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Chahed

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Selon le baromètre politique du Sigma Conseil  relatif au mois d’avril, 73.1% des tunisiens considèrent que le pays se dirige vers la mauvaise voie, rapporte Mosaïque fm.

Le taux de satisfaction du rendement du président de la République Béji Caïed Essebsi et de celui du chef du gouvernement Youssef Chahed a considérablement chuté, par rapport à mars 2017, nous apprend la même source.

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«Pays généralement non libre» et classé à la 123ème position sur un total de 180 Nations. Tel est vue l’économie tunisienne par la fondation «Heritage» dans son rapport sur la liberté économique et son classement des pays où la libre initiative est l’élément clé. Un classement qui place la Tunisie loin derrière le Maroc, son concurrent économique direct, classé à la 86ème place, mais dans le groupe des modérément libres. Au Maghreb, seule l’Algérie est mal classée, à la 172ème position.

Une image qui contraste avec celle que le GUN de Chahed avait fait miroiter aux participants du «Tunisia 2020 » d’octobre dernier et dont il avait essayé d’user en «faire-valoir» pour attirer plus d’investisseurs pour une économie asphyxiée par ses dépenses de fonctionnement et qui n’arrive pas à faire redémarrer l’investissement local. On ne s’étonnera alors plus qu’un concurrent comme le Maroc attire désormais même les investisseurs tunisiens et arrive à attirer des investissements étrangers lourds, comme ceux des constructeurs automobiles.

Pays à la recherche d’IDE (Investissements directs étrangers), la Tunisie reflète une image très brouillée pour les analystes de «Heritage Fondation». «Le dynamisme économique reste limité en Tunisie par des faiblesses institutionnelles qui restent sans réponse, principalement parce que l’instabilité politique a entravé une action gouvernementale décisive. Le régime de régulation, malgré certaines améliorations, reste lourd et freine l’activité entrepreneuriale et sa dynamique. Le régime commercial fermé et les marchés du travail rigides, empêchent en grande partie l’émergence d’un secteur privé dynamique», estime cette fondation, dont le rapport est une sorte de «livre de chevet » pour les investisseurs étrangers.
Question réformes, actuellement objet de toutes les discussions entre la Tunisie et son principal bailleur de fonds qu’est le FMI (Fond Monétaire International), l’avis de Heritage est là aussi mitigé.  «Adoptées ces dernières années [les réformes] n’ont pas permis, ni d’apporter des avantages tangibles à la stagnation du système économique, ni de déclencher une croissance plus rapide ». Et la même source d’estimer que «des réformes plus profondes pour améliorer la gouvernance et renforcer les piliers essentiels de la liberté économique sont nécessaires pour pousser l’économie sur une voie positive de transition».

⦁    Un gouvernement faible …

«Heritage Fondation» étend son analyse du paysage économique tunisien à l’efficience des règlementations et partant, de l’état du droit. «Bien que le pouvoir judiciaire soit généralement indépendant, la protection des droits de propriété reste inégale, entravée par la corruption et les longues listes d’attente dans ce domaine ». Selon la même source, «la faiblesse gouvernementale favorise la réinsertion à des niveaux inférieurs de bureaucratie et d’application de la loi. Le ressentiment de longue date des efforts déployés contre la contrebande le long de la frontière libyenne, qui a éliminé les emplois locaux, s’est intensifié en 2016 après la construction d’un mur frontalier pour bloquer l’infiltration par les terroristes».

Et comme l’économie, c’est aussi et surtout les finances, les incitations fiscales et les impôts, Heritage s’y attarde et indique que «le taux d’imposition du revenu des particuliers le plus élevé est de 35 %, et le taux d’imposition des sociétés le plus élevé est de 30 %. Les autres taxes comprennent une taxe sur la valeur ajoutée et une taxe de transfert de propriété». La fondation internationale en tire une conclusion qui contraste avec le chiffre officiel de la pression fiscale. Selon Heritage, la «charge fiscale globale équivaut à 22,5% du revenu national total» en Tunisie.

⦁    … et ses dépenses sont populistes

La même source estime que «malgré certains progrès, le cadre réglementaire manque encore de transparence et d’efficacité. Le respect des exigences en matière d’octroi de licences reste lourd. Le marché du travail rigide a stagné, n’ayant pas généré une croissance dynamique de l’emploi».
Heritage se montre même dure avec la politique du gouvernement Chahed, dont elle qualifie les dépenses de «populiste». En 2016, dit la Fondation, «les tensions sociales ont déclenché des politiques de dépenses populistes pour apaiser un électorat frustré, mais les prix bas du pétrole devraient permettre au gouvernement d’atteindre son objectif de suppression progressive des subventions aux carburants». Pour cette institution internationale dont les avis font loi, «les entreprises publiques faussent l’économie. Le secteur financier fragile est fragmenté. L’accès au crédit est limité et les marchés des capitaux sont sous-développés».

Autant de critiques, apparemment purement techniques, à moins qu’Heritage n’aime pas la Tunisie ou «qu’elle fasse partie d’un quelconque complot contre la révolution du jasmin», qui devraient donner lieu à réflexion à La Kasbah et dans le bureau du ministre du Développement économique, Fadhel Abdelkefi.
A l’économie fortement liée à l’extérieur, la Tunisie devrait plutôt s’ingénier à mettre en place les réformes nécessaires qui lui feraient gagner des places dans le prochain Index de Heritage Foundation et ses semblables, comme celui de la compétitivité !

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Du 24 au 27 janvier, le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, accompagné par une centaine d’hommes d’affaires et d’organisations patronales (l’UTICA, CONECT et la TABC), effectuera une visite dans 3
pays africains, à savoir le Soudan, le Niger et le Burkina Faso, chacun dans une seule journée, pour essayer de faire des affaires. « La visite aura un caractère purement économique », ont annoncé les services de la primature tunisienne à l’agence de presse Reuters. Dans chacun des pays, il est prévu de tenir des forums économiques et de partenariat.

Alors qu’on connait les particularités du domaine des affaires en Afrique, les services de la Primature n’ont pas précisé à Reuters si ces visites économiques éclair ont été précédées par une préparation sur le terrain ou entre les officiels des quatre pays.

