Tags Posts tagged with "Chokri Yaïch"

Chokri Yaïch

par -
0
Dans une interview accordée à Africanmanager

Dans une interview accordée à Africanmanager, Chokri Yaïch, député à l’ANC a appelé le gouvernement de Mehdi Jomaâ à être plus courageux et mettre en place des mesures urgentes et concrètes.

Le député a reconnu que la situation de stabilité observée dès que Mehdi Jomaâ a accédé au pouvoir ne pourrait tenir longtemps si le gouvernement n’appliquait pas la feuille de route et ne traitait pas rapidement et d’une manière intelligente et efficace les épineux problèmes d’ordres économique et sécuritaire.

Il a qualifié d’impopulaires les dernières mesures annoncées par le chef du Gouvernement comme le gel des salaires, la suppression progressive de la compensation. Interview :

Comment vous évaluez le rendement du gouvernement de Mehdi Jomaâ ?

Il est prématuré d’avancer un jugement définitif sur le nouveau gouvernement car la période est assez courte pour évaluer le rendement, mais ce qui est certain, c’est que le consensus national et la quasi-unanimité autour du nouveau gouvernement ont facilité le rapide retour à la normale couronnée par la récente levée de l’état de l’urgence, mais ce n’est pas suffisant, car une telle situation ne pourrait tenir longtemps si le gouvernement n’appliquait pas la feuille de route et ne traitait pas rapidement et d’une manière intelligente et efficace les épineux problèmes d’ordre économique et sécuritaire.

Les dernières mesures annoncées par le chef du gouvernement comme le gel des salaires, la suppression progressive de la compensation parallèlement à la dégradation continuelle du pouvoir d’achat du citoyen s’avèrent très impopulaires. Par ailleurs, comme notre capacité de remboursement de la dette est faible, le FMI pourrait bientôt relancer l’idée que la Tunisie ne peut faire face à ses échéances de remboursement et pousserait le gouvernement à procéder à la privatisation de sociétés nationales comme la SONEDE ou encore la STEG, ce qui est inacceptable par la majorité des citoyens.

A votre avis, quelles sont les mesures à mettre en place pour sortir de la crise ?

Je pense que le gouvernement de Jomaâ doit être plus courageux en mettant en place des mesures d’urgence et concrètes, à titre d’exemple, les mesures suivantes :

– Restructurer l’administration, en particulier dans les divers ministères, offices et sociétés nationales en leur injectant du sang neuf tout en en démantelant le réseau tentaculaire mise en place par le parti d’Ennahdha : Jomaâ a démis une bonne dizaine de conseillers, mais il reste plusieurs dizaines qui tirent les ficelles vers le bas et tentent de faire échouer le gouvernement, sinon comment expliquer les dernières grèves dans des secteurs clefs de l’économie nationale dans ces moments difficiles (finances et hydrocarbures..) ? Leur but est d’arriver aux élections en évitant de creuser dans les affaires et procès en cours et faire oublier l’échec qu’a essuyé la troïka, au cours des deux dernières années…

– Tourner la page définitivement du système centralisé en commençant pas se débarrasser de plusieurs figures qui ont gardé le même comportement que sous l’ancien régime de Ben Ali et ont toujours fait obstacle à tout développement rapide et efficace des régions et donc du pays.

– Annuler tous les privilèges des hauts cadres de l’administration en termes de voitures de fonction et les « kilos » de bons d’essence par an, ce qui engendrerait une économie dépassant les 1000 milliards (plus de 650 milliards pour seulement le carburant).

Etes-vous avec la décision de geler le recrutement dans la fonction publique ?

Au lieu de geler le recrutement dans la fonction publique d’une façon générale, à la place du chef du gouvernement, je donnerai au contraire un feu vert pour le recrutement de 1000 nouveaux agents de collecte des impôts qui intégreront les diverses recettes des finances du pays et qui se chargeront du renflouement des caisses de l’Etat.

Il s’agit de présenter au plus vite un projet de loi des finances complémentaire aidant entre autres les petites et moyennes entreprises (PME) à se relever pour être plus compétitives et donc capables de recruter des sans-emploi.. La pression fiscale sur les activités productives doit donc baisser. Quant aux salariés et fonctionnaires de l’Etat, dont l’impôt est prélevé à la source, ils pourraient bénéficier d’un allègement des charges fiscales et qui se traduirait par un gain substantiel important sur leur fiche de paye induisant automatiquement le bien- être, une forte incitation et la relance de la consommation.

