démonopolisation des Télécoms, de l’exploitation portuaire, du raffinage du pétrole, de la production électrique…).

– Promotion des PME, de l’auto-entreprenariat en particulier des jeunes diplômés (innovation et transfert de compétences à partir de l’étranger).

– depuis 2013, l’Etat a entamé un programme de renforcement de l’attractivité des IDE (conventions d’Investissements, assouplissement du régime de change et des procédures de dédouanement…).

La Loi de finances 2017 comprend des mesures en faveur des entreprises :

– l’exonération de l’impôt sur les sociétés durant cinq ans pour les entreprises industrielles nouvellement créées, l’amélioration et le soutien de l’intégration industrielle dans les zones franches et dans l’ensemble du territoire national.

– l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée pendant 36 mois pour les entreprises créant de nouveaux projets dans le cadre des accords d’investissement avec un montant dépassant 100 millions de dirhams.

– mesures fiscales pour promouvoir l’emploi des jeunes diplômés et la création et l’accompagnement des start-up.

  • Turquie : 68 milliards d’euros pour relancer le secteur privé

Face à l’intensification de la crise que connaît le pays, le gouvernement a mis en place certaines mesures telles que :

Relèvement du taux directeur de la Banque centrale turque de 50 points de base, en novembre 2016, pour tenter de calmer les inquiétudes inhérentes à l’érosion de la livre.

Annonce, en décembre 2016, de l’ouverture d’une ligne de crédit de 250 milliards de livres turques (68 milliards d’euros) pour relancer le secteur privé, touché de plein fouet par la crise.

  • Egypte : 12 Milliards du FMI pour redresser l’économie

Depuis novembre 2016, l’Egypte a conclu un accord avec le FMI d’un montant de 12 milliards de dollars portant sur un plan de redressement économique sur 3 ans.

Libéralisation du taux de change : Le 3 novembre, l’Egypte a décidé de laisser flotter sa monnaie et, depuis, le taux fixé auparavant à 8,8 livres pour un dollar est passé à 18 livres actuellement.

Meilleur ciblage des subventions : abandonner les subventions universelles au profit de programmes de transferts ciblés.

Accord en décembre 2016, avec la Chine portant sur l’échange de devises respectives d’une valeur de 18 milliards de yuans, environ 2,6 milliards de dollars, valable pour une période de 3 ans.

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Malgré une stabilisation face aux principales devises qui a duré près de 4 jours, le dinar tunisien a reculé e nouveau, enregistrant ainsi une nouvelle baisse par rapport aux devises étrangères. L’euro est passé de 2.4650 dt à 2.4700 dt, alors que le dollar américain s’est échangé à 2.3380 dt contre 2.3350 dt le lundi, 11 janvier 2017. Les raisons de la baisse du dinar par rapport aux monnaies étrangères sont multiples et cette dégringolade pourra  facilement accentuer l’inflation,  réduire les réserves en devises du pays et alourdir la charge budgétaire destinée  au remboursement de la dette publique. La crise économique, la rareté des ressources financières du pays, l’endettement extérieur, la baisse de la productivité, la hausse de la masse salariale dans la fonction publique, l’accentuation du déficit budgétaire et la chute des entrées du secteur touristique et des mines ainsi que la détérioration du climat des affaires sont les principales causes derrière la dépréciation du dinar.

« La chute du dinar se poursuit inexorablement. Et c’est normal. Cette chute s’explique par deux phénomènes au moins: la situation, déjà difficile, de l’économie et des finances publiques tunisiennes s’aggrave. Tous les indicateurs se détériorent. Le Dinar n’est qu’un miroir qui reflète la situation économique et financière du pays. » c’est ce qu’a écrit Ezzedine Saidane dans un statut posté ce mercredi 11 janvier 2017 sur sa page Facebook officielle.