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Nous croyons savoir, de sources concordantes proches du dossier, que les dernières déclaration du chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, à propos des banques publiques, semblent avoir pris presque tout son monde par surprise.
Ce serait en effet ainsi le cas du ministère des Finances où le chef de cabinet de la ministre était pourtant en charge du dossier de la restructuration et de la recapitalisation des banques publiques.
Au matin de la publication de notre article, le chef de cabinet de la ministre Boujneh, téléphonait aux amis banquiers pour savoir ce qui se serait passé pour amener le chef du gouvernement à court-circuiter la propre tutelle des banques publiques par ses déclarations du samedi dernier. Seul le ministre du développement Fadhel Abdelkefi semblait être bien au courant des intentions de Chahed et les expliquait dès lundi sur les ondes d’une radio privée.

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Dans son roman « Un fils tombé du ciel », l’écrivain chinois Lao She a légué à la postérité une réflexion qui conserve une extraordinaire pertinence un demi-siècle après sa mort : « C’est parfois d’une situation désespérée que jaillit l’espoir ». On se laisserait prendre à la tentation de trouver une affinité           entre cette pensée et l’esprit qui a présidé à l’allocution prononcée samedi par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, à la clôture des débats parlementaires sur la loi de finance 2017. En changeant ce qu’il faut changer, convenons que la situation, sans être désespérée, est difficile, voire très difficile. Et pour un chef du gouvernement qui a une haute opinion de son office, l’essentiel n’est-il pas de se convaincre et surtout de convaincre que l’on peut s’en sortir ? Youssef Chahed a visiblement pris le parti de le faire en affirmant que « le gouvernement ambitionne de voir l’année 2017 être celle de la relance économique et de l’accélération du rythme de croissance, grâce à l’investissement, la production, l’exportation et la création d’opportunités d’emplois pour les jeunes ».

L’architecture mise en place permettra-t-elle d’y arriver ? Le chef du gouvernement y croit dur comme fer, invoquant notamment le retour de la confiance des partenaires de la Tunisie. Oui, mais encore ! Les engagements pris et les promesses prodiguées à tour de bras seront-ils à eux seuls suffisants pour redresser le pays et le remettre sur les rails de la croissance ? Encore une interrogation qui n’est pas près de livrer une piste. D’autant que la littérature des conférences internationales sur l’investissement enseigne qu’il ne faut pas prendre leurs conclusions pour de l’argent comptant. Il n’en reste pas moins que l’engagement plus ou moins ferme pris à Tunis par les bailleurs de fonds, publics, faut-il tenir à le préciser, peut dissiper des doutes quant à sa mise en œuvre.

Autre plaidoyer qui irait dans ce sens, l’arrangement conclu avec l’UGTT au sujet des augmentations salariales. Un obstacle de moins sur la voie tracée par le gouvernement pour se donner les moyens de conduire ses politiques sans accrocs majeurs. Mais ce n’est pas encore le gage crédible que la situation sociale sera indemne de convulsions. Et il n’est pas exclu que d’autres voix suivies de mouvements sur le terrain se fassent entendre pour des « causes » qui ne manqueront pas d’être plaidées, le plus souvent par tempérament syndical.

Des aléas à la pelle

Et puis, la ci-devant controversée loi de finances 2017 ne semble pas avoir vocation à procurer à l’Etat les ressources qu’il escomptait pour redémarrer la machine et mettre de l’ordre dans

ses finances, pour cause de « résistances » âprement conduites, par exemple, par certaines professions libérales, et non des moindres. Le gouvernement arrivera-t-il à atténuer les déficits simples et jumelés pour pouvoir gérer commodément ses finances, payer ses fonctionnaires et investir dans les projets créateurs d’emplois et incitatifs à l’investissement, singulièrement dans les régions de l’intérieur ? Il est à espérer qu’il n’aura pas besoin d’édicter une loi de finances complémentaire, une autre, pour combler les trous. D’autant qu’il va immanquablement devoir réviser ses prévisions et ses hypothèses concernant notamment celles relatives au prix du pétrole, 50 dollars le baril, alors que les pays de l’OPEP viennent de conclure un « accord historique » aux termes duquel ils se sont engagés à diminuer leur production de 558.000 barils par jour, avec son corollaire naturel d’une augmentation des cours mondiaux de l’or noir, qui vont grimper bien au delà des 50 dollars le baril.

Ce ne sont là que quelques uns des aléas que la Tunisie doit s’apprêter à confronter et qui devront grever les ressources que son gouvernement entend mobiliser pour soutenir ses programmes de développement. Il s’y ajoute bien d’autres écueils inhibiteurs. Au point que le ministre du Développement, de l’investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkéfi-et il sait de quoi il parle- a asséné pas plus tard que ce weekend, le constat que voici : – « La situation est compliquée. Il ne faut un big-bang et s’attaquer à la réalisation des grands projets. Les revenus fiscaux sont par terre ! La solution aux caisses sociales est un mix entre trois composants. La privatisation des entreprises publiques est encore un tabou alors qu’elles sont déficitaires. On ne peut pas rester dans le pourrissement. L’administration est bloquée par les lois. La collecte des impôts est très faible».De quoi doucher bien des ambitions !

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Lors d’un point de presse tenu, ce mercredi 30 novembre 2016, en marge de la conférence internationale de l’investissement « Tunisia 2020 » qui a eu lieu à Tunis, les 29 et 30 novembre 2016, le chef du gouvernement a déclaré que la Tunisie a pu mobiliser 34 milliards de dinars dont 19 milliards de dinars en promesses et 15 milliards de dinars en accords de financement de projets.

Chahed a tenu à féliciter tout le peuple de la réussite de cet événement dont principalement le chef de l’État, Béji Caied Essebsi qui n’a cessé, selon lui, depuis la prise de ses fonction à Carthage de promouvoir la diplomatie tunisienne à travers les visites qu’il a effectué dans plusieurs pays voisins.

Outre, le chef du gouvernement a félicité l’ancien gouvernement d’Essid, tous les chefs d’entreprises, les bailleurs de fonds étrangers, les institutions financières internationales, les pays frères de la Tunisie ainsi que l’institution sécuritaire et militaire pour l’effort qu’ils ont fourni pour réussir ce forum. Il a toutefois, indiqué que le plus important ne sont pas les promesses, mais plutôt les messages et la nouvelle image donnée par la Tunisie, « un pays qui a réussi sa transition démocratique et qui est en train de mettre en place ses institutions et ses lois », selon ses dires.

