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cauchemar

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Paradoxalement, la débâcle de Daech à Syrte qui devait combler d’aise les autorités tunisiennes, est en train de leur donner des frayeurs en ce sens que les terroristes en débandade se sont divisés en deux hordes, ceux qui mettent le cap sur le sud de la Libye pour tenter de rejoindre Boko Haram, et ceux auxquels s’offre l’unique alternative de regagner leur pays d’origine, la Tunisie. Ils seraient au nombre d’un millier, selon le ministre tunisien de la Défense, Farhat Horchani, qui y voit naturellement une menace pour le pays. On est, dès lors, loin, du chiffre de 2000 à 3000 Tunisiens combattant aux côtés de Daech, mais c’est toujours un « réel danger ». Aguerris, radicalisés, et formés à l’école daechienne qu’ils sont, ils ont tout pour  se remettre en ordre de bataille pour des actions terroristes à domicile, dans un pays où les forces armées et de sécurité ne cessent de marquer des points contre les extrémistes version Daech, que ce soit en amont ou en aval.

Le cauchemar n’en demeure pas moins entier, car, par essence, le terrorisme peut prendre à défaut ceux qui le combattent, si parfait et « infaillible » soit le dispositif mis en place par ceux qui ont vocation à le terrasser, encore plus lorsqu’il s’agit de le faire à titre individuel et au jour le jour en dehors de toute vraie coopération régionale ou internationale, comme l’a fortement souligné le ministre tunisien de la Défense. Les exemples abondent qui en administrent la démonstration, particulièrement en France où l’architecture de lutte anti-terroriste est bien plus performante et sophistiquée que celle de la Tunisie. Et ceci n’a pas empêché que des attentats comme ceux du Bataclan et de Nice aient été perpétrés.

Que faire des revenants ?

La question qui va se poser désormais avec insistance et acuité est de savoir comment gérer le dossier des terroristes de retour des zones de combat, notamment Syrte. A la vérité, le problème ne date pas d’aujourd’hui, et les autorités sécuritaires accordent à la question une attention prioritaire, en collectant des renseignements sur leurs déplacements, leurs activités, leurs mouvements et leurs allégeances. Mais il va s’y ajouter un autre casse-tête dont le ministre de la Défense s’est fait l’écho en marge d’une rencontre à Paris entre les responsables militaires des pays concernés par Daech.

« Alors qu’il  y a des lois contre le terrorisme, vous avez besoin d’apporter la preuve qu’un jeune individu se trouvait  dans un camp de terroristes ou se battait aux côtés  des groupes extrémistes », a-t-il souligné. Plus clairement, il ne suffit pas d’épier le retour des terroristes, mais de s’assurer qu’ils ne vont pas récidiver. D’abord, il sera difficile d’identifier ceux d’entre eux qui réussiront à passer entre les mailles du filet. Et à supposer qu’ils soient cueillis, il va falloir les traduire en justice. Or, dans un Etat de droit, le juge saisi est tenu d’instruire à charge et à décharge sur la base de preuves probantes et tangibles, et non à l’aune d’indices et de simples présomptions. Des garanties dont on peut attendre qu’elles bénéficient aux présumés terroristes.

Le mauvais service de l’Etat de droit !

Faudra-t-il alors suivre l’exemple de pays qui comme la France, sitôt ayant repéré les radicalisés  pendant leur voyage vers les zones de combat en Syrie et en Irak ou lors de leur exfiltration, la plupart du temps via la Turquie, a durci sa législation, avec des emprisonnements plus systématiques, des peines plus lourdes et des remises en liberté conditionnelles davantage surveillées.

« Ceux qu’on attrape, leur statut est clair, ils sont sous statut judiciaire » selon un expert,  ancien analyste anti-terroriste à la DGSE. « Mais se pose alors la question de leur détention, de leur comportement en prison, de la radicalisation carcérale, de l’application des peines: ce sont des types très dangereux, et si on les juge sur les faits documentés par la justice, ils prennent dans les trois, quatre ans. Que deviennent-ils après ? »

Plus redoutable encore selon lui: le cas des jihadistes assez malins, motivés et entraînés pour être restés en permanence sous le radar des services de police et de renseignement. « Le vrai problème, ce sont les mecs qui rentrent et qu’on ne voit pas rentrer. Ou même qu’on n’a pas vu partir », dit-il. « Il n’y en aura pas tant que ça, mais ceux qui vont rentrer en étant toujours convaincus de la justesse de la cause, qui vont préparer des attentats, monter des réseaux, sont le vrai danger. On sait depuis plusieurs mois que Daech se prépare à sa défaite militaire, il va redevenir un mouvement clandestin et urbain ».

Le  scénario ne peut être qu’identique pour la Tunisie, la disponibilité des moyens en moins. Et ceci devrait interpeller, le plus sérieusement du monde, tous les corps concernés, et d’abord la justice. La pire des choses qui puisse arriver serait de traiter les revenants des zones de combat comme de simples délinquants suspects, qui, faute de preuves indiscutables, devraient être relâchés sans autre forme de procès, ce qui augmente d’autant le risque de récidive. Et puis avec un pôle judiciaire anti-terroriste si chétif et embryonnaire avec, de surcroît, sur les bras des milliers de dossiers, on voit mal comment les revenants pourraient être neutralisés et mis hors d’état de nuire de nouveau.

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