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Chine, libre-échange

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L'événement mondial

L’événement mondial, aujourd’hui dimanche 29 septembre 2013, est sans conteste, l’inauguration de la zone pilote de libre-échange à Shanghai, qui est perçue par les Chinois comme un champ d’expérimentation pour approfondir les réformes d’orientation du marché et renforcer le développement économique.

Le Premier ministre chinois n’a-t-il pas déclaré dernièrement que le rythme de croissance actuel était suffisant et que l’objectif était désormais de réformer l’économie, laissant entendre que Pékin a pour objectif d’enclencher une nouvelle phase de libéralisation ?

La presse étrangère, notamment européenne, voit dans cette zone un levier de taille pour enclencher une nouvelle phase, testée grandeur nature pour engager entièrement le pays sur le chemin de la libéralisation. Les Chinois , beaucoup plus sobres dans le langage , discrets dans le comportement ,et prudents dans la démarche , voient dans ce projet l’aboutissement d’une politique économique entamée , sous la houlette de Deng Xiaoping, au début des années 1980 , avec la création des premières zones économiques spéciales (ZES) , et les zones de développement économique et technologique (EDTZ) , dont la plus célèbre est celle de Shenzhen(ZES) , qui est passée en une vingtaine d’années de simple village de petite taille en une ville de plus de 10 millions d’habitants. Ce projet est également le fruit de l’application régulière et assidue, depuis trente-cinq ans, d’une même stratégie qui repose sur un principe cher à Deng Xiaoping : « traverser la rivière en tâtant les pierres » pour faire avancer le pays sur le chemin des réformes. On en comprend que chaque étape doit se faire avec prudence – donc localement et étalée dans le temps – avant d’être généralisée.

D’ailleurs des informations se multiplient en Chine au sujet de deux villes côtières, Xiamen et Tianjin, qui, toutes deux, pourraient prétendre rapidement à ouvrir leur propre zone de libre-échange, après celle de Shangai.

La zone de libre-échange qui a été inaugurée, ce dimanch,e a été lancée comme projet en 2006 lorsque Hu Jintao, alors président, avait annoncé sa volonté de faire de Shanghai un centre mondial pour le commerce, l’économie et la finance. Mais la mise en œuvre a été singulièrement accélérée depuis mars dernier, date de l’investiture de Li Keqiang comme nouveau premier ministre. Les grandes lignes du projet ont été fixées à cette date, et en juin, un centre de recherches sur ce thème a été créé pour que le projet soit inauguré dans les délais, en septembre.

L’arsenal juridique chinois, réputé contraignant a été réformé pour s’accommoder des nouvelles orientations .Le Conseil des Affaires d’Etat chinois a approuvé officiellement, le 3 juillet, l’établissement de cette zone à titre expérimental. La mairie de la ville à laquelle le comité permanent du parlement de Shanghai a donné son feu vert pour apporter les amendements nécessaires aux documents législatifs locaux en cohérence avec le système légal national , a annoncé, le 24 septembre, que les règles détaillées du fonctionnement de la zone pilote de libre-échange seront dévoilées, dimanche 29 septembre . Ces règles aboutiraient à libéralisation de la convertibilité des taux et à la disparition des contrôles sur les taux d’intérêt des dépôts et des crédits.

Les analystes relèvent que la zone de libre-échange de Shanghai a choisi la finance offshore comme fil directeur de la réforme financière et s’efforcera de devenir la capitale mondiale du yuan en termes d’innovation financière, de commerce, de valorisation et de règlement de transactions. Toutefois, et à quelques jours du coup d’envoi de la zone, la libre convertibilité du yuan, et le degré d’ouverture auquel les opérateurs économiques auront affaire (complet ou limité) n’étaient toujours pas clairs.

Le projet consiste à créer à Shangai un territoire d’un peu plus de 28 kilomètres carrés sur lequel le fonctionnement de l’économie devra tendre vers une libéralisation aussi poussée que possible.

L’étendue de la zone couvrira la zone franche de Waigaoqiao, la zone de logistique franche de Waigaoqiao, la zone portuaire franche de Yangshan et la zone franche générale de l’aéroport Pudong .

Trois piliers du projet sont concernés. D’abord, renforcer le port de Shanghai pour concurrencer de front ceux de Hong­kong et de Singapour, en les attaquant sur leur propre terrain de jeu: fiscalité faible et transparence des procédures. Ensuite , le secteur des services, où il faut créer un environnement juridique permettant aux groupes étrangers de jouer à égalité avec les sociétés chinoises pour les encourager à venir s’installer dans la zone .Enfin , restreindre autant que possible le champ des domaines définis comme stratégiques et réservés aux groupes nationaux , et ce dans le but d’autoriser la concurrence sur un maximum de secteurs d’activité .