Il a par ailleurs indiqué que cette conférence permettra à la Tunisie de revenir en force : « La Tunisie a pu réussir cet événement parce qu’elle a investi en masse dans le système démocratique.  » La Tunisie est sur le bon chemin en économie … Elle reste un site attractif malgré les difficultés », a-t-il ajouté.

Et pour conclure, Chahed a appelé tous les Tunisiens à mettre la main dans la main afin de rétablir la confiance, attirer l’investissement, créer de l’emploi, et développer les régions défavorisées :  » Ces conventions sont sous forme de prêt et de dons, mais on ne va pas s’arrêter là, nous veillerons à ce que les projets démarre dans les meilleures délais et que les promesses soient concrétisées ».

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A la cadence où vont les choses, il ne serait pas aléatoire de craindre qu’une crise gravissime pointe à l’horizon. Ses acteurs sont, à l’évidence, le gouvernement, l’UGTT, mais sont en train de s’y ajouter des partis politiques, censés servir de bouclier au pouvoir en place, sans parler de l’opposition qui ne joue là que le rôle qui est naturellement le sien. C’est moins la loi de finances 2017 que la survie même du gouvernement qui est en cause. Et les indices abondent qui accréditent cette course vers l’abîme.

Comme l’on s’y attendait, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, n’a pas changé d’un iota sa position concernant les augmentations salariales, affirmant qu’  en l’absence de croissance, ces dernières ne peuvent pas être concrétisées », même s’il a laissé la porte ouverte à une révision de son calendrier, 9 mois si les finances de l’Etat le permettaient. Une éventualité balayée d’un revers de main par l’Organisation ouvrière dont le Bureau exécutif, réuni samedi, à réitéré son « refus catégorique » de l’annulation des augmentations de salaires, y voyant un « coup porté au dialogue social et à la crédibilité des partenaires sociaux et un reniement du Document de Carthage ». Il s’agit aussi, selon lui, d’une « mesure spécieuse nourrie d’arrière-pensées politiques de nature à ébranler la stabilité du pays et envenimer la situation ».

Une position pas toute à fait nouvelle, puisque l’UGTT y est viscéralement attachée depuis qu’a été connue, voilà quelques semaines, l’intention du gouvernement de rééchelonner les hausses salariales pour cause de graves difficultés financières. Mais ce à quoi l’on assiste actuellement est d’une autre eau. Des appels, d’abord allusifs, puis progressivement explicites, fusent de bien des bords pour un renversement du gouvernement, en fonction depuis un peu plus de 80 jours. « S’il arrivait au gouvernement de tomber, il tomberait sur toutes les têtes », a averti sur un ton comminatoire, le chef du gouvernement, visiblement offusqué par les menées qui se préparent à cette fin. Le message est clairement destiné aux formations politiques parties prenantes au gouvernement mais aussi à tous les acteurs politiques sans exception.

Le « Front du refus »

Sans qu’il y ait lieu de s’attarder, par exemple, sur le parti « Al-Harak » dont le secrétaire général se demande si « le glas du gouvernement est sonné », ni sur le Front populaire dont le porte-parole officiel, qui croit dur comme fer que le gouvernement tombera en 2017, on prête aux partis « Machrouû Tounès et UPL, dont les présidents, Mohsen Marzouk et Slim Riahi, se sont rencontrés dernièrement à Paris, le projet de renverser le gouvernement de Youssef Chahed pour y substituer un « gouvernement de salut national », comme l’a ébruité il y a quelques jours le député Walid Jalled. Quel que soit le crédit que l’on puisse donner à ce projet, il ne s’en adosse pas moins à des déclarations publiques allant dans ce sens faites par le président de l’UPL qui a demandé le plus explicitement du monde le départ du gouvernement pour cause d’inaptitude à réussir.

C’est sans doute peu de chose comparé au « plan de bataille » en préparation Rue Mhamed Ali, appelant les travailleurs à la mobilisation. L’UGTT, pas plus tard que ce weekend, a lancé ses fantassins en prélude à la grève générale dont il est abondamment question. Une façon de dire au gouvernement que le temps est venu pour faire ses cartons. L’Organisation patronale, l’UTICA, tout en s’exceptant de tenir un langage « subversif » a préconisé par la voix de sa présidente l’impérieuse révision du Document de Carthage et l’ouverture d’un nouveau dialogue à son sujet, sachant que ledit document est l’acte fondateur du gouvernement dit d’union nationale présidé par Youssef Chahed. Et si le Document de Carthage n’a plus sa raison d’être, qu’en serait-il du gouvernement dont il est l’émanation ?

Ennahdha lance ses fantassins

Dans ce concert d’appels, d’exhortations et de non-dits, il y a singulièrement la voix délibérément feutrée d’Ennahdha, dont le chef Rached Ghannouchi a pernicieusement rappelé que le gouvernement Chahed est celui de Nidaâ. Sans devoir faire une exégèse poussée de cette déclaration, on ne serait pas loin de comprendre que si l’un des poids lourds soutenant le gouvernement, nommément Nidaâ, se retire de la coalition gouvernementale, comme le demandent des dirigeant des deux partis à l’occasion de l’affaire Lotfi Naguedh, c’est le gouvernement qui suivra le mouvement.

Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à entendre les députés d’Ennahdha qui ont pris la parole lors du débat sur le discours de Youssef Chahed à l’ouverture du marathon budgétaire. Un concert de critiques contre la loi de finances 2017, mais aussi et surtout une salve de tirs croisés sur les choix du gouvernement, dirigés selon une parfaite répartition des rôles, chaque intervenant ciblant un volet précis du rendement du gouvernement. Une offensive d’autant plus virulente et systématique qu’elle est inédite et rare s’agissant d’un parti soutenant un gouvernement. Au point que le parti de Ghannouchi semblait avoir un pied au gouvernement et un autre dans l’opposition. Un exercice qui interpelle vivement et soulève moult sérieuses interrogations sur les intentions d’Ennahdha dont la dimension électorale est clairement perceptible, en prévision des Municipales dont, pourtant, même pas la date n’a pas été fixée.

