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A sign for Moody's rating agency stands in front of the company headquarters in New York, September 18, 2012. AFP PHOTO/Emmanuel Dunand

Mauvaise nouvelle pour le Gabon et la République du Congo, qui viennent de voir leurs notes souveraines chuter d’un cran. La sanction est venue de l’agence de notation américaine Moody’s. Le Gabon s’est retrouvé avec un « B1 » et la République du Congo un « B2 ». C’est la deuxième punition pour le Congo-Brazzaville en deux mois, un fait rarissime. Le pays paie ainsi le prix de la dégradation des comptes publics et une trop grande sollicitation des caisses de l’Etat.

Moody’s avait annoncé la couleur dès mars dernier, en mettant sur le grill les notes de long terme du Gabon et du Congo-Brazzaville, deux pays d’Afrique centrale qui produisent du pétrole. Le Gabon a perdu la note « Ba3 » de sa dette souveraine, et passe ainsi de l’échelon des obligations dénommées « non-investment grade speculative » à celui, qualifié de plus périlleux, des obligations hautement spéculatives (« highly speculative »). Dans son document, Moody’s, et ce n’est pas une surprise, pointe du doigt la « détérioration des finances publiques », du fait de la fonte des prix du pétrole, d’où le Gabon tire un tiers de ses revenus publics consolidés et deux tiers de ses exportations.

De grosses dépenses alors qu’il n’y a pas de recettes

Selon Moody’s, les revenus du Gabon en part du PIB ont reculé de 4,5 points entre 2013 et 2015. Le rapport dit que le gouvernement fait ce qu’il peut pour limiter l’impact de la rupture des équilibres financiers, notamment en freinant les dépenses publiques – par exemple la réduction ds subventions -, mais rien n’y fait. Les prévisions situent même le déficit fiscal à 6% du PIB en 2016, contre 5% en 2015 et 1% en 2014. Alors que de l’autre côté les besoins en liquidité du pays – par des mécanismes de prêt – ont monté jusqu’à 10% du PIB en 2015. Cette barre, trop haute, ne devrait pas être abaissée jusqu’en 2017. Et qui dit hausse des emprunts dit augmentation de la pression des intérêts sur les caisses publiques. Moody’s évalue la part des intérêts de la dette à 11% en 2015, plus que le double en 2014 (5%), une très mauvaise affaire pour la confiance des investisseurs et des bailleurs…

Quant au Congo-Brazzaville, Moody’s lui reproche dans son rapport une sérieuse dégradation des comptes publics, lesquels pourraient encore « se détériorer substantiellement en 2015-2016 dans un contexte de choc des prix pétroliers et en raison des capacités limitées [de réaliser] un ajustement fiscal à la mesure du choc ». Début mars 2016, le pays avait déjà perdu son « Ba3 » pour se retrouver avec un « B1 ». Avec son « B2 », il ne lui reste que deux échelons avant la catégorie « C », qui a la particularité d’être le club des pays dont les obligations présentent des « risques substantiels ».

Pire encore : Moody’s table sur un épuisement total des réserves fiscales du Congo-Brazzaville à la fin 2017. Faute de liquidités, le gouvernement a tapé dans ses réserves pour faire face à ses dépenses. Si la tendance n’est pas inversée assez rapidement, l’agence de notation prédit un assèchement des réserves fiscales du Congo-Brazzaville d’ici la fin 2017. L’agence américaine est confortée dans sa prédiction par la fonte des recettes publiques, qui ont chuté de 48% en 2015, par l’envolée des besoins de financements du gouvernement, qui sont montés à 23 % du PIB, malgré des mesures fortes de réduction des dépenses en capital (-52 %).

Le Congo-Brazzaville n’a pas pu compresser ses besoins de financements, ce qui a eu pour effet de creuser le déficit public, qui s’est établi à 16 % du PIB en 2016. La dette du pays a connu le mouvement inverse. Elle était d’à peine 21 % du PIB en 2013, et devrait atteindre 54 % en 2016.