Les banques commerciales qui ne sont plus obligées de posséder une seule succursale par ville , se sont hâtées d’installer leurs réseaux de services dans la zone, et les quatre principales banques publiques chinoises (Industrial and Commercial Bank of China , China Construction Bank , Bank of China et Agricultural Bank of China), ont sollicité la création de nouvelles branches de service et la transformation de certaines branches en succursales dans la zone.

Les établissements financiers, chinois et étrangers, bénéficieront des mêmes conditions au sein de la zone, ce qui pourra leur apporter davantage d’opportunités. Les sociétés étrangères des télécommunications auront la chance de se disputer l’acquisition des licences de services Internet dans la zone avec les entreprises publiques chinoises.

Il est trop tôt pour s’interroger sur l’avenir de la zone de libre-échange qui ne fait que démarrer, et celui de la ville qui a été, de tout temps, prédestinée à jouer un rôle déterminant dans l’économie chinoise et celle du sud-est asiatique, et qui a été bien préparée pour ce rôle depuis les années 1990. En fait, Deng Xiaoping a décidé en 1992 de promouvoir son développement économique et industriel. Aujourd’hui, elle est en passe de retrouver sa place de centre financier de l’Asie, et est considérée comme le nouveau pôle de l’économie-monde, en remplacement de New York.

Malgré la croissance économique tous azimuts de toutes les villes de la Chine, Shanghai enregistre depuis 1991, une croissance économique à deux chiffres, et elle est donc la seule région chinoise dans ce cas sur une si longue durée.

Cette ville dont l’envol économique est sans égal en Chine et dans le sud-est asiatique , va-t-elle donner à cette expérience de zones économiques spéciales(ZES) une envergure nouvelle ? Cette expérience maintenue à dessein dans les limites de la taille réduite , justement pour limiter les échecs et généraliser les succès , pourra déborder ,en cas de trébuchement du nouveau projet , les limites imposées pour avoir des conséquences incalculables pour la Chine , la région et le monde ?

Aboussaoud Hmidi

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L'événement mondial

L’événement mondial, aujourd’hui dimanche 29 septembre 2013, est sans conteste, l’inauguration de la zone pilote de libre-échange à Shanghai, qui est perçue par les Chinois comme un champ d’expérimentation pour approfondir les réformes d’orientation du marché et renforcer le développement économique.

Le Premier ministre chinois n’a-t-il pas déclaré dernièrement que le rythme de croissance actuel était suffisant et que l’objectif était désormais de réformer l’économie, laissant entendre que Pékin a pour objectif d’enclencher une nouvelle phase de libéralisation ?

La presse étrangère, notamment européenne, voit dans cette zone un levier de taille pour enclencher une nouvelle phase, testée grandeur nature pour engager entièrement le pays sur le chemin de la libéralisation. Les Chinois , beaucoup plus sobres dans le langage , discrets dans le comportement ,et prudents dans la démarche , voient dans ce projet l’aboutissement d’une politique économique entamée , sous la houlette de Deng Xiaoping, au début des années 1980 , avec la création des premières zones économiques spéciales (ZES) , et les zones de développement économique et technologique (EDTZ) , dont la plus célèbre est celle de Shenzhen(ZES) , qui est passée en une vingtaine d’années de simple village de petite taille en une ville de plus de 10 millions d’habitants. Ce projet est également le fruit de l’application régulière et assidue, depuis trente-cinq ans, d’une même stratégie qui repose sur un principe cher à Deng Xiaoping : « traverser la rivière en tâtant les pierres » pour faire avancer le pays sur le chemin des réformes. On en comprend que chaque étape doit se faire avec prudence – donc localement et étalée dans le temps – avant d’être généralisée.

D’ailleurs des informations se multiplient en Chine au sujet de deux villes côtières, Xiamen et Tianjin, qui, toutes deux, pourraient prétendre rapidement à ouvrir leur propre zone de libre-échange, après celle de Shangai.

La zone de libre-échange qui a été inaugurée, ce dimanch,e a été lancée comme projet en 2006 lorsque Hu Jintao, alors président, avait annoncé sa volonté de faire de Shanghai un centre mondial pour le commerce, l’économie et la finance. Mais la mise en œuvre a été singulièrement accélérée depuis mars dernier, date de l’investiture de Li Keqiang comme nouveau premier ministre. Les grandes lignes du projet ont été fixées à cette date, et en juin, un centre de recherches sur ce thème a été créé pour que le projet soit inauguré dans les délais, en septembre.