Cela s’explique également par le fait que la Banque Centrale n’a plus, ou presque, les moyens d’intervenir pour réguler, en essayant de lisser, le taux de change du Dinar. Chaque intervention coûte en effet cher à la BCT, et donc à la Tunisie, en termes de réserves de change et de pertes de change. Les réserves de change qui baissent sans cesse sont souvent alimentées par des emprunts extérieurs.

En fuise de  solutions, Saidane a appelé à redresser l’économie et les finances publiques pour redresser le Dinar. « Il n’ y pas d’autres solutions.
Si l’on n’arrive pas à redresser rapidement notre économie, la BCT pourrait se trouver dans l’obligation de laisser flotter le Dinar et ce serait dommage. Il suffit de voir ce qui s’était passé en Égypte il y a juste quelques semaines pour comprendre l’ampleur des dégâts que cela peut causer », a alerté Ezzedine Saidane.

Pour rappel, l’Egypte a décidé, durant le mois de novembre de l’année 2016, de laisser flotter sa devise pour répondre à la crise monétaire aiguë qui affecte son économie et menace de relancer l’instabilité politique, plus de cinq ans après la révolution de 2011. Cette décision devrait provoquer de fait une forte baisse, de près de 50%, de la valeur de la livre égyptienne face au dollar.

Dans sa dernière note portant sur la conjoncture économique (novembre),  la Banque centrale de Tunisie (BCT) a par ailleurs relevé la persistance des pressions sur les réserves en devises qui pèsent  sur  le  taux  de  change du  dinar  vis-à-vis  des  principales  devises.
Sur  le marché  interbancaire,  et  depuis fin  décembre 2015,  le  dinar s’est déprécié de 9,4%  vis-à-vis du  dollar américain et  de 10,5% vis-à-vis  de l’euro. Les  tensions  sur  la  liquidité  bancaire,  observées au  cours  de  la période  (juillet  2016-septembre 2016) se   sont   quelque   peu   desserrées en octobre  2016, à  la  faveur  de l’atténuation  de l’effet  restrictif  des  Billets  et  Monnaie  en Circulation  (BMC). Cette situation s’est traduite par une   baisse des   opérations   de   politique monétaire  de la Banque  centrale à 7.184 MDT, en  moyenne, contre  7.404 MDT en  septembre dernier.

La BCT a noté que la  réduction  de  la  part  de l’intervention de la Banque centrale sous forme d’appels d’offres a  engendré un recours accru des  banques à la  facilité  permanente  de  prêt  à 24H (avec  un  taux  de  4,5%), ce  qui a exercé des pressions à la hausse sur le taux du marché monétaire (TMM).  Ce  dernier s’est  établi,  en octobre  2016, à 4,33% contre  4,26%  un  mois auparavant.

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La Banque centrale de Tunisie (BCT) vient d’éditer un document où elle énumère les 100 nouvelles mesures qu’apportera la nouvelle loi bancaire, qui est entrée en vigueur depuis le début de janvier 2017.
Et on y apprend un certain nombre de choses, tant pour les banques elles-mêmes que pour le client dans ses relations avec son banquier.
La centaine de mesures, annoncées par la BCT, ne nous semble pourtant pas toutes bonnes. A certains égards, certaines d’entre elles ressemblent plus à un resserrement de la mainmise de l’institut d’émission sur les banques, publiques comme privées. Un coup de vis qui enlèverait presque tout pouvoir aux Assemblées Générales. Des AG dont les décisions, à moins d’être contraires aux lois du pays, sont censées faire la loi et être au-dessus de toute autre autorité. Des AG que certaines mesures de la BCT infantilisent pourtant.

Parmi les mesures, on trouve la «consécration du principe de non cumul entre la fonction de DG, de DGA ou de membre du directoire d’une banque ou d’un établissement financier avec ces mêmes fonctions dans une autre banque, dans un autre établissement financier, dans une entreprise d’assurance, dans une entreprise d’intermédiation en bourse, dans une société de gestion de portefeuille de valeurs mobilières ou dans une société d’investissement». Le délai maximal de conformité pour les banques est Janvier 2017.