Il faut aussi mettre en place un nouveau système pour l’octroi de microcrédits générateurs de petits projets individuels et injecter l’argent des importants crédits dans les grands projets d’infrastructure, générateurs d’emploi, à l’échelle de tout le pays tout en ayant une vision intégrée et rompre définitivement avec les plans centralisés et orientés de l’avant-révolution.

Il est également recommandé de réanimer les grands pôles économiques, locomotives de tout développement car si on regarde seulement en arrière on risquerait de ne plus avancer.

Et qu’est ce que vous proposez concernant le système de l’éducation ?

Pour le système éducatif, il faut interdire les cours particuliers, source de malheurs non seulement pour les petits budgets mais aussi pour le niveau des élèves qui ne cesse de se dégrader. Un système intelligent pourrait être mis en place pour inciter les enseignants à mieux produire en classe et mieux gagner leur vie (allant jusqu’au double de leurs salaires), et ce en adoptant un système de notation (par une commission d’enseignants élus tous les 2 ans) en fonction de l’apport pédagogique de chaque éducateur..

Une fois ces dernières mesures adoptées et en bloc, le regard des pourvoyeurs de fonds va changer et les milliards de dinars et de dollars pourraient pleuvoir sur la Tunisie comme ce fut le cas il y a quelques jours en Italie.

Khadija Taboubi

par -
0
On vient de reprendre que les députés retirés de l’ANC ont décidé de reprendre leurs travaux à partir de demain

On vient de reprendre que les députés retirés de l’ANC ont décidé de reprendre leurs travaux à partir de demain, samedi, 26 octobre 2013.

Le député de Nidaa Tounes à l’ANC, Chokri Yaich a précisé, cependant, à Africanmanager que le compte à rebours va commencer, dès aujourd’hui, pour la formation d’un nouveau gouvernement, soulignant que le processus constituant doit s’achever dans les quatre prochaines semaines.

par -
0
  L’avant-projet de la Constitution

L’avant-projet de la Constitution, ses avantages et ses insuffisances, ainsi que la situation sécuritaire de la Tunisie, notamment après les événements de Jbel Chaânbi ,ont fait l’objet d’une Interview accordée à Africanmanager, par Chokri Yaich, élu de Nidaa tounes à l’Assemblée nationale constituante (ANC).

Vous avez, certainement lu l’avant-projet de la Constitution, comment le jugez-vous ? quels en sont les points faibles ?

Les principaux points faibles ,ce sont le manque de cohérence, les contradictions entre les articles et les confusions au sein du même article . Ce qui pourrait laisser le législateur désorienté au moment de la création de lois qui s’inspirent de cette constitution . L’exemple le plus frappant , est la nette contradiction entre les articles 1-2 où l’Islam est considéré comme la religion de la société (article 1), l’Etat civil (article 2) et l’article 136 où il est mentionné qu’il est interdit de toucher à l’Islam comme la religion de l’Etat.

Pourquoi cette ambigüité, selon-vous ?

Cette ambiguïté est destinée à ouvrir la voie à l’application de la chariâa , dans un texte qui ne la mentionne pas. Cette Charia est substituée par les principes immuables de l’Islam « thawâbit el Islam ». Ces derniers, au préambule, et dans une même phrase viennent écraser à l’amont les droits universels de l’Homme qui à leur tour se laissent contrôler, en aval , par la notion de spécificités culturelles du peuple tunisien.

Des confusions figurant dans une même phrase ne peuvent être que volontaires. Il s’agit d’une tactique des islamistes, pour semer la confusion et anéantir le cadre universel des droits de l’Homme, l’un des facteurs clés d’une constitution qui prône l’état civil.

Par ailleurs, le refus d’inscrire la liberté de conscience dans ce projet de constitution vient conforter l’idée cachée de l’application par étapes des commandements de la chariâa , comme la condamnation de l’apostat à la peine capitale . cela constitue donc une étape en direction de l’Etat théocratique. Curieusement, ces derniers jours tout le monde se mobilise pour discuter du problème du type de régime politique. A mon avis, il s’agit d’une autre tactique des islamistes pour faire oublier le plus important et l’essentiel : la confusion et les contradictions qui touchent les libertés et droits dans ce projet.

Le parti Ennahdha a toujours mis le curseur assez haut pour ensuite le rabaisser en faisant des concessions comme il va sans doute le faire , pour se rapprocher du régime politique mixte . Les contradictions dans ce projet sont vraisemblablement volontaires ,pour adopter progressivement une constitution confuse qui entraine l’affaiblissement de l’Etat civil et ouvre la voie à l’Etat théocratique si les islamistes restent longtemps au pouvoir .

Est-ce que cette Constitution n’a pas de points forts ?

