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Béji Caïed Essebssi, Ennahdha, election, Tunisie

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Il aura beau avoir tous les atouts et toutes les compétences pour gouverner au mieux cette Tunisie de l’après Ben Ali, le gouvernement tunisien de cette ère post-Ben Ali n’a pas encore perdu ses vieux réflexes en matière de communication, une discipline où tous les gouvernements de Ben Ali, y compris surtout lui-même, avaient zéro de conduite.

Le Premier ministre tunisien, Béji Caïed Essebssi, n’échappe pas encore à cette règle et son horloge biologique, en matière de communication, semblait encore accordée sur l’horaire européen.

En effet, alors que le gouvernement tunisien s’en allait au G8 [ne laissant au passage aucune personne pour répondre à Kamel Jendoubi et défendre sa position d’une élection pour le 24 juillet qui prend l’aspect d’un bras de fer avec la Commission des élections], plaider le dossier de l’aide à la Tunisie, les Tunisiens ne savaient encore rien de son programme et découvraient sur les pages des journaux étrangers ce que leur Premier ministre aurait dû leur dire et leur expliquer, bien  avant d’aller parler en leur nom devant les grands de ce monde de l’économie. Il s’agit pourtant de leur devenir économique et surtout financier, puisqu’il  est question  d’engagements financiers. Cela rappelle une communication d’un autre âge !

Au lieu d’en parler d’abord à ses concitoyens, à ceux qui ont mis leur devenir entre ses mains, jusqu’aux prochaines élections, le Premier ministre tunisien s’en va donner deux interviews au moins, à des journaux étrangers. Il donnait ainsi, en boudant la presse de son pays, une piètre image des médias de la Tunisie de l’après Ben Ali, devenus de facto des médias non crédibles et incapables de véhiculer les messages qu’il avait besoin de donner au G8, et incapables d’attirer un autre lecteur que celui local. Caïed Essebssi fait ainsi, en matière de communication, du «deux poids, deux mesures» !

Caïed Essebssi aux Tunisiens : Les islamistes, c’est des anges !

C’est ainsi qu’on apprendra de sa bouche [cette fois-ci sans pique ni réplique pour les journalistes comme il le fait avec son sourire narquois pour les journalistes tunisiens lorsqu’il accepte de leur parler en groupe et  jamais individuellement], que le Premier ministre tunisien ne prend pas trop au sérieux le danger islamiste dans ce pays où il y a pourtant 700 mille chômeurs-électeurs, face au seul parti qui dispose d’importants, très importants moyens financiers.
Questionné ainsi sur le fait que «se pourrait-il que le parti islamiste d’Ennahdha remporte la majorité des sièges de la future Assemblée constituante? », il minimise comme s’il n’avait pas vécu, comme le reste des Tunisiens, le raz-de-marée de la participation islamiste aux élections de 1984, et indique que «les partis islamistes ont été utilisés comme un épouvantail pour faire peur aux Européens. Mais ce sont eux qui ont consenti le plus de sacrifices dans le combat contre la dictature. Au jour d’aujourd’hui, ils émergent comme la force politique la mieux organisée, et ils obtiendront un score qui reflétera leur poids politique. Il ne faut ni minimiser ni exagérer ce résultat».

Le Premier ministre tunisien n’était peut-être pas en Tunisie, lors des évènements de Sousse et de Bab Souika ? A moins que le Premier ministre ait des éléments factuels, ou soit en possession d’informations que le peuple tunisien ignore  à propos  des faits pour lesquels les Islamistes ont été condamnés et dont  certains avaient alors pris la fuite pour vivre chichement à Londres et ailleurs, il nous semble que Caïed Essebssi n’a pas vu, comme le reste des Tunisiens, les bombes de Sousse et le défiguré de Bab Souika ?

Il est vrai qu’il n’a pas, non plus, dit un mot lorsque les islamistes de Soliman ont été relâchés dans la foulée de l’amnistie et qu’aucun communiqué n’avait attiré l’attention sur le fait que l’un d’eux faisait partie du  groupe de Rouhia. Il n’est dans notre intention de lancer nulle accusation, suggestion ou métaphore. Les faits sont là et l’exemple algérien doit être  certainement arrivé aux oreilles du Premier ministre !

Qu’en pensez-vous, chers concitoyens ? Mais c’est moi qui décide !

Et alors que certaines voix, certes non officielles, mais dans un pays où l’information n’est pas encore un droit, encore moins constitutionnellement protégé et clairement énoncé, que le gouvernement aurait fait préparer son programme spécial G8, dont la population locale ne sait rien, par un bureau étranger pour plusieurs millions DT, c’est encore par le biais de la presse étrangère que notre Premier ministre nous apprend que «nous avons établi un plan de développement de 125 milliards de dollars. La plus grande part sera financée par les Tunisiens eux-mêmes. Nous demandons à la communauté internationale de ne couvrir qu’une petite partie de cette somme : 25 milliards sur cinq ans. Mais nous traversons actuellement une conjoncture difficile. Pour la première tranche, un décaissement immédiat serait souhaitable». Dixit le Nouvel Observateur.

Qui a entendu ou discuté ce plan ? Qui sait ce qu’il y a à l’intérieur de ce plan ? Sur quel nombre d’années s’étale-t-il, quelles régions concerne-t-il et comment sera-t-il financé ? Et ces 5 milliards par année, seront-ils des prêts, des dons, des dettes converties ou autres ? A quelles conditions seront-ils donnés à la Tunisie et sur la base de quels projets prouvés ? Qui le sait ? Personne !
Ce n’est qu’au retour de Deauville que le gouvernement de transition annonce qu’il «compte engager des concertations à l’échelle nationale sur un  programme de développement économique et social, nécessitant des investissements de 125 milliards de dollars (172,5 milliards de dinars) sur 5 ans». L’annonce n’était pas publique, mais réservée à une agence, ce qui n’était pas non plus du politiquement correct vis-à-vis du reste des médias tunisiens.

Il annonce aussi que «cette concertation concernera l’ensemble des forces politiques et sociales (…)»  et qu’il s’agit de « réaliser un consensus national » autour de ce programme et des principales questions économiques et sociales dans le pays, tels que les besoins en matière d’infrastructure, d’emploi et de financement des petites et moyennes entreprises». L’agence Tap indique aussi que «une première version pour le court terme de ce programme avait été déjà présentée, le 14 mai, aux représentants de la société civile, partis politiques, secteur privé». Nous, on n’en a pas entendu parler et nous n’avons pu lire cela chez aucun de nos confrères.

A quel type de communication se livre ainsi le gouvernement Caïed Essebssi ? Pourquoi ira-t-il consulter après avoir tout convenu avec les parties étrangères dont certaines lui ont carrément dit non à l’aumône ? Ne sait-il pas que les conventions internationales priment sur les lois, ou  voudrait-il courir le risque de se désavouer, et derrière lui tout le pays, si les consultés lui disent non ?

Béji Caïed Essebssi nous répètera certainement, en guise de réponse, que «c’est moi qui décide» !

La Tunisie a chassé un tyran. Pourquoi n’arrive-t-elle pas encore à se défaire de la pire illustration de cette tyrannie qu’était la non-communication ?

Khaled Boumiza.

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