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corruption, Zine El Abidine Ben Ali, Mohamed Ghannouchi, Tunisie

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Salutaire a été la toute dernière décision du Président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, de mettre en place une «commission d’enquête chargée d’examiner le problème de la corruption et des erreurs commises par certains responsables» et qui fait partie de l’arsenal des nouvelles mesures prises pour répondre aux attentes et aux revendications du peuple tunisien, lors des derniers mouvements sociaux que connaît la Tunisie depuis quelques jours et que le Premier ministre Mohamed Ghannouchi a placée, dans sa conférence de presse, au cœur du  dispositif économique et social qui permettra de réaliser et de concrétiser la création d’un surcroît de croissance pour répondre aux besoins d’emplois.

L’intitulé de cette commission est en soi très significatif. Elle traitera de la corruption et des dépassements ou erreurs commises par certains responsables. Le Premier ministre tunisien a d’abord précisé que la composition de cette commission «fera l’objet d’une consultation avec les parties concernées et comprendra des personnalités nationales dont la crédibilité devra être au-dessus de tout soupçon, et cela pour réparer les erreurs». On attendra donc pour voir, d’autant plus que les deux Chambres (Députés et Conseillers) ont été appelées à en débattre et certainement d’être parmi les parties prenantes de cette décision. On espère, et on est sûr, que cette composition sera prochainement rendue publique et que ses débats (ceux de la commission chargée d’enquêter sur la corruption) seront tout aussi publics pour démontrer à ceux qui en douteraient la ferme volonté du plus haut sommet de l’Etat tunisien de passer à l’acte et de punir les coupables, loin de toute tentative ou toute velléité d’une quelconque «chasse aux sorcières».

Le fait aussi que la décision présidentielle évoque la corruption et des « erreurs commises par certains responsables» suppose une prise de conscience aigue de l’impact hautement négatif de ce mal sur la société, sur les intérêts du citoyen tunisien, sur l’investissement et la libre entreprise et une ferme volonté de le dénoncer publiquement et de  le combattre.

On a en effet beaucoup entendu parler d’une certaine [pour ne pas généraliser et pour indiquer clairement que toute l’Administration n’est pas ainsi faite] Administration qui n’octroie les autorisations qu’en contrepartie de faveurs, qu’elles soient matérielles ou autres, qui ne délivre les documents que moyennant un «pourboire» et où même le droit au travail peut être monnayé. On a aussi entendu parler d’une certaine Douane [un corps en très grande majorité sain, faut-il le préciser] où il est possible d’importer sans payer de droits et de laisser passer un certain trafic pourvu que  certains agents du fisc se sucrent au passage [pas tous heureusement, pour le citoyen et pour le Trésor public] pour qui les montants des redressements sont fixés en fonction des «dessous de table», mais aussi d’une certaine justice pour qui la justice rime avec l’argent. Loin de nous l’idée d’affirmer que toute la justice est ainsi faite. Il existe encore en Tunisie, Dieu merci, une justice honnête, probe et intègre, et c’est certainement celle-là qui prendra en charge l’enquête dans les prochaines affaires de corruption.
La décision présidentielle parle aussi d’erreurs commises par certains responsables, et on imagine mal que la décision présidentielle ait été prise sans qu’il y ait déjà des dossiers et des erreurs déjà identifiés et qui feront l’objet d’enquêtes et de mesures disciplinaires.

Un des journalistes présents à la conférence de presse du Premier ministre tunisien, le mercredi 12 janvier 2011, a bien demandé plus de détails sur cette commission d’enquête, évoquant la question des biens  mal acquises et se demandant si l’enquête englobera cet aspect de la lutte contre la corruption qu’engage maintenant la Tunisie, dans ce second volet de la réponse du Chef de l’Etat aux revendications des mouvements sociaux.
Il faut noter enfin que la notation internationale de la Tunisie en matière de corruption par Transparence Internationale, n’a jamais été, ni bonne ni mauvaise et que plus d’une institution ont très bien classé la Tunisie sur le plan de la gestion des deniers publics.
S’il y a donc corruption, ce n’est donc pas à ce niveau-là qu’il faudra la chercher, mais plutôt à un certain niveau de décision de l’administration et à un certain niveau aussi de certains corps constitués tels que cités. La dernière décision du chef de l’Etat tunisien prouve en tout cas qu’il y a une réelle et ferme volonté d’engager la lutte et la guerre contre la corruption, ce mal qui ronge, l’économie, mine l’investissement, porte atteinte aux intérêts et aux droits des citoyens et réfléchit une mauvaise image des institutions.

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