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Béchir Ben Yahmed

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Deux dictons et à chacun de choisir. «L’histoire est un éternel recommencement» de l’historien athénien Thucydide et «L’histoire est un mensonge … que personne ne conteste», de l’historien Nicolas Pillet dans son livre éponyme. Il y a ensuite ce titre, «Tunisie : Mission non accomplie»,  dans un article en date du 17 mars 2016 de Béchir Ben Yahmed (BBY), fondateur de Jeune Afrique. En fait, l’histoire récente de la Tunisie n’en était pas à sa première tentative de renversement du régime en place.

Juste après la tentative d’installer, début mars 2016, d’un Emirat islamiste à Ben Guerdane, ceux qui n’ont pas la mémoire courte, ont vite fait le lien avec ce qui s’était passé, en 1980, à Gafsa,  à quelque 300 kilomètres de Ben Guerdane.

«Le 27 janvier à 2 heures du matin, un commando de 300 personnes attaquait la caserne de l’armée, le poste de la Garde nationale et le poste de police de la ville minière de Gafsa, considérée comme frondeuse vis-à-vis du gouvernement, qui se réveille sous un tir nourri d’armes automatiques. Les habitants s’enferment et restent sourds aux appels d’une radio pirate les exhortant à déclencher une insurrection populaire contre le régime du président Habib Bourguiba», peut-on lire sur Wikipedia, pour les amnésiques. Toujours selon la même source, «Le 6 février, l’agence de presse Tunis Afrique Presse rapporte que deux membres du commando arrêtés (Larbi Akremi et Ezzedine Chérif) ont convoyé les armes à partir de la Libye. L’un et l’autre avaient déjà été condamnés lors d’un complot découvert en 1962». Evoquant le contexte de cette affaire, Wikipedia attirait l’attention sur le fait que «La Libye abrite des partis issus du Front national des forces progressistes fondé à Tripoli par d’anciens partisans de Salah Ben Youssef écartés du champ politique tunisien».

24 ans plutôt, en 1956, «(…) C’est un Sudiste, né à Djerba comme moi (et dans le même patelin), qui allait brandir l’étendard de la révolte et tenter, à partir de la Libye, de conquérir le Sud de la Tunisie à la tête d’une « armée de libération de la Tunisie » qu’il avait constituée (avec l’argent des services spéciaux égyptiens dirigés alors, pour l’Afrique du Nord, par Fathi al-Dib, qui se prenait pour le proconsul du Maghreb arabe)», écrivait BBY, le plus jeune ministre du premier gouvernement de Habib Bourguiba qui épousera plus tard le métier de journaliste en France.

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Dans cet article, qui avait pour objet de «situer » l’affaire de Ben Guerdane (dont l’objectif était de soulever ensuite, de proche en proche, le Sud tunisien dans son ensemble contre le Nord, de conquérir sa capitale Gabès, expliquait BBY) «dans le temps et dans l’espace», BBY révèle que «si le Sud de la Tunisie avait obtempéré à ses injonctions, il l’aurait utilisé pour déstabiliser le régime central de l’époque, qui, dans ses premiers mois, n’avait encore ni armée ni garde nationale».

Et BBY de préciser encore que «le Sudiste en question s’appelait Salah Ben Youssef. Il avait été le numéro deux du Néo-Destour, son secrétaire général et son premier négociateur avec la France. Mais, égocentrique et trop ambitieux, il voulait accaparer tout le pouvoir et en écarter Bourguiba par tous les moyens. L’autonomie interne était selon lui « un pas en arrière », et l’indépendance n’était, avec Bourguiba, qu’un « trompe-l’œil». Elle ne serait vraie qu’avec lui. Le Sud tunisien ne s’est pas soulevé, Ben Youssef et ses soutiens égyptiens, qui brandissaient alors non pas l’étendard de l’islam mais celui de l’arabisme, en ont été pour leurs frais. N’ayant pas réussi à renverser le gouvernement de l’indépendance, Salah Ben Youssef tentera de faire assassiner Bourguiba et finira lui-même assassiné dans une chambre d’hôtel de Francfort par ceux-là mêmes qu’il avait commissionnés pour éliminer Bourguiba».

Un document et un témoignage, de la part de l’une des dernières «boîtes noires » de l’époque de Bourguiba, qui jettent une autre lumière sur le différend Bourguiba/Ben Youssef, un des dossiers de l’IVD (Instance Vérité et Dignité).

Les tentatives de déstabilisation se poursuivront. D’abord en décembre 1962 par 26 personnes dont 8 militaires, que l’UGTT avait alors qualifiés (Communiqué publié le 26 décembre 1962 sur les colonnes du journal La Presse) de «bande de fascistes civile et militaire» et qui se terminera en janvier 1963 par 13 condamnations à mort. Le 7 novembre 1987, ce sera le  coup d’Etat médical conduit par l’ancien président Ben Ali, qui mettra un terme au règne de Bourguiba. Après Ben Ali, les tentatives de déstabilisation de la Tunisie se sont par la suite poursuivies. La dernière en date est celle des islamistes radicaux que les premiers gouvernements de la Troïka avaient essayé de cacher, avant de les lâcher après avoir essayé de composer avec eux.

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