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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi a enfin livré le nom de son préféré pour la présidence du gouvernement d’union nationale. C’est le ministre des Collectivités locales dans le gouvernement démissionnaire de Habib Essid, Youssef Chahed, que l’on soupçonnait d’être déjà sur les tablettes de BCE quand il avait lancé son initiative voici deux mois. Dans un remarquable esprit de suite, et au tout premier jour de l’épisode des consultations sur la formation du prochain gouvernement, le chef de l’Etat, probablement pour souligner  qu’il n’y avait plus de temps à perdre et qu’il est important d’entrer vite dans le vif du sujet, a pris de court ses douze interlocuteurs moins un (suivez mon regard)  en leur notifiant son choix, à charge pour eux de s’y rallier  ou, dans le cas contraire, d’en proposer d’autres.

On lit d’ordinaire cette latitude  comme le signe d’une démarche participative où chaque parti ou organisation aura tout loisir de voir si Youssef Chahed  a le pédigrée d’un chef du gouvernement, s’il en  a la tête de l’emploi et s’il est en état d’oser faire  ce dont son prédécesseur n’a pas été capable de faire. Si la majorité des signataires du « Document de Carthage » se cantonne encore dans un silence bien compris, estimant qu’il ne s’agit là que d’une simple proposition à débattre, des indicateurs généralement probants donnent à penser qu’au moins deux partis et autant d’organisations ne voient pas d’un si bon œil le choix du chef de l’Etat. D’abord le parti Al-Joumhouri, dont le président Ahmed Najib Chabbi qui partait favori pour la Kasbah et qui se trouve ainsi écarté de la course, puis l’UPL de Slim Riahi qui s’est dit surpris par le choix du chef de l’Etat, en affirmant que le  prochain chef du gouvernement doit faire l’objet d’un consensus de la part des signataires de l’accord de Carthage, sans omettre d’évoquer «  les dissensions que cette nomination pourrait susciter ». Quant à l’UGTT et l’UTICA, elles exigent un « technocrate » et à la toute rigueur un homme politique qui ne soit pas issu d’un parti.

Ces réserves faites, et faites, semble-t-il, en toute sérénité, pèseront-elles sur la suite des événements ? Les prochains jours le diront, mais il importera de régler avec soin ces cahots, afin que, par la suite, il n’y ait pas d’embrouille. D’autant que les griefs ne se font pas rares pour charger la personne proposée, un néophyte en politique où il n s’est pas construit un solide registre, sauf chez Nidaâ Tounès qu’il a rejoint en 2011 pour gravir les échelons jusqu’à présider le « Comité des 13 » qui a exécuté l’ex secrétaire général de la paierie, Mohsen Marzouk, et ce après un épisodique passage au parti Al-Joumhouri dont il était membre fondateur. Agronome de formation, il a exercé ses talents en tant que secrétaire d’Etat à la Pêche au ministère de l’Agriculture avant d’être propulsé ministre des Affaires locales, poste qu’il occupe depuis janvier 2016 à ce jour. On ne lui connaît que des fonctions purement techniques associées à ses qualifications académiques, à l’exclusion d’autres lui permettant d’acquérir un savoir-faire politique, n’ayant jamais rejoint un cabinet de ministre, ni ne s’était vu confier une haute charge dans la haute fonction publique, pas plus qu’il n’était rompu à l’art de la politique que ce soit dans la sphère parlementaire, ou autant qu’on le sache dans la société civile.

Mais, il a pour lui son jeune âge, un « quadra » qui jure ostensiblement avec le modèle néolithique, et qui, à ce titre, a vocation à répondre aux attentes des jeunes, surtout ceux issus de la Révolution,  en saisissant mieux que quiconque  leurs préoccupations, les anticipant même, et en apportant une certaine fraîcheur à l’exercice politique. Surtout, on souligne son intégrité, la pertinence de sa vision, sa rigueur peut-être, mais qui demande à être mise à l’épreuve. Ont le dit aussi bénéficier du préjugé favorable des puissances étrangères, des bailleurs de fonds et des institutions internationales pour y avoir officié, singulièrement à la FAO où il a servi comme expert.

Pour autant, cet état de services le fonde-t-il à occuper des fonctions aussi cruciales que celles d’un chef du gouvernement, plus est, dans une conjoncture politique, économique, sociale et sécuritaire aussi grave ? Sans aller jusqu’à parler d’un saut dans l’inconnu, on ne s’empêchera pas de voir dans ce choix un pari, à tout le mois un défi dont on ignore comment il sera relevé et s’il peut l’être.

La tentation népotique !

Il faut en convenir, le nouveau chef du gouvernent a et aura maille à partir avec les soupçons de népotisme sous  le faix desquels il commence déjà à crouler. On lui prête des liens de parenté avec le président de la République qui a proposé son nom. On affirme qu’il est le neveu du beau-fils et médecin personnel de Béji Caïd Essebsi. Et  ceci n’a pas l’heur d’arranger la démonstration de BCE, déjà justiciable d’un grief de la même eau, celui de favoriser l’ascension de son fils, Hafedh.  Il y a fort à parier que cet accès de népotisme qui fait déjà du bruit dans Landerneau va gagner les chaumières. Mais on se consolera un petit peu en découvrant que Youssef Chahed est le petit-fils de Radhia Haddad, la mythique première présidente de l’UNFT (Union nationale des femmes de Tunisie), à laquelle la femme tunisienne doit une part de son émancipation.

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