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La Tunisie est en train d’émerger comme la prochaine cible d’une attaque majeure de l’organisation terroriste Daech, selon une analyse livrée par le «  National Interest », la revue éditée à Washington, et spécialisée dans les affaires de politique étrangère et de renseignement. C’est dans ce bimensuel qu’a été publié l’article devenu célèbre de Francis Fukuyama intitulé : The End of History? (La Fin de l’Histoire ?).

« Il est devenu presqu’usuel que la Tunisie fasse les gosses manchettes de la presse internationale à chaque attaque de grande envergure la visant, pour retomber ensuite dans l’oubli pour quelques mois, faussement calmes entre deux attaques », constate la revue qui rappelle  que tel fut le cas après l’attaque du Musée du Bardo en mars 2015, celle de Sousse en juin de la même année et de l’attentat suicide de novembre 2015 à Tunis. Ainsi, « le silence rugissant régnant sur la Tunisie depuis la dernière attaque à Ben Guerdane est un signe de mauvais augure et n’est pas de nature à rassurer », souligne le National Interest.

L’organisation Daech, qui avait jusqu’ici mené toutes les grandes attaques sanglantes en Tunisie et est donc la principale menace pour le pays à ce stade, a une grande stratégie très claire y afférente. Cette stratégie participe de son  objectif ultime, à savoir s’emparer de la Tunisie dans le cadre de sa quête d’instaurer  un «califat mondial», mais aussi de sa conviction  que le moment n’est pas encore venu pour le faire, la Tunisie demeurant un pays relativement stable avec un appareil de sécurité capable de déjouer pareille tentative. Aussi, l’organisation Daech est-elle en train de paver la voie vers ce qu’elle réserve à la Tunisie pour en renvoyer l’image d’un pays dangereux pour les étrangers, dès lors qu’une part  importante de l’économie tunisienne est basée sur le tourisme,  les entreprises étrangères, les investissements directs étrangers, etc.  En faisant peur aux  étrangers, Daech espère  mettre à mal les flux financiers vers la Tunisie, ruiner son économie et, finalement, la déstabiliser. Cela a effectivement été partiellement couronnés de succès, car les  arrivées de touristes vers le pays ont  chuté d’au moins 20 pour cent l’année dernière, jetant dans la désolation les stations touristiques de bord de mer autrefois animées et  portant un coup dur à l’ une des principales industries du pays.

La Tunisie a pris des mesures de grande envergure pour tenter d’éviter une autre attaque terroriste et installer le sentiment de sécurité. Mais tout cela s’est avéré être un échec total, car non seulement les terroristes n’ont pas été empêchés de mener la grande attaque de Ben Guerdane, mais, en plus, les activités  de contrebande régulière entre les pays n’ont guère cessé. L’état d’urgence, régulièrement reconduit, vient d’être prorogé d’un mois.

Les forces armées tunisiennes ont certes enregistré des succès dans leur lutte contre les terroristes retranchés sur les hauteurs le long de la frontière avec l’Algérie, mais la présence de ces derniers  reste forte, et ils sont en mesure de mener des attaques de temps à autre. Les pays occidentaux ont prêté main forte à la Tunisie. Le  Royaume-Uni a dépêché des instructeurs de la SAS pour aider à la formation des forces tunisiennes en matière de  sécurité des frontières, alors que les États-Unis ont  promis environ 25 millions $ pour aider à financer le système de surveillance électronique le long de la frontière entre la Tunisie et la Libye, outre les  missions de surveillance aérienne au-dessus et autour du  territoire tunisien, et le déploiement de conseillers militaires sur le terrain en appui aux troupes tunisiennes. Cela a certainement représenté une impulsion significative pour les capacités des forces armées tunisiennes dont la situation, cependant,  laisse encore beaucoup à désirer.

« Comme un poisson dans l’eau » !

Les terroristes, ceux de Daech  comme ceux d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et leurs affiliés, tels que les brigades Okba Ibn-Nafaa, jouent sur un terrain qui leur est acquis dans certaines régions du pays, au point, comme l’avait dit Mao, de  » se déplacer parmi les gens comme un poisson dans l’eau ». En outre, ils maintiennent des liens à des degrés variables avec les différents niveaux de l’appareil de sécurité, ce qui leur permet d’obtenir des provisions, de se soutenir, d’échapper aux coups de boutoir des forces armées et de sécurité, et surtout de disposer de  renseignements précieux.

Bien que leur présence soit censée avoir été mise en quarantaine dans les régions frontalières, les groupes terroristes sont solidement implantés ailleurs dans le pays, notamment dans la capitale Tunis, et le long de la côte, où une grande partie du tourisme et les industries sont regroupées.

Le faux sentiment de sécurité qui accompagne chaque attentat déjoué devrait sonner comme une alerte, un voyant rouge (ou plutôt un étendard noir), car cela montre que, malgré toutes les mesures prises et leur succès relatif, les terroristes conservent encore la motivation et les capacités de mener des attaques majeures visant le ventre mou de la Tunisie. Déjouer les attaques avant le passage à l’acte doit devenir la  norme, et les enjeux sont encore plus importants maintenant, alors que Daech perd du terrain en Irak et en Syrie, et en  Libye voisine. Bien que cela réduise certainement les capacités et les ressources de Daech,  ce dernier se trouve alors dans la situation où il est tenu de prouver qu’il peut faire plus, où il veut montrer qu’il est toujours pertinent, qu’il a le pied à l’étrier, qu’il est toujours capable de mobiliser les soutiens,  de recruter des jihadistes et de collecter des fonds , pensant que cela l’aiderait à sortir de sa situation désastreuse. Historiquement, cette équation  pousse à perpétrer  des attaques de  haut niveau  contre des cibles vulnérables ou faciles, au-delà des zones opérationnelles « normales » de Daech, y compris, éventuellement, la Tunisie, conclut le « National Interest.

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