Enfin, pour boucler ce sombre tableau, Moody’s accompagne les notes des deux nations de perspectives négatives. Mais l’agence précise que s’il y a une embellie au niveau des indicateurs fiscaux et des sources de financement externes, elle pourrait réviser ses conclusions sur les perspectives des deux pays.

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Selon les résultats officiels publiés dans la nuit d’hier mercredi à ce jeudi 24 mars 2016, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, a mis au tapis dès le premier tour tous ses adversaires à l’élection présidentielle. 60,39 % des voix, c’est le chiffre qu’on prête à l’homme fort du pays depuis des décennies, un ex-militaire qui s’est converti à la politique.

Les résultats ont été livrés à la télévision nationale par le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou, très tard dans la nuit d’hier, après 3 heures 30 du matin (2 heures TU). D’après les chiffres officiels, c’est Guy-Brice Parfait Kolélas qui occupe la deuxième place avec un peu plus de 15,05 % des suffrages ; le général Jean-Marie Michel Mokoko se place au troisième rang avec à peu près 13,89 % des voix. Sassou Nguesso repart donc pour un tour, après 32 ans passés à la tête du pays.

Le vainqueur des élections a déclaré que la population congolaise avait « pris son destin en main » et est d’avis que la campagne électorale avait été animée par un « débat démocratique […] très ouvert ».

L’opposition crie à la fraude massive

Les candidats de l’opposition n’ont pas pu donner leur sentiment sur ce scrutin car tous les moyens de communication avaient été bloqués durant l’opération électorale. Le président a promis de les rétablir très rapidement. Mais ce qu’on sait déjà c’est qu’hier mercredi 23 mars, le Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad) et l’Initiative pour la démocratie au Congo (IDC), deux ténors de l’opposition congolaise, avaient dénoncé la configuration les résultats partiels annoncés la veille par la Commission nationale électorale indépendante (CNEI), des chiffres qui plaçaient largement en tête le président sortant, avec 67, 02 % des voix dans 72 des 111 circonscriptions et districts du Congo-Brazzaville. « Je savais d’avance que les dés étaient pipés, mais nous avions accepté de jouer le jeu », a affirmé le général Mokoko.

Vivien Manangou, porte-parole du candidat Guy Brice Parfait Kolélas, est plus virulent vis-à-vis du triomphe de Sassou Nguesso, il n’hésite pas à parler de « fraude massive » et de « magie ».

Charles Zacharie Bowao, coordonnateur du front électoral qui appuie les cinq candidats du pacte anti-Sassou, a parlé de « coup d’État électoral » et a averti que « les candidats signataires » de l’alliance sont décidés à « faire respecter le résultat des urnes ».

Quant à Guy-Brice Parfait Kolélas, qu’on n’a pas vu à la conférence de presse d’hier mercredi, on se sait pas encore s’il est dans ce même état d’esprit. Toutefois son porte-parole a affirmé : « Ne comptez pas sur [M. Kolélas] pour entrer dans une épreuve de force, de violence », tout en précisant que son candidat s’opposera aux résultats officiels mais en passant par les moyens que lui donne la loi.

À Brazzaville, capitale du pays, la tension est palpable. Dans les quartiers sud de la ville, favorables à l’opposition, les commerces étaient fermés toute la journée d’hier. Des militaires lourdement armés ont occupé la rue dans la nuit de mardi à mercredi pour prévenir les émeutes. Selon Vivien Manangou, les forces de sécurité ont fait irruption au siège de campagne de M. Kolélas mardi vers midi, lançant des grenades lacrymogènes et provoquant une panique où une personne a trouvé la mort.

 

 

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Dans une interview exclusive avec Africanmanager ce mercredi 18 janvier, le porte-parole de la Direction générale des prisons et de la rééducation, Kaïs Soltani,...

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