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Chokri Belaid Kamel Gadhgadhi Assassinat

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Les recherches s'accélèrent  dans les hauteurs du Nord- ouest pour arrêter Kamel Gadhgadhi

Les recherches s’accélèrent dans les hauteurs du Nord- ouest pour arrêter Kamel Gadhgadhi , alias Chokri , le présumé meurtrier de Chokri Belaid . Ces péripéties seraient l’ultime épisode d’une chasse à l’homme lancée pour démasquer les auteurs de l’assassinant du secrétaire général du parti des patriotes démocrates unifié .

Le profil de Kamel Gadhgadhi, commence à prendre forme. Il a 35 ans (né le 18 mai 1979), originaire de Oued Mliz à Jendouba . Brillant élève, il poursuit ses études aux Etats-Unis, au début des années 2000. Là, il prend langue avec des mouvements islamistes radicaux .Mais il est vite rattrapé par le 11 septembre 2001. Expulsé par les autorités américaines, pour séjour en situation irrégulière, il cherchera vainement à revenir aux Etats-Unis, en épousant, en Tunisie, une américaine d’origine afghane. La procédure de l’octroi du visa ayant échoué, la séparation du couple est consommée.

Les informations qui concernent Kamel Gadhgadhi , depuis son retour des Etats-Unis ,en 2002, vont dans le même sens : il se consacre à son engagement politique , il rompt avec sa famille, et sa région natale .Il aurait voyagé en Afghanistan et s’est initié au maniement des armes .

Peu d’éléments filtrent sur ses rapports organisationnels avec la nébuleuse djihadiste tunisienne et même internationale, avant et après 14 janvier 2011, mais, il aurait été conditionné par les soins d’hommes de main, pour passer à l’acte ,au moindre signal .

Son implication dans le meurtre de Chokri Belaid , a été établie sur la base des analyses « biologiques  » effectuées , et des recoupements technologiques opérés :une mèche de cheveux retrouvée sur un couvre-chef abandonné , après l’exécution de l’acte criminel , la kachabia laissée dans la malle de la voiture louée ,vidéos filmées par des caméras installées dans des commerces avoisinants, contacts téléphoniques localisant les suspects aux environs de la scène du crime .

La première piste qui a conduit à l’identification du réseau était l’analyse par la brigade des affaires criminelles des enregistrements d’une caméra de surveillance surplombant la scène du crime.

La caméra a permis l’enregistrement d’une voiture de marque Fiat Sièna , de couleur blanche qui rodait quotidiennement dans la zone , et surtout les 1 , 2 et 5 février 2013 , jours qui ont juste précédé l’assassinat .Des informations ont révélé que la voiture circulait sans plaque minéralogique . Les enregistrements, après analyse dans des laboratoires étrangers, ont fourni de précieuses données concernant cette voiture : 1200 voitures dans le pays répondaient aux caractéristiques relevées. La brigade a procédé par élimination, et une seule voiture est restée dans la ligne de mire des enquêteurs. La dite voiture était la propriété d’un individu qui répondait au nom de Mohammed Ali Dammak ,salafiste , associé à un autre salafiste . Les deux vivaient de la location de la dite voiture. Ils l’ont loué à un individu, salafiste lui aussi, qui l’a utilisée pour faire le repérage des lieux, aux dates indiquées . Est-ce un hasard?

Mohammad Ali Dammak , bien que salafiste ,ne paraît pas entretenir de liens avec le groupe salafiste soupçonné du meurtre de Chokri Belaid .

Il a été identifié alors qu’il se trouvait sur les lieux du crime ,un ou 2 jours après l’assassinat, grâce à son téléphone activé dans la zone . Il a fourni un alibi convaincant : son passage dans les parages, il l’a expliqué par un service qu’il devait rendre à un certain Tarak Enneifer , imam salafiste à Sfax . Vérification faite, l’alibi tenait , et il s’est avéré que l’imam de Sfax n’a aucun lien avec l’affaire ,et a été, ainsi , relâché au lendemain de son arrestation .

Le 4ème individu arrêté n’est autre que le convoyeur de l’assassin présumé : il l’a amené et assuré sa fuite par la moto, le jour de l’assassinat.

Il a été arrêté grâce aux enregistrements vidéo des caméras de surveillance, et ne paraissait pas avoir de lien, lui non plus, avec les 2 propriétaires de la voiture. Tarak Enneifer, l’imam salafiste ne l’a pas reconnu, durant les confrontations, et le dédouane de toute connivence avec la mouvance salafiste.

Cours sinueux de l’enquête

Le propriétaire de la voiture n’a pas voulu collaborer pour révéler le nom de son client.

Il a été confondu par le repérage de sa présence sur la scène du crime après l’assassinat ainsi qu’avec les contacts téléphoniques avec le suspect qui a loué la voiture .

Une perquisition a permis à la brigade de mettre la main sur ce qui tient lieu de registre de location, et le nom de celui qui était en possession de la voiture au moment des faits . La kachabia qui a servi au déguisement a été retrouvée dans la malle de la voiture.

Les 2 individus ont été arrêtés, en vertu de la loi anti-terroriste du 10/12/2003, et les investigations ont permis d’identifier le principal suspect : Kamel Gadhgadhi, alias Chokri .

L’enquête, qui avance à pas sûrs ,a permis d’entendre beaucoup de témoins : membres de la famille Belaid , politiciens , hommes de médias , juristes ,responsables des services de sécurité . Le chauffeur qui a ramené Chokri Belaid, dans la soirée de mardi 5 février 2013, après son passage sur le plateau de Nessma tv,a été également entendu , de même qu’un témoin recommandé par Me Faouzi Ben M’rad , et auquel il a fait allusion, lors de son point de presse du 22/2/2013.

Le président de la République a été, lui aussi, entendu, comme témoin.

Le juge d’instruction a enjoint à la brigade des affaires criminelles de recourir , en cas de besoin , à l’assistance étrangère pour analyser les enregistrements vidéos , déterminer l’arme utilisée , ou lire les plaques minéralogiques , et les photos des individus .

Il a donné autorisation à mettre sur écoute des numéros de téléphones, et procéder aux interrogatoires des suspects.

Enigmes à déchiffrer

L’affaire n’a pas encore livré tous ses secrets. Des énigmes restent à déchiffrer : hormis ceux qui ont échafaudé le plan de l’assassinat et commandité le crime, le puzzle de l’affaire doit être complété. Ces salafistes qui font appel aux leurs, mais qui prétendent ne pas se connaitre. Ils participent à un crime aussi minutieusement préparé, et feignent de ne rien savoir sur les véritables deseins de l’entreprise .On retrouve là le cloisonnement classique des structures clandestines dédiées aux opérations terroristes.

Une autre énigme concerne le climat politique dans lequel s’inscrit l’assassinat : banalisation du port d’armes, extension des zones de non-droit dans plusieurs quartiers populaires , caractérisées par l’absence de l’Etat et la mainmise des salafistes , et manque de surveillance des frontières avec les pays voisins .Ce climat facilite la préparation de ce genre d’actes terroristes et criminels, et favorise leur impunité .

L’indulgence avec laquelle Ennahdha a traité les menées irresponsables et quasi-suicidaires des salafistes, durant les derniers mois, indique que le parti au pouvoir porte un jugement non républicain sur ces agissements . Ce qui constitue une approche troublante, de nature à encourager terrorisme et criminalité politique.

Aboussaoud Hmidi .

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