Le point fort de cette Constitution, réside dans le chapitre consacré au pouvoir local , où l’organisation administrative locale sera fondée sur les principes de la décentralisation. Ceci va se concrétiser par des communes, régions et provinces couvrant tout le territoire et les dotant de l’autonomie financière et administrative. Tout contrôle se fait désormais à posteriori pour faciliter les dépenses et la mise en œuvre des projets de développement.

Alors, quelle solution voyez-vous à cette situation ?

Le pays est en train de traverser une période critique de son histoire, la frustration de la population a atteint un niveau intolérable . Cette phase de notre histoire est caractérisée par des défis internes et externes (invasion des prédicateurs obscurantistes Wahabites, violence, terrorisme, exportation des « Djihadistes ») et une constitution confuse et loin d’être consensuelle.

La seule solution réside dans la reprise du dialogue national lancé par l’UGTT , et la participation de toutes les composantes de la scène politique et civile , pour débattre et résoudre tous les problèmes y compris ceux de la constitution.

Comment jugez-vous la situation sécuritaire en Tunisie, notamment avec ce qui se passe à Jbel Chaâmbi?

Les opérations terroristes survenues à Jbel Chaambi ,à Kasserine , représentent une atteinte dangereuse à la sécurité du pays. Cette situation est l’aboutissement de l’indifférence de l’Etat ,face à des mouvances qui alimentent la haine, la division et pratiquent la violence. Comment voulez-vous qu’un Etat reste stable lorsqu’il autorise des obscurantistes wahabites à occuper nos espaces, et à drainer des jeunes désorientés et démunis. Ce même Etat reste indifférent à l’« exportation » de centaines de jeunes hommes et femmes pour le Jihad en Syrie et ailleurs. Et donc, on ne devrait pas être étonné de voir ,un jour , des centaines de nos compatriotes de retour du Mali ou de Syrie pratiquer , en Tunisie ,le Djihad contre leurs propres concitoyens ,surtout que les armes ne manquent pas chez nous .

Quels sont les effets de cette situation sur la Tunisie ?

La multiplication des saisies d’armes, la découverte de caches d’armes , depuis le début de l’année sont le signe qu’on est face à une situation très grave . Si cette situation n’est pas maitrisée à temps , on risque de tomber dans le scénario algérien des années 90.

Khadija Taboubi

par -
0
La situation politique du pays

La situation politique du pays, les raisons du rejet de la décision de Hamadi Jebali de former un gouvernement de technocrates, le gouvernement de Laârayedh ainsi que les priorités politiques sont au centre de l’interview que nous a accordée Chokri Yaïch, député à l’ANC et membre du comité exécutif du parti Nida Tounès. Dans cette interview, il a souligné que la nomination d’Ali Laârayedhh n’est pas sage étant donné qu’il a montré ses limites d’assurer la sécurité de son peuple.

Il a indiqué en outre que le pays passe par une grave crise politique et sociale, aggravée par le lâche assassinat du Martyr Chokri Belaïd.

Chokri Yaich a accusé, également, Ennahdha de vouloir servir ses propres intérêtsi, et atteindre, par conséquent, des objectifs qui lui sont pécifiques à eux, voire s’emparer définitivement de tous les rouages de l’Etat.

Qu’est ce que vous pensez de la situation politique du pays ?

La vie politique est quasi paralysée, la Tunisie vit depuis plusieurs mois dans l’inconnu, le pays passe par une grave crise politique et sociale, à laquelle le lâche assassinat du martyr Chokri Belaïd, a donné une dimension dramatique. Mais, les derniers bouleversements observés quant à la formation d’un nouveau Gouvernement ont montré aux Tunisiens les limites et l’incapacité du parti Ennahdha et son fidèle allié, le CPR, à diriger le pays et a révélé leurs vraies intentions de s’accrocher au pouvoir même quand le pays est au bord du chaos et sombre dans une grave situation politico-économique et sociale. Le chef du Gouvernement sortant l’a lui-même confirmé en « minimisant l’affaire » et s’est contenté de dire que son Gouvernement a échoué, mais a volontairement omis de dire que c’est son propre parti qui se trouve derrière cet échec.