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C’est un truisme de dire que le nouveau chef du gouvernement, Youssef Chahed, aura fort à faire pour asseoir sa légitimité et celle de son équipe ministérielle après avoir obtenu le feu vert des députés devant lesquels il va devoir revenir dans le cadre d’une session parlementaire extraordinaire qu’il a lui-même demandée avec une centaine d’élus. Un oral de contrôle en quelque sorte qui lui permettra de finaliser un programme d’action dont il est en train de sculpter les contours.

Il est dès lors dans l’ordre des choses qu’il se soit gardé d’annoncer la moindre grande mesure ou initiative, ayant été de surcroît occupé à gérer des événements imprévus tels que l’opération terroriste de Sammama et la tragédie routière de Khammouda, deux occurrences qui l’ont vu monter au front pour montrer l’étendue de sa capacité  à administrer les contingences et de la façon dont il entend remplir les missions pour lesquelles il a été choisi. Ironie du sort, c’est ailleurs que dans les domaines  essentiels où il était le plus attendu qu’il lui a été donné de le faire, à savoir certes la lutte contre le terrorisme, le chômage, la corruption, la délétère situation sociale, la croissance asthénique…

A l’évidence, c’est bien là et moins qu’autre part que Youssef Chahed est attendu au tournant, non seulement par l’opposition qui ne cesse de pousser des cris d’orfraie, mais aussi, sous une forme beaucoup moins virulente, par ceux des siens et leurs alliés qui attendent de lui qu’il fasse oublier ses prédécesseurs et leurs erreurs et dérives. C’est que le nouveau locataire de la Kasbah est à tous les égards astreint à sortir des sentiers battus dans lesquels se sont enfermés les divers chef de gouvernement qui se sont succédé à la Primature sans offrir la moindre perspective de redressement alors qu’ils en avaient grosso modo l’opportunité, ni créer les rudiments de l’architecture qui fasse naître l’espoir que le changement est possible.

Les premiers commencements du mandat de Youssef Chahed suggèrent que les Tunisiens ont affaire à un chef de gouvernement pragmatique, droit dans ses bottes lorsqu’il s’agit de résister aux pressions des politiques, qui semble savoir où aller avec le minimum nécessaire et, en fait de réformes, il a commencé à en opérer au sein de son attelage ministériel. Surtout, on dit qu’il a demandé à son gouvernement de ne pas trop s’emmêler dans les dossiers mais plutôt de redonner confiance à l’administration qui doit gérer ces dossiers. Parmi les décisions intra muros qu’il a prises, celle de diminuer les salaires des ministres et des secrétaires d’Etat. Par-delà la symbolique qui s’attache à une telle mesure qui n’est pas, du reste,  nouvelle dans les annales gouvernementales de l’après-révolution, on y décèle une première déclinaison d’une saine gestion des deniers publics, et d’abord et surtout au cœur même de la haute hiérarchie du pouvoir. D’aucuns y verraient une démarche cosmétique et de dérisoire effet, mais, concédons-le, une décision qui renseigne sur l’exemple à donner que le gouvernement est le premier à devoir « faire des sacrifices » si minimes soient-ils.

Préjugé favorable !

Le préjugé favorable, c’est sans doute la première manifestation de capital confiance dont commence à être crédité le nouveau chef du gouvernement. L’un des premiers à le lui témoigner n’est autre que le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi qui a estimé que le  gouvernement de Youssef Chahed réunit toutes les conditions de succès notamment dans les domaines économique, social et de développement. Et abondant dans ce sens, il a assuré que « le  succès du nouveau gouvernement ne manquera pas de dénouer la crise qui secoue le pays et de redonner de l’espoir aux Tunisiens ».

Mais Ghannouchi irait-il là vite en besogne, alors que, immanquablement, il ne peut pas s’exempter de réaliser, à l’instar du grand nombre, l’énormité des tâches titanesques qui attendent Youssef Chahed ? Le fait est que les choses ne font pas se régler en un tournemain. Des dossiers comme ceux du chômage, de la croissance, de l’investissement et de la corruption, pour ne citer que ceux-ci, sont de vrais défis que l’on ne relève pas par de simples décisions décrétées en Conseil des ministres ou des réunions assimilées. Habib Essid en sait quelque chose pour s’y être cassé les dents, comme tous ses prédécesseurs, d’ailleurs. On ne voit pas comment Youssef Chahed pourrait s’en tirer d’affaire alors même que la centrale syndicale, l’UGTT et ses dépendances ne décrochent pas de leurs ukases larvés ou explicites concernant bien des dossiers tels que les retraites, les augmentations salariales. « Le gouvernement Chahed doit chercher des solutions alternatives à la politique d’austérité pour sauver la Tunisie d’une situation économique difficile, et ce, sans opter pour la politique d’austérité qui se fera aux dépens des employés et des catégories les plus fragiles», a-t-il dit.

Or, le nouveau chef du gouvernement n’a de cesse de clamer que la Tunisie devra impérativement prendre des « décisions douloureuses », forcément dans le cadre d’une politique d’austérité. Hors cette logique, il serait chimérique de sonder d’autres biais. Vaste programme !

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La haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union européenne

La chargée de la politique étrangère de l’Union Européenne Federica Mogherini a réitéré le soutien de l’UE pour le gouvernement Chahed et pour l’ensemble de son gouvernement après qu’il ait obtenu la confiance du parlement avec une majorité confortable de 168 voix pour.

« Au moment où le nouveau Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, et l’ensemble de son gouvernement ont obtenu le vote de confiance à l’Assemblée des Représentants du Peuple, je leur exprime les vœux de réussite et le soutien renouvelé de l’UE dans la tâche importante qu’ils entament au service des Tunisiennes et des Tunisiens », lit-on dans un communiqué rendu public samedi 27 août 2016.

