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Constituante, Hammadi Jbali, Tunisie

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A trois reprises successives (deux devant La Constituante et une devant les téléspectateurs)

A trois reprises successives (deux devant La Constituante et une devant les téléspectateurs), depuis son entrée au Palais du gouvernement à La Kasbah, le Chef du gouvernement provisoire, Hammadi Jbali, a affirmé que son gouvernement, et partant toute la Constituante, ne resteront qu’une année et peut-être moins. Il s’est même déclaré très content s’il venait à être « dégagé ». Nous utiliserons donc ce terme dans notre titre, sans intention aucune d’y souscrire.

La déclaration, répétée trois fois en quelques jours, excluait alors toute erreur. Elle signait, peut-être alors, un revirement dans la position managériale d’Ennahdha.

Ceci, avant que le Chef du gouvernement provisoire tunisien n’annonce aux Tunisiens, à partir de Bruxelles [drôle de manière de communiquer avec ce peuple dont il fait sa référence électorale], que les prochaines élections auront lieu, dans 18 mois. Surgissent, alors, les incompréhensions et les tentatives d’explication de l’éternel  devant Dieu, Samir Dilou, pour dire que le délai des 18 mois courra à partir de la date des dernières élections. Au regard  donc de ces explications, que ni Jbali, ni Mustapha Ben Jaafar à qui revient le droit d’en fixer l’échéance, les prochaines élections tunisiennes devraient avoir lieu, en mars 2013. Tout cela reste, cependant, du seul domaine des prévisions non vérifiées. Cela, pour trois raisons, au moins.

          La Constituante ne s’est pas encore prononcée.

S’il est une vérité, dans tout cela, c’est que seule la Constituante a le droit de fixer le délai de la fin de son mandat. Quand bien même le voudrait-elle, ce qui n’est pas chose sûre pour l’instant, cette autorité suprême n’a toujours pas daigné réagir à la déclaration du Chef du gouvernement qu’elle nomme et peut même révoquer. L’assemblée Nationale Constituante tunisienne fait, en effet, encore la sourde oreille et la muette. Elle a juste élu la commission de la nouvelle constitution et n’en a pas encore  entamé l’élaboration. Qui s’en préoccupe d’ailleurs, dans une conjoncture intérieure secouée par l’affaire Bir Ali Ben Khlifa, par celle  de la fermeture de l’ambassade de Syrie en Tunisie et par les effets du mauvais temps qui frappe les régions déshéritées et pèse de tout son poids sur l’action du gouvernement.

          La constituante ne ranime toujours pas encore l’ISIE.

A moins que les nouveaux gouvernants de la troïka veuillent remettre le processus électoral entre les mains du ministère de l’Intérieur et cette fois celles du Nahdhaoui Ali Laaridh, la remise sur pieds de la haute instance indépendante des élections (ISIE) que la Constituante de la troïka a carrément mise en veilleuse et étranglée financièrement, pour ne pas dire enterrée, reste un préalable à tout processus électoral pour tout régime démocratique ou qui se voudrait comme tel. Et si l’on veut rester optimiste et s’accorder avec le texte de l’organisation temporaire des pouvoirs qui stipule effectivement l’existence prochaine d’une ISIE, on ne peut pas ne pas se demander pourquoi la troïka voudrait-elle réinventer la roue et refaire une ISIE qui existe déjà, qui a fait ses preuves et gagné la confiance des électeurs ? A moins qu’il ne s’agisse simplement d’un désir caché d’éloigner Kamel Jendoubi et l’on se demanderait encore  pourquoi ? Dans une récente interview au quotidien tunisien Assabah (5.2.2012), ce dernier a estimé un délai de 8 mois nécessaire pour  la bonne tenue des élections si elles devaient avoir lieu. Nous en sommes déjà à quatre mois après les élections d’octobre dernier.

          Les trois présidents se comportent en gouvernants, intemporels.

Malgré toutes les déclarations relatives aux délais de cette gouvernance transitoire, mêmes si elles pourraient parfois apparaître contradictoires, les présidents de l’autorité en place en Tunisie se comportent toujours en véritables gouvernants intemporels. Hammadi Jbali et Moncef Marzouki, respectivement chef du gouvernement et président de la République, refusent qu’on adjoigne le qualificatif « provisoire » devant leurs fonctions et le font savoir. On ne sait pas s’ils sont derrière le procès fait par un avocat à la TV Nationale pour l’obliger à gommer ce vocable  de son glossaire d’information, mais on pourrait l’imaginer.

Moncef Marzouki qui n’a jamais voulu en démordre avec sa revendication de trois années au moins au pouvoir, collecte les voyages à l’étranger qui ne rapportent rien, les annonces et les initiatives qui dépassent, selon toute vraisemblance, ses prérogatives de Président provisoire  Il se dote même d’un  «gouvernement parallèle» qui arrive même à prendre de vitesse le gouvernement de Hammadi Jbali, comme dans le cas de la conférence de presse sur la dramatique et sanglante affaire de Bir Ali Ben Khlifa.

Hammadi Jbali travaille, tant bien que mal, mais seul,  à essayer de résoudre une redoutable équation sociale où il ne dispose, peu ou prou, de nul levier financier nécessaire à sa résolution. Les déclarations sur l’avenir de la démocratie qu’il promet, il ne les fait qu’à l’extérieur des frontières, juste pour tranquilliser les partenaires.

Mustapha Ben Jaafar, président de la Constituante joue la carpe, ne dit mot, bouge très peu, ne commente pas les déclarations du chef du gouvernement sur les 18 mois. Il se tait, et ne fait rien. Il met ainsi en pratique la parole du Prophète qui  dit «إعمل لدنياك كأنك تعيش أبدا…

Khaled Boumiza

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