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Chafik_Sarsar

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Pourtant plus importante que l’IVD [ndlr : qui vient par ailleurs d’essuyer un cinglant revers des mains de la Commission de Venise à propos du projet de loi de la réconciliation économique] dont un des membres a dévoilé partie de la mauvaise gestion, et malgré l’importance des prochaines échéances électorales (municipales et régionales) l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) ne disposera en 2016 que d’un budget de 68 MDT.

Interrogé par Africanmanager, Chafik Sarsra, président de l’ISIE n’a pas manqué de manifester son mécontentement de ce petit budget «qui ne couvre pas les dépenses de l’Instance, surtout que nous organiserons aussi les prochaines municipales». Et Sarsar de confirmer sa ferme intention d’en demander plus. «Nous sommes locataires du siège où nous nous trouvons. Nous avons aussi des impayés de location, cela en plus du fait qu’on nous a chassé des quelques sièges de l’ancien RCD que nous utilisions pour nos représentations régionales et que l’Etat se propose de vendre, car on n’en paie pas le loyer », indique le président de l’ISIE.

  • Sarsar revendique un budget, indépendant du gouvernement qui n’est plus neutre.

Sarsar a aussi manifesté, lors de cette interview exclusive (Lire l’interview de Maha Guellala en totalité sur notre site en langue arabe), son intention de s’adresser à l’ARP pour revendiquer l’indépendance financière de cette instance. «En 2014, notre budget était tiré sur celui du gouvernement qui était alors composés de technocrates et donc non concerné par les élections. Cela n’est plus le cas. Il est donc indispensable d’amender la loi pour concrétiser l’indépendance de l’ISIE et exfiltrer les budgets de toutes les instances constitutionnelles, dont l’ISIE», indique Chafik Sarsar, plus que jamais  soucieux de l’indépendance de cette Instance, pour le bien de tout le processus démocratique en Tunisie.

  • L’argent sale a coulé à flot dans les élections de 2014

Evoquant ensuite, pour Africanmanager les élections législatives et présidentielles de 2014, le président de l’ISIE s’est retranché derrière l’obligation de réserves pour n’évoquer aucun nom, lorsqu’il a parlé de l’argent sale dans ces élections. «Nous sommes certains que l’argent sale a coulé dans ces élections et nous avons introduit plusieurs plaintes en justice pour cela», a-t-il dit. Il n’a cependant pas manqué de demander l’instauration d’une commission spéciale de lutte contre l’argent sale dans les élections, dans laquelle devraient être représentés, BCT, Douane, ISIE, ministère de l’intérieur, presse et société civile. Bonne idée !

Sarsar a été plus prolixe, lorsqu’il a parlé des difficultés rencontrées au cours de ces élections. Après avoir indiqué avoir fait l’objet «de menaces et de chantage moral», il a révélé que «nous avons trouvé qu’une des candidates aux législatives était aussi membre de l’ISIE de la région où elle se présentée et nous avons déposé plainte à ce propos ». Il a cependant refusé d’en citer le nom. Mais il a aussi révélé que «1.500 personnes ont été écartées de l’ISIE, entre élection législative et présidentielles, pour soupçons d’appartenance à certains partis», refusant toujours d’entrer dans le détail.

  • Des doutes quant à la tenue, en octobre 2016, des municipales.

Avec le président de l’ISIE, nous ne pouvions pas éluder la question des municipales, normalement prévues pour octobre 2016. Sans le dire et entre les lignes, Chafik Sarsar a émis des doutes quand à la possibilité de tenir cette date. Deux conditions resteraient, selon lui, jusque là indisponibles. D’abord la nouvelle division territoriale des municipalités. Ensuite, comme le rappelle le président de l’ISIE, l’obligation de terminer toutes les étapes de l’adoption de la loi électorale en avril 2016. Or, comme il le disait, «on vient à peine de recevoir la première version de cette loi. On devra en parler avec le ministère de l’intérieur et les experts qui l’ont rédigée, surtout en ce qui concerne le mode de scrutin qui sera certainement objet de polémique». En attendant, Chafik Sarsar se limite à dire que «les municipales seront plus difficiles, à la lumière de l’actuel projet de code électoral et si l’on considère qu’on aura une moyenne de 20 listes pour chacun des 300 arrondissements ».

  • Les mauvais payeurs seront écartés des municipales

Toujours à propos de ces municipales, Chafik Sarsar a rappelé que les personnes qui n’ont pas remboursé l’argent du financement public dont ils ont bénéficié lors des élections précédentes élections, ont été empêchés de participer aux élections de 2014. Le président de l’ISIE a, à ce propos, émis l’espoir de voir aussi les mauvais payeurs de 2014 écartés des municipales de 2016. Gageons que les députés ne lui donneront pas raison !

(Lire l’intégralité de l’interview en langue arabe)

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