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Clash au dernier congrès du CPR

Clash au dernier congrès du CPR, avec les frères ennemis d’Ennahdha. Un clash qui confirme, si besoin est encore une fois, que la lune de miel est désormais déjà finie, entre les deux principales composantes de la troïka.

L’atmosphère entre les deux partis avait commencé à se détériorer, depuis les premiers mois de la présidence de la République, lorsque Moncef Marzouki a commencé à se plaindre publiquement de ses prérogatives complètement vidées de toute substance par Hammadi Jbali.

L’atmosphère CPR-Ennahdha continuera à s’envenimer avec l’affaire de Baghdadi Mahmoudi et malgré la concession du renvoi du gouverneur de la BCT. On croyait jusque là, que le différent était limité à la relation Jbali/Marzouki. La démission de Mohamed Abbou qui prendra par la suite les rênes du CPR, montrera cependant que le différent est plus profond, fondamental et stratégique.

 

La dernière sortie télévisée de Marzouki, sera marquée par son discours contre Ennahdha et approfondira les divergences. Marzouki qualifiait Ennahdha dans son discours, de «monstre qui grossit et qui prend de plus en plus d’espace».

Le CPR se déchirait lui-même aussi de l’intérieur, avec des démissions comme cella de Raouf Ayadi ou le départ d’Oum Zyad et ses déclarations assassines à l’encontre d’Imed Daimi, Conseiller de Moncef Marzouki. Respectant jusque là son deal avec le CPR, Ennahdha ne réagit pas. Politiquement correcte, le parti de Rached Ghannouchi a ainsi su éviter d’interférer dans les scènes de ménages d’un parti, dont beaucoup d’observateurs disaient pourtant qu’il était né des côtes d’Ennahdha. Le parti de la majorité, ne rompra son silence à propos de son rival que jeudi soir, lorsque l’un des piliers d’Ennahdha, Sahbi Atig, dira que «il n’y a plus de troïka avec la Constitution».

Après le miel, le temps du fiel.

Nous avons pu remarquer, lors des travaux d’ouverture du congrès du CPR, que certains membres Nahdhaouis du gouvernement de la troïka, on abrégé leur séjour dans la salle du congrès. D’une manière précipitée, ce sont Ali et Amer Larayedh, Moncef Ben Salem, Mohamed Ben Salem, Samir Dilou, Houcine Jaziri et Abdelfattah Mourou vice président d’Ennahdha qui quittent le palais des congrès. Manifestement, ils entendaient ainsi protester contre les critiques adressées par Moncef Marzouki, dans son discours lu par Walid Hadouki, contre l’action gouvernementale. «Le plus grave, c’est cette sensation que nos frères d’Ennahdha continuent à faire main-basse sur toutes les articulations de l’Etat, de l’Administration et de la politique, à travers les nominations de leurs alliés, qu’ils soient compétents ou non. Ce sont là des pratiques qui rappellent l’ancien régime». La comparaison des pratiques d’Ennahdha, que le reste de l’opposition tunisienne avait par ailleurs lourdement critiqué depuis des mois, avec celles de l’ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali que la Révolution a fait tombé en faveur d’Ennahdha, n’a pas échappé aux 6 ministres. S’en était trop pour ces inconditionnels de Hammadi Jbali et qui finissent par quitter la salle du congrès.

Marzouki avait aussi exprimé, amèrement, à ses partisans et avant que ne s’éclipsent tour à tour les ministres de Jbali, ses craintes du régime parlementaire auquel tient désormais Ennahdha, de toutes ses forces et au risque de rompre sa coalition avec le CPR. «Tout cela renforce les craintes, légitimes, vis-à-vis de leur [ceux d’Ennahdha] insistance à instaurer un régime parlementaire, alors que nous avions déjà été mordus dans cette même caverne, tout de suite après l’indépendance et avons souffert le martyre du parti du RCD» insistait Marzouki remuant ainsi le couteau dans la plaie qu’il a ouverte dès le début de son discours. Marzouki signifiait là son refus catégorique du régime parlementaire comme le prône Ennahdha. Il pensait certainement, aussi et surtout, à ses nulles prérogatives et à sa situation de « Président à ne rien faire». Une situation qu’il supporte très mal comme le lion, qu’il se sent, dans sa cage dorée du palais de Carthage.

Marzouki va ensuite plus loin dans ses réserves. Il passe même, dans son discours par contumace, aux menaces tout aussi indirectes, envers Ennahdha. «Je comprends vos craintes et vos réserves et comprend les causes de la démission du Secrétaire Général [Mohamed Abbou]. Je comprends aussi que votre patience ait des limites, devant la lenteur des réformes ou la déformation de certaines d’entre elles et je comprends que certains d’entre vous évoquent un report des prochaines élections», dit-il avec la voix de Walid Hadouki qui ne traduira pourtant, jamais assez, son réel ressenti d’amertume. Tout cela et les «menaces» de «la patience qui a des limites», n’a certainement pas échappé aux invités Nahdhaouis.

Avec les six ministres de Jbali qui quittent la salle des congrès, un nouveau pas semble être ainsi franchi dans le probable divorce CRP-Ennahdha. Après les mois de miel, voici que Marzouki commence à déverser le fiel, presqu’au visage même de son équipier dans la troïka.

Les deux partis franchiront-ils ainsi le pas du divorce ou préfèreront-ils le simple éloignement corporel, comme le vieux couple qu’ils commencent manifestement à devenir ? Wait and see !

Khaled Boumiza

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