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La Compagnie de phosphate de Gafsa (CPG) et le Groupe chimique tunisien (GCT)

La Compagnie de phosphate de Gafsa (CPG) et le Groupe chimique tunisien (GCT), vivent, depuis la Révolution, une situation dramatique. Leurs pertes financières communes sont estimées, entre 2011 et 2012, à 2 milliards de dinars, soit une perte quotidienne de 3 millions de dinars. Parallèlement, les deux sociétés ont perdu plusieurs marchés importants du fait de la rupture des stocks enregistrée à plusieurs moments, durant les deux dernières années .Les deux importants clients que sont l’Inde et la Turquie risquent de se rabattre sur le Maroc qui a doublé sa production.

Durant les deux dernières années, l’extraction a régressé de 56%, chutant de 13,2 millions de tonnes, en 2010, à 5,8 millions de tonnes, en 2012. La production a, par conséquent, diminué de 66%, entraînant des pertes de 34% du volume des ventes. Depuis 2010, la CPG a accusé une baisse de 45 % de sa réserve commerciale à cause d’arrêts d’activité variant entre 34 et 296 jours dans les différents sites d’extraction. Le GCT, le groupe chargé de transformer la matière extraite, a, lui, vu r sa production régresser de 48%, et sa vente a décru de 36%.

En 1930, la production de la CPG était plus élevée que maintenant, assurent les responsables de la CPG.

La CPG et le GCT ont réuni les ingrédients d’une faillite annoncée par le manque à gagner en production et recettes en devises , le dédommagement des clients qui s’étaient résolus à s’approvisionner chez d’autres fournisseurs à des prix souvent plus élevés , en plus d’un engagement à caractère social , en embauchant de manière directe ou indirecte, 17000 personnes contre 4900 agents, en 2010.

A cela s’ajoutent les difficultés subies par plusieurs clients et fournisseurs nationaux, principalement la SNCFT qui souffre de la dégradation de la situation de la CPG et du GCT dans la mesure où elle réalise avec eux 40% de son chiffre d’affaires.

Les responsables de la CPG, souvent prudents et optimistes, qualifient la situation de  » préoccupante «, et en ont appelé aux autorités et à la société civile de la région de Gafsa pour qu’elles conjuguent leurs efforts afin d’aider la compagnie à retrouver la croissance et la prospérité d’antan.

En fait, un des problèmes majeurs de la situation tient aux divergences entre les autorités centrales d’une part, la société civile et les habitants de la région, d’autre part, sur les priorités et la méthode à suivre pour trouver une solution à la crise .

Le gouvernement estime que la priorité est de sécuriser les lieux de travail et leurs dessertes .Il a, à cet effet échafaudé un  » plan opérationnel « , qui se décline dans trois volets, tous sécuritaires : sécuriser les sites d’extraction, sécuriser le transport des phosphates et appliquer strictement la loi à l’encontre de ceux qui empêchent les ouvriers de travailler. Ceux-ci, se signalent, selon les responsables du gouvernement, par des revendications injustifiables.

Ce plan logique, en théorie, néglige, selon les observateurs, un des aspects essentiels de la situation, à savoir l’adhésion des habitants de la région, sans quoi aucun plan ne passe.

En fait, ni le Gouvernement Béji Caid Essebsi , ni celui de Jebali ou encore d’Ali Laarayedh , n’ont ouvert un dialogue avec les habitants du bassin minier et de la région de Gafsa . Les arguments divergent .Pour Caïd Essebsi, ouvrir un dialogue avec une région, et faire des concessions risque d’encourager d’autres régions à faire des surenchères.

Jebali n’est pas parvenu à déceler la spécificité de la région minière ; et, du moment que toutes les régions étaient en ébullition, il n’est pas besoin de faire la différence entre une région et une autre. Les leitmotivs des sit-ins sont politiques, la gauche est derrière tous les mouvements de protestation, et l’omniprésence de Adnane Hajji, figure de proue de la gauche radicale, sur la scène politique et médiatique, n’a pas aidé les autorités à voir clair dans la région.

Ali Laarayedh n’a fait que suivre Jebali en la matière , tous deux guidés par les orientations de Sadok Chourou , Ameur Laarayedh ,et Rached Ghannouchi qui ont présenté les luttes et revendications sociales ,comme une croisade de la gauche et l’UGTT contre la légitimité du 23 octobre 2011 .

Les mêmes observateurs relèvent que la région minière se caractérise par 3 décennies de développement régional et de politiques sociales très pernicieuses. La société a presque fermé la porte au recrutement massif, depuis 1986. Les rares occasions de recrutement (en 2000,2002, et 2007 ) ont donné lieu à de fortes contestations . Les mécanismes d’accompagnement de la restructuration de la CPG, n’ont pas fonctionné (le fonds de reconversion des centres miniers /FRDCM, et les sociétés de sous-traitances censées créer de l’emploi).

Tous les relais du dialogue social ne fonctionnaient plus, depuis les évènements du bassin minier de janvier/juin 2008. Les syndicats locaux et régionaux qui ont toujours été l’interlocuteur de la CPG et des autorités, se sont discrédités, lors des évènements du bassin minier. La révolution n’a pas permis l’émergence d’un leadership régional qui pourrait devenir un interlocuteur des autorités centrales et régionales et engager au nom des habitants de la région, des pourparlers et être en mesure d’en faire respecter les termes.

Là se situe le nœud du problème, de l’avis des connaisseurs de la région. Mais comment convaincre les jeunes qui ne trouvent pas leur chance dans le dernier recrutement qui devrait être annoncé à partir du 15 juillet 2013 , qu’ils ont encore une chance à saisir à l’avenir   , comment convaincre les autorités que le plus important  est de trouver un interlocuteur crédible, quitte à ce qu’il soit en dehors de la mouvance islamiste qui n’est d’ailleurs  pas représentative dans la région , et comment convaincre l’extrême gauche qui profite toujours d’une confusion sociale politique et psychologique qu’elle gagnerait en crédibilité si elle aidait à rétablir la CPG dans son statut de société nationale citoyenne qui embauche , parce qu’elle produit et gagne des marchés sur la scène internationale .

Aboussaoud Hmidi

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