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Un conseil National du CPR qui donne un ultimatum  d’une semaine à Ennahdha pour changer de mode de gouverner

Un conseil National du CPR qui donne un ultimatum d’une semaine à Ennahdha pour changer de mode de gouverner ,un Président de la République qui déclare, dans une lettre au dit Conseil National( et au-delà à l’opinion publique), qu’il quitterait la présidence pour les mêmes raisons , un Mustapha Ben Jaafar qui ne répond pas aux appels téléphoniques de ses interlocuteurs nahdhaouis , expliquant que toute discussion est inutile tant qu’il n’a pas reçu de réponse aux conditions posées au sujet du remaniement ,un Conseil de la Choura du parti Islamiste qui maintient le cap de l’hégémonie et y ajoute – comble de cynisme – un appel à libérer les inculpés dans l’assassinat de Lotfi Naguedh à Tataouine qui appartiennent aux ligues de la protection de la révolution (LPR) et à Ennahdha . Tels sont les faits saillants des derniers jours, qui révèlent la déconfiture de la Troïka .

Au-delà de ces faits importants et inédits dans la vie politique tunisienne, on repère un effort de mutation des deux partis de la troïka (CPR et Ettakattol) pour réintégrer la plate-forme des partis démocratiques.

Ces deux partis ont cautionné – de manières très différentes et inégales il faut le reconnaître – les pratiques hégémoniques d’Ennahdha , soutenu sa détermination à mettre la main sur les rouages de l’Etat , se sont associés à ses efforts d’instaurer un climat de violence , appuyé son pari sur les forces salafistes et même djihadistes dans le but de rendre irréversible son accession au pouvoir, reproduisant ainsi l’expérience iranienne de Khoumeiny . Mais ils ont l’air, ces derniers jours, de découvrir les méfaits de leur choix, et le caractère néfaste de leur pari sur un parti fondamentaliste qui érige la ligne de démarcation au sein de la société entre musulmans et mécréants, et qui se voit plus proche des formations islamistes même salafistes que des autres courants politiques.

Le CPR et Ettakattol ont subi sans broncher l’hégémonie d’Ennahdha . Marzouki a vu ses prérogatives réduites à presque rien. Son parti a mal pris les tentatives du PDP de les élargir, lors de la discussion du texte de l’Organisation Provisoire des Pouvoirs Publics . Les observateurs ont assisté sidérés aux attaques de Mohammed Abbou contre Néjib Chebbi qui voulait que le Président de la République ait plus de prérogatives .Le CPR s’est associé à la démarche d’Ennahdha destinée à empêcher les forces centristes de s’organiser , de s’unir et d’opérer sur la scène politique. Ennahdha et le CPR ont collaboré étroitement pour la constitution des ligues de la protection de la révolution (LPR) et ont proposé, ensemble, le fameux projet de loi sur l’immunisation de la révolution.

Les dernières démarcations du CPR d’Ennahdha se sont faites dans le désordre : au moment où ce parti se prépare à un éventuel retrait de la troïka , et l’intégration des rangs de l’opposition ,Taraq Kahlaoui s’attaque aux principaux partis de cette même opposition ,reprenant la question existentielle chère à Lotfi Zitoun : où étiez- vous, le 13 Janvier2011, et le groupe parlementaire du CPR s’active pour passer le projet de loi sur l’immunisation de la révolution devant la plénière de l’ANC .

Ettakattol n’a pas fait moins et pour cause, n’a-t-il pas dans ses rangs des hauts cadres à « esprit CPR » notamment Mouldi Riahi , Elyès Fakhfakh , et même Abderrahman Ladgham . Seulement, la démarcation d’Ettakattol envers Ennahdha, une fois décidée, a été beaucoup plus systématique, et s’est opérée dans l’harmonie, car elle touchait des problèmes de fond. Ettakattol a montré une réticence dans les deux dossiers épineux, à savoir les LPR et la loi sur l’immunisation de la révolution. Ainsi, cette prise de conscience relativement précoce, a-t-elle permis à ce parti de prendre ses distances tôt des pratiques d’Ennahdha , et a-t-elle donné de la consistance à ses positions critiques vis-à-vis du parti islamiste .Cette situation relativement confortable d’ Ettakattol revient en partie également au référentiel politique social-démocratique harmonieux auquel il s’apparente .

Les deux partis ont subi les contrecoups de leur alliance avec Ennahdha : ils ont vu leurs rangs se vider, des scissions à répétition ont accompagné leur évolution des derniers mois . Le deuxième anniversaire de la révolution a consacré leur isolement et leur déficit d’audience : le CPR n’a pas pu réunir devant l’Ambassade de l’Arabie Saoudite plus d’une dizaine de personnes pour réclamer l’extradition de Ben Ali . Ettakattol, quant à lui, n’a pas pu organiser une activité propre pour l’occasion .

L’alliance avec Ennahdha leur paraissait porteuse. Ils ont émergé du lot des 130 partis politiques , et se sont attelés à la tâche historique de réaliser les objectifs de la révolution ,mais ils ont vite compris que le parti Islamiste se servait d’eux pour faire son marketing politique en direction es pays occidentaux et l’opinion internationale : il est modéré parce qu’il a comme alliés des partis laïques et socialisants . Mais, lorsque les choses se décident à l’échelle nationale , ils ne sont informés de rien : les responsables régionaux , les PDG des entreprises publiques , les ambassadeurs , les hauts cadres de l’Etat , c’est du ressort de Montplaisir .

Ce marché de dupes, ils ne sont pas les seuls à en faire les frais. L’aile pragmatique et modérée d’Ennahdha en souffre aussi. Le parti Islamiste a vu, dès juillet dernier , les rapports de force changer au profit des ultras qui gravitent autour de Rached Ghannouchi . Le congrès était une occasion rêvée pour les militants de l’intérieur qui ont payé un tribut lourd de souffrances et privations durant les deux décennies de répression de Ben Ali , pour reprendre les rênes du parti , et demander des comptes aux instigateurs de l’aventurisme et de l’amateurisme qui ont conduit à la grande répression des années 1990 . L’audit politique, financier et organisationnel était à l’ordre du jour, à l’ouverture des assises du parti. Seulement, les manœuvriers de la ligne dure sont parvenus à le renvoyer à plus tard, dans 2 ans . Et le clan de l’extérieur représenté par une cohorte de ministres-hommes d’affaires qui ont « omis » de déclarer leurs biens à leur entrée au Gouvernement , continue d’avoir la main haute sur les affaires du parti et de l’Etat .

Ce clan, qui connait à peine la Tunisie, et qui a exercé sa mainmise sur le parti Ennahdha et sur l’Etat tunisien, comme un don du ciel non négociable, est en train de pervertir la révolution tunisienne et la transformer en occasion pour islamiser la Tunisie , et l’intégrer dans une internationale islamiste . De ce fait, toute concession de nature à ramener la stabilité au pays (confier les ministères de souveraineté à des personnalités indépendantes), ne peut être perçue par ce clan que comme un ratage historique, qui priverait les islamistes tunisiens d’un rôle prééminent dans l’échiquier islamiste international.

Or, malgré le préjudice qu’il porte au pays, un comportement pareil est en train d’élargir les rangs des courants démocratiques et ramener des partis comme Ettakattol et le CPR vers la plate-forme qui unit les forces de la révolution.

Aboussaoud Hmidi

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