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Code du Statut Personnel

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 » L’amendement de certains articles du Code du Statut Personnel (CSP) est aujourd’hui une urgence « , a souligné vendredi Aida Ben Châabane, présidente de la Coalition pour les Femmes de Tunisie.
Lors d’une manifestation célébrant le 60ème anniversaire de la promulgation du CSP et la fête nationale de la femme tunisienne organisée à Tunis, Aida Ben Châabane a précisé que le CSP doit être amendé pour être au diapason des mutations sociales, et non pas annulé pour élaborer un nouveau code.
 » Son annulation pour l’élaboration d’un nouveau Code peut mettre tous les acquis de la femme tunisienne en péril « , a-t-elle prévenu.
Selon l’intervenante, « plusieurs acquis de la femme ont été menacés après la révolution du 14 janvier, alors qu’ils auraient dû être renforcés, et malgré l’inscription claire et précise de l’égalité entre tous les Tunisiens dans la Constitution, la réalité reste loin de ces aspirations ».
 » La bataille est loin d’être gagnée et nous sommes, de nouveau, face à plusieurs chantiers « , a-t-elle dit, insistant sur la nécessité de se mobiliser pour garantir l’accès de la femme compétente et jeune aux postes de décision, dont la composition du prochain gouvernement.
 » Il s’agit également de renforcer la participation des femmes aux prochaines élections municipales pour participer à la prise de décision dans leurs localités « , a-t-elle ajouté.
En effet, au niveau local et dans certains quartiers populaires du Grand Tunis ainsi que dans plusieurs régions de l’intérieur, la situation de la femme demeure inquiétante selon les représentants de la société civile.
Dans une déclaration à l’agence TAP, Ahlem Khémiri, secrétaire générale de l’association Venus (Droits de l’homme à travers la culture) active dans la localité d’Ettadhamen, a dénoncé la marginalisation des femmes.
 » Nous sommes dans le Grand Tunis et pourtant, les conditions de la femme dans ce quartier populaire, qui regroupe des populations démunies des différentes régions du pays, sont lamentables « , a-t-elle déploré.
 » La femme est encore victime de violence verbale, physique, économique et sociale « , a-t-elle dénoncé, faisant remarquer que « les femmes sont obligées de travailler pour subvenir aux besoins de leurs famille, sans avoir accès facilement aux soins ni aux loisirs ».
Evoquant la situation des femmes au sud de la Tunisie et précisément à Kébili, Najet Edhene, présidente de l’Union des écrivains tunisiens à Kébili, a indiqué qu’elle est « aussi critique ».
 » La femme est soumise à la volonté et au pouvoir de l’homme. Elle est exploitée économiquement et pourtant elle ne jouit pas de sa richesse. C’est le mari qui prend tout son argent « , a-t-elle regretté, appelant à consacrer l’égalité dans l’héritage afin que la femme puisse profiter de son droit dans la répartition des richesses qui sont créées, en grande partie, par les femmes.
S’exprimant à cette occasion, Fatma Ellafi, professeur en droit, a signalé que le CSP a permis de réaliser plusieurs acquis au profit de la femme mais il n’a pas consacré l’égalité entre l’homme et la femme bien que cette égalité reste, selon elle, une affaire d’éducation.
 » Il convient aujourd’hui d’amender plusieurs articles du Code du Statut Personnel qui sont devenus caducs et ne sont pas adaptés à l’évolution sociale », a-t-elle plaidé.
A titre d’exemple, l’intervenante a cité les articles relatifs à la dot, qui est selon elle une condition indigne, aux devoirs conjugaux qui doivent être remplis  » conformément aux usages et à la coutume « , selon le CSP, et à l’héritage.
Emna Jamlaoui, professeur en civilisation arabe et islamique, a quant à elle, souligné l’importance de renforcer la sensibilisation des femmes et l’éducation des filles pour qu’elles connaissent mieux leurs droits, aient confiance en elles et soient capables de faire le bon choix à tous les niveaux.
 » Faute de sensibilisation et en raison de l’absence d’une bonne culture, des filles en bas âge sont obligées de porter le voile et de ne pas vivre leur enfance. D’autres sont soumises aux décisions de leurs époux et sont obligées de les suivre dans des zones dangereuses. D’autres encore, sont endoctrinées et exploitées par des réseaux terroristes « , s’est-elle indignée.
L’intervenante aussi appelé au renforcement de la prise en charge psychologique des femmes victimes de terrorismes, dont les épouses et les mères des soldats et des sécuritaires, et à la promotion d’un discours qui combat les idées extrémistes et violentes.
Créée en 2012, la Coalition pour les Femmes de Tunisie regroupe une vingtaine d’associations des différentes régions du pays.

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