⦁ Balayer, d’bord, devant sa porte.      

On retrouve aussi la «consécration du principe de non cumul de la fonction de membre du conseil d’administration ou du conseil de surveillance dans deux banques ou dans deux établissements financiers de même catégorie», avec le mois de Janvier 2017 comme délai maximal de conformité. Même délai pour l’«obligation pour le directeur général, le directeur général adjoint et les membres du directoire d’une banque ou d’un établissement financier de ne pas exercer parallèlement la fonction de dirigeant d’une entreprise économique».
Tout cela est bon, même si on ne sait pas si cela s’applique à la «mère de toutes les banques» : La BCT, dans le conseil d’administration de laquelle on retrouve au moins deux DG d’entreprises privées (Selma Bellagha, DG d’APP et Sadok Attia, patron d’Assray Bank en Libye). Une BCT encore actionnaire et administrateur de la TFBank (cas nous semble-t-il unique dans les annales) et dont les cadres sont encore administrateurs dans des compagnies d’assurances et autres sociétés (exemple de la Star…). Des exemples qui relèvent, à notre sens, du conflit d’intérêt et constituent potentiellement un engagement de responsabilité du régulateur dans la gestion des entités où il est représenté et qu’il est censé contrôlé.

⦁ A quoi sert l’AG ? On se le demande !

Mais là où cela devient de l’infantilisation des AG et des CA des banques, c’est lorsque la BCT décrète
une «obligation d’informer la BCT de toute désignation de dirigeants et de membres de conseils avec possibilité donnée à la BCT de s’opposer dans un délai d’un mois à toute désignation pourvu qu’elle motive sa décision». La BCT connaitrait-elle mieux les intérêts et la responsabilité des banques que ses propres actionnaires et dirigeants comptables de leurs décisions et de leurs résultats devant la seule assemblée souveraine ? Le processus de choix des administrateurs pour les banques publiques a démontré toutes les limites de ces approches directives. Ceux qui ont été choisis sur appel à candidature ne sont pas forcément les meilleurs ni les plus appropriés au contexte de crise que vivent ces entités. C’est le résultat dès qu’on enlève une prérogative essentielle de choix responsable aux organes de gestion de la société.

La BCT fait aussi «obligation pour les banques et les établissements financiers de recueillir l’avis de la BCT sur la désignation d’un ou des commissaire(s) aux comptes et ce, un mois en moins avant l’assemblée générale qui approuvera leur désignation. La BCT peut s’opposer à une telle nomination par une décision motivée avant l’expiration du délai d’un mois». La mesure ne dit pas si la BCT sera elle aussi au moins obligée de justifier son refus, pour les Commissaires aux comptes (CC), de telle ou telle personne et sur quels critères. Probité ? Professionnalisme ? Pourquoi le régulateur engage-t-il sa responsabilité dans une décision qui ne doit relever que de la responsabilité des actionnaires sur proposition du comité permanent d’audit ?
C’est à se demander, pour tous ceux qui sont des actionnaires, grands ou petits, s’ils servent à quelque chose et si les cadres de la BCT n’auront pas ainsi usurpé leur pouvoir. C’est en tout cas une vraie mainmise sur les structures de direction même des banques tunisiennes et sur les entreprises qui se chargeront de l’audit financier des banques. On se demande aussi s’il n’y a pas risque d’apparition de listes noires, tant en dirigeants qu’en commissaires aux comptes et s’il n’y a pas aussi risque de copinage ou de pression pour imposer ou interdire telle ou telle personne ? La BCT est une administration, humaine. Y a-t-elle pensé ? Ce faisant la BCT, malheureusement, prête le flanc à ce genre de questionnement.

–          Rationalisation des salaires des dirigeants… ça, c’est bon !