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Le chef du gouvernement désigné, Youssef Chahed, peut opérer un changement sur la composition de son équipe tant que celle-ci n’a pas encore été soumise au vote de confiance, a déclaré, mardi à la TAP, la juriste Hana Ben Abda.
Prétendre qu’il est impossible de changer la composition du gouvernement est dicté essentiellement, selon elle, par des considérations politiques et ne repose aucunement sur un fondement juridique.
La professeure de Droit public a, d’autre part, estimé que les évènements politiques en Tunisie exigent de conférer au gouvernement proposé la légalité et la légitimité absolue, à travers un vote avec une majorité confortable, étant donné que c’est un gouvernement d’union nationale.
Lundi, le président de l’ARP, Mohamed Ennaceur, a déclaré en conférence de presse que le chef du gouvernement désigné est, en principe, en mesure d’introduire des changements à la composition du nouveau cabinet ministériel.
De son côté, le député Habib Khedher (Ennahdha) et membre du bureau de l’ARP, a estimé, en se basant sur la Constitution, que la mission du chef du gouvernement désigné prend fin une fois la composition de son cabinet présentée au président de la République.
« La Constitution ne permet pas au chef du gouvernement désigné de changer la composition de son gouvernement une fois celle-ci remise au président de la République et par la suite au parlement », a-t-il expliqué.

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Habib Essid, le technocrate qui avait dirigé le gouvernement tunisien au cours des 18 derniers mois, a perdu le vote de confiance du Parlement, le 30 juillet.  Et contrairement à la plupart des questions débattues par les députés, cette sentence n’a pas fait l’objet d’un large débat. Tous les membres de l’Assemblée des représentants du peuple, sauf trois se sont prononcés pour son éviction.

Un vote qui n’a pas surpris grand monde. Autant que sont concernées la plupart des mesures, Essid a échoué à réaliser ce qui lui avait été prescrit au moment de sa nomination en février 2015 : adopter des réformes économiques, stimuler l’emploi et améliorer la sécurité.

« Le vote de défiance était inévitable», a déclaré Sarah Yerkes, chercheur invité au Centre pour la politique du Moyen-Orient à la Brookings Institution. « Cela  revient à dire qu’il existe une lutte entre les  forces qui sont pour les réformes économiques et celles qui sont contre ».

Le dépit à l’égard de la gestion de  Habib Essid n’est pas difficile à comprendre. Le soulèvement de 2011 qui a renversé l’ancien dictateur Zine el-Abidine Ben Ali tire son essence des  difficultés économiques qui ont laissé de nombreux jeunes Tunisiens sans emploi. Aujourd’hui, l’économie de la Tunisie est encore dans un état lamentable: la croissance est inférieure à 1 pour cent, la  monnaie nationale, le dinar, est faible, une série d’attaques terroristes a lacéré l’attractivité de la Tunisie auprès des touristes, et les grèves massives ont paralysé l’industrie du phosphate. En résumé, beaucoup des problèmes derrière le soulèvement de 2011 demeurent  sans réponse, et certains ont même empiré.

« Personne ne peut nier qu’Essid a échoué», souligne  Youssef Cherif, un analyste politique basé à Tunis, pour ajouter aussitôt : « n’importe quel chef de gouvernement se serait trouvé dans la même situation. Ils étaient tous impopulaires parce qu »ils  produisent des résultats limités,  raison pour laquelle la Tunisie a eu, plus ou moins, un chef de gouvernement une fois l’an  depuis 2011. « 

Mais l’éviction d’Essid tenait aussi  un peu  de l’affaire personnelle, liée à des tensions avec le président de la République, Béji Caïd Essebsi, un nonagénaire. Cette hostilité a conduit certains à voir dans son retrait une manœuvre de coulisses de BCE  qui, malgré son âge avancé, cherche à consolider son pouvoir. Ce point de vue a trouvé crédit dans la nomination de Youssef Chahed, ci-devant ministre issu du parti de Caïd Essebsi, Nidaa Tounes, comme chef de gouvernement désigné. Des  rumeurs farfelues ont circulé selon lesquelles Chahed est proche d’Essebsi par des liens familiaux, mais l’un et l’autre  ont nié toute proximité familiale.

« Essebsi ne veut plus être un président juste pour la figuration, il veut devenir un véritable homme fort, un autre Ben Ali ou Bourguiba, » affirme Cherif, se référant à Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie. Essebsi a servi à la fois sous Bourguiba et Ben Ali. Que Chahed serve de relais pour les ambitions de BCE, cela reste à voir ».

Agé  seulement de 40 ans, Chahed est ouvertement acquis aux  politiques économiques libérales.  Ses références le fonderont probablement à  « être plus disposé qu’Essid à engager des réformes économiques », estime l’analyste.

Mais un penchant pour la libéralisation économique ne peut pas, à lui seul, générer une dynamique de réforme, et Chahed va certainement faire face à l’opposition. Alors que sa nomination tire le rideau sur le gouvernement d’Essid, il va maintenant s’atteler au long  processus du choix des  nouveaux ministres, passer au crible les  projets existants, et en lancer d’autres à partir de zéro. « Si les  choses ne se font pas  assez vite, ce ne sera  pas la meilleure chose à faire », prévient-il.

« L’idée de démarrer avec un nouveau chef du gouvernement et un gouvernement dispos  donne beaucoup de crédit aux  processus lui-même qui a pourtant conduit à des réformes en souffrance, souligne Sarah Yerkes.

Malgré la relative jeunesse de Chahed, surtout par rapport à Essebsi, de nombreux jeunes Tunisiens ne le voient pas comme quelqu’un de différent. «Il appartient à l’élite tunisienne, qui est perçue comme la bourgeoisie corrompue», dit Cherif,  » et ceci joue contre lui», en particulier chez les habitants des régions les plus pauvres de la Tunisie, frappés de  plein fouet par les difficultés économiques. « C’est là que loge la plus grande opposition. Il est peut-être jeune, mais il n’est pas représentatif de la majorité des Tunisiens.

 » Ce qui est vivement exigé, c’est un changement tangible, mais qui ne peut être opéré dans les délais que les Tunisiens attendent», estime pour sa part Sarah  Yerkes. « Chahed, comme Essebsi, finiront par devenir  d’autres  boucs émissaires. « Si Chahed arrive à composer un  gouvernement d’apparence plus jeune, les jeunes se sentiront encouragés « , ajoute-t-elle toutefois.