L’arsenal juridique chinois, réputé contraignant a été réformé pour s’accommoder des nouvelles orientations .Le Conseil des Affaires d’Etat chinois a approuvé officiellement, le 3 juillet, l’établissement de cette zone à titre expérimental. La mairie de la ville à laquelle le comité permanent du parlement de Shanghai a donné son feu vert pour apporter les amendements nécessaires aux documents législatifs locaux en cohérence avec le système légal national , a annoncé, le 24 septembre, que les règles détaillées du fonctionnement de la zone pilote de libre-échange seront dévoilées, dimanche 29 septembre . Ces règles aboutiraient à libéralisation de la convertibilité des taux et à la disparition des contrôles sur les taux d’intérêt des dépôts et des crédits.

Les analystes relèvent que la zone de libre-échange de Shanghai a choisi la finance offshore comme fil directeur de la réforme financière et s’efforcera de devenir la capitale mondiale du yuan en termes d’innovation financière, de commerce, de valorisation et de règlement de transactions. Toutefois, et à quelques jours du coup d’envoi de la zone, la libre convertibilité du yuan, et le degré d’ouverture auquel les opérateurs économiques auront affaire (complet ou limité) n’étaient toujours pas clairs.

Le projet consiste à créer à Shangai un territoire d’un peu plus de 28 kilomètres carrés sur lequel le fonctionnement de l’économie devra tendre vers une libéralisation aussi poussée que possible.

L’étendue de la zone couvrira la zone franche de Waigaoqiao, la zone de logistique franche de Waigaoqiao, la zone portuaire franche de Yangshan et la zone franche générale de l’aéroport Pudong .

Trois piliers du projet sont concernés. D’abord, renforcer le port de Shanghai pour concurrencer de front ceux de Hong­kong et de Singapour, en les attaquant sur leur propre terrain de jeu: fiscalité faible et transparence des procédures. Ensuite , le secteur des services, où il faut créer un environnement juridique permettant aux groupes étrangers de jouer à égalité avec les sociétés chinoises pour les encourager à venir s’installer dans la zone .Enfin , restreindre autant que possible le champ des domaines définis comme stratégiques et réservés aux groupes nationaux , et ce dans le but d’autoriser la concurrence sur un maximum de secteurs d’activité .

Les banques commerciales qui ne sont plus obligées de posséder une seule succursale par ville , se sont hâtées d’installer leurs réseaux de services dans la zone, et les quatre principales banques publiques chinoises (Industrial and Commercial Bank of China , China Construction Bank , Bank of China et Agricultural Bank of China), ont sollicité la création de nouvelles branches de service et la transformation de certaines branches en succursales dans la zone.

Les établissements financiers, chinois et étrangers, bénéficieront des mêmes conditions au sein de la zone, ce qui pourra leur apporter davantage d’opportunités. Les sociétés étrangères des télécommunications auront la chance de se disputer l’acquisition des licences de services Internet dans la zone avec les entreprises publiques chinoises.

Il est trop tôt pour s’interroger sur l’avenir de la zone de libre-échange qui ne fait que démarrer, et celui de la ville qui a été, de tout temps, prédestinée à jouer un rôle déterminant dans l’économie chinoise et celle du sud-est asiatique, et qui a été bien préparée pour ce rôle depuis les années 1990. En fait, Deng Xiaoping a décidé en 1992 de promouvoir son développement économique et industriel. Aujourd’hui, elle est en passe de retrouver sa place de centre financier de l’Asie, et est considérée comme le nouveau pôle de l’économie-monde, en remplacement de New York.

Malgré la croissance économique tous azimuts de toutes les villes de la Chine, Shanghai enregistre depuis 1991, une croissance économique à deux chiffres, et elle est donc la seule région chinoise dans ce cas sur une si longue durée.

Cette ville dont l’envol économique est sans égal en Chine et dans le sud-est asiatique , va-t-elle donner à cette expérience de zones économiques spéciales(ZES) une envergure nouvelle ? Cette expérience maintenue à dessein dans les limites de la taille réduite , justement pour limiter les échecs et généraliser les succès , pourra déborder ,en cas de trébuchement du nouveau projet , les limites imposées pour avoir des conséquences incalculables pour la Chine , la région et le monde ?

Aboussaoud Hmidi

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