Il n’y a cependant rien à dire sur la «possibilité donnée à la BCT de charger une fois par an, un ou plusieurs commissaire(s) aux comptes pour effectuer, aux frais de la banque ou de l’établissement financier, toute mission supplémentaire rentrant dans le cadre des missions d’audit externe». Il est vrai que pour certaines, les CC n’avaient pas toujours bien fait leur travail. Mais il existe aussi des cas où c’est la BCT elle-même qui a refusé d’entendre les CC, lorsque certains d’entre eux ont contrarié certaines banques et même certaines structures de la BCT.

Bonne initiative à saluer aussi, à notre avis, que cette mesure prise par la BCT d’un «adossement de la politique de rémunération des dirigeants des banques et des établissements financiers aux indicateurs de solidité, de solvabilité et de rentabilité». Force est ici de faire noter que certaines rémunérations dans le secteur bancaire frisent l’indécence, soit par le haut ou par le bas et n’ont en tout cas aucun lien organique avec les performances de leurs banques.

–          Alléluia ! On s’occupe enfin du client, mais pas assez !

Là aussi où les dernières mesures de la BCT font du bien où elles passent, c’est lorsqu’elles s’occupent enfin de la protection du client, comme par la «consécration de l’obligation pour les banques d’offrir des services bancaires de base». Mais aussi, la «soumission, à une convention écrite entre la banque et son client, de la gestion des comptes de dépôt des personnes physiques et morales pour des besoins non professionnels comportant les conditions générales d’ouverture, de fonctionnement et de clôture du compte et les conditions particulières relatives aux produits, services et moyens de paiement auxquels le compte donne lieu ainsi que la liste et le montant des commissions applicables». La BCT fait aussi «obligation pour les banques et les établissements financiers d’informer préalablement la BCT de la commercialisation de tout produit ou service financier ou de l’institution de toute nouvelle commission».
Mais ce n’est pas, à notre sens, assez, tant est déséquilibrée la relation banquier/client. Les dépôts de ce dernier constituent en effet la grande partie des moyens financiers de la banque. Ces dépôts ne sont cependant en aucun cas rémunérés. Pourquoi, aussi, ne pas faire respecter l’affichage et l’information sur les conditions de banque ? Pourquoi ne pas obliger les banques à informer, périodiquement et par écrit, leurs clients sur les taux d’intérêt et toutes les commissions ponctionnées sur leurs comptes ? Pourquoi ne pas rationnaliser les taux d’intérêts, qui ne cessent d’augmenter alors que la BCT connait très bien les pratiques des banques en matière de répercussion de l’escalade de ces taux en temps de course effrénée à l’achat de l’argent ?

–          Là où ça ne sert à presque rien !

Dans les 100 mesures de la BCT, qui ne nous semblent pas toutes bonnes, on retrouve aussi cette «extension du périmètre d’intervention des banques d’affaires en leur permettant d’accorder, sur leurs fonds propres, des financements spécifiques aux entreprises pour en faire une véritable courroie de transmission entre le marché bancaire et le marché financier».
Elles sont essentiellement deux les banques d’affaires en Tunisie, la BAT (Banque d’affaires de Tunisie) que dirige Habib Karaouli, et qui s’impose comme le leader par excellence du secteur, et l’IMBank (International Maghreb Merchant Bank), que dirige Ahmed Besbes et qui a été un moment mise à la vente sans résultat. C’est dire la difficulté de l’exercice et le peu de candidats à cette activité.
Désormais donc ces institutions financières, jusque-là cantonnées dans les études et l’assistance, pourront donner des crédits, non au large public, mais pour les entreprises. La condition de cet octroi, telle que rapporté dans le document de la BCT, est d’être sur les fonds propres de la banque. Or, ces institutions financières étant généralement d’un capital qui ne dépasse pas les 3 MDT, contre un minimum de 50 MDT pour le reste des banques (était-il d’ailleurs nécessaire de fixer un plancher et laisser l’appréciation à la commission d’attribution de fixer les fonds propres requis en fonction du business plan présenté ?), on ne sait pas s’il leur sera possible de le faire, même si le capital minimal a été porté à 10 MDT.
Et quand bien même pourraient-elles trouver des ressources sur le marché, le coût de ces financements ne devrait pas être attractif par rapport aux autres banques. Des banques dont certaines ont déjà intégré le pôle banque d’affaires et cassent les prix, dans un marché volatile, asymétrique et non normé, où les banques d’affaires sont concurrencées, non seulement par les banques universelles qui en sont parfois actionnaires (exemple de la BAT qui a dans son tour de table Quatre banques de la place), mais aussi par les experts comptables, les bureaux d’études et autres intermédiaires boursiers. Une nouveauté donc, celle de la BCT, qui n’apporte rien… ou presque !

