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Pour un pari, c’en était un, et des plus sérieux. Le projet de la  loi des finances 2017 a été bouclé. Il a été adopté en Conseil des ministres et est en voie de dépôt à  l’Assemblée des représentants du peuple. Au regard des vicissitudes de tous ordres qui ont ponctué son cheminement, surtout des vives  oppositions que le texte a soulevées, on ne serait dans l’erreur de dire que le gouvernement de Youssef Chahed a tiré son épingle du jeu, sans pour autant y laisser beaucoup de plumes. L’UGTT, farouche adversaire de la loi des finances pour l’exercice prochain telle que pensée par la Primature, qu’elle a décriée sous toutes les coutures, semble s’être résignée à l’accepter, au  prix de substantielles et même de déchirantes concessions que le gouvernement s’est vu obligé de faire, certainement pour sauvegarder l’essentiel, à savoir disposer d’un « minimum vital » pour tenir son rang et ne pas se prendre un râteau dans son bras de fer avec l’Organisation ouvrière.

Mais convenons qu’il a été bien plus important pour le gouvernement de pouvoir passer son budget d’austérité sans froisser plus que de raison les partenaires sociaux. Si l’Organisation patronale,  l’UTICA, a choisi d’avaler sans tumulte la couleuvre de la contribution exceptionnelle de 7,5% pour les entreprises, il en a été différemment de la centrale syndicale, l’UGTT, qui n’a de cesse de tempêter depuis vendredi soir pour dire tout le mal qu’elle pense de cette « atteinte aux droits des travailleurs et [cette] menace sur la stabilité sociale ». Mais il ne faut pas s’y tromper, on y voit plus un exercice de rhétorique syndicale proche du baroud d’honneur que le prologue d’une épreuve de force en préparation. D’ailleurs, Abassi et les siens ont bien réussi à arracher au gouvernement qu’il laisse tomber sa contribution exceptionnelle de 1% sur les salariés tout autant que son initiative relative à la révision du barème de l’impôt sur le revenu. Reste l’épineuse question du report des augmentations salariales. C’est là que le gouvernement sera le plus attendu même s’il s’est engagé à les accorder plus tôt qu’en 2019  pour peu que le taux de croissance s’améliore à 3% dans l’entretemps. Un engagement qui fleure bon le compromis, dans la mesure où le gouvernement n’a pas fermé totalement la porte devant cette revendication majeure de l’Organisation ouvrière qui, cependant,  ne manquera pas, prévoit-on, de la remettre sur le tapis à la première occasion avec la même intransigeance qui était la sienne depuis l’annonce de la proposition de Youssef Chahed à cet effet.

Il n’en demeure pas moins que le gouvernement se déleste ainsi de la vive pression exercée par les bailleurs de Fonds, singulièrement le Fonds monétaire international, qui demande invariablement et même avec une fermeté accrue que les salaires et les recrutements dans la fonction publique soient sinon baissés du moins gelés, une condition incontournable dont dépendra le déboursement des tranches du prêt promis par l’institution financière internationale.

Chahed n’est pas au bout de ses peines

En concluant un modus vivendi qui ne dit pas son nom avec l’UGTT, le gouvernement ne déblaie cependant pas une voie commode pour la mise en œuvre de sa politique d’austérité et des mesures douloureuses qui fondent son approche de sortie de crise. Certes, il a réussi à apaiser le bassin minier où la production du phosphate a repris même timidement, certes aussi, il a « réglé » la question de la compagnie pétrolière Petrofac au prix des capitulations que l’on sait, mais il y a lieu de se demander si cette politique vaudra également pour les nombreux autres dossiers en suspens et qui peuvent revenir avec acuité alors que partout, on évoque un « automne chaud » avec des conflits dans la foulée de la LF 2017. D’autant que, comme le prévoit un expert en la matière, Abdeljelil Bedoui, ex conseiller auprès de l’UGTT,  et fondateur de la Fédération tunisienne des droits économiques et sociaux, nombre des mobilisations sociales sont pour l’essentiel l’œuvre de gens non organisés, non syndiqués, ce qui complique les mécanismes de gestion des conflits par le dialogue social. « Ces conflits tendent donc à devenir plus imprévisibles, plus violents, plus coûteux. Car il n’y a pas de véritable partenaire en face avec qui discuter », affirme-t-il.

Assailli de bien des parts, le gouvernement l’est aussi par l’un de ses alliés majeurs, le mouvement Ennahdha, dont le Conseil de la Choura vient de le sommer d’opérer des choix « clairs » ressortissant au Document de Carthage, en apportant les solutions nécessaires pour remédier au déséquilibre des finances publiques, remettre en marche la machine économique « sans accabler une partie plus qu’une autre de la communauté nationale ». Autrement dit, et comme le prône l’UGTT, il faudra que le partage des sacrifices soit exercé en parfaite égalité. Un chemin copieusement semé d’embûches !

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