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Il y a quelques jours, le 11 mars 2011, le ministre des Finances nous assurait que la Tunisie n’était pas en cessation de paiement et ne le sera pas dans les prochains mois. Dans la même rencontre exclusive, le ministre Ayed Jalloul, nous assurait même que la Tunisie n’a pas, pour l’instant, besoin de sortir sur le marché financier international et que cela ne se fera pas avant la fin de l’année.
Vendredi dernier, 18 mars,  c’est le gouverneur de la BCT qui réaffirmait devant un panel de journalistes que la Tunisie était loin d’être en cessation de paiement, que les réserves en devises dépassaient encore les 12 milliards DT et indiquait que la délégation du FMI qui séjourne actuellement dans le pays n’était pas là pour prêter à la Tunisie, mais pour aider le payer à dessiner de nouvelles perspectives pour le secteur bancaire tunisien.

Entre-temps, c’est le Premier ministre Béji Caïed Essebssi qui s’en va en visite de travail en Algérie et au Maroc, sans crier gare, sans aucune invitation officielle annoncée, sans aucune explication sur les raisons de ce brusque voyage et sans aucun détail sur ses résultats. Des pratiques d’un autre temps, de l’ère de la communication (ses conseillers en communication d’une agence connue devraient le lui dire), de la part d’un chef de gouvernement, provisoire comme il l’a lui-même répété lors de sa dernière conférence de presse.

Dès le premier jour de cette visite, les agences rapportent aux Tunisiens que leur Premier ministre a conclu crédit de cent millions  de dollars US de la part de l’Algérie. On ne sait ce que Caïed Essebssi attendait du Roi du Maroc, il n’a pas jugé nécessaire de le dire à ceux qui lui avaient accordé leur confiance pour gérer leurs affaires. Mais aucune annonce financière n’aura été faite. La Tunisie serait-elle allée quémander aide financière auprès des pays voisins ? Si oui, qu’est-ce qui explique ce besoin et pour quels projets ces 100 millions de dollars US vont-ils être utilisés ? Sinon, pourquoi ce voyage que rien ne semble expliquer. Rien, en tout cas, dans le caractère transitoire de son gouvernement, ne rendait nécessaire le voyage d’Essebssi et aucune information n’était disponible sur ce crédit chez la Banque Centrale de Tunisie, puisque le crédit était en devises !

Retour à ce crédit de l’Algérie. Il nous semble important de nous rappeler que nous n’avions pas entendu ce pays frère dénoncer les tueries de l’ancien régime tunisien pendant les 14 jours de la révolution. Il nous semble tout aussi important de nous rappeler que ce pays frère avait par le passé refusé de vendre à prix préférentiel du pétrole algérien pour la Tunisie lorsque la flambée des prix avait essoufflé son économie et le portefeuille du citoyen du temps de Ben Ali.

L’Algérie aurait même assurément changé son gazoduc de pays si elle l’avait pu. Il n’en est pas moins important de se rappeler que l’Algérie avait plus d’une fois fermé ses frontières aux produits tunisiens, avait mis les entreprises tunisiennes dans le même étau que le reste des investissements étrangers par les décisions de son premier ministre en 2010 et n’avait pas encouragé ses hommes d’affaires à investir en Tunisie. Pourquoi alors maintenant ce crédit ? Quelle est sa signification ? Le Président Abdelaziz Bouteflika se serait-il ainsi, soudainement, réveillé à l’entraide dans un Maghreb auquel il n’avait jamais cru ?
Si oui, le diplomate et ancien ministre des affaires étrangères, le président algérien Bouteflika devrait bien connaître ce proverbe chinois qui dit, «ne me donnez pas un poisson, apprenez-moi à en pêcher».

Le pays, l’Algérie, ne manque pas d’argent. Cela n’est un secret pour personne. L’ancienne flambée des prix du pétrole, qui avait épuisé les ressources de la Tunisie, avait permis à l’Algérie de rembourser d’un coup toutes ses dettes. Il serait même permis de dire que les 100 MUSD seraient presqu’indécents entre pays frères et de la part d’un pays aussi pétrolier que l’Algérie. Là n’est pourtant pas la question.

En pays proche de la Tunisie, l’Algérie connaît très bien les problèmes de la Tunisie. Ils sont liés à la croissance et à l’emploi. La Tunisie a des problèmes de croissance et non de liquidités immédiates. Des problèmes de création de plus d’emplois et non de faim.

L’Algérie est un pays en construction, et l’habitat est une des demandes pressantes des manifestations de janvier dernier qui avaient secoué ce pays frère. La Tunisie est un pays dont les sociétés de promotion immobilière ont fait leurs preuves en matière de projets. C’est aussi une économie forte productrice de ciment et de matériaux de construction. Bouteflika aurait ainsi pu mieux aider la Tunisie en lui donnant l’opportunité de relancer son économie, sa croissance et sa capacité à créer de l’emploi et cela, dans une démarche win-win entre les deux pays. L’Algérie pourrait très bien aussi ouvrir ses frontières aux produits tunisiens, juste en appliquant les accords de libre-échange et permettre ainsi à la Tunisie de lui exporter tous ce que ses propres citoyens viennent acheter en Tunisie.

Ce ne sont pourtant là que deux tout petits exemples de ce que l’Algérie pouvait et pourrait faire, en lieu et place d’un crédit qui n’est même pas à l’image de ses capacités financières et dont la Tunisie n’avait nullement besoin, au moins pour le moment.

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