L’autre nouveauté, c’est la «possibilité donnée aux banques et aux établissements financiers conventionnels de s’adonner aux opérations bancaires islamiques sur la base d’une autorisation préalable de la Banque Centrale de Tunisie (BCT)». Il était prévu que cela se fasse sous forme de banques spécialisées, cela ne sera pas possible, sauf sous la forme de guichets, au sein des banques universelles, spécialisées dans la finance islamique. Cela obligera au moins ces banques à tenir deux comptabilités distinctes et ça ne se fera pas sans frais.
En conclusion, il est bon de rappeler que la BCT est l’autorité de régulation et au passage une autorité de contrôle et qu’elle gère un secteur où la liberté est le principe et l’autorité l’exception. Or, ce qu’on retient des mesures citées en exemples, c’est plus ce penchant malsain à traiter les banques en filiales de la BCT et non comme des entreprises commerciales capables de s’autogérer et de prendre de bonnes décisions. Ce penchant aussi d’infantiliser les actionnaires et les AG de ces entreprises. La règle ne devrait-elle pas toujours être « Confiance a priori, contrôle a posteriori » ? On n’a pas inventé mieux.

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Il y a quelques jours, la BCT (Banque Centrale de Tunisie), a rendu publique une étude sur l’évolution des Billets et Monnaies en Circulation en Tunisie, y donnant des informations qui font état de retrait d’argent dans les établissements financiers. La BCT ne le dit pas dans ce document, mais l’indicateur est plutôt signe de perte de confiance du citoyen dans le système financier en Tunisie.

Précisons à ce stade que les BMC (billets et monnaies en circulation) représentent tout l’argent, en billets ou en monnaie, détenus par les ménages pour assurer leurs dépenses courantes mais aussi pour des motifs de précaution.

Selon la BCT, au cours du mois d’août 2016, les billets et monnaies en circulation (BMC) ont franchi le seuil de 10 Milliards DT, passant  de 9,190 Milliards DT à 10,092 Milliards DT entre fin mai et fin août, période qui couvre la saison estivale, le mois de ramadan et l’Aïd el Fitr (mois de juin et juillet). La circulation fiduciaire a poursuivi son accroissement jusqu’à la fête de l’Aïd El Idha pour se situer à 10,392 Milliards DT, le 9 septembre 2016, soit son niveau le plus élevé enregistré jusqu’à maintenant.

  • Les explications de la BCT

Une analyse approfondie de l’évolution des BMC, en termes de moyennes annuelles pour la période 2000-2016, montre qu’elle peut être décomposée en trois phases :

– La première période (2000-2005), au cours de laquelle les BMC ont enregistré une variation moyenne annuelle de 229 MDT, soit un taux d’accroissement moyen de 9,5%.

– La deuxième période (2006-2010), pendant laquelle la moyenne des variations annuelles de la circulation fiduciaire a progressé par rapport à la période précédente de presque 200 MDT pour atteindre 442 MDT, soit un taux d’accroissement moyen de 10,9%.

– Et la troisième période (2011-2016), au cours de laquelle la moyenne des variations des BMC a continué son accroissement annuel moyen de l’ordre de 200 MDT pour s’établir à 645 MDT, soit un taux d’accroissement moyen de 9,6%.

