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Dans la démarche actuelle de traitement des troubles qui secouent certaines villes de la Tunisie, par la voie économique, force est de noter les différentes réponses aux appels d’un investissement solidaire de la part du patronat et de quelques hommes d’affaires tunisiens. Après les différentes annonces d’hommes d’affaires tunisiens de projets à mettre en place dans la région de Sidi Bouzid et la promesse patronale de 50 mille nouveaux emplois dans les régions déshéritées, il est temps, à notre avis, d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur deux choses.
D’abord sur cette ruée de projets annoncés au lendemain des évènements de Sidi Bouzid. On s’est déjà posé la question sur le timing de ces annonces. Il est peut-être temps aussi de se poser la question sur la fiabilité de ces annonces. Certaines, sans les nommer pour ne pas jeter la pierre à la bonne volonté de leurs initiateurs, ont été faites par des entreprises qui sont, à tout le moins, en difficulté et dont certaines entreprises passent encore par des restructurations financières. D’autres attirent l’attention sur l’importance de l’enveloppe financière à mobiliser par des entreprises dont on sait très peu  s’agissant des assises et de la solidité financières et dont on sait très peu de choses en général. D’autres où les pré-requis du secteur bancaire tunisien pourraient in fine constituer l’alibi légitime pour un avortement aux effets dévastateur sur la confiance dans les autorités économiques lesquelles, si elles n’en ont pas validé les annonces, n’y ont fait aucune remarque. Pour d’autres, ce sont les lenteurs administratives qui risqueraient, soit de retarder l’investissement, soit de désintéresser finalement l’investisseur.

Tout cela fait que les autorités tunisiennes se doivent, dès maintenant, de faire attention à ces hommes d’affaires qui chercheraient à prendre attelage de la conjoncture pour se faire une image ou la redorer, à l’administration qui ne réinvente plus ses lenteurs, à faire le bon tri entre ce qui peut être fait et ce qui doit être fait, en fonction des capacités de la région, de ses infrastructures et de son réel potentiel. Il ne s’agit plus de faire des projets, juste pour en faire, mais de réussir le bon alliage entre l’urgence sociale et l’utilité et le rendement économiques du projet.

Le commerce parallèle et l’importation «sauvage » tuent !

Ensuite, mettre en place un projet, industriel notamment, nécessite un investissement, des crédits et demande la commercialisation pour assurer la pérennité de la production et de l’emploi. Or, Sidi Bouzid, comme Gafsa ou Kasserine, sont des régions qui ont depuis longtemps pris l’habitude de vivre par le commerce parallèle et l’importation illégale, aussi bien de Libye que d’Algérie. Une activité aussi lucrative ne pourra pas être de sitôt et aisément remplacée par un salaire. Il sera donc assez difficile, pour ne pas dire impossible, d’endiguer le flux de marchandises qui concurrence l’entreprise locale et la fragilise. On est en effet en face d’individus ou de groupes d’individus qui font tout et qui ne payent rien, ni en amont ni en aval de leurs activités. Ces activités ont pourtant déjà tué des entreprises.

L’exemple de la Stip, une entreprise publique que le marché parallèle concurrençant ses propres pneus a mis à genoux et tue encore lentement, jusqu’à ne pas trouver encore de repreneur. L’entreprise a, maintes fois, fait appel aux autorités compétentes pour arrêter le flux de poison de cette activité commerciale qui, si elle fait vivre certaines familles, en réduit pourtant d’autres au chômage et tue tout une industrie.

L’exemple des AMS, une ancienne entreprise publique privatisée et qui souffre actuellement d’importations de contrefaçons, presque parfaites de ses robinetteries et autres et où les contrefacteurs poussent le vice jusqu’à vendre aux clients du contrefait, avec de fausses factures, le tout fait ailleurs et importé et vendu en Tunisie. L’entreprise aura beau se plaindre pour que les autorités fassent quelque chose et arrêtent les nuisances qui l’obligent même à changer plusieurs fois d’emballage, dans un effort solitaire de faire face aux voleurs.
Tout cela pour dire qu’appeler et inciter les hommes d’affaires locaux à investir plus et toujours et à accepter l’investissement solidaire, même s’il risque de diminuer leur chiffre d’affaires, leurs bénéfices et le fisc pour l’Etat, oblige aussi à préserver ces entreprises et, derrière elles, la pérennité des emplois et des richesses  qu’elles auront créés. Les lois ne suffisent pas, tant il faudrait veiller à les appliquer à tous. L’économie de marché a des règles, et si l’on décide de ne pas les mettre en pratique, c’est tout un schéma de développement, de croissance, de financement et même social, qui risquerait de s’effondrer. En aucun cas, en effet, ne laisser certains prendre ce qui se passe en Tunisie, pour de l’impunité face aux crimes commerciaux qu’ils commettent ou collaborent à leur commission vis-à-vis de l’économie de leur pays.

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