Mais il y a encore un déficit de confiance majeur, tant chez les Tunisiens que chez des parties importantes de l’opposition politique, ce qui est de nature à compromettre la progression des réformes et la consolidation d’un système politique plus pluraliste, souligne-t-elle.

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Le secrétaire général d’Al-Massar, Samir Bettaieb a réaffirmé lundi que la position de son parti demeure inchangée et ne participera au gouvernement d’union nationale.

Cité par Assabahnews, il a ajouté qu’une délégation de son parti a rencontré dimanche le chef du gouvernement désigné, Youssef Chahed qui lui a présenté ses propositions, à charge pour Al-Massar d’y répondre dans les 24 heures.

Samir Bettaieb a indiqué que Chahed lui a affirmé qu’il ne conçoit pas un gouvernement d’union nationale sans la Gauche, Al-Massar et Al-Joumhouri, affirmant que le chef du gouvernement désigné tente toujours de persuader le Front populaire de rejoindre son gouvernement.

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La figure syndicaliste Abid Briki, a révélé qu’il avait rencontré le chef du gouvernement désigné, Youssef Chahed, évoquant un accord de principe sur sa nomination à un poste de secrétaire d’Etat  dans le gouvernement d’union nationale.

D’après des sources proches du syndicaliste citées par « Al-watan al-jadid », le poste dont il s’agit est celui de secrétaire d’Etat chargé de la Formation professionnelle, pour lequel, ajoute le journal, Briki bénéficie du soutien du directeur exécutif de Nidaâ Tounès, Hafedh Caïd Essebsi, et de Noureddine Ben Ticha, conseiller auprès du président de la République.

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La Tunisie s’est offert cinq chefs de gouvernement en autant d’années depuis sa révolution, contribuant, chacun à son échelle, à une transition démocratique largement saluée. Pour autant, aucun d’eux n’a été capable de  significatifs progrès pour doter le pays de stabilité économique et répondre aux attentes des jeunes Tunisiens.

Leur sixième successeur, le technocrate formé à la française  Youssef Chahed, se dépense en promesses audacieuses avant même de prendre ses fonctions pour lutter contre les problèmes auxquels fait face la Tunisie.

Mais une imminente crise budgétaire et de remboursement de la dette, jumelée à l’immobilisme  politique, peuvent empêcher  le quarantenaire chef du gouvernement désigné d’échapper au sort qui a été celui des ses prédécesseurs, estime l’agence Reuters.

Depuis le renversement en 2011 de l’autocrate Zine El-Abidine Ben Ali, la Tunisie a tenu  des élections libres, promulgué une nouvelle constitution et instauré une culture de compromis entre les partis laïques et islamistes, jurant avec  la répression, le chaos et la guerre qui se sont abattus sur  d’autres pays dont les soulèvements ressortissent au «Printemps arabe».

Le revers de la médaille est que les mouvements de protestation, la résistance syndicale et les querelles politiques ont compromis les plans visant à réformer les écrasantes dépenses publiques lestées d’une pléthorique fonction publique, et à mettre en œuvre les lois sur les banques et l’investissement.

Le président de la République, Béji Caid Essebsi a chargé la semaine dernière Youssef Chahed de former  un gouvernement d’union nationale capable de faire avancer les réformes économiques exigées par les bailleurs de fonds, notamment le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Sacrifices exceptionnels

«Nous sommes dans une situation qui dicte des décisions et des sacrifices exceptionnels », a déclaré aux journalistes Chahed, affirmant que son objectif est  lutter contre la corruption et le terrorisme, pour la promotion de la croissance économique et l’assainissement des finances publiques. «Je vais  dire au peuple tunisien toute la vérité sur la réalité de la situation financière du pays. »

De nombreux Tunisiens se demandent  si Youssef Chahed, un agronome et un allié de Caïd  Essebsi, pourra mobiliser le capital politique nécessaire pour opérer le changement. Certains de ses adversaires voient en lui une marionnette de Caïd Essebsi, choisi pour sa loyauté envers le président plutôt que pour sa capacité à diriger.

Le changement de chef du gouvernement intervient à un moment difficile. La Tunisie a été visée par trois attentas terroristes qui ont durement touché le secteur touristique qui représente 8 pour cent de l’économie. Le chômage est déjà à 15 pour cent, avec un taux beaucoup plus élevé parmi  les jeunes dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 29 ans.

L’année prochaine sera encore plus difficile pour les finances publiques. Environ 3 milliards de dollars  devront être remboursés au titre du service de la dette et l’Etat devra trouver de l’argent  pour ses fonctionnaires, soit  quelque 450 millions $ par mois.

« Les revenus prévus pour 2017 ne seront pas suffisants pour couvrir le montant de 1 milliard de dinars chaque mois pour 700.000 employés du secteur public», a déclaré le  gouverneur de la Banque centrale, Chedli Ayari, la semaine dernière. « Nous allons avoir besoin de financements étrangers dans ce contexte difficile marqué par  la chute des revenus du tourisme et du phosphate. »

Si Youssef Chahed ne va pas être en peine  d’obtenir le vote de confiance du parlement pour le gouvernement d’union nationale, il devra louvoyer entre les difficiles  relations avec les syndicats et les troubles sociaux qui ont fait capoter par le passé les tentatives du gouvernement de faire passer le type de sacrifices financiers, de  réformes  et d’austérité qu’il est en train d’évoquer.

Des réformes essentielles et radicales au point mort, souvent parce que les gouvernements successifs ont manqué de capital politique, d’audace et de volonté de résister aux  pressions populaires contre les réductions des dépenses publiques ou les  mesures d’austérité.

«Le gouvernement Chahed veut restreindre  les  libertés pour imposer les  mesures douloureuses de  son plan économique», a déclaré Hamma Hammami, le chef du parti d’opposition, le  Front populaire. « Mais le gouvernement échouera car il ne propose rien de nouveau, autant que celui d’Essid, », pronostique-t-il, cité par Reuters.