Toutefois, il convient de noter que le comportement des BMC a connu deux variations exceptionnelles. La première en 2011 lorsque les BMC en moyenne ont enregistré une croissance très importante de 1.231 MDT, soit une hausse de 22,4% par rapport à 2010, suite aux retombées de la révolution et l’environnement d’instabilité et d’incertitude qui ont caractérisé la période post-révolution, et la seconde, en 2013, marquée par une baisse de 253 MDT, reflétant une diminution de 3,4% par rapport à 2012, suite à la décision de la BCT de changer certaines coupures de billets de banque.

  • Le Tunisien adore le Cash

Pour mieux analyser l’évolution de la circulation fiduciaire et le comportement des agents économiques vis-à-vis du cash en Tunisie, ce ratio a sensiblement évolué, passant d’une moyenne de 8,8% ou 8,2% sur la période 2005-2010 à 10,4% ou 10,1% après 2011, alors qu’il était de 8% ou 7,7% pendant la période 2000-2004. Cela signifie que la circulation fiduciaire est en train d’augmenter plus vite que le PIB nominal, reflétant probablement un changement du comportement des agents économiques et traduisant une préférence nette pour l’utilisation du cash.

En effet, l’utilisation du cash comme moyen de paiement privilégié pourrait être la résultante, d’un côté, de l’expansion du secteur informel et de l’évasion fiscale, et d’un autre côté, du retard accusé dans le développement des moyens de paiement modernes vu la réticence croissante des commerçants pour l’acceptation de chèques et le nombre encore insuffisant des TPE installés.

Une frange importante de commerçants (mises à part les grandes surfaces) rechigne à adopter la carte bancaire, qui est pourtant un moyen de paiement rapide et sécurisé, en raison notamment des commissions élevées, obligeant les agents économiques dans la plupart des situations à payer en espèce.

Ce constat est confirmé par les statistiques concernant la monétique où le taux de croissance annuel des commerçants affiliés a diminué, passant de 8,3% en 2010 à -2,4% en 2015 et celui du nombre global des transactions qui est passé de 19,4% en 2010 à 6,1% en 2015. De même, le nombre de TPE installés est passé de 11.968 en 2010 à 13.148 en mars 2016, soit un taux d’accroissement ne dépassant pas 10%. Le volume global des transactions en monnaie électronique demeure faible par rapport aux autres moyens de paiement, soit 7.191MDT contre 73.668 MDT pour les chèques et 18.874 MDT pour les effets en 2015.

  • La Poste est l’endroit où on retire le plus de cash.

L’analyse de la décomposition des BMC en Tunisie montre l’interférence de plusieurs phénomènes. D’une part, la répartition par opérateur des mouvements d’entrée et de sortie des billets permet de conclure que l’Office National des Postes (ONP) est celui qui contribue le plus à la hausse des BMC. D’autre part, l’étude des mouvements par succursale, permet une classification de ces dernières entre celles enregistrant traditionnellement des sorties nettes de billets et celles enregistrant des entrées nettes. Des caractéristiques économiques et sociales des différentes régions sont derrière ces phénomènes. De plus, ce constat  a permis de déduire que les BMC retirés de l’ONP en faveur d’une population non bancarisée (principalement des retraités et des ouvriers de chantiers), reviennent en grande partie au système bancaire et au Trésor.

En outre, l’analyse par succursale montre que l’activité économique prédominante détermine la nature des mouvements pour chaque région. Par exemple, une région qui dépend principalement de l’agriculture telle que la région du Nord-ouest (succursale de Jendouba), ou du commerce informel (principalement la succursale de Gafsa) est une région où on a le plus recours au cash pour les transactions commerciales. A l’inverse, dans les régions où les secteurs de l’industrie et/ou des services sont les plus développés, on enregistre des retours de billets plus importants à travers le système bancaire (exemple : les succursales de Sfax et Nabeul).