Pourquoi, selon vous, les députés d’Ennahdha ont vivement rejeté la décision de Hamadi Jbeli de former un gouvernement de technocrates

C’était attendu, car les députés d’Ennahdha sont à l’écoute de leur « état-major » basé à « Monplaisir ». A part une infime minorité qui a soutenu Hamadi Jebali dans son initiative, les autres l’ont tous rejetée. Si on revient à la déclaration de Hamadi Jebeli et sa principale condition de « servir son peuple » pour la formation d’un nouveau Gouvernement, le rejet d’Ennahdha s’expliquerait par le fait que ce parti ne veut pas de cette condition et veut seulement servir ses propres intérêts, voire ceux d’une partie des Tunisiens pour atteindre des objectifs bien spécifique à lui, entre autres, s’emparer définitivement de tous les rouages de l’Etat, dans une première étape, et instaurer une République à tendance théocratique déguisée en une démocratie. Sinon comment expliquer l’acharnement de leurs députés à inclure dans la nouvelle constitution des passages faisant allusion à la chariaa (ثوابت الاسلام).

Comment expliquer aussi leur rejet du caractère universel des droits de l’homme et de la liberté de conscience ?

Par ailleurs, pendant que tous les Tunisiens sont cloués devant leur téléviseurs à regarder des plateaux sans fin traitant de la crise gouvernementale, les nahdhaouis, eux, continuent à occuper les postes clés de l’administration, embaucher et distribuent des dons, médicaments et autres aux fidèles dans toutes les régions du pays (comme cette semaine dans une mosquée de Ain Draham), et le plus grave est l’apparition d’un nouveau genre de formation et de « formatage des esprits » dans des écoles privés voire même dans des maternelles.

La nomination d’Ali Laârayedh, chef du gouvernement, est-elle vraiment le bon choix ?

Le plus important, ce ne sont pas les noms, mais la concrétisation des vœux de tout un peuple d’instaurer la sécurité, la paix et la justice, puis viendra le pouvoir d’achat des Tunisiens qui n’a jamais vu une situation aussi catastrophique. Mais, personnellement, je ne crois pas que cette nomination soit sage car, ce monsieur a montré ses limites d’assurer la sécurité de son peuple et sera toujours à l’écoute de ceux qui qualifient les « ligues de protection de la révolution » comme la ” conscience de la nation” alors que, sur le terrain, ces groupuscules représentant la source principale de la terreur.

Pourquoi ils n’ont pas nommé de nouveau Hamadi Jebali bien qu’ils aient promis de le faire dès qu’il démissionnera ?

La réponse est simple, primo : Jebali a montré son incapacité de diriger « le plus grand Gouvernement de l’Histoire » ! secundo : ils ne veulent plus de lui, car il a tout de même creusé une faille au sein de leur propre parti, et tertio : ils ne veulent pas entendre parler de ses conditions parmi lesquelles élargir le gouvernement à toutes les composantes sans exclusion et l’organisation d’une conférence nationale pour un consensus national traitant de tous les sujets épineux, et ceci se comprend de son expression « servir mon peuple »..

Le gouvernement d’Ali Laârayedh pourra-t-il obtenir facilement la confiance de l’ANC ?

Je pense que l’ANC ne rejettera cette nomination, car une grande majorité pourrait voter pour la confiance, les groupes de Nahdha, CPR, Attakattol et peut-être d’autres groupes..

Comment voyez-vous les priorités politiques actuelles ?

Les priorités sont à concrétiser sur le terrain pour garantir la confiance du Tunisien envers les gouvernants, à commencer par dévoiler les assassins de Chokri Belaid et ceux qui sont derrière, la dissolution de toutes les factions, groupes de sécurité parallèles parmi lesquels ceux que « Nahdha-CPR-Wafa » appellent ligues de protection de la révolution ; ensuite l’organisation d’une Conférence pour le Consensus National où doivent participer toutes les forces politiques et civiles du pays traitant de tous les sujets constitutionnels politiques sociaux et économiques.

Quel impact du conflit politique sur l’économie nationale du pays?

Si les ministères de souveraineté, Intérieur, Justice, Affaires étrangères et Défense (et si on leur ajoute le ministère des Affaires religieuses) ne sont pas sous le contrôle de vrais indépendants, la situation ne pourra qu’empirer surtout que les « choix économiques » dévoilés, lors de l’examen de la loi de finances 2013, naviguent en contresens des réalités économiques. Ces choix ont privilégié la consommation au détriment de l’investissement et d’énormes pressions fiscales ne tenant pas compte des véritables enjeux auxquels doivent faire face les entreprises tunisiennes.

Khadija Taboubi

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

0
Dans une interview exclusive accordée ce mercredi 28 septembre à Africanmanager, Fadhel Abdelkefi, ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, a...

AFRIQUE

SPORT

0
L'avion privé de Cristiano Ronaldo, attaquant portugais du Real Madrid, a été victime d'un grave accident lundi soir à l'atterrissage à l'aéroport de Barcelone. Son train...