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Le courant Al Mahaba a appelé jeudi le ministère public à ouvrir une enquête pour vérifier les informations relayées sur l’existence de liens de parenté entre le président de la République Béji Caid Essebsi et Youssef Chahed, le chef du gouvernement désigné.
Selon le parti, le choix, par Caid Essebsi, de Youssef Chahed pour former le la nouvelle équipe ministérielle constitue  » une confiscation de la révolution et une atteinte au processus démocratique ».
Les membres d’Al Mahaba, qui s’exprimaient jeudi en conférence de presse à Tunis, ont affirmé que leur parti poursuivra sa campagne en faveur de la démission de Caid Essebsi et de l’organisation d’élections présidentielle et législatives anticipées pour  » sauver le pays » de la corruption, de la faillite et du « règne familial ».

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Le chef du gouvernement désigné, Youssef Chahed poursuit ses consultations sur la formation du gouvernement d’union nationale.

Les personnalités politiques et autres défilent, à cet égard, à Dar Edhiafa à Carthage où Youssef Chahed a pris ses quartiers. Certaines rencontres ont été annoncées à la presse, d’autres n’ont pas été divulguées, à l’instar de celle qui l’a réuni avec le député Mahdi Ben Gharbia, affirme Mosaïque fm,  qui indique que le chef du gouvernement désigné  aura un entretien ce jeudi soir avec le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi.

 

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Les consultations en vue de la formation du gouvernement d’union nationales semblent être parties sur les chapeaux de roues. Le chef du gouvernement désigné, Youssef Chahed, les a lancées sitôt obtenu le blanc-seing du président de la République, Béji Caïd Essebsi, qui avait lui-même fait montre d’une égale célérité pour aller de l’avant dans son initiative quitte à s’attirer les foudres d’une partie de l’opposition pourtant acquise à son initiative. Elle lui reproche d’avoir abusé de sa prérogative constitutionnelle en la matière  en expédiant en cinq sec  le volet relatif au profil du chef du gouvernement explicitement stipulé par le « Document de Carthage ».

On pourrait entrevoir dans cet empressement le souci de l’un et de l’autre de rattraper le perdu, celui dépensé ou dilapidé deux mois durant pour amener à composition le chef du gouvernement sortant, Habib Essid, le dissuader d’aller devant le Parlement pour poser la question de confiance et, ce faisant, le voir présenter de son propre chef sa démission. Mais il y a encore plus urgent. Le pays a un besoin impérieux de disposer d’un gouvernement qui se mette à l’ouvrage, sur le pouce et sans devoir épuiser les délais prescrits par la Loi fondamentale, alors que les dossiers brûlant s’entassent sans perspective de solution.

Consultations, oui, mais il ne faudra pas que cela vire au marchandage sur les portefeuilles, aux surenchères des partis, aux manœuvres partisanes, en un mot à cette foire d’empoigne associée généralement à tout processus de formation de gouvernement où chacun s’échine à arranger un avantage auquel il pense avoir droit. On ne sait pas si Youssef Chahed a l’audace et la capacité de déroger à cette « contrainte », mais on est en peine de prendre pour parole d’Evangile son affirmation que « ce sera un gouvernement de compétences nationales, un gouvernement de jeunes, qui sera franc avec le peuple dès le début à propos de la situation économique et sociale du pays ».

Le fait est que la formation d’un nouveau gouvernement est toujours une promesse d’avenir. Et il appartiendra à Youssef Chahed de ne pas faire en sorte que cet espoir soit démenti. D’abord, en s’arrogeant une solide « marge d’autonomie » vis-à-vis du président de la République plus enclin que jamais à sortir de sa posture de second personnage de l’Etat avec des prérogatives strictement définies par la Constitution qui lui reconnaît des attributions limitées, sauf en matière de sécurité et d’affaires étrangères. Le nouveau chef du gouvernement, plus est, d’union nationale, devra surtout éviter de retomber dans le statut de Premier ministre, ce qui amoindrirait d’autant son périmètre de pouvoir, le plaçant sous la tutelle du chef de l’Etat auquel il doit sa désignation. Au demeurant, Youssef Chahed aura-t-il tout loisir et entière latitude de choisir ses ministres ? Voici l’autre écueil qui l’attend alors que les candidats des partis de la Coalition et d’ailleurs sont légion et surtout bien décidés dans l’attelage gouvernemantal. D’autant aussi que la course vers les portefeuilles de souveraineté sera des plus âpres et des plus épiques, parmi le groupe des quatre qui soutient le plus le gouvernement. On imagine mal, par exemple, le mouvement Ennahdha se contenter d’un strapontin comme ce fut le cas dans le gouvernement Essid, alors que ses ténors n’ont de cesse de claironner que la présence du parti dans l’équipe ministérielle doit refléter son poids politique, à l’Assemblée des représentants du peuple et ailleurs. Et puis, il y a l’UGTT que le président de la République tenait mordicus à associer à son gouvernement d’union nationale. Tout en entérinant du bout des lèvres la désignation de Youusef Chahed, elle ne s’est pas gardée de donner à penser qu’elle l’attend au tournant, d’abord pour ne pas devoir assumer un éventuel échec et ensuite pour disposer d’un relais gouvernemental afin de faire passer ses revendications, faute de les faire aboutit par « tous les moyens militants disponibles».

C’est à se demander si le nouveau chef du gouvernement aura les coudées franches en amont comme en aval. S’il arrive en toute hypothèse optimiste à évacuer la question de la formation de son cabinet, aura-t-il ensuite toute la ressource de s’attaquer aux épouvantables défis sur lesquels ses prédécesseurs se sont cassés les dents. Les  cinq priorités qu’il a fixées et énumérées dans le bon ordre, il est vrai, pourront-elles mises en œuvre avec les moyens du bord disponibles. Plus précisément aura-t-il le nerf de la guerre nécessaire pour conduire ses missions et le pays à bon port. Les Tunisiens montreront-ils moins d’impatience à voir leurs attentes satisfaites et accepter les sacrifices forcément douloureux que leur « promet » le nouveau chef du gouvernement ? Autant de lancinantes interrogations auxquelles le nouveau locataire aura à répondre, et vite, sous peine de se voir rabroué. On peut quand même prendre pour un élément encourageant la promesse faite par  Youssef Chahed de dire toute la vérité au peuple. Et faut-il bien ajouter qu’il devra le faire sans baragouinage, en bon tribun, en communicateur de bonne facture sans nécessairement  être le charismatique tant recherché.

