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Béji Caïed Essebssi, UGTT, Tunisie

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Les jours se suivent et ne se ressemblent pas pour le monde des affaires en Tunisie. Le dernier développement en date est l’abaissement à « BBB-» pour le long terme en devises et  «BBB» en monnaie locale. Pour Charles Seville, directeur au département de notation souveraine de l’agence de notation Fitch, «ces décisions reflètent les incertitudes concernant la stabilité et la politique économique durant une transition politique difficile ». Fitch évoque une croissance de 1 à 2 % seulement pour 2011, loin des 5 % qui pourraient créer de l’emploi. Elle évoque aussi un déficit budgétaire qui se creuse et «ses effets sur les recettes se prolongeront jusqu’en 2012, lorsque la baisse des résultats des entreprises se répercutera dans le niveau des recettes fiscales». Encore une mauvaise information pour la Tunisie de la Révolution, qui s’ajoute à celle de Moody’s et même le propre communiqué de la BCT qui tirait la sonnette d’alarme.

Selon le site d’information français, Maghreb Intelligence, «Washington aurait tiré la sonnette d’alarme quant à une éventuelle cessation de paiement de la Tunisie dans les prochains mois, si la stabilité et la sécurité ne reviennent pas rapidement ». A cela s’ajoute aussi la crainte pour la Tunisie, désormais réelle après cette succession de mauvaises notes internationales pour l’économie de la Tunisie, de ne plus pouvoir sortir sur les marchés internationaux pour emprunter de quoi financer sa reprise, tout au moins de devoir le faire à des coûts soit prohibitifs, soit très durs à supporter.

Derrière cette détérioration de l’état de santé de l’économie et des finances tunisiennes, un seul acteur ou plutôt un empêcheur de tourner en rond comme l’appellent  déjà les patrons tunisiens : l’UGTT. Outre le fait qu’il soit le fomenteur de toutes les grèves et de l’immense vague de revendications d’augmentations salariales, il serait aussi, selon plus d’une source, derrière la majorité des sit-in et des mouvements sociaux. Une UGTT qui se mue en parti politique et se donne les moyens de pression pour cautionner ou miner tout développement politique sur la scène tunisienne. Cela en face d’un vide complet pour faire le contrepoids à ce poids lourd (plus de 2,5 millions d’adhérents). En face en effet, c’est un patronat complètement à la dérive, selon les observateurs de la scène économique tunisienne. L’UTICA se cherche encore une nouvelle identité, de nouveaux dirigeants, s’auto-flagelle, sombre dans les règlements de comptes personnels entre anciens dirigeants et nouveaux loups aux dents longues qui veulent reprendre les rênes d’une organisation complètement déstructurée et où on parle déjà d’une autre, concurrente, à Sfax. Putréfiée, pétrifiée, et  ses hommes d’affaires délaissés par le pouvoir en place, la centrale patronale subit et n’arrive plus à se mettre dans la peau du véritable partenaire social, alors que l’UGTT fait encore pression pour l’amener à des négociations sociales dont les prochaines augmentations salariales qui s’ajouteront aux PV déjà signés sous la pression de la rue syndicale, alourdiront encore plus les charges de l’entreprise et détérioreront les conditions d’investissement en Tunisie, faisant fuir les IDE, comme le craignent Fitch et Moody’s.

Notons, que l’une des premières rencontres du nouveau Premier ministre, Béji Caïed Essebssi, a été avec le SG de l’UGTT qui fait déjà face à plus d’une accusation « facebookiste » et risque de ne pas se voir réélire lors du prochain congrès. Maghreb Confidentiel toujours, affirme que le Général Rachid Ammar «a fait savoir aux dirigeants de l’UGTT qu’il ne permettrait pas  que ce cirque [mot utilisé par Maghreb Confidentiel] continue.

Notons aussi, même si le ton de son porte-parole Abid Briki restait élevé jusqu’à mercredi sur une autre radio privée, que celui de la centrale syndicale semble avoir baissé d’un cran. C’est ce qu’on pourrait en effet comprendre de l’interview accordée à  Radio Shems. «Il nous appartient de défendre nos emplois, nos entreprises et nos acquis. Nous devons rassurer les investisseurs étrangers déjà installés en Tunisie et en attirer davantage. Cela est d’autant plus primordial qu’au même moment,  nous devons faire face, d’un côté, au nombre d’entreprises à l’arrêt suite aux dégâts subis, et de l’autre, aux retours massifs des Tunisiens provenant de Libye et en faveur desquels nous devons exprimer toute notre solidarité », disait Abdessalem Jrad dans cette interview accordée juste après son entretient avec B.C. Essebssi.

Peut-on pour autant dire que le nouveau Premier ministre a pu relever le défi de calmer l’UGTT et de la ranger du côté du souci économique ? Rien n’est pour l’instant moins sûr, les tensions autour des prochaines nominations du gouvernement étant encore à venir et l’UGTT ne manquera pas d’user de l’arme de la grève et des sit-in pour arriver à ses fins partisanes.

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