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Une tuile vient de tomber sur la tête des autorités tunisiennes. Une de plus, direz-vous. En effet l’assureur-crédits français Coface vient de gratifier le climat des affaires du pays d’une mauvaise note pour le second trimestre 2016. La Tunisie a été carrément déclassée, flanquée du très peu glorieux risque « assez élevé ». Pas de quoi s’attirer les bonnes grâces des investisseurs, que pourtant les autorités s’échinent à tenter de séduire.

Pas loin de la Tunisie, de nombreux pays africains et arabes ont réussi à garder leurs notes, que ce soit pour le climat des affaires ou pour le risque d’impayés des entreprises, jugés très souvent comme « convenables ».

L’Egypte elle n’a pas pu faire mieux que risque  »élevé », alors que la Libye, et ce n’est pas une surprise, s’enfonce dans la catégorie des risques  »extrêmes ». Dans le monde arabe, le Qatar, le Koweït, et l’Arabie Saoudite affichent certes les meilleures notes, mais sont descendus de quelques crans.

Alors qu’est-ce qui fait qu’ailleurs on arrive à se maintenir, à sauver les meubles, alors qu’en Tunisie on peine à sortir de l’ornière ? Il faut tourner le regard vers le climat social et politique marqué du sceau de l’instabilité et de l’incertitude pour comprendre pourquoi la Tunisie inspire si peu confiance. Cela fait des semaines que les leaders de la scène politique arpentent les couloirs du palais de Carthage pour, avait-on promis, accoucher du nom du nouveau Premier ministre avant le 27 juin 2016. Rien n’en a été. En attendant, le flou artistique perdure. Or justement l’économie a horreur de ça. Les investisseurs ont besoin d’échéances claires et d’un régime inscrit dans la durée pour se détendre et desserrer les cordons de la bourse, toutes choses que les autorités sont incapables d’offrir présentement. C’est cet état de fait que la Coface a sanctionné.

Silence, on discute !

Il n’est pas sûr qu’en haut lieu ces signaux négatifs soient interprétés comme il se doit ; de toute façon à l’heure on écrit ces lignes, le mot d’ordre demeure ‘Silence, on discute’. Ce moment d’échanges pour savoir qui va occuper quoi dans le prochain gouvernement, au lieu de qui va faire quoi pour l’intérêt suprême de la nation, semble plus précieux que les sempiternelles alertes des institutions internationales. En tout cas c’est l’impression qu’on a d’ici. Si l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat), le principal acteur économique du pays, a tiré la sonnette d’alarme, et à maintes reprises, il ne faut pas s’étonner que la Coface en fasse de même.

Quand la centrale patronale s’est récemment fendue de sa liste de priorités économiques nationales en 18 points, l’affaire n’a pas fait plus de bruit que ça, alors qu’elle résume à elle toute seule tous les maux du pays et les remèdes qui vont avec. Pourtant l’UTICA avait mis le paquet en disant ceci dans son appel : « la Tunisie affronte aujourd’hui une crise majeure qui s’approfondit de jour en jour. Une telle situation ne peut pas continuer et des mesures urgentes doivent être prises pour sauver le pays. Face à une telle situation, la note de l’UTICA appelle toutes les composantes la société – partis politiques, organisations nationales et société civile – à prendre conscience des répercussions potentiellement négatives de cette situation sur la stabilité du pays et son avenir. » Mais voilà, cet appel est inaudible. Pour le moment. Et peut-être pour longtemps.

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