Un autre facteur commun pour les zones de sorties nettes de billets est l’importance du nombre de bureaux de poste par rapport à celui des agences bancaires (tableau 2) et l’existence d’une frange importante de la population non familiarisée avec les services et produits bancaires. Ce constat est d’ailleurs illustré à travers l’étude détaillée des mouvements des BMC par succursale.

  • L’effet Aïd n’est plus la seule explication !

Comme attendu et à l’instar des années passées, les BMC ont atteint leur niveau le plus élevé au cours de la période qui précède Aïd El Idha. Ainsi, leur niveau, qui a pratiquement doublé au cours des cinq dernières années passant de 5.790 MDT en 2010 à un encours maximum de 10.392 MDT le 9 septembre 2016, ne pourrait baisser significativement en l’absence d’une solution radicale à l’expansion de l’économie informelle et sans le développement adéquat des moyens de paiements modernes.

Au 7 janvier 2017, les BMC étaient de 10,176 Milliards DT selon les chiffres de la BCT, ce qui indique que le niveau des billets et monnaies détenues par les Tunisiens n’a pas baissé depuis cette note de la BCT en date du 7 octobre dernier, et que l’explication des fêtes de l’Aïd n’est peut-être plus suffisante. La hausse des BMC n’est donc plus conjoncturelle, mais systémique

En septembre 2013, lorsque les BMC sont passés de 5,8 milliards en 2010 à plus de 7,6 milliards dinars, entraînant un retrait supplémentaire d’environ 1,8 milliards de dinars des caisses des banques, la BCT avait expliqué cette évolution comme étant «en partie naturelle, dans le sens où elle suit une augmentation des revenus des ménages. Toutefois, elle a été amplifiée par l’incertitude et l’inquiétude qui ont accompagné la transition ». Et l’institut d’émission de rappeler que «l’augmentation des BMC a eu un impact direct négatif non seulement sur la liquidité bancaire mais également sur la capacité des banques à financer l’économie et sur la sécurité des systèmes de paiement, amenant la Banque centrale à intervenir, en injectant la liquidité dans le système bancaire».

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Les réserves en devises de la Tunisie ont enregistré un repli en 2016. Elles ont bouclé l’année – le 29 décembre 2016 – à un niveau de 13,078 milliards de dinars, soit l’équivalent de 114 jours d’importation, d’après la Banque Centrale de Tunisie (BCT). L’an dernier, à la même date, on en était à 127 jours d’importation…

À noter que 1 euro s’échange à 2,43 dinars et 1 dollar à 2,34 dinars ce lundi 02 janvier 2017…

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La Banque centrale de Tunisie (BCT) vient d’annoncer le lancement du site web de l’observatoire de l’inclusion financière. En application de la loi n°2016-35 du 25 avril 2016, portant statuts de la Banque Centrale de Tunisie, les prérogatives de l’Observatoire des Services Bancaires, créé depuis 2006, ont été élargies à l’inclusion financière. Cette structure est, désormais, dénommée « Observatoire de l’Inclusion financière ».

Selon l’article 94 de cette loi, l’intervention de l’Observatoire de l’Inclusion Financière « OIF », couvre toutes les données relatives à l’accès et à l’utilisation des services financiers ainsi que celles ayant trait à leur qualité et son effet dans l’amélioration des conditions d’accès auxdits services.

C’est dans cette optique qu’un site web a été créé en remplacement de celui de l’Observatoire des Services Bancaires. Ce site permet aux consommateurs des services financiers et aux intervenants dans le domaine de l’inclusion financière d’accéder aux :

– Informations et aux renseignements sur les services et produits financiers et leurs coûts
– Indicateurs qualitatifs et quantitatifs permettant de mesurer le coût des services financiers et leur degré de satisfaction de la clientèle et d’inclusion financière – Études et aux rapports sur les services financiers et leur qualité
– Données et aux informations relatives à l’accès aux services financiers et à l’inclusion financière.

Pour consulter le site de l’Observatoire, qui est en cours de finalisation, se référer à l’adresse suivante : http://oif.bct.gov.tn

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