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Skander Bouallègue

Le député du Front populaire, Ammar Amroussia vient de lancer une rude algarade contre le chef du gouvernement désigné, Youssef Chahed, le comparant à l’eau, « inodore, incolore et insipide », selon ses dires.

Sur la chaîne tv publique, il l’a qualifié de « fonctionnaire auprès de la famille et des cercles influents de son parti »

Le député a affirmé que Youssef Chahed a échoué dans sa mission à la présidence du Comité des 13 pour la réconciliation à Nidaâ Tounès comme il a connu le même sort dans ses fonctions de secrétaire d’Etat à l’Agriculture ».

Il est à rappeler que  le même député a lancé un virulent réquisitoire contre le fils du président de la République, Hafedh Caïd Essebsi, lors de la séance plénière de l’ARP sur la question de confiance au gouvernement Essid.

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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi a enfin livré le nom de son préféré pour la présidence du gouvernement d’union nationale. C’est le ministre des Collectivités locales dans le gouvernement démissionnaire de Habib Essid, Youssef Chahed, que l’on soupçonnait d’être déjà sur les tablettes de BCE quand il avait lancé son initiative voici deux mois. Dans un remarquable esprit de suite, et au tout premier jour de l’épisode des consultations sur la formation du prochain gouvernement, le chef de l’Etat, probablement pour souligner  qu’il n’y avait plus de temps à perdre et qu’il est important d’entrer vite dans le vif du sujet, a pris de court ses douze interlocuteurs moins un (suivez mon regard)  en leur notifiant son choix, à charge pour eux de s’y rallier  ou, dans le cas contraire, d’en proposer d’autres.

On lit d’ordinaire cette latitude  comme le signe d’une démarche participative où chaque parti ou organisation aura tout loisir de voir si Youssef Chahed  a le pédigrée d’un chef du gouvernement, s’il en  a la tête de l’emploi et s’il est en état d’oser faire  ce dont son prédécesseur n’a pas été capable de faire. Si la majorité des signataires du « Document de Carthage » se cantonne encore dans un silence bien compris, estimant qu’il ne s’agit là que d’une simple proposition à débattre, des indicateurs généralement probants donnent à penser qu’au moins deux partis et autant d’organisations ne voient pas d’un si bon œil le choix du chef de l’Etat. D’abord le parti Al-Joumhouri, dont le président Ahmed Najib Chabbi qui partait favori pour la Kasbah et qui se trouve ainsi écarté de la course, puis l’UPL de Slim Riahi qui s’est dit surpris par le choix du chef de l’Etat, en affirmant que le  prochain chef du gouvernement doit faire l’objet d’un consensus de la part des signataires de l’accord de Carthage, sans omettre d’évoquer «  les dissensions que cette nomination pourrait susciter ». Quant à l’UGTT et l’UTICA, elles exigent un « technocrate » et à la toute rigueur un homme politique qui ne soit pas issu d’un parti.

Ces réserves faites, et faites, semble-t-il, en toute sérénité, pèseront-elles sur la suite des événements ? Les prochains jours le diront, mais il importera de régler avec soin ces cahots, afin que, par la suite, il n’y ait pas d’embrouille. D’autant que les griefs ne se font pas rares pour charger la personne proposée, un néophyte en politique où il n s’est pas construit un solide registre, sauf chez Nidaâ Tounès qu’il a rejoint en 2011 pour gravir les échelons jusqu’à présider le « Comité des 13 » qui a exécuté l’ex secrétaire général de la paierie, Mohsen Marzouk, et ce après un épisodique passage au parti Al-Joumhouri dont il était membre fondateur. Agronome de formation, il a exercé ses talents en tant que secrétaire d’Etat à la Pêche au ministère de l’Agriculture avant d’être propulsé ministre des Affaires locales, poste qu’il occupe depuis janvier 2016 à ce jour. On ne lui connaît que des fonctions purement techniques associées à ses qualifications académiques, à l’exclusion d’autres lui permettant d’acquérir un savoir-faire politique, n’ayant jamais rejoint un cabinet de ministre, ni ne s’était vu confier une haute charge dans la haute fonction publique, pas plus qu’il n’était rompu à l’art de la politique que ce soit dans la sphère parlementaire, ou autant qu’on le sache dans la société civile.

Mais, il a pour lui son jeune âge, un « quadra » qui jure ostensiblement avec le modèle néolithique, et qui, à ce titre, a vocation à répondre aux attentes des jeunes, surtout ceux issus de la Révolution,  en saisissant mieux que quiconque  leurs préoccupations, les anticipant même, et en apportant une certaine fraîcheur à l’exercice politique. Surtout, on souligne son intégrité, la pertinence de sa vision, sa rigueur peut-être, mais qui demande à être mise à l’épreuve. Ont le dit aussi bénéficier du préjugé favorable des puissances étrangères, des bailleurs de fonds et des institutions internationales pour y avoir officié, singulièrement à la FAO où il a servi comme expert.

Pour autant, cet état de services le fonde-t-il à occuper des fonctions aussi cruciales que celles d’un chef du gouvernement, plus est, dans une conjoncture politique, économique, sociale et sécuritaire aussi grave ? Sans aller jusqu’à parler d’un saut dans l’inconnu, on ne s’empêchera pas de voir dans ce choix un pari, à tout le mois un défi dont on ignore comment il sera relevé et s’il peut l’être.

La tentation népotique !

Il faut en convenir, le nouveau chef du gouvernent a et aura maille à partir avec les soupçons de népotisme sous  le faix desquels il commence déjà à crouler. On lui prête des liens de parenté avec le président de la République qui a proposé son nom. On affirme qu’il est le neveu du beau-fils et médecin personnel de Béji Caïd Essebsi. Et  ceci n’a pas l’heur d’arranger la démonstration de BCE, déjà justiciable d’un grief de la même eau, celui de favoriser l’ascension de son fils, Hafedh.  Il y a fort à parier que cet accès de népotisme qui fait déjà du bruit dans Landerneau va gagner les chaumières. Mais on se consolera un petit peu en découvrant que Youssef Chahed est le petit-fils de Radhia Haddad, la mythique première présidente de l’UNFT (Union nationale des femmes de Tunisie), à laquelle la femme tunisienne doit une part de son émancipation.

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