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Commerce, Tunisie, Libye,

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On a cité hier des cas d’entreprises tunisiennes qui ont déclaré l’impact de la révolution libyenne sur leurs affaires. On trouve dans ce cas, la Société des Ciments de Bizerte ou la société pharmaceutique Siphat, et elles ne sont pas les seules, car il y a aussi le fameux marché maghrébin de Ben Guerdane où affluaient les marchandises de toutes sortes, importées de manière illégalement consentie de Libye, mais pas uniquement.

Officiellement, les échanges de la Tunisie avec la Libye représentent, en fait, 2,6 % du total des échanges extérieurs de la Tunisie. Ils contribuent ainsi à 4,5 % des exportations tunisiennes officielles et font de la Libye le premier partenaire arabe et le 5ème dans le monde. Plus d’une entreprise tunisienne y est installée et la plus importante, selon nos informations, est le groupe Poulina. La Libye représente aussi, officiellement, seulement 1,3 % des importations tunisiennes. Les chiffres officiels ne reconnaissent pas les échanges à travers les marchés parallèles, disséminés dans toute la Tunisie, qui importent plus qu’ils n’exportent. Ces chiffres officiels situent donc le volume de ces échanges à 1491 MDT, dont 1085 MDT en export et 406 MDT seulement sous forme d’import, surtout en produits pétroliers.

Pour 2011, les exportations tunisiennes sur la Libye ont enregistré, au cours du premier trimestre, une baisse de l’ordre de 34,6 % en termes de valeur. Environ 63 % de cette baisse, derrière laquelle il ya la révolution du peuple libyen et ce qui s’en est suivi de fermeture des frontières sauf pour les réfugiés, concernent  32 produits comme le ciment, les produits cosmétiques, les constructions métalliques et le tourteau de soja notamment. Ces produits représentaient, sur les deux seules dernières années, 48 % des exportations tunisiennes sur la Libye. On ne parlera pas- puisque c’est du domaine du non officiel et donc du non dit- de l’impact sur les importations sur  le marché parallèle. Tout le monde se rappelle les importants mouvements sociaux qu’a connus la région de Ras Jdir, lorsque les autorités libyennes avaient, un temps, fermé les frontières commerciales, du temps de l’ancien président tunisien.

Aux dernières nouvelles officielles, les exportations tunisiennes vers la Libye  réalisées via le poste frontalier de Ras Jdir se sont complètement arrêtées depuis le 20 février 2011. Une reprise a cependant été enregistrée, à partir du 3 mars dernier, à un rythme certes lent, mais continu. La valeur  moyenne quotidienne des exportations tunisiennes vers la Libye depuis cette reprise a été, selon nos sources officielles, de 1 million DT, contre une valeur moyenne tout aussi quotidienne, de 6,8 MDT.

Il semblerait, cependant, que sous les effets de l’activité des révolutionnaires, surtout dans la région Est de la Libye, la seule porte d’approvisionnement pour la Libye, reste la Tunisie à travers le poste frontalier de Ras Jdir. Cela est d’autant plus vrai que les forces de Kadhafi tiennent encore Tripoli et font  désormais de Ras Jdir l’unique porte de ravitaillement pour la population qui se trouve encore en Libye. Selon nos propres sources, depuis quelques semaines, la valeur moyenne quotidienne des exportations tunisiennes vers la Libye est remontée à des niveaux dépassant désormais les 5 MDT. Les produits exportés seraient presqu’exclusivement des produits alimentaires de tous genres, et cela ressemble même de plus en plus à une mission humaine que de laisser ouverte cette porte de RasJdir. Pour l’anecdote, ces besoins  ont même sauvé la saison tunisienne des agrumes. Les exportations seraient faites via des privés libyens qui paient rubis sur l’ongle.

Cette frontière occidentale de la Libye est cependant utilisée, selon une dépêche de l’agence Reuters, par «le gouvernement de Mouammar Gaddafi pour contourner les sanctions internationales pour importer de l’essence en Libye, en utilisant des intermédiaires qui transfèrent le carburant entre bateaux dans le port de  La Skhira». L’information n‘a pu être confirmée de notre part.

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