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Le projet tuniso-italien de production de biocarburant à partir de la canne de Provence ou bambou dans la délégation de Sbikha à Kairouan semble cristalliser toutes les polémiques.

Depuis la signature de la convention, février dernier, avec la multinationale « ICL Italy » pour la culture de 3000 hectares de canne de Provence, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer ce  projet.

En effet, plusieurs chercheurs se sont prononcés contre ce projet invoquant « des dommages néfastes que causerait cette culture non seulement pour l’agriculture, mais aussi pour le sol et les cours d’eau ».

Leur tollé  continue de prendre de l’ampleur surtout que la Tunisie ne dispose d’aucun cadre réglementaire pour s’opposer à cette introduction.

Pour  300MDT,  ICL Italy  promet la création de 4000 postes d’emplois

Pour le ministère du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale qui a autorisé la création de ce projet, la production de biocarburant (bio-éthanol) à partir de la canne de Provence sera destinée essentiellement à l’export.

Tout en consacrant 5% de la production à la Tunisie, ce projet de la multinationale permettra de générer entre 3000 et 4000 postes d’emplois dont 200 sont des ingénieurs et techniciens qui vont travailleur au sein de la station de transformation de la canne de Provence en biocarburant.

Pour l’étape actuelle, le propriétaire du projet est en train de chercher les terrains adéquats pour la culture de cette plante. « Les travaux de la réalisation de ce projet vont démarrer, une fois achetés  les 3000 hectares », apprend Africanmanager d’une source bien informée au  département de l’Investissement.

Mais, les dommages sont là…

En dépit de son importance et les avantages que propose « ICL Italy », le projet actuel fait l’objet d’une vague de critiques parmi maints  chercheurs. C’est le cas de Mohamed Elyes Kchouk, universitaire et chercheur au Centre de biotechnologie de Borj Cedria.

Pour lui, la canne de Provence est une plante envahissante partout dans le monde d’autant plus qu’elle présente une menace pour la diversité biologique. « Cette plante risque de boucher  les petits ruisselets dans les zones arides tout en empêchant la collecte d’eau dans les barrages collinaires et autres moyens de collecte des eaux », a-t-il expliqué.

Il a dans le même contexte rappelé que la région de Sbikha  souffrait déjà de l’introduction d’une autre espèce envahissante (la morelle jaune) et risque de détruire plus de terres, ce qui réduirait les ressources des habitants de la région.

Outre cette menace, cette culture ne présente aucun avantage en termes de création d’emplois malgré les affirmations de la société, ni de production de carburant pour la Tunisie, selon ses dires.

Le recours à une étude approfondie est une obligation

Pour le spécialiste des sciences de production fourragère à l’Institut National Agronomique de Tunisie (INAT), Fayçal Ben Jeddi, l’élaboration d’une étude bien approfondie est nécessaire  pour mieux examiner les effets liés à la culture de cette plante.

« Dans pareille situation marquée par une certaine polémique, le recours à des chercheurs et des spécialistes est une nécessité pour étudier davantage cette plante et son impact sur l’environnement et sur la société», a dit le spécialiste à Africanmanager.

Mais pourquoi ? C’est simple, a répondu Faycel Ben Jeddi, faisant savoir que la canne de Provence ou bambou est très demandeuse d’eau. Elle a déjà besoin de 1200 à 1700 mm d’eau par an pour sa croissance. Or, la Tunisie ne dispose  ni des moyens, ni des ressources hydrauliques nécessaires pour produire ce genre de plantes notamment à Kairouan dont la pluviométrie ne dépasse pas les 200mm/an.

 « La canne de Provence, de son nom scientifique, Arundo Donax, est certes une plante bien adaptée là ou devrait être installée, mais la pénurie de l’eau de qualité et les quantités nécessaires principalement dans le Centre du pays nous pousse à poser plusieurs interrogations sur la faisabilité de ce projet  », a-t-il  alerté.

Il a par ailleurs mis en garde contre ce « projet non durable dont les effets sont néfastes ». Toujours selon lui, la culture des milliers d’hectares de canne de Provence dans la délégation de Sbikha va certainement épuiser les nappes étant donné qu’il s’agit d’un système racinaire fibreux, a encore noté Fayçal Ben Jeddi.

Un avis partagé par un autre expert, Sghairi Mnawaer qui a jugé utile « de demander des analyses de risques avant toute introduction des plantes étrangères ».

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