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Borhane Bsaïess, Trabelsi, Tunisie

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On ne sait pas s’il est aux arrêts ou en fuite

On ne sait pas s’il est aux arrêts ou en fuite, mais Borhane Bsaïess aura marqué son temps et sa sortie de scène, par cette phrase qu’il a dite lors de tout son premier passage sur Hannibal TV, après la Révolution. «Les Trabelsi, ce n’est pas une famille, c’est une culture en Tunisie ».

Dans une région du centre de la Tunisie, toujours en tête d’affiche des revendications pour la dignité et l’emploi, l’Etat a investi, en 2012, la somme 150 000 de dinars pour mettre à niveau une zone irriguée et remettre ensuite sa gestion à une association locale. L’association devait assurer la maintenance des équipements et payer la facture d’électricité grâce aux revenus provenant de la vente de l’eau aux agriculteurs bénéficiant de la zone. Certains agriculteurs déterrent cependant la canalisation pour effectuer des branchements sauvages. La première facture de la Steg arrive et elle était bien plus importante que la somme des ventes d’eau aux agriculteurs, en raison de la fraude de certains. L’association se retrouve très rapidement incapable de payer la Steg et tout s’arrête. Pour les fraudeurs, tout se passe comme si les 150.000 dinars, investis de l’argent public, ont été jetés dans la poubelle. Oublié donc le développement de la région. Dans la région, nous rapportait un internaute de Sfax, tout le monde connaît les coupables, mais personne ne fait rien pour les stopper ou les dénoncer. Entre temps, le cycle de la misère continue. Le vol d’argent public n’est pas loin !

Bien avant cela, juste après la Révolution dans le village de Nakta près de Sfax, des habitants bloquaient pendant des jours l’entrée de l’usine de gaz de British Gas. Ils revendiquaient la dignité et l’emploi. L’entreprise britannique, premier investisseur étranger en Tunisie, décide alors d’allouer le montant de 1 MDT pour financer toutes les idées de projets que lui présenteraient les habitants. Quelle ne fut sa grande sa surprise, de retrouver, au lendemain de sa décision, les Naktaouis, toujours en sit-in à l’entrée de l’usine. Ils demandaient que British Gas leur distribue simplement l’argent sans aucune idée de projet. Le chantage n’est pas loin !

On passera sur les milliers de kiosques, illégalement érigés sur les trottoirs de toute la Tunisie et dans toutes ses grandes villes, en spoliation pure et simple du domaine public. On passera aussi, sur les centaines de propriétaires de terrains, depuis des dizaines d’années vendus à l’Etat pour utilité publique, qui envahissent de nouveaux tous ces terrains et revendiquent désormais d’être payés au prix actuels de leurs anciennes propriétés. On ne vous racontera pas les milliers d’emplois fictifs, découverts et jamais passés en justice, lors de la distribution de l’argent des travailleurs de chantiers publics, les milliers de dinars distribués à des cadres et employés qui travaillent et ne voyaient aucun mal à s’inscrire sur les tablettes des familles nécessiteuses pour la prime «Amal». On vous passera aussi, peut-être que vous en faites partie ou que vous en connaissez quelques uns dans vos entourages, l’histoire des milliers d’employés dans la fonction publique et les entreprises publiques, payés à ne rien faire ou tout simplement mis de côté, en application de la «logique révolutionnaire» que prônait Mohamed Abbou lorsqu’il était chargé de la réforme administrative . La spoliation et détournement de l’argent public, ne sont pas loin !

On évoquera surtout, comme vous, que tous les menus, ou gros trafics, qui se faisaient sur les quais des ports de la Douane, avec les centaines de containers qui débarquent avec des marchandises faussement déclarées se poursuivent, les voyages organisés en Turquie, en Chine et ailleurs, se poursuivent. Les étals de marchands ambulants, le prouvent chaque jour. Fraude organisée et corruption, ne sont pas loin.

On sait désormais, comme vous, que cette même Révolution, a aussi «mis bas», des ministres qui ne voient aucun mal à recevoir de l’argent indu de l’Etat, dont ils dénonçaient les anciens tenants et répétaient qu’ils étaient venus en corriger toutes les défaillances, des députés qui étaient fonctionnaires qui refusent de rembourser leurs crédits à une banque publique et des députés habitant à Tunis et qui perçoivent, la conscience bien tranquille, des primes de transport ou une ANC qui s’octroie toutes les augmentations possibles, alors que ceux qui les ont élus pour ces postes, vivent la misère.

Quoi de plus normal en tout cela, lorsque le gouvernement défend un ministre qui s’octroie une promotion professionnelle et s’en fait payer lui-même les arriérés ? Quoi de plus normal, lorsqu’un ministre donne autorisation pour une usine de ciment (au fait le projet est en phase d’analyse du matériau à Médenine) pour le neveu d’un autre ministre, sans que cela ne dérange personne ? Quoi de plus normal, lorsque le chef de l’Etat qui était venu pour couper avec les pratiques de l’ancien régime, se reconduit le privilège du salaire à vie que d’autres ministres d’un gouvernement précédent avaient catégoriquement refusé à son prédécesseur transitoire ? Quoi de plus normal aussi, alors que le pays porte sur ses épaules le poids de plus de 4 milliards DT de dettes extérieures, qu’un président qui vole à 13.000 DT l’heure et se paie un voyage à New York pour plus de 200.000 DT, payés par le ministère des Affaires étrangères ? Quoi de plus normal aussi, lorsque le gouvernement Larayedh, bourre son cabinet des ministres du gouvernement Jbali, sous forme de conseillers mais avec rang et privilèges de ministres ? Quelques questions, pour finir et ne pas vous ennuyer encore plus.

– Quelle est la différence entre des personnes, comme Nabil Chettaoui ou Borhane Bsaïess, qu’on juge actuellement pour emplois fictifs et ceux qui signent les salaires de milliers de personnes qui ne travaillent pas, depuis la Révolution ? Y a-t-il une différence entre eux et les ministres dont les noms ont été révélés par le juge du tribunal administratif ?

– Quelle différence y a-t-il entre les anciens ministres de Ben Ali et ses conseillers, qu’on traîne en justice, depuis plusieurs mois, et tous ceux qui, depuis octobre 2011, les décisions des primes sociales et autres, les augmentations de primes de députés et même ceux qui signent des dépenses comme celles de la présidence de la République ? Le doute est grand !

– Peut-on désormais s’étonner de voir un jour une des entreprises confisquées atterrir dans l’escarcelle d’un fils, cousin, neveu ou proche d’un membre du gouvernement ou du parti au pouvoir. Doit-on s’étonner de voir un jour, le fils ou le gendre ou encore un proche d’Ennahdha ou d’un autre parti au pouvoir, prendre un terrain, se faire accorder un crédit à des conditions très favorables ? Le doute est grand !

– Qui s’assure actuellement que ceux qui ont le pouvoir entre les mains, ne font pas ou n’ont pas fait comme Ben Ali et ses familles, et les contrôle ? Qui a fait déclaration de ses biens, avant et la révolution, parmi tous les gouvernants tunisiens et leurs leaders ? La Cour des Comptes s’en fiche. Le CGF s’en moque, le chef de l’Etat s’est déjà donné l’immunité, l’ANC se met au dessus de toutes les lois et les ministres n’ont pas peur.

Quelqu’un disait, depuis des lustres, que «la révolution n’enlève pas les privilèges. Elle en change seulement les bénéficiaires».

Khaled Boumiza.

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